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LA CIRCULATION DANS LES RUES

Iju circulation <ia un les rues. — A Londres, le principe que 1 <i nie est

tout le monde est pris au sérieux; on s’arrange môme pour que la réfection d’une chaussée, les travaux de canalisation, ne barrent point entièrement le passage. Les municipalités et les individus, en France, en prennent trop à leur aise sous ce rapport (Barabant).

Les voitures doivent prendre un côté de la voie publique; à Paris, c’est la droite; à Londres, la gauche. A Lille, elles prennent les deux côtés à la fois ; et l’on s’étonne du nombre des accidents !

Voitures publiques. — Les voitures dites omnibus doivent être spacieuses, aérées, munies de rampes et de balustrades à l’impériale. F. Brémond demande avec raison un procédé meilleur que celui qui existe aujourd’hui de faire monter les voyageurs, aux stations. On s’écrase au bord du marche-pied, pour s’apercevoir qu’il n’y a que trois places pour quinze clients.

Il y a quelques précautions spéciales à prendre pour la sécurité des piétons vis-à-vis des voitures de tramways, à vapeur surtout.

La surveillance des petites voitures doit faire obstacle au transport, par ces véhicules, de malades contagieux ou imposer la désinfection après. La plupart des grandes villes ont aujourd’hui des voitures spéciales pour cet office.

Réjouissances publiques. Foires. — Il faut bien concéder à notre espèce quelques jours de détente, d’endimanchement et de vacarme à vide. Mais nous partageons avec Frédéric Passy l’antipathie pour les fêtes foraines de longue durée, où s’accumulent des bêtes et des gens également malpro'pres, qui apportent fréquemment la variole aux villes et sont, chaque année, la cause de quelques morts d’hommes.

Les sociétés de musique, de gymnastique, de tir, sont plus louables, à condition que leurs réunions ne soient pas des prétextes à excès alcooliques.

Cafés. Brasseries. — Il est bon que ces lieux de réunion existent. Ils réclament une ventilation d’autant plus énergique que la fumée de tabac en est inséparable. La police sanitaire doit veiller à ce qu’ils ne deviennent pas des organes d’excitation à l’ivrognerie ou à la débauche ( brasseries à filles ; les invileuses). Il semble que les administrations mettent quelque mollesse dans ce contrôle (A. Fournier, Diday), et il est certain que beaucoup de ces établissements sont un foyer de syphilis, comme les « débits de vin » en sont un autre pour les soldats (L. Colin).

Nous toucherons de nouveau à ce point de vue, à l’article Syphilis (Voy. plus loin : Les malades et les maladies). Mais nous signalerons ici la provocation publique, qui s’exerce avec tant de cynisme et tant de dangers, à Paris, sur les boulevards et, dans toutes les grandes villes, sur les promenades, dans les rues fréquentées, autour des gares de chemin de fer.

Théâtres. — Il appartient aux municipalités de les faire spacieux, de les éclairer, de les aérer et de les chauffer (Voy. p. 601). Des catastrophes éclatantes, malheureusement trop répétées de nos jours, imposent l’obligation de rechercher à tout prix, pour les théâtres, l’incombustibilité de leurs matériaux de bâtisse et celle des divers appareils et décors indispensables à leur fonctionnement. Comme l’incombustibilité elle-même peut encore, un jour, être en défaut, il est de rigueur de ménager à la salle des issues

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nombreuses, larges, aisément abordables. Les projets présentés à l’Exposition de Berlin en 1883 (Kiihn) comportaient surtout l’indépendance de la salle et de la scène, la séparation d’avec celle-ci des magasins d’accessoires et costumes. Km. Trélat formule les règles suivantes : 1° supprimer la capacité incendiaire de la lumière et l'inflammabilité des objets qui remplissent la scène (éclairage électrique, enduits de silicate de potasse, de borate de soude, de tungstate de soude et d’ammoniaque, amiante, appliqués à l’envers des décors selon le procédé Guimet); 2° si l’incendie se déclare néanmoins, couper les voies au feu du côté de la salle (rideaux, portes) et ouvrir les sommets de la scène; 3° si le feu a franchi la scène, assurer le sauvetage des spectateurs (issues nombreuses, couloirs et escaliers s’élargissant à mesure qu’ils se rapprochent de la porte; pas de contre-courants).

