I. Choix et préparation du sol des habitations
Le sol peut avoir des influences directes ou de contact ; mais les influences indirectes, émanations gazeuses, humectation de l’air, imprégnation putride, sont de beaucoup les plus importantes dans le cas actuel. .
Les règles d’hygiène à formuler, relativement au sol destiné à supporter une habitation, sont déjà une application des principes établis au chapitre Ier. Les influences sanitaires du sol dépendent du conflit, dans ses couches superficielles, de l’air, de l’eau et des matières fermentescibles. L homme ne saurait être plus étroitement soumis à ces influences ailleurs que dans 1 habitation, puisque c’est là qu’il séjourne le plus habituellement et le plus longuement sur une surface limitée, toujours la même. Or il est entendu qu il n y a pas à s’occuper directement de l’accès de l’air extérieur dans le sol ; d abord parce que c’est l’agent sur lequel il est le plus difficile <1 avoir prise, puis, parce qu’il est inoffensif et plutôt avantageux par luiineme. 1 en est autiement de 1 air tellurique , dont les mouvements ont lieu dans le sens vertical ou horizontal, et dont la pénétration dans nos derneuies ne peut être qu insalubre. Heureusement, les mesures destinées à écarter 1 humidité des habitations servent du même coup à diriger en dehors
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d’elles le courant de l’air du sol et surtout à prévenir le méphitisme de cet air, lequel est en raison de la fermentation des matières organiques. En ce qui concerne celles-ci, la première indication est de ne pas choisir un sol qui en soit naturellement pénétré, comme le sont les alluvions et toutes les variétés d humus. Mais, d une part, on n’a pas toujours le choix, et il arrive que l’hygiéniste, se trouvant en présence du fait accompli, ait précisément à résoudre le problème de l’assainissement de maisons établies en des sols pareils, sans qu’on se soit soucié, à l’origine, des influences sanitaires ; d’autre part, le séjour môme des humains tend incessamment à imprégner de matières organiques le sol de la maison et de ses alentours, quelle qu’ait été primitivement la nature du terrain.
Éviter cette souillure, instituer des procédés faciles et sûrs d’éloignement des immondices que la vie produira fatalement, c’est un des plus graves soucis de l’hygiène, ét l’étude de cet objet capital se rattache à ce chapitre; mais, toutd’abord, ilestindiquéetil estderègle de se meltrehors de l’atteinte de l’agent qu’il est le plus facile de régir, c’est-à-dire l’eau du sol, qui, outre son rôle nécessaire et considérable dans la putréfaction, intervient encore comme modificateur des propriétés thermiques et hygrométriques de l’air.
Degrés de convenance du sol. — S’il était donné à l’hygiène de présider à la construction des nouveaux centres habités, de réaliser autant de Salentes hygiéniques (Fonssagrives) ou de copier indéfiniment la ville modèle, YHygieia de Richardson, il est clair que l’on choisirait d’abord le sol de façon à se mettre dans les conditions les plus heureuses et à n’avoir pas une cause d’insalubrité antérieure même à l’installation de la cité. On chercherait un terrain perméable à une grande profondeur, un sol sableux, le gravier, le calcaire léger ; on hésiterait devant le granité, le calcaire compacte, fort salubres, mais très désagréables pour les travaux de construction à accomplir, réfractaires aux plantations d’agrément et autres, et qui, par la prolongation du séjour des hommes, ne seraient pas garantis contre l’encrassement organique de la surface, tandis que la dureté du sol serait un obstacle à la pratique de l’évacuation souterraine des immondices. L’argile serait évitée, d’autant plus rigoureusement qu’elle serait plus pure et plus compacte ; l’argile est peu perméable, mais elle est poreuse et relient énergiquement l'eau. A défaut de mieux, la terre arable et cultivée serait admise, parce que la culture lui a donné un haut degré de légèreté; mais un sol pareil a été imprégné d’engrais, c’est-à-dire de matières organiques en décomposition, et sa légèreté artificielle ne fait rien préjuger de la perméabilité dans la profondeur. D’ailleurs, le premier soin des constructeurs est d’enlever entièrement la couche de terre arable afin d’asseoir les fondations sur un sol moins mobile. A aucun prix l’on ne bâtirait sur les terrains vaseux, limoneux, marécageux, non plus que sur les sols de remblai ou de déblai, tels que ceux qui sont formés des déchets urbains, des houes amoncelées, des matériaux de démolitions.
