PAYS
Angleterre
France
Allemagne
Danemark
Suède
Russie
* Nord-Amérique
En France, la direction moyenne des vents est S. 88°-N.; en d’autres
termes, la résultante de tous les courants aériens partirait d’un point de l’horizon situé exactement à 2 degrés au sud de l’ouest.
Force du vent. — Un vent modéré, qui parcourt de 20 à 30 milles à l’heure, exerce une pression de 2 à 4,5 livres sur un pied carré (32 à 48 kilomètres ; 1300 à 1900 grammes sur 9 décimètres carrés). Un vent fort, avec une vitesse de 60 à 70 milles, possède une pression de 18 à 24,5 livres par pied carré.
Ixfluence sanitaire du vent. — Le vent favorise l’évaporation et la perte de calorique du corps humain. L’effet est moindre, si l’air est en même temps humide.
De même, le déplacement de l’air refroidit davantage, si le corps est en sueur; aussi, le creux de la main est-il plus sensible au vent que le dos.
Les « courants d'air » sont fort redoutés du vulgaire. Ce n’est pas absolument sans raison; mais le terme ne représente rien d’absolu. Un courant d’air est un déplacement d’air qui produit une sensation désagréable; mais le même courant qui est agréable aux uns, en raison de leurs dispositions, peut être désagréable à d’autres, au même moment et au même lieu. Ce qui est fâcheux de la part du courant d’air, c’est le refroidissement local. Le courant d’air n’atteint, en effet, qu’une portion limitée du corps. Cela se passe dans les appartements et sur des gens immobiles; au dehors, la mobilité individuelle empêche que la même partie soit constamment frappée par le vent. On ne dit pas qu’il y ait des courants d’air dans la campagne.
Les vents brassent l’air et assainissent les points suspects en diffusant leur atmosphère-dans la masse générale. Ils déterminent la sécheresse ou la pluie, comme on l’a vu, et par conséquent, caractérisent les climats.
Le vent est un ventilateur naturel que l’on peut utiliser commodément par l’ouverture des fenêtres ou au moyen d’appareils qui seront décrits plus loin. Les rues des villes ont besoin de ces grands souffles pour n’êlro pas vouées à la stagnation atmosphérique.
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Il est douteux que les vents transportent bien loin les germes morbides. On dit, depuis longtemps, qu’une colline, un rideau d’arbres, protègent les habitations placées sous le vent d’un marais. Celte tradition aurait peut-être besoin d’être revue. Bryden soutenait que le vent est un des principaux moyens de propagation du choléra; Murray, de Renzy, Petlenkofer, Hirsch, ont ruiné celte opinion.
Associés à l’humidité, au froid ou à la chaleur, les vents peuvent entrer dans l’étiologie de quelques maladies banales. Port a constaté que la fréquence du rhumatisme articulaire dans la garnison de Munich croît comme la vitesse du vent.
4° État du ciel. Nébulosité. Luminosité. — L’air atmosphérique, et particulièrement l’air humide, arrête une fraction très notable des rayons solaires qui nous sont destinés, et les nuages en interceptent une autre fraction au moins aussi grande en moyenne. Cependant, A. de Candolle •et les agriculteurs modernes ont démontré que la lumière, dont on connaît ■depuis longtemps l’influence décisive sur la transpiration des végétaux et sur la réduction de l’acide carbonique par eux, peut dans de certaines limites suppléer à la chaleur vis-à-vis de la végétation. 11 faut à un grain de blé, pour mûrir, plus d’heures àSkibotten (69°, 28' lat. N.) qu’en Alsace, dans la proportion de 2500 heures contre 2000 environ. Mais si l’on multiplie chacun de ces chiffres par celui des moyennes thermiques respectives, on -obtient pour Skibotten 26,600 et pour l’Alsace, 29,000. C’est donc la lumière qui a compensé la chaleur. Qui ne sait que la vigne mûrit ou ne mûrit pas sur l'isotherme de 10°, ou même sur l’isothère de 18°, selon que le -ciel de la région n’est pas ou est habituellement brumeux, couvert, nuageux?