Eclairage des villes. — Le gaz d’éclairage prédomine encore; mais il commence à faire place à la lumière électrique, par incandescence plutôt que par Tare voltaïque. Elle a déjà obligé le gaz à perfectionner ses procédés et ses appareils, à adopter les becs multiplicateurs, à flammes convergentes, de la Compagnie parisienne, les becs à flamme renversée de Siemens (Voy. p. 692). Londres, Berlin, Paris, Bruxelles, ont un grand nombre de places et de rues importantes éclairées à la lumière électrique et étendent chaque jour la méthode. Beaucoup de gares de chemins de fer en font autant.

Quel que soit le système, il faut que les'candélabres ne soient ni disgracieux ni gênants.

Accidents de rues. Secours. — Les accidents à prévenir d’abord, à réparer, ensuite, sont : les chutes de piétons, les contusions et écrasements par les voitures, les chutes de cheval ou d’un équipage; des ouvriers blessés en des travaux publics, précipités d’échafaudages ; les accidents de canotage, les submersions ; les coups ou blessures reçus dans des rixes ou par attentats.

En 1883 (Bertillon), il y avait eu, à Paris, 3,109 accidents enregistrés à la préfecture de police, dont 400 mortels. Dans le nombre, on comptait 1,474 accidents de voiture.

La prophylaxie est le point capital vis à vis de ces accidents et regarde la police urbaine. Défendre et punir les négligences des cochers, charretiers, laitiers, garçons bouchers, camionneurs, qui compromettent la sécurité des piétons; rendre responsables les propriétaires des voitures et des chevaux, obliger les entrepreneurs à établir des échafaudages absolument sûrs, les couvreurs à se rattacher à une corde solidement fixée; élever des parapets le long des rivières; surveiller et réprimer le canotage des enfants et des gens ivres : telles sont les mesures les plus pressantes et les meilleures, puisqu’elles visent à prévenir les catastrophes.

Pour ce qui concerne le remède , Paris a des postes de secours aux noyés , le long de la Seine, 151 bottes de secours déposées aux postes de police intérieurs. Lille a des lignes humaines, des gaffes, sur les bords de la Deûle,

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et des boîtes de secours, dont personne n'est d’ailleurs chargé de se servir.

A Berlin six « postes de santé » ( Sanitats - Wachen), ouverts de 10 heures du soir il 0 heures du matin, avec quatre médecins et trois aides, possèdent les instruments, appareils, médicaments nécessaires aux opérations chirurgicales, obstétricales et aux soins médicaux. Celte ville a décidé la création de postes de secours aux noyés, comme il Paris, Londres, Lübeck, Hambourg, Amsterdam (Wasserfuhr).

Paris a les médecins de. nuit, organisation due à l’initiative du Dr Passant, mais qui n’a pas réussi il Lille et semble entachée de quelque faiblesse native.

En 1881, Esmarch a fondé, il Kiel, la Société des Samaritains [Samaritcr- Verein), qui a aujourd’hui quatre-vingts comités affiliés, en Allemagne, et prépare des brancardiers civils, sous le protectorat de la vieille impératrice Augusta.

Ambulances urbaines. — H. Nachtel, après dix ans de méritoires efforts, a réussi à acclimater il Paris cette institution qui fonctionne depuis longtemps à New-York. Dans les principaux hôpitaux de cette ville, deux médecins, logés à l’hôpital et placés sous la direction de l’Assistance publique, sont chargés de répondre à tous les appels, en cas de maladie subite ou d’accidents arrivés sur la voie publique. Ces accidents sont signalés par voie télégraphique. Une boîte spéciale, adaptée à un poteau télégraphique de couleur rouge, disposée sur les trottoirs à l’instar de nos becs de gaz, est pour ce but, à la disposition de tout citoyen, qui peut, en cas d’urgence, faire parvenir un signal d’alarme h l’hôpital le plus voisin, où tout est constamment prêt au départ, hommes, chevaux et matériel. Quarante-trois secondes après que l’alarme a été donnée, l’ambulance sort de l’hôpital. La voiture, fort semblable h nos voitures Masson de la guerre, renferme tout ce qui est nécessaire, transporte le médecin et, le long de la route, fait entendre une sonnerie qui oblige toutes les voilures à lui livrer passage (L. Lereboullet). En avril 1887, l 'Œuvre des ambulances urbaines, favorisée par l’Académie de médecine et le Conseil municipal de Paris, a inauguré son premier poste central de secours à l’hôpital Saint-Louis. Vingt-neuf postes avertisseurs, dans l’intérieur de la ville, sont reliés par le téléphone au poste central.

