ALLEMAGNE
rÉTEBSBOuno.
(occidoutnlo).
(i nt meure).
(ouest).
(est).
Hiver 26,4
Printemps.. 10,7
Été 20,0
Automne . . 30,9
Fonssagrives évalue à 113 le nombre moyen des jours de pluie en France. D’après Kæmtz, ce nombre serait de 132 jours par an pour l’Angleterre et la France occidentale, 147 pour l’intérieur de la France, 141 dans les plaines de l’Allemagne, 112 à Bude, 90 à Kasan et seulement 60 en Sibérie. La ville de Lille (Y. Meurein) a près de 200 jours de pluie, année moyenne; comme, d’autre part, elle ne reçoit pas plus de 700 millimètres d’eau, cette pluie à petites doses, mais répétées sans cesse, donne quelque chose de particulièrement maussade à la physionomie de la cité. Sur d’autres points, il y a parfois des averses d’une singulière générosité: en 1772, à Marseille, une seule averse fournit 323 millimètres: à Joyeuse, le 9 août 1837, en 24 heures, il tomba 792 millimètres d’eau. C’est une pluie semblable qui submergea le village de Goncelin (Isère) et l’engouffra dans un vallon voisin. Celle qui ravagea Saint-Étienne, en 1824, versa à Saint-Symphorien-lc- Château 323 millimètres. De Gasparin a noté, à Orange, les précipitations suivantes : le 7 octobre 1820,133 millim., le 14 septembre 1839, 143 millim. ; le 4 octobre 1842, 128 millim.
Comme toujours, et malheureusement, les moyennes ne disent rien de ces faits et même masquent les inégalités de précipitation sur un même lieu, d’une année à l’autre. En 1837, il tomba à Aigues-Mortes 1,067 millimètres d’eau et seulement 251 millimètres en 1867. On ne peut connaître ces écarts que par l’analyse des observations et la multiplication des modes de notation. Ici, plus qu’ailleurs, ce n’est pas tant la quantité annuelle absolue de l’élément météorologique qui intéresse la vitalité humaine que la modalité suivant laquelle il se manifeste.
Des chiffres udomélriques élevés n’impliquent pas nécessairement une atmosphère humide ; c’est quelquefois le contraire. Cependant, à n’envisager qu’un seul lieu, les années ou les saisons dans lesquelles prédominent les précipitations aqueuses peuvent passer pour les plus humides, et c’est dans ces circonstances que l’on peut se rendre compte de l’influence des pluies, soit par elles-mêmes, soit par les modifications qu’elles impriment à la température, froide ou chaude. Cet effet indirect mérite la plus sérieuse attention.
Brouillards. — Les brouillards sont une demi-condensation de la vapeur d’eau atmosphérique, qui prend l’état dit vésiculaire. Ils se forment quand il y a peu ou point de vent et que la température des masses atmosphériques dans lesquelles la vapeur pénètre n’est pas notablement plus basse que celle du point où les vapeurs se sont formées. Aussi, sonl-ce souvent les vapeurs même du sol qui prennent cet état dans l’air de la surface. A Londres et à Lille, le brouillard est plus opaque qu’ailleurs, à cause de la fumée de charbon. L’explication donnée plus haut, sur la formation des brouillards, fait aisément comprendre cette opacité.
générale. 1 PROPRIÉTÉS PHYSIQUES DE L’AIR. — MÉTÉOROLOGIE. 375
Sur mer, le brouillard s’appelle plus volontiers la brume.
Il osée . — Gelée blanche . — La rosée n’est autre chose que la précipitation de la vapeur d’eau de l’air à la surface des corps terrestres, refroidis par le rayonnement nocturne. Telle est, du moins, la théorie classique, démontrée par diverses expériences. Le professeur Stockbridge fait remarquer que la température du sol pendant la nuit est habituellement supérieure à celle de l’air et que c’est le premier qui fournit de la vapeur d’eau au second; la rosée serait donc due au refroidissement de l’air et non à celui des corps terrestres. Il est possible que sa doctrine s’applique à certains cas.
La rosée supplée la pluie, — assez incomplètement, — dans quelques régions où celle-ci ne tombe jamais. La limpidité du ciel, favorable au rayonnement terrestre, est une condition pour qu’il se forme de la rosée. 11 n’y en a pas non plus par le vent, qui emporte la vapeur avant qu’elle ait pu se précipiter.
