CONSTRUCTION
générale.]
sol aussi bien que contre l’ascension capillaire de l’eau souterraine. D autres ont directement en vue l’éloignement de ces gaz.
On sait que les échanges entre les gaz du sol et l’air des habitations ont lieu à la suite de la rupture de l’équilibre de pression entre le dehors et le dedans. C est par-dessus tout le chaulFage des habitations qui ronipL cet équilibre et fait appel sur les gaz du sol. Forster observa la production de CO2 par une cuve en fermentation placée dans une cave; la température de la cave étant de 13 à 14°, celle du rez-de chaussée de 13°, 8, celle du premier étage de 14°, 4, et celle de l’air extérieur de 13°, 7, c’est-à-dire avec des différences insignifiantes, il ne trouva que 4 p. 100 de l'air du sol dans l'atmosphère du rez-de-chaussée et 2 p. 100 dans celle du premier étage. Mais l’on chauffa le rez-de-chaussée à 22°, 4 et le premier étage à 22°, 8. et l’on constata que l’air de la cave venait former les 34 centièmes de celui du rez-de-chaussée et les 38 centièmes de l’air du premier élage.
Pour obtenir l’évacuation des gaz du sol hors de la maison, Slæbe et Niemeyer ont conseillé d’établir au-dessous du niveau des fondations, et séparée de celles-ci par un plancher d’asphalte ou toute autre couche imperméable, une vaste chambre de ventilation que l’on met en rapport avec une cheminée d’appel. Quand l’air du sol monte (au printemps, en hiver et en automne), cette cheminée l’évacue au dehors; quand, en été, l’air du sol s’abaisse, il se produit sur la maison un courant d’air frais, de haut en bas.
Nussbaum pense assurer à la fois la siccité de la cave et le renouvellement de son atmosphère, en y établissant un circuit de ventilation de la manière suivante. Le sol de la cave est construit imperméable et le revêtement se continue sur la face externe des murs, de toute la hauteur dont la cave plonge dans le sol et même jusqu’un peu au-dessus de la surface du sol. Le reste de la paroi est en briques et mortier de chaux. Mais, entre le mur perméable et le revêtement extérieur éLanche, règne un intervalle de 5 à 10 centimètres de large qui communique d’une part avec l’air de la cave, au ras du sol de celle-ci, et d’autre part avec l’air extérieur par des tuyaux de ventilation ménagés dans chaque pile de murailles et s’ouvrant surle toit. Un autre tuyau, partant d’un point d’une des parois intérieures de la cave où son orifice est grillé, s’adosse le plus possible à une cheminée et va déboucher au-dessus du toit. C’est un tuyau d’évacuation, le premier étant la voie d’entrée de l’air.
Ln résumé, il faut que l’habitation humaine soit entourée d’air pur de tous côtés, au-dessous et latéralement aussi bien que par-dessus.
Pour ce qui concerne la protection du sol contre les souillures, ce sera l’objet d’un des articles qui suivent.
IL — Construction.
Matériaux rte construction. — Le choix des matériaux bruts destinés il 1 édification des demeures humaines échappe ordinairement à l’hygiène, ioglé qu il est par la nécessité. Tout a été utilisé et, à la rigueur, peut 1 être . le bois, la terre, la pierre, la brique, les métaux. Nous n’avons qu’à apprécier les propriétés de ces diverses substances, en vue du double but
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iï atteindre, à marquer nos préférences et à rechercher le mode d’emploi qui répond le mieux aux exigences sanitaires.
Pour satisfaire à celles-ci, les matériaux de construction doivent être : 1° asséchés et réfractaires à V humidité; 2° mauvais conducteurs du calorique. S’ils ne remplissent pas d’abord ces deux conditions, il faut s’efforcer de les leur procurer et toutes les dispositions de la bâtisse doivent tendre à les leur maintenir. Nous pourrions ajouter deux autres conditions qui intéressent moins immédiatement, ou à un degré moindre, la santé de tous; à savoir : Y incombustibilité et l 'inaptitude à conduire le son.
Porosité et perméabilité des matériaux . — Ces propriétés, chez les matériaux de bâtisse, ne diffèrent pas essentiellement de ce qu’elles peuvent être dans le sol (voy. p. 26 et 42); c’est dans ce cas surtout qu’il importe plus de savoir ce que les matériaux gardent que de connaître ce qu’ils peuvent recevoir.
Ces deux propriétés existent dans toutes les pierres, les briques, dans les ciments, comme on le sait depuis l’expérience classique de Pettenkofer et les recherches de Mârlcer, Lang, Fodor, Poincaré, Layet.
