‹ Nouveaux éléments d'hygièneChapitre 57 sur 268 · H ~TZ · texte numérisé non relu

H ~TZ

Matière

organique.

Acide 1 nitrique. |

Chlore. j

Acide |

sulfurique. |

Chaux.

"en

Silésie

traces.

traces.

Porphyre alumineux. .

Près de Meiningen. .

Prés de lludolstadt. .

Muschelkalk

Dolomie

(Chiffres moyens). . .

traces.

traces.

Gypse

Près de Kudolstadt. .

traces.

traces.

1 degré hydrotimétrique allemand = 1,25 anglais : 1,79 français.

Selon la prédominance de telle ou telle roche dans une contrée, les eaux offrent une prédominance relative des éléments minéraux correspondant à cette roche, ainsi qu’il ressort du tableau précédent, emprunté à Reic’iart (d’iéna).

L’eau de quelques sources provenant de terrains tourbeux ou d’analogues renferme des molécules organiques réfractaires à l’oxydation, certains

générale.] L’EAU DANS LA NATURE.

éléments solubles de l’humus, les acides crénique , apocrénique,' /tumique, formique (Schérer, Gorup-Besanez, Vogel).

La proportion de gaz dissous dans l’eau de source est habituellement peu élevée, puisque cette eau n’a pas eu de contact avec l’atmosphère avant son émergence. Boussingault indique le maximum de 35 centilitres par litre. Ces gaz sont ceux de l’air et surtout l’acide carbonique, abandonné par les bicarbonates au moment où l’eau voit le jour.

La température de l’eau de source est à peu près constante , ce qui lui assure d’ordinaire, pendant la saison chaude, le mérile de la fraîcheur. Bans nos contrées, elle est entre 10 et 12 degrés, c’est-à-dire voisine de la moyenne thermique du lieu.

Quelques eaux minérales et celles des puits artésiens, venues de grandes profondeurs, ont une température en conséquence et assez élevée pour qu’on puisse en donner des bains chauds. L’eau du puits de Grenelle (548 mètres) sort à 28°; celle du puits artésien de Rochefort (856 mètres) arrive à plus de 40 degrés.

Valeur sanitaire des sources. — On ne doit pas formuler de jugement absolu sur l’eau de source. On a fait remarquer qu’elle est facile à amener dans les villes par les seules forces de la gravitation; mais beaucoup de villes sont à un niveau plus élevé que l’émergence des sources dont elles disposent et ce n’est qu’un jeu, aujourd’hui, pour les ingénieurs, d’installer des machines élévatoires. Bouchardat, après Hippocrate et J. -P. Frank, a répété qu’il faut juger des eaux par la santé des habitants des lieux où l’on en use; mais, outre qu’il est bien désirable, quand il s’agit de sources que l’on ne connaît point et que l’on voudrait utiliser, de ne pas faire sur l’homme des expériences qui peuvent être dangereuses, il faut bien se dire que l’eau de source elle-même, à moins d’être soigneusement protégée dès le point où elle sort de terre (et même un peu avant), n’est pas à l’abri de toute influence extérieure. Telle qui a longtemps abreuvé un hameau avec avantage pourrait ne pas rester sans tache si le hameau devenait une ville. 11 est des sources avoisinant les terrains sur lesquels se font des irrigations à l’eau d’égout ou d’industrie, par conséquent à distance des villes, et qui n’en sont pas mieux protégées, parce que des crevasses, des galeries de taupes, à un jour donné, mènent tout droit les eaux de surface dans la profondeur. Ailleurs, l’eau de source jaillit en pleine campagne, mais traverse, avant d’être introduite dans l’aqueduc qui la porte jusqu’à une ville populeuse, un faible groupe d’habitations auquel on n’a pas attaché d'importance ; ou encore, le canal fermé qui contient l’eau de source présente quelque Assure, juste au niveau des rares maisons situées sur son passage. Un jour, dans quelqu’une de celle-ci, il y a le choléra ou la Aèvre typhoïde; puis un peu après, la fièvre typhoïde ou le choléra éclatent dans la ville en aval. Et de lourds soupçons, non sans apparence de fondement, pèsent sur cette eau de source, d'ailleurs pourvue de toutes les qualités (Gênes, Clermont-Ferrand).