Quand le refroidissement du sol est très considérable, la rosée devient gelée blanche. On protège contre celle-ci les jeunes plantes (les pousses de . la vigne surtout), au printemps, en les surmontant d’abris ou en allumant des feux de paille dans leur voisinage, non pour les chauffer, mais pour couvrir le ciel de nuages artiûciels.
Le givre suppose que l’eau s’est abaissée au-dessous de zéro sans se solidifier, avant de rencontrer un corps solide (Jamin). Si même elle a pu s’étendre sur terre avant de cristalliser, c’est le verglas.
La grêle provient, dit-on, de ce qu’un courant d’air chaud et humide a pénétré dans des régions froides de l’air. Les gouttelettes d’eau cristallisent, roulent quelque temps sans tomber encore, sous la force du vent, gagnent concentriquement de nouvelles couches et enûn sont précipitées.
Sans parler des dégâts causés par la grêle sur les récoltes, les grêlons atteignent parfois une masse suffisante pour blesser les individus qui les reçoivent : on en a vu, à Toul, en 1753 (Monlignot et Tressan), de 8 centimètres de diamètre; d’Hombres-Firmas, le 21 mai 1828, en observa qui pesaient 130 et 153 grammes. Les appréciations qui dépassent ces chiffres sont des exagérations.
Quand la vapeur se condense dans un air au-dessous de zéro, on a de la neige ou du grésil.
Influence sanitaire de l'humidité et des précipitations aqueuses. — Nous plaçons ici ce paragraphe parce que l’humidité de l’air a ses rapports les plus essentiels et les plus étroits avec les précipitations aqueuses et avec la présence des collections d’eau qu’elles alimentent ou entretiennent. Mais il est des circonstances qu’il nous faudra, néanmoins, envisager et dans lesquelles 1 origine de la vapeur d’eau atmosphérique disparait à
peu près, au point de vue de l’hygiène; ainsi, l’humidité de l’air dans les habitations.
Influence des pluies. — Les pluies purifient l’atmosphère en entraînant divers gaz étrangers et solubles dans l’eau, une grande quantité de schizomycètes et des poussières de divers ordres. Miquel trouve une moyenne
DE L’ATMOSPHÈRE
[Hygiène
de 33H0 germes par litre de pluie; mais si l’eau est recueillie au début des averses, le chiffre en est beaucoup plus élevé. La neige joue très bien ce rôle d 'épurateur de l’air, quoiqu’elle retienne moins que la pluie les bactéries sur le sol.
« Le nombre des bactéries aériennes, toujours peu élevé durant les temps pluvieux, augmente pendant la dessiccation du sol » (Miquel). C’est le contraire pour les moisissures, dont les filaments mycéliens croissent très bien dans l’air humide.
La pluie apporte donc aux couches superficielles du sol, à la fois des organismes saprophytes, c’est-à-dire les agents de la putréfaction, et l’eau qui est nécessaire à l’évolution de ce phénomène. Aussi, en purifiant l’atmosphère, peut-elle compromettre le sol et, par la suite, rendre aux couches aériennes en contact avec lui les molécules putrides, si l’on n’a soin de l’écarter par le drainage et de la conduire aux collections dans lesquelles l’eau est inoffensive parle fait qu’elle est en masse.
C’est probablement par cette action sur le sol que s’explique l’exacerbation de l’endémo-épidémie palustre, au Sénégal, en Algérie, après les averses ou après un hiver pluvieux, la recrudescence du typhus exanthé- • matique (Fracastor, Davidson, Kelsch) en Silésie, en Pologne et dans l’Inde, après les pluies. Les germes respectifs de ces deux maladies et, dans tous les cas, ceux de la putréfaction ont pullulé abondamment dans le sol abreuvé d’eau. Bowditch, aux États-Unis (1862), et Buchanan, en Angleterre, ont attribué à l’humidité du sol, sur le développement de la phthisie , une influence qui ne peut guère avoir que cette raison indirecte. Peut-être y a-t-il quelque effet du même genre dans l’exacerbation eslivo-automnale (E. Besnier) de la fièvre typhoïde.
