‹ Nouveaux éléments d'hygièneChapitre 257 sur 268 · PROPHYLAXIE INTERNATIONALE · texte numérisé non relu

PROPHYLAXIE INTERNATIONALE

spéciale.]

giène du bord et tenant le journal sanitaire; — l’assainissement et la désinfection au point de départ ; l’observation et la désinfection (s’il y a lieu), pendant la traversée; les mesures à l'arrivée; — en distinguant toujours, ce qui est nécessaire au poÿnt de vue de l’institution des procédés d’assainissement, entre les navires suspects elles navires infectés. L’expérience a déjà prouvé qu’avec cette méthode la quarantaine n’a plus de raison d’être. Si on la conserve, c’est pour obliger la navigation à adopter les moyens que l'hygiène lui indique.

Législation quarantenaire actuelle. — Elle est déterminée en France par le décret du 27 mai 1853, et par le règlement de 1874 qui ne comprend pas moins de 130 articles. Elle vise trois maladies : la peste, la fièvre jaune et le choléra. Les prévisions s’appliquent : au départ , à la traversée, à l'arrivée, c’est-à-dire aux seuls temps pendant lesquels la santé des navires, ou des lieux auxquels ils ont touché, peut avoir de l'intérêt pour la population du point de débarquement. La patente est réduite à deux types : patente nette { pas d’épidémie au point de départ) et patente brute (dans le cas contraire). Les formalités à l’arrivée, substituées aux précautions grotesques d’autrefois, sont la reconnaissance (quelques questions sur la provenance du navire, la santé du pays, etc.) et Y arraisonnement (questions plus explicites et plus précises). Les attributions du corps médical sont étendues et nettement déterminées; les droits pour la délivrance des patentes, uniformisés et réglés. On fixe les minima et les maxima des quarantaines cl' observation ou de rigueur. On distingue entre les hommes et les marchandises, étoffes, hardes, chiffons, et l’on prescrit les mesures de purification de ces objets, du bâtiment.

La durée de la quarantaine (règlement de 1874) doit rester dans leslimi tes suivantes :

Peste. — Quarantaine d' observation, cinq à dix jours ; quarantaine de rigueur, dix à quinze jours.

Fièvre jaune. — S’il n’v a pas eu de malades à bords (navires suspects), trois à cinq jours, ou même sept jours. — S’il y a eu des cas pendant la traversée (navires infectés), sept à dix jours. La quarantaine peut-être réduite à cinq jours, si les derniers cas à bord sont finis depuis plus de quatorze jours.

Choléra. — Quarantaine d’observation, trois à sept jours ; quarantaine de rigueur, sept à dix jours pleins.

Plusieurs puissances maritimes avaient signé, à titre de convention, le règlement de 1853, rédigé en France ; la plupart n’en ont pas appliqué les principes (L. Colin). •On craint de léser « les intérêts du commerce « qui, pourtant perd beaucoup plus aux paniques causées par les épidémies qu’aux retards que peuvent lui imposer les ■quarantaines.

I^cb Zoonoses transmissibles à l’homme. — 1° La RAGE. — Le virus de la rage est absolument fixe et ne peut être transmis que par inoculation ou par morsure ou lâchement, ce qui est une sorte d’inoculation. La transmission a lieu par les animaux des genres canis et felis; au point de vue qui nous occupe, le chien, le loup, le renard, le chat, sont les seuls porteurs de la rage contre lesquels les groupes humains aient à se mettre en défense. Plus pratiquement encore, les mesures de police sanitaire n’ont prise que sur le chien et le chat. Elles n’atteignent pourtant jamais celui-ci; à vrai dire, il est beaucoup plus rarement coupable que l’autre.

1 3r>G LES MALADES ET LES MALADIES. [Hygiène

Peut-être n’est-il point impossible que la morsure, ou plutôt la salive de l’homme enragé soit capable de transmettre la maladie à un autre homme. Nous n’en connaissons pas d’exemples; mais ils seraient à prévoir si les expériences de Galtier de Raynaud et Lannelongue, prouvaient réellement que la salive de l’homme enragé reproduit la rage chez le lapin et chez le chien. Nous avons vu (p. 457) qU’ji y a> dans la salive de l’homme, même sain, une foule de bacilles, pathogènes pour les animaux, mais qui n ont rien de commun avec la rage. Raynaud et Lannelongue avaient obtenu l’une de ces infections, absolument distinctes de la rage. Leurs résultats ne firent pas longtemps prendre le change à PasLeur.

11 y a un exemple, cité par Tardieu, de rage transmise à l’homme par un bœuf bien que cet animal, lorsqu’il est enragé, cherche plutôt à donner des coups de cornes qu’à mordre.

La salive des animaux malades est jusqu’ici la seule humeur reconnue virulente. Pasteur a démontré la virulence dans la matière cérébrale; on sait déjà (voy.p. 484) les merveilleuses applications de cette découverte à l’hygiène. La morsure par l’animal enragé ne détermine pas, à chaque fois, une inoculation réussie, parce que les vêtements de la personne mordue peuvent retenir cette salive et protéger contreelle la plaie de morsure; il se peut aussi que les dents de la bête, essuyées l’instant d’avant de cette façon ou d’une autre, ne gardenl pas assez de virus pour faire consécutivement plusieurs morsures virulentes. La statistique officielle française accuse une lé'thalité élevée ; mais, d’après Faber, en Wurtemberg, Leblanc, Brouardel, la statistique de l’hôpital général de Vienne, il n’y aurail que 16 à 17 décès p. 100 morsures.

L’enquête, ouverte en France depuis 1860 est assez mal conduite. Jusqu’en 1876, elle ne dénonce que 28 décès rabiques par an. Depuis les inoculations de Pasteur, les renseignements arrivent d’eux-mêmes et l’on s’aperçoit que les morsures et les décès sont plus fréquents qu’on 11e le croyait. Leblanc et Dujardin-Beaumelz ont résumé dans le tableau ci-dessous la statistique rabique des années 1881 à 1883 dans le département de la Seine:

ANNÉES

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