La lumière opère sur les animaux des actions chimiques fort voisines ■de celles qu’on observe dans le règne végétal. Elle colore, brunit la peau des humains, comme elle donne aux fleurs l’éclat et aux fruits les tons de la maturité. Elle densifie la fibre et contribue à la plasticité des liquides en circulation dans le corps, comme elle assure aux fruits la saveur, aux fleurs le parfum. Dutroehet, Béclard, Molescbott, ont constaté que l’absorption d’oxygène et l’exhalation de CO2 suivent les mêmes lois chez les infusoires et les grenouilles que chez les plantes. Bidder et Schmidt ont même retrouvé le fait chez des mammifères : la perte d’eau, spécialement, est double à la lumière de ce qu’elle est dans l’obscurité. Tous les rayons n’ont pas la môme action chimique (P. Bert). Mais, dans tous les cas, c’esL la lumière solaire, et non d’autres, qui atteint au maximum d’effet. Il ne faut pas confondre cette action avec celle de la chaleur, car des hommes s étiolent dans la chaleur obscure.
On a remarqué la beauté et l’harmonie des formes chez les habitants des pays ensoleillés; la vigueur des campagnards au teint halé par rapport aux citadins à peau transparente; la bonne santé des détenus de New- Jersey, dont les cellules s’ouvrent au sud, et l’anémie de ceux de Trenlon, dont la prison regarde le nord. Il y a, certainement, dans la différence de Apnould, Hygiène. 2= édit. 25
H8G DE ^ATMOSPHÈRE. [Hygiène
luminosité des régions, une des meilleures explications de la prédominance des affections scrofuleuses et rachitiques des pays riverains, brumeux, par rapport aux régions continentales, plus sèches, plus froides, mais à atmosphère limpide.
Par dessus tout, la lumière est le milieu naturel de l’œil humain (les félins préfèrent l’obscurité). C’est en pleine lumière que cet organe acquiert toute sa puissance et garde sa rectitude fonctionnelle; c’est avec une lumière insuffisante ou fausse qu’il s’affaiblit et se perd. Nous insisterons, ailleurs sur ce point.
Les modernes commencent à formuler cette loi : que’.la lumière solaireest antipathique à la vitalité des microorganismes, ces ennemis des êtres supérieurs. Duclaux l’a fait ressortir en expérimentant sur \Tyrothrix seaber; Arloing, en montrant que Bacillus anlhracis cesse^de se multiplier dans ses bouillons, au bout de deux heures d’expositionjau soleil de juillet.
Or, la nébulosité de l’atmosphère modifie sa luminosité ; la vapeur d’eau,, les brouillards, en la diminuant; les nuages , en la diminuant en général, mais en l’augmentant, par réflexion des rayons solaires pour quelquespoints particuliers.
Formes des nuages. — On y attachait autrefois quelque importance. Howard a distingué trois formes : les cirrus, les cumulus et les stratus, auxquelles on aajouté des formes associées : cirro-cumulus , c.umulo-stratus, etc., et les nimbus.
Le cirrus ( queue-de-chat des marins) se compose de filaments déliés dont l’ensemble ressemble tantôt à un pinceau, tantôt à des cheveux crépus, à un réseau délié.
Le cumulus ou nuage d’été ( balle de coton des marins) se montre souvent sous la forme d’une moitié de sphère, reposant sur une base horizontale. Quelquefoisces demi-sphères s’entassent les unes sur les autres et forment ces gros nuages accumulés à l’horizon, qui ressemblent de loin à des montagnes couvertes de neige.
Le stratus est une bande horizontale qui se forme au coucher du soleil et disparaît à son lever.
Sous le nom de cirro-cumulus, Howard désigne ces petits nuages arrondis, moutonnés, qui font dire que le ciel est pommelé.
Les nuages sont moins compromettants que la brume pour la luminosité ; s’ils interceptent la lumière pour les lieux qu’ils couvrent de leur ombre, ils renvoient en revanche une partie des rayons solaires aux lieux voisins, de telle sorte que ceux-ci peuvent en recevoir plus qu’il ne leur en serait parvenu par un ciel pur et sans nuages. A Paris, c’est en décembre ou novembre que nous recevons le moins de lumière : le quart ou le tiers de celle qui nous arriverait si le ciel était pur. C'est en juin et juillet que nous en recevons la plus forte proportion; environ les deux tiers.
Notation de 1a, nébulosité. — Les météorologistes inscrivent le degré de nébulosité par un chiffre pris entre 0 et 10; 0 pour le ciel sans nuages, 10 pour un ciel entièrement couvert. On comprend d’avance la signification des chiffres intermédiaires et aussi leur peu de précision.
Actinométrie. — L’actinométrie a pour objet la mesure de V intensité des rayons qui émanent du soleil, de l’atmosphère ou des objets terrestres.