Au contraire, pendant la pluie, la salubrité des milieux est plutôt relevée. En même temps que l’atmosphère est lavée, les pores du sol sont obturés par l’eau, la poussière est supprimée et les microorganismes sont fixés à la surface. Aussi, Gasper comparant, pour Paris et Berlin, les mois humides aux mois secs, trouve-t-il la plus lourde mortalité dans les derniers. Lombard (de Genève) a formulé une loi identique pour un ensemble de localités et d’années. Kulenkampff, à Brême (1830-1870), v. Haselberg, à Slralsund (1851-1871), ont confirmé cette loi.
11 faut, toutefois, remarquer que, dans nos contrées, les hivers pluvieux signifient un froid modéré. Par suite, il faut déjà diminuer les causes de mortalité de l’influence banale du froid, qui ne laisse pas que d'être meurtrière.
Le choléra est à son apogée, à Calcutta, où il est endémique (Lewis et Cunningham, Pettenkofer), pendant la sécheresse ou plutôt en avril, au commencement des pluies; il diminue de plus en plus, à mesure que les pluies augmentent (juillet, août). C’est à peu près la même chose à Bombay, dans la zone d’épidémicité. Au contraire, à Lahore (même zone)r il apparaît avec le maximum des précipitations atmosphériques et disparaît avec la sécheresse. Enfin, à Madras, il y a deux saisons de choléra ; l’une on janvier-février, après les pluies ; l’autre en juillet-août, lorsque les
générale.] PROPRIÉTÉS PHYSIQUES DE L’AIR. — MÉTÉOROLOGIE. 377
pluies recommencent à devenir importantes. Selon Soyka, c’est une question d’abondance des pluies et, surtout, de constitution du sol. A Bombay et à Calcutta, où la nappe souterraine est voisine de la surface, les pluies, qui sont considérables, noient rapidement les germes dans les couche perméables. A Lahore, où ces couches sont très puissantes, il est nécessaire, au contraire, que la pluie, d’ailleurs modérée, les humecte pour que les germes puissent fructifier. Madras tient des conditions de celle-ci et des deux autres.
Il est probable que l’influence des pluies n’est souvent ainsi qu’un élément associé à d’autres circonstances étiologiques,
Influence du brouillard. — Le brouillard se formant autour des molécules organiques peut bien Être un indicateur de l’abondance des germes fébrigènes dans l’air, comme l’a observé Léon Colin sur les collines romaines. Peut-être contribue-t-il à rabattre ces germes sur les points déclives du sol. Les villes, couvents et bourgades de YAgro Romano sont d'autant plus salubres qu’ils émergent davantage du brouillard matinal.
Les fameuses stations d’altitudes (Davos, Saint-Maurice, etc.), réputées favorables aux phthisiques, se distinguent par un haut degré hygrométrique (85° en moyenne), quoique avec une petite quantité absolue de vapeur d’eau : 2sr,428 par mètre cube d’air, au lieu de 6er,510 à Pise (Vacher). Mais l’air y est très pur. Il n’y a pas de brouillards et les rayons du soleil passent sans obstacle.
Bien que l’air humide (et surtout saturé) soit un peu plus léger que l’air sec et par conséquent moins riche d’oxygène, il semble que l’on respire malaisément dans le brouillard.
Influence de l’humidité ou de la sécheresse de l’cdr. — Rappelons qu’il convient, en ceci, de se préoccuper du déficit de saturation (Voy. page 294) plutôt que de l’humidité absolue ou même relative.
L’homme perd de la vapeur d’eau par la respiration et par la peau. Cette fonction règle essentiellement la température propre du corps. C’est donc d abord dans ses influences sur elle qu’il faut envisager l’hygrométricité atmosphérique.
A la température de 15°, l’air inspiré étant à 75 p. 100 de saturation, un adulte rend par les poumons 286 grammes d’eau en vingt-quatre heures. Par la peau, il peut en 'évaporer de 500 à 1700 grammes. (Voit et Peltenkofer).
On voit tout d abord que le degré auquel s’élève le déficit de saturation de 1 air favorise ou entrave cette perte d’eau et, par conséquent, contribue aussi à régler la température du corps. Ainsi, dans un air chaud et humide, il sera difficile ou impossible à l’homme de perdre de la chaleur par évaporation pulmonaire et cutanée; d’où une situation pénible à supporter. Un air chaud et sec, au contraire, avec un grand déficit de saturation (Reinhard, Deneke), — ou une faible tension de la vapeur d'eau (Treille), permet à 1 évaporation physiologique de lutter contre réchauffement de l’économie.
