‹ Nouveaux éléments d'hygièneChapitre 246 sur 268 · TOTAL · texte numérisé non relu

TOTAL

Membres inférieurs (hanche ,

cuisse, etc.)

Membres supérieurs

Tête et face

Poitrine et dos

Bas du tronc: régions iliaque, in-

guinale, organes génitaux

Abdomen

Cou

Les blessures des membres sont donc beaucoup plus communes que celles du tronc. Il est remarquable que les blessures de la tête soient aussi fréquentes que ces dernières; on en trouverait peut-être l’explication dans la forme parabolique de la trajectoire des balles. Une des conséquences des blessures dont la perspective préoccupe toujours beaucoup les militaires de tout grade avant la bataille, c’est Y hémorrhagie immédiate ou primitive. Il ne parait pas, cependant, que celte complication soit aussi redoutable qu’on l’a cru, ni même quelle soit très redoutable. Les gros projectiles, tels que les éclats d’obus, sectionnent assez nettement les tissus et les vaisseaux pour entraîner l’bémorrbagie ; mais les balles rompent les artères plutôt qu’elles ne les coupent, c’est comme une plaie par arrachement; le bout supérieur du vaisseau est comme frangé, il se rétracte et s’obture de luimême; il faut que le calibre du vaisseau approche de celui de l’huméraleou même de la fémorale pour que cette obturation spontanée soit insuffisante. Les grosses veines, qui ne se rétractent pas, peuvent donner lieu à des hémorrhagies aussi funestes que celles des artères (Legouest). Somme toute, si l’on défalque les blessures avec hémorrhagie, mais à. la suite desquelles la mort fut survenue même sans l’bémorrbagie, Beaunis ne croit pas que le nombre des blessés succombant à l’hémorrhagie, et qui eussent pu être sauvés si elle eût été arrêtée, dépasse notablement 6 p. 1000.

spéciale.] . LA MARINE. loül

Assistance aux blessés de guerre. — L’organisation des secours aux blessés, des ambulances de tout degré, matériel et personnel; brancards, voitures, trains sanitaires; brancardiers, infirmiers, médecins; forme tout un vaste chapitre que la chirurgie d’armée fait rentrer dans ses études, non à tort, mais qui relève aussi de l’hygiène militaire. Car c’est bien celle-ci qui doit prévoir, prescrire, réunir et agencer les diverses pièces du mécanisme que l’autre mettra en œuvre. Rien n’empêche, du reste, en pratique, que le môme homme soit à la fois hygiéniste et chirurgien militaire; c’est môme la réalisation de ce double attribut qui est désirable. A la vérité, pour être ce chirurgien d’armée idéal, ce n’est pas trop de s’y être consacré tout entier et de n’avoir pas fait autre chose, toute sa vie. On ne se figurera pas que la bonne volonté tienne lieu de préparation et d’expérience aux ambulances volontaires et aux Sociétés de secours a.ux blessés, et les Étals commettraient une lourde faute en comptant sur celte organisation latérale de la médecine de guerre. D’ailleurs, l’État a le devoir strict de pourvoir aux soins des soldats malades, par le fait même qu’il a le droit d’en disposer pour faire la guerre.

La marine. — Les navires de commerce, au nombre d’environ 61,000 pour les 14 nations maritimes de l’Europe et pour les États-Unis, promènent sur les mers près d’un million d’hommes. La marine, de guerre, en France, comprend 20,000 marins en service actif et 80,000 de réserve; en Angleterre, 18,000 matelots actifs et 32,000 de réserve. Si nous ajoutons à ces chiffres le nombre considérable d’individus, troupes, passagers voyageurs, colons, commerçants, émigrants, qui se trouvent temporairement associés aux conditions de l’existence nautique, on comprendra que l 'hygiène navale, étant donnée d’ailleurs la spécialisation objective évidente, ait paru assez importante pour légitimer, comme l’hygiène militaire, des études directes et des ouvrages dont les développements se sont renfermés dans ce cadre exclusif, mais suffisamment large.

Ne pouvant ici entreprendre une analyse complète de la situation de ce groupe, nous nous bornerons à signaler les trois points essentiels par lesquels le problème sanilaire se caractérise en ce qui concerne la marine, à savoir : 1° le séjour du navire; 2° la séparation d’avec la terre ferme el surtout d’avec les ressources alimentaires ; 3° la mobilité du groupe.

1° Le navire devienl à la fois le support et l'habitation des gens de mer. Quoique entouré d’air pur, lorsqu’il vogue au large, le navire présente cette contradiction de constituer presque toujours un milieu respiratoire des plus médiocres, sinon des plus menaçants. La raison en est dans ses proportions restreintes relativement au nombre d’individus qu’il supporte. De telle façon qu’il est régulièrement menacé d 'encombrement, par le fait de l’agglomération des hommes, el de méphitisme par suite de la parcimonie avec laquelle le cube de place est mesuré à chacun. Il va sans dire que le matériel rétrécit encore l’espace.

