‹ Nouveaux éléments d'hygièneChapitre 249 sur 268 · L’ABRI · texte numérisé non relu

L’ABRI

spéciale.]

cation des nouveaux en dehors de la ville. La prison de Plotzensée (Berlin) satisfait à cette règle; celle de Moabit est seulement périphérique.

Les règles générales de l 'hygiène des habitations sont applicables aux prisons.

Au point de vue du cubage de place, on exige en Allemagne, au moins 10m3 par individu dans les dortoirs communs, 8"‘3 dans les ateliers et 24m3 dans les cellules où le détenu doit passer le jour et la nuit. A Plotzensée, le dortoir commun des adultes a 1 üm3,7o d’espace et une surface de 4mq,32 par lit ; les cellules d’adultes ont 28 à 29 mètres cubes (2,18x4,10 X3,lo); celles des jeunes détenus, 2Gm3,46 à 27m3,32. Stevens, en Belgique, demande pour -les cellules les dimensions suivantes : 4x2,30x3 = 30 mètres cubes. C’est le chiffre réglementaire en France ( Décision ministérielle pour l'exécution de la loi du 3 juin 1873).

Il doit y avoir des fenêtres donnant accès à l’air et à la lumière ; elles seront hautes, larges et nombreuses, dans les locaux communs; dans les cellules, il y aura au moins une fenêtre d’un mètre carré de surface, pouvant être ouverte partiellement ou en totalité. En Belgique, on donne à la fenêtre lm,10 de large et 0m,70 de haut ; en France, im,20 sur 0m,70. Elle est garnie de barreaux. A Plotzensée, les vitres sont fixées à des barreaux de fer verticaux, espacés de 0m,14, qui rendent inutile tout autre grillage.

Les moyens simples de ventilation doivent toujours être utilisés dans les prisons; ainsi, l’ouverture des portes et des fenêtres, dans les ateliers, dortoirs et cellules, toutes les fois que les détenus ont quitté le local. Mais c’est à ces grands établissements que s’appliquent au mieux les appareils d’appel, thermique ou mécanique, dont nous avons parlé (p. 394 et suiv.), ou de propulsion (Plotzensée).

Le chauffage est avantageusement obtenu par la circulation d’eau, comme à Plotzensée, ou de vapeur, comme à la prison de Nanterre (p. 637).

Les systèmes de latrines à eau , que nous avons recommandés, sont aussi ceux qu’il convient d’installer) dans les prisons. Toutefois, il est bon de ne laisser aucun robinet d’eau à la disposition des détenus, hors le temps où ils sont surveillés, dans la crainte d’inondations par accident ou par malveillance. Les chasses et lavages devront donc être automatiques. L’évacuation des immondices et leur utilisation sont soumises aux règles connues. A Plotzensée, une petite canalisation spéciale conduit le produit des latrines sur un terrain avoisinant l’établissement; c’est un champ d’irrigation en miniature et qui est, d’ailleurs, un des exemples les plus réussis de la méthode.

Literie des prisons. — En France, le règlement (art. 67) porte que : « le coucher du prisonnier comprend : une couchette en fer, une paillasse ou un matelas, un traversin en paille, une paire de draps, une couverture de coton en été et deux couvertures, dont une de laine, en hiver. » — Quand il est malade, le détenu a droit, en outre, à un oreiller de plumes. — C’est fort satisfaisant. Mais, de. temps à autre, l’affluence des prisonniers déborde les ressources en matériel et l’on nous a assuré que, dans quelques maisons d’arrêt, beaucoup d’hôtes en excédent de la population normale couchent

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simplement sur de la paille répandue à travers le plancher d’une pièce de la prison.

Vêtement des détenus . Il importe, chez des individus cj u i sont sous le coup de diverses causes de dépression, d’aider sérieusement à la calorification par le vêtement, et, par suite, de tenir compte de l’âge et des habitudes antérieures des détenus. Baer estime qu’en dehors de l’uniforme de la prison, on devrait laisser à plusieurs d’entre eux la chemise de laine, le vêtement de dessous, avec lesquels ils sont entrés. Par ailleurs, les vêtements fournis par la prison doivent, comme partout, laisser libres les mouvements respiratoires, protéger particulièrement la poitrine et le ventre et être soumis en temps utile au lavage ou même, s’il y a lieu, à la désinfection.

Propreté corporelle. — Dans toute maison de détention ou de correction, on doit rencontrer une installation de bains. Il ne s’agit pas simplement de propreté individuelle dans l’intérêt de l’atmosphère des locaux, ni d’un moyen de thérapeutique à l’occasion de diverses maladies. Le bain, dans les prisons, doit se proposer d’abord la santé générale des détenus. Comme il est extrêmement difficile de pratiquer d’une façon un peu large le bain en baignoire, dans les prisons, c’est au bain d'aspersion qu’il faut recourir. Cette méthode, introduite dans l'armée sous une forme ébauchée, par Dunal, a été régularisée à la prison de Rouen par Merry-Delabost, en 1873 (p. 836). Selon Baer, le système est appliqué à la prison de Münster.

L’auteur allemand arrange son texte de telle sorte qu’on lise que Merry-Delabost a « aussi » organisé Je bain-douche dans l’établissement dont il est le médecin, c’est-à-dire a été précédé par les hygiénistes de là-bas. Nous allons, au moins, fixer ici le fait que notre compatriote a, le premier, imaginé d’étendre le baindouche aux détenus des prisons cellulaires, sans faire brèche à ce système pénitentiaire, c’est-à-dire de rendre individuel ce bain, qui, jusqu’à présent, a eu pour caractère d’être donné à plusieurs individus à la fois.