On peut remarquer que l’air d’expiration, toujours saturé, prend d’au-
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tant plus d’eau à l’économie que l’air d’inspiration est plus sec; si celuici est déjà chaud et humide, l’expiration ne prendra au corps ni eau ni chaleur.
On peut se mouvoir et agir sans souffrance dans une atmosphère sèche et chaude, comme nous l’avons personnellement éprouvé dans le sud de l’Algérie, à Laghouat. Mais la restitution d’eau par la profondeur peut quelquefois ne pas suivre assez tôt la déperdition par la peau et les muqueuses extérieures (lèvre, bouche, pharynx); surtout si la sécheresse succède un peu brusquement à l’humidité. Alors, il y a des sensations désagréables au palais, à la gorge ; l’irritation peut môme aller jusqu’à un état inflammatoire, comme dans les expériences de Falk. La peau se crispe, se gerce, est le siège d’une cuisson fatigante. La déperdition d’eau, sensible ou non, entraîne aisément l'anémie, l’amaigrissement, l’usure précoce, à moins d’une restitution alimentaire généreuse.
Le vent sec qui a passé sur l'immensité du Far-West est réputé pour causer des maladies des voies respiratoires sur le littoral Atlantique des États-Unis.
Ch. Amat attribue, en revanche, à l’extrême sécheresse de l’air du Sahara l’immunité cholérique des oasis du Mzab, en 1883. Ce qui ne contredit point la formule de Koch sur le besoin d’humidité auquel est condamné Komma bacillus. 11 est probable que la sécheresse du sol joue aussi son rôle.
11 est reconnu, d'autre part, que l’air sec froid, même à 30 ou 40 degrés au-dessous de zéro, se supporte sans souffrance, pourvu qu’il n’y ait pas de vent, et sans conséquences sérieuses, si l’hygiène y pourvoit.
Dans les climats humides, chauds ou froids, l’individu et la race paraissent perdre de la fermeté et du ton de l’enveloppe tégumentaire et même des tissus plus profonds ; c’est là qu’on voit les fibres molles, le teint rosé, transparent, les chairs flasques, l’exubérance des tissus blancs, de la trame cellulo-adipeuse, les attributs du lymphatisme. Treille explique par la chaleur humide Y hydrémie coloniale des Européens sous l’Équateur.
Du reste, les hygiénistes distinguent avec soin et très rationnellement Y humidité froide et Yhumidité chaude. A première vue, celles-ci exagèrent, l’une les inconvénients du froid, la vapeur jouissant d’un pouvoir conducteur assez élevé; l’autre, ceux de la chaleur. Dans un air humide et froid, le corps est presque impressionné comme par un drap mouillé, auquel il céderait son calorique ; dans une atmosphère humide et chaude, qui n’a rien à lui prendre, ni chaleur ni sueur, il respire et se meut péniblement; la peau se ramollit et se macère comme sous un cataplasme, selon la comparaison un peu triviale, mais exacte, de Wiel. On éprouve ces sensations dans les étés du littoral africain, dans la saison chaude et pluvieuse (hivernage) du Sénégal et pendant les étés du Delta tonkinois, par une moyenne mensuelle de 26 à 30° dans un air constamment sursaturé (Morand). Cette souffrance de la peau n’est probablement pas étrangère à l’origine de quelques dermatoses exotiques (gale bédouine et autres). Indirectement, la dilatation des pores de la peau et celte macération la rendent éminemment susceptible vis-à-vis des refroidissements brusques, qui
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arrivent si fréquemment dans les pays chauds, et d’autant plus aisément que le passage d’une température très élevée (40° par exemple) à une modérée (15 à 20°) constitue un véritable cl dangereux refroidissement.
V humidité froide passait autrefois pour jouer un grand rôle dans 1 étiologie du rhumatisme. Cela n’est guère vrai que des formes chroniques de cette affection. La bronchite , la pleurésie, la pneumonie s’affranchissent peu à peu de cette origine.