Toujours au nom des mêmes principes, l’on n’installerait jamais l’habitation privée ou collective au fond d’une cuvette topographique, ni même
générale. J CHOIX ET PRÉPARATION DU SOL DES HABITATIONS. ül<
sur la plaine basse. Les souvenirs antiques des temples d Hygie, bâtis sur les hauteurs, et que les moines des collines romaines ont intelligemment copiés, seraient des préceptes matérialisés.
On ne dépasserait pas une élévation modérée, sur une pente douce, suffisante à favoriser l’écoulement des eaux, sans rendre l’accès de la maison difficile. L’exposition serait ensoleillée et lumineuse, se détournant un peu du soleil de midi. La façade principale fuirait les vents humides et des arbres heureusement placés briseraient les vents froids.
Mais l’espèce humaine est cosmopolite pour le sol comme elle 1 est pour le climat ; il n’est pas do terrains qu’elle n'aborde, si disgraciés qu’ils soient; le sol plat, imbibé, mouvant, de la Hollande est précisément un de ceux où la population est au maximum de densité ; et, dans les villes modernes, on rebâtit incessamment sur les ruines des cités anciennes, en un sol qui s’est exhaussé par l’accumulation des débris de toute sorte et d’immondices séculaires.
C’est la supériorité de l’hygiène moderne qu’elle ne se borne pas à être préventive et qu’elle oublie souvent de l’être pour s’élever jusqu’à la lutte contre les agents destructeurs. Elle n’arrête point les audaces de l’homme ; elle les suit et, dans toutes les situations dangereuses où le place la culture ou l’industrie, elle vient l’aider à rendre indifférents le support et les milieux. Voici comment elle enseigne à épargner à l’habitation l'humidité du sol et les influences de ses souillures, originelles ou secondaires.
Assèchement et blindage «lu sol. — Étant connues les influences que le sol peut exercer sur l’air circonscrit et plus ou moins immobilisé des habitations qu’il supporte, il semble que l’on puisse arriver à les supprimer ou à rendre le sol indifférent pour l’atmosphère de la maison : 1° en maintenant le niveau de l’eau souterraine au-dessous du sol des locaux les plus bas ; 2° en annulant les échanges entre l’air du sol et l’air intérieur de la maison; 3° en épargnant au sol, au voisinage de l’habitation, les souillures de surface ou de profondeur (voy. page 94), qui peuvent donner lieu à des fermentations putrides.
1. Drainage, simple ou double, du sol des habitations. — Il est convenu, comme l’ont demandé les hygiénistes allemands à Munich (1873), que la nappe souterraine, à son niveau le plus élevé, ne se rapprochera jamais à moins d’un mètre du sol des caves. Si le terrain choisi n’offre pas naturellement cette condition, il ne reste qu’à abaisser et à uniformiser le niveau de l’eau souterraine par le drainage, lequel comprend les drains proprement dits et la canalisation des immondices.
Le moins qu’on puisse faire, et c’est le cas pour les habitations isolées, c est d établir dans le sol de simples drains, tels qu’on les emploie en agriculture, en les plaçant assez profondément pour que les fondations de la maison ne les atteignent ni ne les écrasent, et en les multipliant, non seulement sous la maison, mais encore dans les alentours, dans une proportion correspondant au degré d’humidité du sol, à la présence d ’i n li 1 1 rations, de sources, etc. Ces drains pourraient, à la rigueur, n’êlre que du
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gravier ou des fragments de pierre ; mais il est plus sûr d’employer les tubes en terre cuite. On leur donnera une pente continue et suflisante, et on les fera aboutir, comme d’ordinaire, à un cours d’eau ou à un puits absorbant, creusé assez profondément pour qu’il traverse la couche imperméable. S’il est nécessaire, on placera sous le sol de la cave des lignes de drains, séparées de 4 à 5 mètres, croisant les lignes du système plus profond et recouverts de terre bien lassée.
