LE G KO U PE UUKAIN
Hygiène
le sol fûL exempt de poisons solubles, d’alcaloïdes cadavériques (plomaïnes). Nous avons suffisamment fait ressortir (cliap. I et II) l’extraordinaire puissance d’épuration du sol pour n’avoir pas de sérieuses inquiétudes à cet égard, non plus qu’à l’égard de l’eau qui sort des cimetières, à moins que les cadavres n’aient été déposés à même dans la n'appe souterraine. C’est à la faveur de ces données que l’on peut comprendre l’observation, déjà ancienne, de Fleck, que neuf puits de cimetières, à Dresde, ont fourni une eau qui ne contenait pas plus de produits de décomposition organiqne que les puiLs mêmes de la ville. Nous ne conseillons, du reste, ni ceux-ci ni ceux-là.
En 1881 , la Commission parisienne concluait des recherches de Carnot que, « dans les cimetières actuels, les phénomènes d’oxydation qui se produisent au sein du sol préservent de l’infection les nappes d’eau du voisinage ». EL la Commission avait raison. Nous croyons même qu’elle aurait pu étendre sa formule aux microorganismes supposés de l’eau des cimetières, puisqu’il est certain (p. 91 et suiv.) que le sol est le plus merveilleux des filtres et retient les bactéries. Mais, depuis, quelques personnes, en France, ont édifié une doctrine étiologique sur la circulation des organismes pathogènes à travers l’épaisseur du sol. Aussi le Comité consultatif d’hygiène publique n’écarte-t-il plus le danger « de la souillure des eaux de la nappe souterraine par les matières organiques qui se détruisent dans le sol ». En pratique, nous pensons qu’il ne faut pas faire servir à la distribution d’eau d’une ville la nappe qui sort du cimetière.
Le Comité est d’avis qu’il y a lieu de venliler les caveaux et de placer une poudre désinfectante sous les bières. Les cercueils ordinaires devraient aussi être garnis d’une poudre semblable. Les cercueils de chêne ou de métal retardent la réduction des cadavres ; ceux de sapin sont préférables.
Le décret du 23 prairial an XII (12 juin 1804) prescrit l’inhumation hors de l’enceinte des bourgs ou villes à une distance de 35 à 40 mètres au moins; le décret du 7 mars 1808 interdit de creuser des puits ou d’élever des habitations à moins de 100 mètres des cimetières ; les hygiénistes d’aujourd’hui demandent un éloignement de 1,000 à 1,500 mètres. La profondeur des fosses doit être de im,50 à 2 mètres; dans ces conditions, l’on est quelquefois bien près de la nappe souterraine. Les fosses doivent être espacées de 30 à 50 centimètres; comme il est difficile d’accorder à chacune beaucoup moins de 2 mètres de long et 50 centimètres de large, on peut calculer que chaque cadavre prend 2 mètres carrés de surface. Même en renouvelant les fosses tous les cinq ans, comme la loi le permet (minimum faible), les cimetières s’étendent fatalement en surface et finissent par envahir les grandes villes, ou se multiplient autour d’elles d’une façon alarmante.
C’est pour cela que les modernes s’efforcent de revenir à l’incinération des cadavres.
Crémation. — L’inhumation, naguère le seul mode légal en France, est aussi le plus ancien dans l’histoire de l’humanité. Les peuples autochtones de notre Europe le pratiquaient, ainsi que leurs premiers visiteurs sémites (Phéniciens, Juifs, Arabes, Égyptiens), lorsque les Indo-Germaniques leur apportèrent la crémation. H est à remarquer que les nomades ont généralement adopté celle-ci, qui leur permet d’emporter avec eux les cendres de leurs ancêtres, tandis que les peuples sédentaires prolongent leurs relations avec les morts en les enterrant autour ou au milieu du groupe d’habitations.
Les Grecs et les Romains, qui avaient reçu des premiers ce procédé, incinéraient leurs morts sur un bûcher, à ciel ouvert, dans des conditions singulièrement incommodes et insalubres, qui ont pu légitimer la réprobation de cette cou-