On emploie depuis longtemps, en vue de déterminer la luminosité almosplié-
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rique, des instruments appelés photomètres, d’autres dits cyanométres (permettant d’apprécier le degré de coloration bleue du ciel). A. Monlsouris, indépendamment de ces appareils, dont quelques-uns sont aussi enregistreurs, on se sert de 1 actinomètre à thermomètres conjugués (fig. 64), qui se compose de deux thermomèties semblables et à réservoirs sphériques, renfermés chacun dans une enveloppe de terre dans laquelle on a fai L le vide. Mais l'un des réservoirs a été noirci au noir de fumée : l’autre est nu, de sorte que les deux instruments ne marchent d’accord que dans l’obscurité. Dès que le jour s’élève, et même dans les jours oit le ciel est complètement couvert, le thermomètre à boule noircie B marque toujours une température T plus élevée que celle t du thermomètre à boule non noircie A. La différence T — t est la première approximation du degré actinométrique. — Les Annuaires de Montsouris renferment les tables des degrés actinométriques calculés pour l’heure de midi et pour les latitudes de o2° à SI0, à la date du tcr, du 11 et du 21 de chaque mois; on doit en rapprocher les degrés aclinométriques observés.
5° État électrique. — L’électricité atmosphérique se relie particulièrement aux températures élevées et se prête à des observations plus régulières sous les tropiques que vers les pôles. Dans la zone tempérée, les orages se font plus rares et se succèdent sans régularité; du 70° au 75° degré de latitude, ils sont d’une rareté extrême.
L’air est le plus habituellement chargé d’électricité positive; le phénomène est à son maximum par les ciels clairs et dans l’air tranquille; on observe passagèrement l’électricité négative dans les orages, par les temps nuageux, ou quand la neige se forme. Le globe terrestre possédant l’électricité négative, il se fait probablement entre l’air et lui des échanges inaperçus. Les observateurs de Montsouris ont constaté qu’il y a moyennement deux ininima électriques, vers 9 heures du matin et 3 heures du soir, et deux maxima, vers midi et 9 heures du soir. Il y a probablement plus d’électricité en haut qu’en bas. Renou met en rapport avec la formation des orages le décroissement de la température à mesure qu’on s’élève dans la verticale.
Influence sanitaire de l'électricité. — De même que les observations sur 1 électricité atmosphérique elle-même ne sont ni nombreuses ni précises, de même les rapports de cet agent avec la santé ou les maladies sont vagues et mal connus, sauf en ce qui concerne les accidents traumatiques dont il sera parlé tout à l’heure. A voir la suractivité que les phénomènes électriques impriment à la végétation et qui se traduit, en particulier, par
Fig. Ci. — Actinom'elre à thermomètres.
DE L’ATMOSPHÈRE
[Hygiène
l’exubérante végétation des tropiques, on peut penser que les modalités de la vie animale ne restent point indifférentes à cette influence. Pourtant, tout ce que l’on en sait aujourd’hui se résume à peu près dans les malaises •qu’éprouvent les individus nerveux, les malades, les convalescents, à l’approche des orages ou pendant leur explosion, et dans la perturbation morale qu’ils provoquent chez les personnes impressionnables (Fonssagrives).
D’après les recherches de Lombard, « la morbidité est en raison de la tension électrique. »
On est plus fixé sur les accidents produits par la chute de la foudre et les désastres causés par les phénomènes météorologiques dont l’électricité de l’air est l’origine.
Fulguration. Passage des trombes. — Les coups de foudre, comme les orages mêmes, ont leur plus grande fréquence en été. Dove a établi, en outre, que la chute de la foudre a lieu plus souvent dans le jour que dans la nuit, dans la proportion de 72,12 à 4,27 ; du lever du soleil à midi, on en compte 10,32 ; du coucher du soleil à minuit, 12,93. Les orages venus du l’ouest sont plus dangereux que ceux de l’est.
La moyenne des orages étant aux environs de 20 par an pour la France, l’Angleterre eL l’Allemagne, Boudin a trouvé une moyenne de 72,7 décès par fulguration en France, 22 en Angleterre, 7,38 en Saxe, 9 en Suède, 3 en Belgique. Un document administratif portant sur les années 1834-1837 indique une moyenne de 27,73 décès de cette source en Prusse. U y a toujours un certain nombre de blessés en même temps que des tués ; mais la proportion relative des uns et des autres ne suit aucune loi. Il n’y a pas plus de régularité dans la succession des chiffres annuels de décès. En 1806, il n’y a qu’un individu tué en France; en 1819, il y en a 20 (Arago). Le 11 juillet de cette même année, un seul orage à Chàteauneuf-les-MouLiers lue 9 personnes et en blesse 82.