Ce serait une erreur de croire que l’on s’est fait un sol convenable pour y bâtir, en comblant avec des matériaux solides un terrain creux, où l’eau se collectait, un marécage plus ou moins évident: on a, par ce procédé, simplement recouvert, mais non supprimé le foyer d’émanations.
L’usage de drains uniquement et expressément adaptés à soutirer l’eau tellurique a paru tellement indispensable, que beaucoup d’hygiénistes veulent les associer au système de canaux d’évacuation des eaux de pluies et ménagères (égouts). C’est, en particulier, l’avis de Fonssagrives . La question financière vient ici se mêler aux prescriptions de l’hygiène. Pourtant, il est possible (et il faut le chercher) de satisfaire à celles-ci sans trop aggraver celle-là.
Sur quelques points, on a cru pouvoir réaliser l’association désirée en
Fig. 92. — Égout et drain combinés . Fig. 93. — Égout et dram combinés
d’Huddersfield (’).
construisant les tuyaux d’égout de matériaux imperméables dans leur segment inférieur, et perméables à la partie supérieure; celle-ci sert de drain pour l’eau du sol. Mais il arrive que la filtration en sens inverse du but voulu, c’est-à-dire de l’égout vers le sol, l’emporte aisément sur celle qui est utile; cette pratique est condamnée, et l’on fait, avec raison, les égouts absolument étanches (Durand-Claye, Bailey-Denton, etc.).
Toutefois, pour simplifier les travaux, tout eu rendant distincts le drain vrai et l’égout, il est possible de les coucher côte à côte dans la même tranchée, et même de les conjuguer de la façon, assez peu répandue sur le continent européen, qui est représentée- dans les figures 92 et 93.
Pour la canalisation de Dantzig, Wiebe et Lathain ont nettement séparé les deux tuyaux, mais en les renfermant dans la même tranchée, comme le montre la figure 94. Le tuyau d’égout S, en briques ou en poterie, est au fond de la fosse et recouvert d’argile pâteuse G, bien foulée. Sur cette couche d’argile reposent deux lignes de drains ordinaires D, placées de chaque côté de la tranchée et correspondant au niveau moyen de la nappe
(') A, drain pour l’eau du sol. — B, égout. — B. supports du tuyau d’égout.
générale.] CHOIX ET PRÉPARATION DU SOL DES HABITATIONS. 313
souterraine. Le reste de la fosse est comblé avec la terre commune. Une dérogation à ce procédé a été admise sur quelques points, où les tuyaux de drainage ont été remplacés par une simple couche de gravier G, parfaitement perméable (fig. 95).
Lorsque le niveau de la nappe souterraine est par trop près de la surface du sol, on renonce à la maîtriser. Mais l’on en sépare absolument, néanmoins, môme l’étage le plus inférieur de la maison. Au lieu de chercher à
Fig. 04. — Égout et gravier Fig. 95. — Égout et drains-
drainant. tuyaux.
abaisser l’eau souterraine, on élève l’habitation sur pilotis ou sur des assises de maçonnerie, comme cela se pratique sur le sol imbibé de la Hollande et sur quelques plages du littoral allemand.
2. Assèchement par les égouts. — Les égouts unitaires qui, comme nous l’expliquerons en temps utile, reçoivent les eaux ménagères et les eaux pluviales, sont un puissant moyen d’éloigner l’humidité du sol des habitations. Tout d’abord ils préviennent l’inûltration de ces liquides dans le sol par les interstices du ruisseau de rue. Quand l’installation est complète, le tuyau de chute des eaux pluviales conduit directement celles-ci des chéneaux de la toiture dans le tuyau d’égout, les empêchant aussi de tomber au pied des murs, dans lesquels elles pénétreraient par capillarité. Pour l’eau tombée sur la chaussée, elle gagne la bouche d’égout la plus prochaine et, séjournant peu sur cette surface, n’a pas le temps de s’infiltrer notablement. L’eau qui arrose les jardins est seule dans ce dernier cas.