Pettenkofer démontre la perméabilité des murs pour l’air de la façon suivante. Un morceau de mur, en briques, de 40 décimètres carrés de surface sur 33 centimètres d’épaisseur, est fixé, à l’aide de mortier ordinaire, sur une base impénétrable à l’air; les deux faces de ce bloc sont revêtues de plaques de métal qui joignent hermétiquement la brique par leurs bords; les trois côtés minces libres du bloc sont recouverts d’une couche imperméable. Chaque plaque de métal est percée d’un trou sur lequel est soudé un tube de petit diamètre. En soufflant par l’un de
ces tubes, on éteint aisément la flamme d’une bougie située en avant de 1 extrémité de l’autre. C’est qu’à l’aide du onzième d’atmosphère que l’expiration ajoute à la pression normale, on a pu emmagasiner dans le morceau de briques un air sous pression qui, d’abord étalé, prend une vitesse considérable à 1 étranglement par lequel il est forcé de s’échapper.
On peut donner à l’expérience la forme représentée par. la fig. 102. A un cylindre de pierre, de brique, de bois, de mortier, exactement recouvert de cire, s adaptent deux entonnoirs de verre terminés en tubes. Si l’on souille par 1 un de ces tubes sur une flamme placée en regard de l’extrémité de l’autre on arrive aisément à l’infléchir et même à l’éteindre (Le cylindre a 13 centimètres de long sur 3 tle diamètre).
Le passage de l'eau à travers les matériaux de bâtisses a des couse-
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quencas bien différentes de celles qu’entraîne le passage do 1 air. Celles-ci , à notre avis, sont plutôt heureuses, sauf quelques distinctions à luire, comme il sera indiqué bientôt (article Ventilation). La présence do 1 eau dans les murailles, au contraire, tend à faire régner l'humidité à 1 intérieur des pièces habitées et dans la maçonnerie môme. 11 en résulte, pour celleci, la formation de sels muraux, de fleurs de nilre, et le développement de végétaux inférieurs; l’eau est, en ell'et, la première condition de l'existence des champignons, des moisissures, des bactéries ; quant à la matière nourricière, elle peut être fournie par les matériaux eux-mèmes, spécialement par le bois, et d’ailleurs par les molécules organiques que les habitants mettent dans l’air et qui pénètrent aussi dans les murailles à la faveur de la perméabilité. A l’intérieur, l’humidité donne à l’atmosphère les qualités fâcheuses que nous avons reconnues antérieurement (page .178), exagérées encore par le fait de l’immobilisation de 1 air dans un espace clos. Les murs humides refroidissent 1 atmosphère intérieure, en lui prenant de la chaleur pour évaporer leur eau; si l’on chauffe, pour atténuer cet inconvénient, on passe de l’humidité froide l’humidité chaude, d’autant plus pénible que l’eau incorporée aux murs les a aussi imperméabilisés pour l’air et qu’il ne s’opère plus, à travers les parois, le moindre échange entre l’air du dedans et celui du dehors. CeLte inanité de la venLilation permanente, la fermentation des poussières organiques à la surface des murs, les produits odorants fournis par les microorganismes, communiquent à l’air des pièces un parfum spécial, dit de renfermé, qui est au moins un avertissement.
Doit-on, en raison de ces faits et par crainLe de l’humidité intérieure, n’admettre, dans la construction des habitations, que des matériaux imperméables et môme imporeux? Nous ne le pensons pas. De tels matériaux seraient un peu difficiles à trouver; mais, avec des enduits, l’on pourrait arriver à l’impénétrabilité désirée et l’on y arrive effectivement. Or, sous une telle enveloppe, les habitants se font à eux-mêmes l’atmosphère humide qu’il s’agit d’éviter et y éprouvent des sensations analogues à celles que l’on ne tarde pas à ressentir sous un manteau de caoutchouc. Il faut que les parois de la maison respirent, comme respire la peau des humains.
Des parois possédant ce pouvoir sont nécessairement perméables â l’air. Mais si l’on a pris les précautions convenables pour empêcher l’ascension verticale continue de l’eau du sol, l'humeclaliou apportée dans le sens horizontal aux parois hors de terre par les vents humides et la pluie ne nous parait pas très inquiétante. D’abord parce qu’elle ne menace que les murs tournés du côté des vents pluvieux, et que l’on peut, du reste, proléger spécialement, comme on dira; puis parce qu’elle est intermittente et que, dans les intervalles des périodes d’humidité, la paroi a le temps de s assécher, de reprendre sa perméabilité à l’air; par conséquent de faire agir à la lois la sécheresse et l’oxygène sur les matières organiques et sur les schizomycètes qui auront pu se développer pendant que l’état d’humidité les favorisait.