Les hommes sont plus frappés que les femmes ; c’est un fait sur lequel insistait Boudin, qui paraissait y voir une réelle immunité pour le sexe féminin et n’admettait pas que les habitudes plus extérieures du sexe masculin fussent une explication suffisante. Dans le document prussien cité plus haut, il y a pour quatre années 184 hommes tués et 103 femmes, 136 hommes blessés et 86 femmes. Étaient à travailler aux champs 68 p. 100 hommes, 32 p. 100 femmes ; sous des arbres 71,91 p. 100 hommes, 28,09 p. 100 femmes ; sous des bâtisses 36,80 hommes, 43,20 femmes. 11 est certain qu’il est dangereux de s’abriter sous des arbres isolés; ainsi s’expliquent les accidents communs sous les peupliers, qui d'ordinaire, à la campagne ou sur les routes, sont espacés les uns par rapport aux autres. Il n’y a pas d’essence que la foudre affectionne particulièrement ; les chênes, que le peuple accuse plus volontiers, n’ont été frappés que 14 fois dans un relevé de 41 arbres fulgurés, dù à Cohn. Le réel danger consiste à être dans le voisinage des pointes et des corps métalliques ; les armes de guerre sont probablement une des raisons pour lesquelles la foudre tombe assez fréquemment sur les camps (Roth eL Lex). Les observations de Sonrier au camp de Chàlons (ma- 1869), de Morin à Corneto (décembre 1869), de Goguel au camp de la Valbonne (1876), ont mis cette relation en évidence.
Il est digne de remarque que les accidents de fulguration soient extrêmement rares dans les grandes villes (Boudin).
Les trombes, si elles vont rarement jusqu’à occasionner mort d’hommes, peuvent entraîner des blessures graves par la chute des arbres, des murs, des édifices
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mêmes, qu’elles renversent sur leur passage. Elles intéressent toujours indirectement la vie humaine par les dégâts matériels qu’elles causent en quelques instants, et qui diminuent d’autant la fortune publique ; d’ailleurs ce sont des phénomènes de ce genre qui, dans des latitudes plus rapprochées de l’équateur, sous les noms de cyclones, typhons, tornades, entraînent d’elfroyables sinistres maritimes.
Tout orage, dit Paye, est la résultante de deux mouvements, l’un de translation rapide sur une trajectoire immense (à ouverture tournée vers l’est) l’autre de giration plus rapide encore autour d’un axe vertical. Ce dernier mouvement est descendant; la force vive, l’électricité et le froid se trouvent dans les régions supérieures et ne se trouvent que là ; une trombe descend et rencontre le sol par l’extrémité amincie de son entonnoir ; elle manifeste par des dégâts, des brisements, la destruction de force vive avec laquelle elle arrivait. C’est le froid des régions supérieures, la tension électrique et celte force de giration qui expliquent la grêle. En France, ces grands orages marchent du S.-E. au N. -O. Celui du 13 juillet 1788 (Tessier, Buache, Leroi), qui étendit ses ravages de la Touraine à la Flandre et à la Hollande ; celui du 28 juillet 1835, rapporté par Lecoc, de File d'Oléron au Puy-de-Dôme ; un autre du 10 octobre 1839, étudié par Elie de Beaumont ; la trombe de Châtenay, en juin 1839, la trombe de Malaunay et Monville, le 19 août 1845, celle du 10 juillet 1855, dans le Doubs, ont été de réelles castastrophes pour les pays qu’ont traversés ces météores et ont, à juste titre, attiré l’attention des savants.
État ozonique (Voy. plus haut, page 196).
6° Pression atmosphérique. — Il est de science vulgaire que l’atmosphère a moyennement, au niveau de l’Océan, le même poids qu’unehauteur de mercure de 760 millimètres; qu’elle pèse, par conséquent, de 1033 grammes sur une surface d’un centimètre carré et de plus de 20,000 kilogrammes sur le corps d’un adulte de moyenne taille, dont la. surface représente environ 20,000 centimètres carrés. Cette pression est d’ailleurs générale, extérieure et intérieure, ce qui la rend insensible, et* quand elle vient à augmenter ou à diminuer, l'équilibre ne cesse pas entre la pression du dehors et celle du dedans; s’il fléchissait, mêmedans d’étroites limites, les accidents les plus graves en résulteraient tout d’abord.
Ce n’est pas celte pression absolue, dans les conditions normales, quioffre de quoi retenir l’attention de l’hygiène. Tout l’intérêt de ce point, et il est considérable, est dans les variations plus ou moins étendues, plus ou moins rapides, par lesquelles passe la pression atmosphérique selon lescirconstances.