Au sommet du triangle que représente chaque préau cellulaire (fig. 268), serait installée une peliLe cabine dont la partie supérieure, vitrée, permettrait au gardien de voir, de son poste, si le détenu s’est disposé à recevoir la douche, après en avoir reçu l’ordre. Dans ce poste, se trouveraient les réservoirs d’eau, le foyer pour en chauffer une partie, et un tuyau circulaire partant du réservoir d’eau tiède pour alimenter des tuyaux descendant verticalement par le toit de chaque cellule pour s’y terminer bientôt en pomme d’arrosoir. On comprend aisément comme il sérail facile à un surveillant rapidement initié, de donner à tous les détenus présents dans leur préau individuel l’ordre de rentrer dans la cabine, de s’y enfermer et de s’y déshabiller. En maniant convenablement un robinet placé sur le tuyau principal, le gardien administrerait à tous les baigneurs, en cinq minutes, quatre ou cinq douches de quinze à vingt secondes de durée chacune. Les détenus se frotteraient, s’essuieraient, s’habilleraient et seraient reconduits isolément pour faire place à une autre escouade. L’auteur fait remarquer qu’avec les habitudes de la plupart des détenus, le bain-douche de propreté n’est nullement une sensualité qu’on leur accorde; c’est une contrainte de plus.

spéciale.] L’ALIMENTATION.

1/alimentation. — Elle est, fondamentalement, basée sur les principes physiologiques que nous avons établis en leur lieu (Cuap. vii). Toutefois, elle semble toujours un peu trop voisine du strict nécessaire et ne pas tenii assez compte des variations possibles dans les méthodes et les résultats des chimistes, dans la valeur nutritive des substances alimentaires, dans les aptitudes digestives individuelles. Quand on recherche si exactement le chiffre brut du besoin, il est facile de se trouver souvent au-dessous.

Fig. 2G8. — Vue des préaux cellulaires avec installation de bains-clouches de propreté dans une cabine placée à l’entrée de chaque préau.

On a l’habitude, très rationnelle, de distinguer le prisonnier qui travaille et celui qui ne travaille pas. Celui-ci n’a besoin, dit-on, que de la ration d’entretien. La « ration d’entretien » est représentée, selon de Gasparin, par : azote 12gr,5 et carbone 2G4 grammes. Voit demande, pour le prisonnier qui ne travaille pas : albumine 85 grammes; graisse 30 grammes; amidon 300 grammes; ce qui est la rrjême ration, un peu renforcée en azote. Or, le règlement français alloue aux prisonniers un régime qui, selon Merry-Delabost, contient 13gr,38 à 14gr,22 d’azote et 314 grammes de carbone,

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dans la prison départementale de Rouen, et d’après Hurel, 13^89 d’azote avec 31 H grammes de carbone, à la maison centrale de Gaillon. Néanmoins, sauf Rouen, où Merry-Delabost assure qu’on ne voit pas de maladie due à l’alimentation, les prisonniers pâlissent, maigrissent, et tous ceux qui le peuvent se procurent, à la cantine, des aliments supplémentaires.

En France, ce supplément est fourni aux détenus par l’entrepreneur, d’après un tarif et une liste de denrées déterminées, contre remboursement par les détenus eux-mêmes ; ceux qui travaillent s’acquittent au moyen de la part du produit de leur travail dont il leur est permis réglementairement de disposer, de même que tout prisonnier ne dispose que de la portion de son pécule que l’administration a fixée. Toutes ces prévisions rendent le régime un peu élastique, sauf qu’il a des chances d’être toujours un peu au-dessous de la moyenne nécessaire à la situation de travail : aussi Merry-Delabost voudrait-il que l’achat de vivres à la cantine cessât d’être facultatif; « il devrait devenir obligatoire pour tous les détenus travailleurs et la dépense occasionnée par ce supplément de vivres devrait être supportée par le détenu et l’entrepreneur de la prison (ou l’État, lorsque le travail se fait en régie), proportionnellement au profit tiré par chacun d’eux du travail produit. »

On cite volontiers les chiffres de Yoit pour le régime moyen du prisonnier adulte : albumine H 8 grammes; graisse 56; hydrocarbonés 500 grammes. Cependant, Yoit lui-même porte de 118 à 150 grammes le besoin d’albumine dans l’état de travail (p. 857) et les comparaisons de fait reproduites, pages 863 et 864, permettent de regarder comme des limites audessous desquelles il ne faut pas être les chiffres de ce régime moyen. Marc d’Espine, Rob. Christison et J. -B. Thomson , D. Maclagan et Naughtan ont contrôlé l’efûcacité du régime des prisons de Genève et d’Écosse au moyen des pesées. Nous avons dit (p, 852) que c’est un moyen illusoire; on peut mourir de faim, tout en étant gras. Le tableau ci-après donne la valeur du régime de quelques prisons d’Allemagne :

Albumine. Graisse. Hydrocarbonés.

Nuremberg (prison cellulaire) 112gr. 34 525

Munich (maison de correction, travail obligat.) 104 3? 521

— (prison sans travail obligatoire) 87 22 305

Waldheim 10G 15,2 67G

Bruchsal 121 27 509

Plôtzensee 117 32 597

Maisons de correction en Prusse (travail obligatoire) 140 35 736

Brandebourg-s.-H. (prison do cercle) 109 34 574

Les proportions d’albumine et de graisse, comme on voit, se rapprochent encore ici du strict nécessaire.

En Écosse, d’après les tableaux reproduits par Merry-Delabost, la valeur de la ration alimentaire journalière, dans les prisons, se répartit comme ci-dessous :

• Albuminoïdes. Hydrocarbonés.

Condamnés è moins do 10 jours do travail obligatoire.. 101,30 409,66

— à plus do 60 j. do trav. obligat. et convicts. 139,96 604, 28

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