Mais les canaux ou tuyaux d’égout, bien qu’imperméables, font aussi l’ofûce de drains véritables, en raison de la perméabilité du sol qui les entoure et qui a été rendu meuble par le fait du creusement des tranchées, au fond desquelles reposent les canaux. L’eau circule naturellement avec plus de facilité, le long de la paroi externe de l’égout, la suit par capillarité et fait appel à. 1 eau des couches plus éloignées. Le fait est, dit von Haselberg, que dans les localités pourvues d’un bon système do canalisation, on ne voit pas le niveau de la nappe souterraine dépasser le segment inférieur des canaux, lors même qu on aurait négligé de mettre les canaux en rapport avec eux, selon le précepte formulé plus haut. Bien plus, selon Varrcn- AnNot'i.D, Hygiène. 2e édit. 33
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trapp, à Hambourg, ii l'ianclorL-sur-le-Moin (et probablement aussi ùStralsund, puisque c est von llaselberg qui a dirigé les travaux de canalisation de cette ville), les canaux d’évacuation sont placés fort au-dessous des caves, absolument dans la zone des oscillations de la nappe souterraine, et la terre qui les environne est drainée d’une façon remarquable. On fait cependant ces canaux en briques et ciment ou en poterie vernissée, et l’on se sert de ciment partout où il y a jonction de tuyaux secondaires au canal principal.
Le conseil aété donné(von llaselberg), pour que l’eau souterraine n’arrive jamais à moins d’un mètre au-dessous du sol des caves, de creuser dans celles-ci de pelils puits que 1 on mettrait en communication par un tuyau de trop-plein, avec les canaux d’égout situés sur un plan plus profond; dès que la nappe souterraine s’élèverait, l’eau s’écoulerait à l’égout et le niveau convenable, par rapport à l’habitation, serait maintenu. A. Müller propose de placer ces puits, en assez grand nombre, dans les rues et dans les cours des maisons; ils se déverseraient à l’égout lorsque le niveau de leur eau serait parvenu à une hauteur déterminée; mais, par ailleurs, il lui semble utile de traverser le sol de drains véritables et de recueillir l’eau souterraine pour les lavages. Ces idées, qui entraîneraient quelque complication, ne semblent pas avoir été souvent mises en pratique.
3. Assèchement 'par construction. — Le principe étant que l’habitation doit reposer sur une « terrasse asséchée », on aura cette terrasse par le fait que le sol aura été drainé convenablement. Si ce drainage manque ou qu’il ait été impossible de le faire suffisant, on arrive encore à obtenir la terrasse asséchée en revêtant le sol sur lequel doit reposer celui de la cave de plaques d'isolation. Putzeÿs recommande, pour cet usage, les plaques d’asphalte comprimé, imperméable et extensible. Mais le ciment, le bitume ordinaire, les plaques de plomb, etc., pourraient également être employés (L. Philippe). Cette couche isolante doit naturellement s’étendre jusque sous le pied des murs de la maison, et même, s’il y a lieu, remonter le long des murs, à l’extérieur, au moins jusqu’au niveau de la surface du sol environnant. Parfois on applique sur le sol, lorsque PefTort ascensionnel de l’eau souterraine est énergique, des voûtes renversées , dans lesquelles on introduit néanmoins le revêtement d’isolation, courbé et tournant sa surface convexe du côté du sol.
Un excellent procédé est celui qui consiste à doubler le mur extérieur d’un autre mur, avec un espace plein d’air entre les deux, comme dans la figure 99, ou encore à ménager cet espace entre le mur de l’habitation et le talus d’une sorte de fossé descendant jusqu’à la fondation. Cette disposition, aire ou area des Anglais, est représentée dans la figure 96. Le fond de ce fossé doit être à 15 centimètres au-dessous du sol de la cave et son talus maçonné. S’il faut le couvrir, on aura soin de ne pas ramener la terre sur la plaque ou la voûte servant de couverture. La figure 96, empruntée à W. Buck, indique aussi l’emploi des revêtements isolants.