Le froid humide n’a pas le rôle capital dans l'étiologie du scorbut , comme Lind l’avait cru; mais il est incontestablement un des adjuvants les plus puissants de la cause classique, la privation d’aliments frais.
L’humidité atmosphérique, plutôt la froide que la chaude, peut bien être pour quelque chose dans le développement de la scrofule, qui effectivement ne naît pas des atmosphères ensoleillées, mais se plaît sous les ciels brumeux et dans les taudis sans lumière. Pourtant, l’étiologie de la scrofule va se rattacher à celle de la tuberculose et le mauvais air ne sera plus qu’une cause adjuvante.
L 'humidité de l'air de nos habitations, quand celles-ci sont largement ventilées, comme en été, ne comporle pas d’autres formules que celles qui viennent d’être produites. Il en est un peu autrement quand intervient le chauffage artificiel et que la ventilation se restreint d’autant plus que le besoin de lutter contre le froid est plus accentué. La discordance est, ici, assez complète entre les hygiénistes, quoique chacun apporte en faveur de son opinion les arguments les meilleurs que puisse fournir la physique. De Chaumont estime qu’un air qui n’est qu’à 15 à 20 p. 100 de la saturation est incompatible avec la santé. Krieger regarde l’air sec dans les appartements comme prédisposant aux catarrhes respiratoires, au croup et à la diphthérie. En revanche, Lincoln, J. Billings et Cowles et, plus récemment H. Reinhard, affirment que l’air sec est absolument salubre, puisque c’est celui dont on se trouve bien en Amérique (Arizona), dans les déserts africains (Rohlfs, Duveyrier), en Australie (Todd), et même en Sibérie (Middendorf). On a quelque peu négligé, comme le pense Deneke, de tenir compte du déficit de saturation plutôt que de l’humidité relative. Mais, surtout, on n a point assez remarqué la différence qu’il y a entre Y échauffement par le soleil (rayonnement) et le chauffage au moyen de nos appareils, dont quelques-uns chauflent par contact , en agissant préalablement sur l’air même de la façon la plus opposée aux conditions naturelles. De telle sorte que 1 air de nos appartements est désagréable à respirer, mais pour toute autre raison que pour son état hygrométrique. Nous reviendrons sur ce point, à l’article Chauffage.
Evaporation et evaporométrie. — La plus grande partie des eaux pluviales est évaporée directement par le sol ou transpirée par les plantes. Souvent, la quantité d eau évaporée en un lieu, est supérieure à celle de 1 eau tombée. C est donc que, d’une part, l’évaporation fait appel à la nappe souterraine et sollicite la montée de ses vapeurs jusque dans l’atmosphère ; d’autre part, qu’une partie des vapeurs du sol retombe d’une autre façon que sous forme de pluie dans la région même qui l’a fournie, ou dans son
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voisinage immédiat. Autrement, les points qui évaporent plus d’eau qu’ils n’en reçoivent finiraient par se dessécher à fond.
Le chiffre absolu de l’évaporation ne prouve pas plus pour l’humidité du
point envisagé que la moyenne hyétométrique. Il semble même que l’évaporation doit être d’autant plus active que l'atmosphère est habituellement moins voisine de son point de saturation. « L’évaporation de l’eau à l’air libre dépend de la température de la surface même du liquide, de la température et de l’état hygrométrique de la couche d’air qui repose à la surface de l’eau, de la rapidité avec laquelle cet air se renouvelle. » (Montsouris). La quantité d’eau que le sol pei’d annuellement par évaporation directe varie aussi avec la composition du terrain, avec son état hygrométrique et avec la nature des plantes qu’il nourrit.
Comme on pouvait le prévoir, l’évaporation en forêt est à peine moitié de celle qui a lieu dans les terrains découverts (Breitenlohner, Müttrich).
De Gasparin, résumant les résultats qui lui sont communiqués par divers observateurs, formule les moyennes suivantes pour ce qui concerne la France.
Évaporation annuelle en France.
Côtes de l’ouest 685 millim. Plateau central 869 milliin.