En An de compte, l’eau de source est pure, tant qu’elle reste Y eau souterraine, dans sa virginité première ou reconstituée (parla Altration) ; c’est-à-

dire quand elle est éloignée ou à l’abri des influences du voisinage de l’homme. Si elle devient un moment « eau de surface », elle a les mêmes chances de souillures que celle des fleuves et que celle des lacs et étangs dont il a été question.

Notons que les sources, si légitimement recherchées pour l’alimentation des villes, n’ont pas un débit absolument constant. On en connaîL qui ont baissé spontanément et trompé de graves calculs. Certaines administrations municipales ont essuyé, de ce chef, de véritables catastrophes financières.

lies puits. — On distingue les puits plats, creusés dans la première nappe, c’est-à-dire dans la véritable nappe souterraine, et les puits profonds, que l’on descend jusqu’à une seconde nappe et auxquels Frankland assignait une profondeur d’au moins 30 mètres. Surtout, comme les puits sont le véritable moyen d’accès et le plus commun jusqu’à la nappe souterraine, on a séparé ceux des nappes sous-jacentes aux grandes villes des puits qui fournissent l’eau d’une nappe sans soupçon, par exemple de celle qui s’étend sous le sol d’une petite localité champêtre sans établissement industriel.

Ces distinctions ont perdu beaucoup de leur importance depuis que, par l’expertise bactériologique des eaux, par la vérification des résultats du filtrage, par l’étude des propriétés du sol, on a appris que la nature et l’abondance des substances chimiques de l’eau des puits n’ont pas de rapports (Heræus, Plagge et Proskauer, Ch. Girard) avec la richesse en bactéries, et surtout en bactéries pathogènes, et que le sol, même celui des villes, n’est pas absolument disposé à laisser pénétrer dans les puits des matières infectieuses, sans parler encore des constatations de C. Frankel, qui portent à croire que les couches telluriques en contact avec la nappe souterraine n ont habituellement plus de micro-organismes. La condamnation sommaire des puits plats serait excessive, car il en est beaucoup d’excellents ; l’installation systématique de puits profonds de 30 mètres serait souvent puérile et coûteuse, attendu qu’elle est rarement nécessaire. Il peut y avoir et il y a souvent, dans de très petites localités, des puits détestables, parce qu’ils sont mal construits et mal protégés contre les souillures extérieures, alors que la nappe est irréprochable. Et l’on peut rencontrer, en pleine grande ville, des puits dont l’eau, sans être parfaite, au sens de la chimie, est néanmoins pure, dans le sens que nous avons défini plus haut. Dans les villes, les puits sont mieux abrités que dans les campagnes contre les influences du dehors. Quant à la constitution de la nappe urbaine, elle est communément assez riche en nitrates, en chlorures et même en ammoniaque ; mais elle l’est beaucoup moins qu’on ne croit en matière organique, en substances dérivées de la putridité et en micro organismes.

On a été, naguère, sur le point de déclarer fait général et constant les infiltrations putrides à travers le sol, verticalement ou horizontalement, dans la nappe souterraine des villes. Nous avons suffisamment montré jusqu’à présent que cette présomption demande une analyse sévère. Il y a sans doute, dans les villes à fosses fixes, quelques-uns de ces récipients qui ne

générale.] L’EAU DANS LA NATURE. dGD

sont pas étanches ; certaines de ces villes ont môme des puits absorbants. Mais rien ne prouve qu’à la suite d’épanchements de matières fécales dans le sol, à la faveur de cette brèche, des molécules organiques et des bactéries aient gagné la nappe souterraine et, par cette voie ou par quelque autre, aient reparu dans l’eau des puits. Les observations commencent plutôt à prouver le contraire et, spécialement, celle des filtres de sable (Berlin), qui, avec une épaisseur d’un mètre, dépouillent assez exactement de ses germes une eau quelconque. Emile Trélat a été large lorsqu’il a concédé que les bacilles typhiques, dans l’épidémie dePicrrefonds, ont pu être transportés par la nappe souterraine à travers une épaisseur de 20 mètres de sol sableux. En réalité, lorsqu’il y a des échanges souterrains entre les fosses et les puits, c’est à la faveur d’une extrême proximité de ceux-ci avec celles-là, et surtout d’accidents, que l’on pourrait dire d’une nature grossière, à la suite desquels des voies de communication s’établissent. Il existe, à Lille, dans la ville ancienne et dans la nouvelle, un très grand nombre de puits dont on boit dans les meilleures maisons ; les consommateurs vantent môme leur eau et ne paraissent ressentir de son usage aucun inconvénient. Ce n’est que dans les quartiers pauvres et encombrés que l'eau de puits donne la fièvre typhoïde.