Finalement, et par suite de ce qui vient d’être dit, il convient de distin-
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guer entre l’eau qui peut passer et celle qui reste, en d’autres termes, comme quand il s’esL agi du sol, entre la perméabilité des matériaux et leur capacité pour l'eau. Nous ne voyons pas que les hygiénistes aient beaucoup cherché à exprimer les chiffres qui représentent cette dernière, tandis que ceux qui ont étudié cette question poursuivent toujours le « coefficient de perméabilité » et même plutôt encore celui de porosité.
Les expériences de Miirker ont démontré que, par mètre carré de surface, en 1 heure et avec 1 degré de différence de température, il passe par un mur de 0"*,72 d’épaisseur :
met. cubes.
Dans le grès 1 ,09 d’air.
— la pierre calcaire 2,32 —
— la brique cuite 2,83 —
— le tuf calcaire 3,64 —
— la brique d’argile crue (pisé) 5,12 —
— la brique humide 1,68 —
Le grès est donc le plus compacte des matériaux examinés. Cependant les extrémités des poutres encastrées dans une maçonnerie de grès pourrissent plus promptement que si elles sont enfermées dans un mur construit en d’autres matériaux (Putzeys), les moellons de calcaire, par exemple, réunis par du mortier, qui est encore plus perméable. En d’autres termes, il peut faire très humide dans des pierres qui passent pour avoir le minimum de perméabilité.
Les chiffres de Miirker ont été trouvés beaucoup trop forts par Schürmann et par Hudelo et Somasco; ils dépassaient d’ailleurs notablement les résultats déjà anciens de Pettenkofer. En outre, diverses circonstances, le degré d’humectation en particulier, peuvent faire varier de semblables chiffres. Mais le sens des comparaisons est sensiblement exact, et nous pouvons, jusqu’à nouvel ordre, nous en contenter. Or il est certain que la brique cuite et le calcaire tendre, très perméables, servent à élever des habitations parfaitement salubres, pour ce qui dépend des matériaux de bâtisse. Émile Trélat, l’un des défenseurs les plus savants et les plus convaincus de la perméabilité des murs extérieurs, a fait remarquer « les murs nets, les salles saines, les locaux avenants du bassin de la Garonne, où dominent les calcaires poreux; de la Touraine, où l’on bâtit avec le tuffeau, si tendre qu’il se taille au couteau : des rives de l’Oise, où les maisons sont en vergeles légers, comparativement aux « intérieurs malséants, alix murailles crasseuses, » aux chambres malodorantes, des maisons en pays de granités, de gneiss, de schistes et même de grès.
Il y a une exception pour les murs qui ne sont pas en rapport avec l’air extérieur, les murs de refend, les cloisons, les plafonds: ceux-ci ne doivent pas respirer, puisqu’il ne s’échangerait, d’un côté à l’autre de la cloison, qu’un air ayant servi aux habitants des locaux, vicié. É. Trélat réclame pour ces murs intérieurs l’imperméabilité, comme Recknagel la réclame avec raison pour les plafonds, à travers lesquels il ne faut pas que l’on reçoive l’air du locataire de dessous, non plus que la fumée de ses cigares. A la vérité, un procédé supérieur encore consiste à ne pas superposer les
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étages habités. Dans ces conditions, les couvertures peuvent servir aussi à l’aération intérieure.
On conclura, de ces considérations, que les propriétés des matériaux de biUisse, au point de vue de la porosité et de la perméabilité, n’ont pas une valeur absolue. Selon le point où ils seront employés, ils peuvent convenir ou être désavantageux.
L’humectation diminue ou supprime la perméabilité, d’autant mieux que les pores sont plus lins. Mais la dessiccation la rétablit d’autant plus vite que les pores sont plus grands. Le tuffeau et la brique reprennent en peu de temps leur aptitude à la ventilation.
La gelée supprime la perméabilité des murs humides, comme celle du sol. Si, à travers un corps poreux congelé, on fait passer un courant d’air parfaitement sec, la perméabilité augmente peuà peu (Lang, à Casscl, 1879). Elle diminue au contraire rapidement, si l’air est humide. D’où le conseil de Pettenkofer, de chauffer, en hiver, les chambres à coucher.
Lang a cherché à classer dans l’ordre de leur perméabilité pour l’air les matériaux de construction les plus usuels. Le tableau ci-dessous lui a été emprunté par plusieurs hygiénistes :