Ces variations sont d’ailleurs par excès ou par défaut.
Variations barométriques de peu d’étendue. — Il y a lieu d’envisager, sous ce titre, les circonstances dans lesquelles l’homme passe, en un temps assez court, par des variations de pression en plus ou en moins n’excédant pas 15 ou 16 centimètres, soit que l’homme en se déplaçant aille au devant de ces changements barométriques, soit que les phénomènes météorologiques les lui imposent d’eux-mêmes, sur place, et d’une façon indépendante de sa volonté.
DE L’ATMOSPHÈRE
Ces derniers comprennent les oscillations barométriques normales etl’isobarométrie. Les autres se présentent dans les ascensions de médiocre étendue (au-dessous de 1,800 à 2,000 mètres), ou, inversement, à l’occasion du séjour des individus, des ouvriers ordinairement, à quelque profondeur dans le sol, au-dessous du niveau de la mer. On peut joindre aux considérations relatives à l’ascension de faibles hauteurs celles qui s’adaptent au séjour permanent des humains sur des points du globe d’une altitude modérée (au-dessous de 2,000 mètres).
On sait que la pression diminue d’environ 1 centimètre par 105 mètres d élévation et augmente de la même quantité par l’abaissement égal, en profondeur.
Hauteur et oscillations du baromètre en un même lieu. — On a dit que les oscillations du baromètre en un môme lieu intéressent peu ou point la santé humaine : les météorologistes notent avec soin ce phénomène; mais, autant il a de valeur pour la prévision du temps, autant il est peu instructif pour les médecins. Marié-Davy estime que l’hygiène pourrait se passer de cette observation. Toutefois cette formule est exagérée. Nos moyens ne manquent peut-être que d’une suffisante délicatesse d’appréciation. H. Smith (de New-York) pense que, quand le baromètre descend brusquement après avoir été très haut, les vaisseaux périphériques se dilatent et les viscères sont stimulés; d’où des anévrysmes miliaires, des congestions, etc. L’influence peut d’ailleurs être indirecte et s’exercer sur les échanges gazeux entre le sol et l’air extérieur (A. Yogi, Fodor).
C’est entre les tropiques que les oscillations périodiques du baromètre sont le plus manifestes; le mercure descend de 10 h. du matin à 4 h. du soir, et monte de 4 h. à 11 h., pour redescendre de 11 h. du soir à 4 h. du matin et remonter jusqu’à 10 h. L’amplitude de ces oscillations diurnes atteint 2 millimètres.
Sur l’année, le baromètre descend de janvier à juillet, au nord de l’équateur, et remonte de juillet à janvier. La différence est de 2 à 4 millimètres.
Contrairement à ce qui est des oscillations diurnes, l’amplitude des oscillations mensuelles croît avec la latitude, sauf pour les climats marins (zone ouest), où les oscillations sont d’ailleurs plus grandes que dans l’est.
Pour les latitudes élevées, les oscillations accidentelles du baromètre, sous l’action des vents froids et secs (hausse), ou chauds et humides (baisse), sont assez marquées pour masquer les oscillations régulières, à moins d’une observation continue.
Les oscillations annuelles et journalières du baromètre traduisent simplement réchauffement (par suite, la raréfaction) de l’air sous l’inlluence du soleil. Au lever du soleil, le mercure monte parce que l’air chaud des régions qui ont eu le soleil avant nous vient presser sur notre atmosphère ; le maximum est vers 9 heures. A ce moment, notre air aussi s’écoule par échauffement ; le baromètre descend; minimum vers 4 h. — Dès lors, il remonte parce que les régions qui ont encore le soleil nous en\ oient
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leur air; il y a un nouveau maximum vers 10 ou 11 h. du soir. Puis il redescend jusqu’à 4 h. du matin (nouveau minimum).
Pour la môme raison les minima annuels sont en été, les maxima en hiver. L’équilibre de pression n’existant jamais sur la terre, le baromètre permet jusqu’à un certain point la prévision du temps.
Les lignes isobarométviques passent par les lieux d’égale oscillation mensuelle du baromètre. Kæmtz entend par ce mot la différence entre le maximum et le minimum de chaque mois. La France est située entre 1 isobarométrique de 27mm,07 au nord et celle de 18mm,0o au sud; celle de 22mm,56 passe un peu au nord de l’embouchure de la Loire et traverse le continent en se relevant toujours vers le nord.
Amplitude moyenne des oscillations barométriques, pendant l'année, l'hiver et l'été,
en divers lieux (Kæmtz).
VILLES
LATITUDE