Enfin, pour assurer encore un obstacle à l’ascension par capillarité de l’eau du sol dans les murs de l’habitation, on place transversalement, dans l’épaisseur de la maçonnerie et à une faible hauteur au-dessus du sol, des
générale. J CHOIX ET PRÉPARATION DU SOL DES HABITATIONS. o I b
plaques d’une substance imperméable que l’on répète de distance en distance. Le plomb, l’ardoise enchâssée dans du ciment, l’asphalte, le carreau émaillé, rendent de réels services dans ces occasions. Mais l’on réalise au mieux la défense contre l’humidité en adjoignant aux corps solides imperméables une enveloppe d’air, comme on l’a déj;\ vu par l’emploi de Yarea.
Fig. 9G. — Fondation d'une maison. Dispositions à prendre pour éviter l’humidité et l’air
du sol (*).
Des matériaux de bâtisses qui semblent pouvoir parfaitement répondre à ce but, ce sont les briques en argile vitrifiée, de différents modèles et d’épaisseur variable, percées de trous réguliers pour permettre le libre accès de l’air entre le sol et le plancher de la maison. La figure 98 en reproduit divers exemplaires et la figure !)7 les montre en place, formant une zone
Fig. 97. — Mur en briques d’argile vitrifiée.
Fig. 98. — Uriques en argile vitrifiée.
imperméable de bas en haut, accessible à l’air horizontalement, dans toute l’épaisseur du mur, à 15 ou 20 centimètres au-dessus du sol. ltien n’est plus facile que d introduire une couche pareille dans les murs de vieilles maisons et, par là, de les assainir notablement.
Au lieu de pratiquer une aire au moyen du double mur quelque peu singulier de la figure 09, Eassie a imaginé de gémeller le mur de revêtement et le mur principal en se servant de briques en argile vitrifiée, pla- (*)
(*) A- Cou,',ie solide- asséchée. - B. Muraille étanche. - C. Revêtement d'asphalte.
DES AlflUS ET DU VETEMENT.
[Hygiène
cées les unes au-dessus des autres comme paroi extérieure du dernier, et en reliant celui-ci au précédent au moyen d autres bricjues creuses transversales (tig. 100).
Ce mur creux, ainsi que le raccordement de ses deux parties, sont obtenus d’une façon un peu différente par Jennings, qui a inventé tout exprès une « brique unissante », également à jour. La figure 101 reproduit le modèle de celte brique et la façon dont elle est appliquée pour obtenir l’area.
l'ig. 99. — Mur creux for- Fig. 100. — Mur revêtu de Fig. 101. — Briques unissantes mant area d’assèchement briques en argile vitrifiée (Jennings).
(Eassie). (Eassie).
Considérant que les caves sont presque toujours humides et que leur air, saturé de vapeur d’eau ainsi que des gaz du sol, compromet l’atmosphère des étages au-dessus, l’architecte Christian Nussbaum conseille de ne pas faire de caves et de les remplacer par une couche imperméable à l’air et ù l’eau (béton, ciment, carreau, asphalte), régnant sous le rez-de-chaussée tout entier, et traversant les murs. On ferait reposer ce revêtement sur une bonne épaisseur de sable ou de gravier, d’ailleurs bien ventilé. Nous pensons qu’il ne faut pas repousser de parti pris les caves ; ce serait plutôt le contraire. Mais, quand on a quelque raison de ne pas en faire, on ne saurait trop se rapprocher du mode de construction recommandé par l’auteur précité.
11 va sans dire que le but des dispositions prises contre l’eau n'est sûrement atteint qu’autant que l’architecte connaît, au préalable, le taux du niveau moyen delà nappe souterraine et l’amplitude de ses oscillations dans la localité. A Munich, la différence enlre le pins haut et le plus bas niveau est de 3 mètres ; mais, dans les points où la moyenne ombrométrique est considérable, celte différence peut aller au double ; à .lubbulpore, dans l’Inde, elle est de 4 mètres, à Sangore de plus de 5 mètres. De Chaumont regarde comme salubre une profondeur du niveau de la nappe souterraine d'au moins b mètres; comme insalubre, une profondeur de moins de 2 mètres.
Éloignement «le l’air «lu soi. — Les dispositions qui viennent d’èlre indiquées défendent déjà, pour la plupart, l’habitation contre les gaz du