La marine de l’État ne fait plus de ces vaisseaux à trois ponts que montaient 1,000 à 1,200 hommes ; les grands cuirassés (Magenta, Marengo) ne portent plus que de 600 à 650 hommes; les petits vaisseaux de guerrè7300. Mais, dans un moment donné, des troupes de terre embarquées doublent le personnel. Quant aux navires de commerce, ils restreignent le plus possible le chiffre de leur équipage; malheureusement, ceux qui transportent des colons en Amérique n’ont aucune mesure dans l’admission des passagers.

1302 LE GROUPE MILITAIRE OU MARIN. [Hygiène

Selon Bourel-Ronoière, le cube moyen des cuirassés serait de 10mV272 par homme. En réalité, grâce à la place prise par l’artillerie et le matériel, la frégate cuirassée, le Richelieu, la plus parfaite de ces constructions navales, ne ménage à son monde que 7mo,944 de vide intérieur par individu. Les anciens bâtiments sont beaucoup plus mal partagés; quelques-uns ne laissent pas 2 mètres cubes à chaque homme. C’était aussi le cas, selon Mareschal, du Colombo, de la Compagnie nationale de navigation, aménagé en 188a pour transporter les troupes au Tonkin. Le dispositif de ventilation ne compensait pas cette grave lacune; aussi les hommes s'efforcaient-ils de coucher sur le pont. Les navires à voiles ont, d’ordinaire, encore moins d’espace que les vapeurs. Le isamt-Pierre, de Nantes, au dire de Treille, ne jouissait dans le poste que de lmo,300 par homme.

Néanmoins, le navire est exposé aux souillures intérieures, comme toute autre habitation et même plus. En outre, il est particulièrement voué à l'humidité, qui lui vient : de la mer, de l’air marin, des chaudières et des appareils distillatoires, delà respiration des hommes, des lavages, du chargement, des accidents (Fonssagrives). Son atmosphère intérieure, surtout quand il s’agit de steamers, est presque toujours à une température élevée, celle de la cale par-dessus tout; en raison de la température extérieure, si l’on voyage sous les basses latitudes; en raison, dans tous les cas, de la présence de l’équipage, des feux de cuisine et des machines, de la fermentation de matières embarquées (le dépôt de houille s’enflamme quelquefois spontanément). Tout à fait au fond de la cale se réunissent les eaux de lavage du navire, qu’on n’a pu épuiser, et l’eau de mer qui a filtré à travers le bord. Ces eaux croupissent au fond du navire et y entretiennent un foyer d’infection, la serctine (Chaumery); on cimente le plus possible la paroi du fond; mais quelques navires, qui ont un chargement susceptible d’avaries, ferment entièrement la cale. On se doute de ce qui se passe dès lors dans la sentine. Les gaz putrides, l’hydrogène sulfuré, qui s’y produisent, arrivent jusque dans la chambre du capitaine, à travers les joints des cloisons.

Il est doncurgenl d’assurer à tout navire une ventilation généreuse et constante. Les navires ont leur aération naturelle par les panneaux d’écoutilles, sabords, hublots et autres ouvertures de construction. Us se ventilent artificiellement par l’appel d'un foxjer (ventilateur d’Edmund), par des manches à vent, fort analogues aux capes à vent, décrites dans la première partie, par des poutres creuses, par propulsion d'air, ou enfin par des appareils de ventilation mixte, dont il existe divers types et qui font simultanément le double effet d’injecter et d’aspirer. Ceux-ci peuvent être mus à bras d’homme ou par la vapeur. Fonssagrives donne la préférence à l’aspiration sur la pulsion ; mais la ventilation mixte lui paraît supérieure àl’une et à l’autre. Il n’est pas besoin d’ajouter que la cale est le compartiment qui exige la ventilation la plus large. Les navires actuels, à cloisons étanches, sont un peu plus difficiles à ventiler que ceux d’autrefois. On doit ménager à chaque compartiment une gaine venlilalrice spéciale, se rendant à l’enveloppe d appel qui entoure le foyer (système d’Edmund).

On arrivera à diminuer l’excès de température, là où il se produit, au moyen du froid produit par la détente de l’air comprimé.

On doit se méfier des matières vomies par les passagers qui ont le mal de mer (Treille) ; c’est toujours sale et cela peut provenir d’individus en incubation de choléra ou de fièvre jaune. D’ailleurs, le navire, d’autant plus apte à transporter les infectieuses exotiques qu’il est plus encombré et sale (les grands transatlantiques ne sontjamais guère incriminés) est essentiellement justiciable de la désinfection (voy. p. 492), la sentine particulièrement.

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