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Les matières organiques de l’eau de puits ne sont pas toujours de provenance excrémentitielle ; il s’en faut et il semble que ce soit aller un peu loin que de donner comme sacramentelle la réduction du permanganate de potasse dans l’expertise des eaux, ainsi qu’on le fait encore. La matière organique vient quelquefois simplement du vieux bois qui formait cadre à la margelle du puits et dont les morceaux sont tombés à l’intérieur. Un millier de bactéries typhogènes dans un litre d’eau n’augmenterait pas le poids des matières organiques.
Il est probable que, dans quelques cas, si l’on en juge d’après l’odeur de certaines eaux de puits, il s’y est mêlé de réels produits de putréfaction,
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hydrogène carboné et sulfuré, acides gras, trimé t h y lamine, phénol, indol, crésol, scatol, etc., comme il y en a déjà dans les matières fécales. Il ne semble pas qu’on y ait reconnu des alcaloïdes cadavériques [ptomaïnes), ce qui prouve, d’ailleurs, que le sol cesse rarement d’exercer son action oxydante. Mais il est évident que la présence du « poison septique » n’y est nullement impossible.
Constitution de l'eau des puits (milligrammes par litre).
Le volume et la nature des gaz de l’eau de puits ne sont pas moins variables. Ritter, dans les puits de Nancy, trouvait de 27 à 84 centimètres cubes, avec 4 à 6 centimètres cubes d’oxygène et même 8 à 10 dans les puits souvent pompés. Munkacsy, à Budapest, obtient 12SC0,8 CO2; 4,82 oxygène; 27,67 azote.
il est des puits particulièrement mauvais, soit parce que leur construction défectueuse y a laissé pénétrer largement les impuretés, soit parce que celles-ci sont de la nature des substances que le sol ne modifie pas.
\\ olffhügel, examinant l’eau du sol sous une fabrique de sulfate de soude, qui provoquait les plaintes des voisins, y trouvait un résidu par litre de 3er,800, <0gr,270 de chlore, 113 milligrammes d’acide nitrique, lRr,567 d'acide sulfurique; l’eau réduisait 1 1 m»r,2 de permanganate de polasse, tandis que celle d’un puits voisin, mais qui n’était pas dans le sens du courant souterrain, présentait 400 milligrammes de résidu, 13 de chlore, 48 d’acide nitrique, 24 d’acide sulfurique, et ne réduisait que 6m«r,o de permanganate.
Les usines à gaz sont également compromettantes pour l’eau souterraine. F. Fischer a constaté que l’eau d’un puits situé à 300 mètres d’une semblable
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usine était trouble, laiteuse, sentant le gaz et impropre à tous les usages domestiques aussi bien qu’à la boisson. Elle renfermait par litre : matières organiques, 4 188 milligrammes, chlore, 440m8r,2; acide sulfurique, 992milligrammes; acide nitrique, 2mer,3; acide nitreux, 0; ammoniaque, 8im»r,6; chaux, 906msr,l ; magnésie, 136 milligrammes; dureté, 109,7.
Les fabriques de couleur d’aniline ont été signalées comme versant de l’arsenic dans l’eau souterraine. Goppelsrôder a réuni plusieurs cas d’empoisonnement de cette origine.
Quelques-uns des puits des villes du département du Nord, d’après Viollette, fournissent une eau tellement alcaline que son usage un peu large emporterait la menace de suralcalinisation du sang chez les consommateurs.
L’eau des puits de cimetière ou des environs est assez communément riche en nitrates, assurément inolTensifs à cette dose. Aussi, la plupart des hygiénistes se montrent-ils rassurés à leur endroit (Pettenkofer, Reich, Fr. Hofmann, Rézsahegyi, Du Mesnil, Miquel).
La température de l’eau des puits, pour peu que ceux-ci soient profonds et abrités, est fraîche et varie, comme celle des sources à leur émergence, entre 10 et 12 degrés. C’est, en somme, la température de la nappe souterraine, généralement peu ou point influencée par la température extérieure. Cette fraîcheur séduit régulièrement les clients des puits, fussent-ils médiocres, et les détourne de puiser à la distribution d’eau municipale, si l’on a pas eu soin de protéger efficacement celle-ci contre la chaleur. Il semble que ce soit le cas à Joigny (Longbois).
i*uits profonds. Galeries filtrantes. — On creuse des puits profonds, aux environs de trente mètres, réunis par des galeries et desquels partent même des galeries d 'aspiration, en vue de collecter l’eau d’une nappe souterraine puissante pour l’approvisionnement d’une ville. En général, pour se placer dans les conditions les plus avantageuses, c’est-à-dire au point où aboutit naturellement le drainage de la zone territoriale, on installe ces puits très près du bord d’un cours d’eau ou d’un lac. Çà et là, on s’est figuré qu’en abaissant le fond de la tranchée parallèle au fleuve jusqu’audessous du lit de celui-ci, on ferait appel à l’eau même du courant et qu’on l’obligerait à filtrer vers la galerie de colleclionnement. C’est à peu près toujours une erreur. Le fond du lit des fleuves est imperméable ; leurs parois sont également imperméables jusqu’à la hauteur à laquelle elles sont constamment couvertes par l’eau. Ce qui arrive (à Nancy, par exemple, avec l’eau r/ùede laMoselle), c’est que l’on reçoit d’ordinaire, dans lagalerie, l’eau de la nappe souterraine, excellente; mais, que dans un moment do crue, l’eau de la rivière s’élève jusqu’au point où sa paroi latérale, crevassée par la sécheresse antérieure, n’est plus étanche, et qu’elle passe, en effet, souvent trouble, à travers le filtre insuffisant qui la sépare de la tranchée ; d’autant mieux que la pression est beaucoup trop forte pour une filtration convenable.
Ailleurs, on traverse la nappe d’infiltration et la couche imperméable sur laquelle elle repose et l’on va chercher une seconde nappe à plus de 30 mè-
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très et jusqu’à 100 mètres. Il existe des puits de ce genre à Lille, Douai, Aire. L’eau en est satisfaisante. Mais il ne semble pas que son origine soit une garantie absolue. 11 peut, en effet, se produire quelques fissures dans la^coucbe imperméable, ou son étanchéité offrir quelques lacunes, qui mettent en communication les deux nappes.
Puits artésicus. — Le nom de ccs puits, essentiellement profonds, leur est venu de leur fréquence dans l’Artois, où le premier de ce genre fut creusé, à Lillers, en 1126. Les Chinois les pratiquaient de temps immémorial.
Leurs eaux sont régulièrement pures, au sens de l’hygiène ; mais leurs propriétés physiques ou chimiques n’en font pas toujours de bonne eau de boisson. Trois puits artésiens d'Erlangen, venant du Keuper, ont offert à Schnilzer les particularités suivantes :
Eau de puits artésiens.