A Bruxelles, cet organisme fonctionnne d’une façon remarquable sous les auspices du Bureau d’hygiène.

Hospitalité «le nuit. — Les usiles de nuit ont pour but de donner un abri momentané, un bain quelquefois, un repas le plus souvent, à ces individus assez nombreux dans les villes qui, par misère ou par indifférence, passeraient la nuit sur un banc dans les promenades publiques, sous une porte cochère ou dans quelque recoin.

A Paris, X'OEuvre de l'hospitalité de nuit a trois refuges de cette sorte pour hommes. La Société philanthropique en a trois pour femmes et enfants. Le Conseil municipal vient (1887) d’en créer un, rue de la Bûcherie, qui recueille environ 1,500 personnes par mois.

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Berlin a aussi un asile de nuit municipal, sans parler de ceux du lierliner Asyl- Verein et de la Maison des lamilles ( Asyl fur obdachlose F ami lien).

11 faut rapprocher de ces institutions secourables les Sociétés protectrices de l'enfance et les divers services convergeant vers le môme but; enfin,

1 ’ /I ss is tance publique,

7° Les morts et les inhumations.

népûtg mortuaires. — En dehors des morgues, établissements de police judiciaire qui ne doivent^ avoir aucun point de contact avec ceux dont il va être question, les dépôts mortuaires ou obitoires sont des locaux dans lesquels on dépose les corps des décédés, dans des conditions qui suppriment la promiscuité des morts et des vivants, h l’intérieur des habitations, tout en permettant aux familles de faire convenablement, à leurs proches, la veillée des morts. Ils sont appelés à rendre des services particuliers, en cas d’épidémie, et chez les ménages pauvres qui ne disposent parfois que d’une seule pièce. On les établit, d’ordinaire, au cimetière ou tout à proximité. Ils ne sont qu’un lieu de transition entre le domicile et la tombe.

La pratique des obitoires est très répandue à l’étranger. Souvent, le dépôt est obligatoire, comme à Munich et à Chemnitz (Flinzer). En France, on les ignore à peu près. En 1879, Du Mesnil, qui les proposa pour Paris, eut le tort, à notre avis, de prétendre placer l’obitoire aussi près que possible du quartier qu'il devait desservir. C’était presque rétablir les cimetières intra-urbains. Aussi la proposition n’a-t-elle pas eu de succès. En 1885, l’administration a accepté le projet d’un dépôt mortuaire qui serait situé rue Bolivar, desservirait les dix-neuvième et vingtième arrondissements, mais n’admettrait point les corps des personnes décédées à la suite de maladies épidémiques ou infectieuses. Cette création n’a donc plus qu’un intérêt médiocre pour l’hygiène.

(Sépulture. — Les procédés actuels de sépulture se réduisent à l 'inhumation et à la crémation.

Inhumation. — Les cimetières renferment des caveaux et des fosses proprement dites. On ne discute pas les caveaux, qui, représentant un espace vide creusé dans l’épaisseur d’un sol riche en matières organiques, se remplissent rapidement d acide, carbonique, ainsi qu’il résulte des expériences de Du Mesnil, et sont tout à fait capables de déterminer la mort des ouvriers qui y pénètrent sans de rigoureuses précautions. Il peut en arriver autant, on le sait, aux ouvriers qui descendent au fond d’un vieux puits, surtout s’il avoisine une fosse d’aisances, comme Descoust et Yvon en ont rapporté deux observations. Mais il n’en reste pas moins que 1 habitude aristocratique et prétentieuse des caveaux est malsaine et n’est point a encourager.