Il suffirait, selon nous, de diviser les puits en deux classes : ceux qui sont exactement protégés contre les influences extérieures et ceux qui ne le sont pas. Ces derniers comprendraient tous les puits qui ne sont que des sortes de réservoirs cylindriques, dans lesquels l’eau arrive par en bas, à parois plus ou moins bien maçonnées et cimentées, mais à large orifice, élevé ou non au-dessus du sol et ouvert d’une façon permanente ou temporaire. Les autres seraient les puits exactement fermés sauf à la partie inférieure et surmontés d’une pompe assez bien ajustée pour qu’aucune impureté ne puisse couler dans le puits, le long de son tuyau.

Les « puits tubulaires » ( Tubular Wells, Rôhrenbrunnen ) sont, évidemment, l’idéal du genre. Dans la construction de ces puits, les deux opérations du sondage et du tubage sont simultanées, au lieu d’être successives. Le puits est formé d’une suite de tubes creux en fer, de 3 à 8 centimètres de diamètre, que l’on enfonce dans le sol par les procédés ordinaires de sondage et que l’on visse les uns sur les autres au fur et à mesure de l’enfoncement. On pousse cette colonne creuse jusqu’à la nappe liquide et on la couronne d’une pompe ordinaire. On appelle encore ces puits « instantanés ». Les Anglais en ont fait un grand usage dans leur campagne d'Abyssinie (sous le nom d e pompe Norton). Le procédé, malheureusement, n’est applicable qu’aux terrains dans lesquels ces tubes peuvent pénétrer facilement, à la seule condition de garnir l’extrémité inférieure d’une pointe d acier plus ou moins lourde, ou de la terminer en vis.

Constitution de l’eau de puits. — Lorsque la nappe souterraine n’est pas influencée par la présence des humains et que les puits sont convenablementabrilés, leur eau ne diffère pas sensiblement de l’eau de source. Elle est riche en CO5, oxygénée, et ne renferme que les sels alcalins ou terreux habituellement empruntés au sol, dans des proportions qui ne sont pas faites

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pour inspirer des inquiétudes. Les matières organiques dissoutes n’y dépassent pas 15 il 20 milligrammes par litre.

Dans l’intérieur des villes, au voisinage de fosses fixes, de certaines industries, de cimetières, elle se distingue par la présence ou tout au moins l’importance du chlorure de sodium, des nitrates et parfois des nitrites, de l'ammoniaque et des matières organiques. Une telle eau n’est pas recommandable, mais elle n’est pas pour cela toxique ni infectieuse. 11 reste à faire l’examen bactériologique.

L’élévation du chiffre du chlorure de sodium est essentiellement due à l’infiltration des urines dans le sol. Ce sel n’est pas modifié à son passage dans les couches terrestres. Son abondance est donc significative. Les nitrates sont le produit final des oxydations organiques; c’est le témoignage de ce qui s’est passé, mais aussi la preuve que l’épuration parle sol s’est accomplie. Les nitrites sont un degré de transformation moins avancé. L’ammoniaque, naturellement, est un état encore plus voisin du début de la décomposition. Aussi, le professeur J. Fodor la regarde-t-il comme la véritable mesure de l’impureté des eaux souterraines, ce qui est généralement exact ( Voir le tableau ci-après). Les sels de potasse et de soude sont, pour la plupart du temps, les mêmes sels préformés des matières animales ou végétales. On dit que la présence de la potasse se rapporte d’ordinaire à la putréfaction des viandes, ou vient des cendres.

Souillures de l’eau souterraine, en milligrammes par litre (Fodor).

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