France méridionale 2,229 — Plaines de France 622 —
A l’observatoire de Montsouris, l’on fait usage de l’ évaporomètre Piche, dont on voit un dessin en E, sous l’abri de l’évaporomètre ordinaire à surface d’eau libre, de Delahaye (ûg. 60). L’évaporomètre Piche est formé d’un tube étroit, fermé par une rondelle de papier épais et sans colle que l’on peut renouveler chaque jour, et renversé, la rondelle en bas, de manière qu'elle soit toujours humide ; il est gradué de manière à mesurer au centième de millimètre la tranche d’eau évaporée. Cet instrument peut se suspendre dans des lieux divers et sous des expositions variables. L’évaporomètre ordinaire de Delahaye se compose d’un bassin rectangulaire de 0,25 de mètre carré de superficie, renfermant une couche d’eau de 10 centimètres environ de hauteur et sur laquelle repose un flotteur dont la lige commande une aiguille mobile sur un cadran. Cette aiguille accuse les centièmes de millimètre dans la variation du niveau de l'eau. Le tout sous un petit toit.
3° Vents. Anémométric. — Les vents naissent d’une rupture dans l’équilibre de la densité de l’atmosphère sur des espaces variables; les colonnes
generale.] PROPRIÉTÉS PHYSIQUES DE L’AIR. — MÉTÉOROLOGIE. 381
d’air se précipitent vers le point de moindre densité. Cette rupture a lieu surtout par réchauffement relatif de l’atmosphère en un point donné ; l’air chaud s’élève, et des courants froids se forment pour le remplacer. Ou bien il y a une large et subite condensation des vapeurs qui pénétraient l’atmosphère dans une certaine étendue; l’air se trouve raréfié de ce fait sur le point envisagé et « l’aspiration » se produit encore. Fonssagrives indique aussi des vents « par pulsion mécanique », tels que ceux que forment les courants et les mouvements de la mer, le cours des fleuves, l’électricité.
Les causes génératrices des vents sont générales ou locales. Une cause générale et constante, c’est l’inégalité de température entre l’équateur et les pôles. L’air échauffé dans la zone équatoriale s’élève et va de là, par les régions supérieures de l’air (sauf déviation), remplacer l’air froid du pôle qui, lui-même, s’est précipité dans le vide laissé par la dilatation atmosphérique équatoriale. D’où deux courants réguliers , nommés aussi alizé et contrealizé, qui, théoriquement, vont du sud au nord et du nord au sud, mais en réalité soufflent du sud-ouest et du nord-est. Cette direction oblique est due à la rotation de la terre de l’ouest à l’est. Une molécule d’air chaud, se soulevant à l’équateur pour se diriger vers le pôle, n’en possède pas moins une énorme vitesse de translation vers l’est. Elle ne rencontrera donc pas le point situé perpendiculairement au nord de son point de départ, mais un lieu situé plus à l’est. De sorte que le vent ne paraîtra pas venir du sud, mais d’entre sud et ouest. Par une raison inverse, la molécule d’air partant du pôle, où la vitesse de rotation est faible, se dirige vers l’équateur où la vitesse est énorme; elle est en retard, rencontre le point situé à l’ouest de son méridien et semble venir d’entre est et nord.
On a parfaitement ressenti l’existence du courant équatorial supérieur sur les sommets de quelques montagnes intertropicales, sur le pic de Ténériffe, à 4,000 mètres, à Mauna Kea (îles Sandwich), à 6,000 mètres. Son mouvement va en se ralentissant vers le pôle, où il est nul. Il va sans dire que, sur sa route, de même que les courants marins, il se divise et s’infléchit sous l’influence de divers appels ou, au contraire, d’obstacles.
Pour les pays méditerranéens, le froid et violent mistral ( magistraou , le maître), né dans les Cévennes et soufflant du nord-ouest, et le sirocco, né dans le Sahara, soufflant du sud-ouest, représentent assez bien l’alizé et le contre-alizé.
A 1 équateur, 1 alizé du nord-est et celui du sud-est sont séparés par une zone de calmes, d environ 6 degrés, plus ou moins étendue au sud ou au nord selon les saisons.
pour ^es Britaniques et les côtes occidentales de l’Europe, le courant aérien, chaud, de sud-ouest, est dû à des causes identiques à celles qui détei minent la direction du Gulf-stream; le phénomène atmosphérique répète exactement le phénomène océanique.