Par ailleurs, l’enfouissement des cadavres au sein de la terre est une destruction méthodique d’une masse considérable de matière animale par quelqu’un des mécanismes que nous avons exposés (p. 98etsuiv.), Selon que les conditions naturelles sont plus ou moins avantageuses et les précautions sanitaires plus ou moins bien comprises et appliquées, l’opération d o transformation organique est plus ou

spéciale.] INHUMATION. 1229

moins réussie et inofi'ensive. Mais, malgré les assertions rassurantes de Uu Mesnil,

! Miquel, Hofmann, Scliuster, nous n’admettons pas que ce soit là une situation simple et qui ne puisse devenir dangereuse. Il parait certain, comme le pense Du Mesnil, que lés vapeurs malignes signalées par Haguenot (1771) n’étaient autres que l’acide carbonique, dangereux dans un espace restreint, mais non dans l’atmosphère libre; il semble aussi que la légende ait grossi les inconvénients de la présence, dans Paris, du charnier des Innocents, et les malheurs arrivés pendant sa translation (de 178o à 1788). Pourtant, la peinture que Du Mesnil lui-même emprunte aux écrivains du temps ne fait pas regretter ce grand champ des morts et ne nous déciderait pas à entrevoir, avec Miquel, dans les cimetières inlra-urbains, fussent-ils plantés d’arbres, un moyen d’assainissement des villes.

Le sol le plus favorable à l’établissement des cimetières est un sol léger, à pores moyens, dans lequel la couche de transition de Hofmann a quelque importance. 11 faut, en effet, pour la décomposition des cadavres, de l’air, de l’eau et de la chaleur ; cette opération oscille, comme toute décomposition organique, entre l’oxydation et la réduction, entre la combustion rapide et la putréfaction lente (Dans de certaines conditions, et principalement quand le sol des cimetières est saturé, il y a un troisième mode, la saponification). Si le fond des fosses arrive jusqu’à la nappe souterraine, la décomposition est retardée par manque d’air. Si la couche de terre superposée au cadavre a les pores trop grands, l’humidité fait défaut, la masse cadavérique se condense et la végétation des microorganismes nitrificateurs est entravée. Le sol calcaire, le sable, le gravier, sont bien supérieurs au sol argileux, pour l’installation des cimetières.

Les larves d’insectes jouent un rôle beaucoup moindre que l’on n’aurait cru, dans la destruction des cadavres; cependant, on trouve, dans les tombeaux, des insectes sarcophages, des diptères spécialement, ou leurs dépouilles. Mégnin pense même que cette circonstance peut aider parfois la médecine légale.

Les dangers des cimetières peuvent être considérés :

1° Parrapj>ort à l’air. — Dans les conditions les plus ordinaires, il ne peut se dégager du sol des cimetières que des gaz. Fussent-ils malodorants, nous avons vu qu’ils sont incapables de provoquer des maladies spécifiques. Dans la masse atmosphérique, les gaz toxiques, s’il y en avait, seraient trop dilués pour être dangereux. Aussi Pettenkofer déclare-l-il que le voisinage d’un cimetière est tout au plus capable de faire fermer les fenêtres de la maison qui s’ouvrent de son côté et, par suite, de gêner indirectement la ventilation. À Dresde (Fleck), il paraît que ces mauvaises odeurs se font quelquefois sentir.

D’autre part, Miquel a constaté directement que l’air du cimetière Montparnasse n’a pas plus de bactéries ni de plus suspectes que l’air du parc de Monlsouris; ce qui ne doit pas nous étonner, connaissant la puissance de filtration du sol et la rétention des microorganismes par les surfaces humides.

Néanmoins, il est absolument certain que, dans des communes rurales, soit par suite de la négligence dans les inhumations, soit à la faveur d’éboulements, de failles, la matière cadavérique des cimetières répand des exhalaisons infectes. Si ce n’est pas dangereux, c’est suffisant pour justifier l’interdiction des cimetières intérieurs.

2° Vis-à-vis du sol et de l'eau. — A l’époque des travaux de la Commission d’assainissement des cimetières (1881), Schützenberger constatait que la combustion (des cadavres) est complète après cinq ans et qu’il n’y a pas lieu de s’arrêter « à l’idée d’une saturation de la terre par les matières organiques », dans les conditions où se font aujourd’hui les inhumations. Cependant, on n’a pas démontré que

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