On connaît sous le nom de moussons, dans l’Inde, des vents qui soufflent de nord-est d’octobre en avril (secs) et de sud-ouest d’avril en octobre
DE L’ATMOSPHÈRE
[Hygiène
(pluies), avec de courts moments d’équilibre aux environs des équinoxes; l’origine de ces vents périodiques, que les navigateurs utilisent avec exactitude, est due aux alternances d’échauffement de l’océan Indien et du continent asiatique, selon que le soleil se trouve au-dessus de l'hémisphère austral ou de l’hémisphère boréal. Le vent de sud-est règne pendant toute l’année dans l’hémisphère austral (Kæmtz).
Les vents étésiens (de Ixoç, saison) régnent sur la Méditerranée. En été, le courant inférieur est du nord au sud, le courant supérieur du sud au nord. En hiver, le sens est renversé.
Les accidents du relief du sol, en ménageant une inégale répartition de la température entre le sommet et le pied des montagnes, entre les pentes
et le fond des vallées, entre le versant nord et le versant sud d’une même chaîne, établissent des vents d’origine locale, quelquefois assez réguliers. Tels sont les vents des Alpes connus sous les noms de thalwind , pontias, vésine, solore ( solis aura), vauderou, rebas, vent du mont Blanc, aloup de vent. L’autan, très froid, souffle des Pyrénées sur le Languedoc. Le fôhn [favonius), en Suisse, fait rapidement fondre la neige.
Sur les côtes, la brise de mer (l’eau s’échauffant lentement) souffle de 9 heures du malin à 3 heures de l’après-midi. Après le coucher du soleil, c’est le vent de terre.
Marche et vitesse du vent. — Les colonnes d’air se déplacent par un double mouvement de rotation et de translation (Marié Davy). Il se fait en sens contraire de la marche des aiguilles d’une montre. Le tournoiement est particulièrement accentué quand il se forme un coup de vent par le fait d’une abondante condensation de vapeur sur un point du globe; c’est probablement à cette origine que sont dus les ouragans (Wiel et Gnehm), beaucoup plus violents sous les tropiques {cyclones, tornades) que dans nos latitudes.
Fig. 61. — Anémomètre de Robinson.
générale.] PROPRIÉTÉS PHYSIQUES DE L'A.IR. — MÉTÉOROLOGIE. 383
Les vitesses ci-dessous indiquées correspondent aux divers degiés d intensité du vent :
Mètres par seconde.
Veut h peine sensible.
1 • — sensible.
2 — modéré’
5 5 — assez fort.
20 — très fort.
22 5 — Tempête.
27’ Grande tempête.
36 Ouragan.
45 Ouragan déracinant les arbres et
renversant les maisons.
Les observations météorologiques mesurent lamtfesse du vent à l’aide de V anémomètre Robinson (fig. 61), qui fonctionne d'une façon permanente et au moyen d’appareils électriques à courants interrompus, communique avec un cylindre enregistreur.
L’anémomètre Combes, dont il sera question plus loin (article Ventilation), pourrait servir à la rigueur à mesurer la vitesse des courants faibles. Pour les vents forts, on a quelquefois recours à des appareils, d’une exactitude suffisante dans ces cas exceptionnels, fondés sur ce principe que le refoulement du liquide dans l’un de deux vases communiquants fait monter ce liquide dans l’autre. Cette ascension peut servir de mesure à l’énergie de la pression extérieure. L’anémomètre de Lind (fig. 62) est construit d’après cette idée.
La direction du vent est inscrite d’une façon continue à l’aide d’appareils enregistreurs. A Montsouris, on s’est servi d’abord de l’enregistreur Hervé-Mangon; actuellement, l’instrument en usage est (*)
Fig. 62. — Anémomètre de Lind (*).
une modification de celui-ci, dont la figure 63 représente le mécanisme enregistrant.
Le tableau ci-dessous indique, pour divers pays, le nombre de jours sur 1000 pendant lesquels le vent souffle d’une des directions suivantes :
(*) ,^a. guette ■'ous ' action du vent, fait tourner l'axe A de telle sorte que le courant s'engouflro par 1 orifice de la trompe 1 . Il agit dès lors sur le liquide contenu dans le tube recourbé It, l'abaisse dans la branche de droite et le fait monter d’un certain nombre de degrés dans la branche do gauche.
DE L’ATMOSPHÈRE