‹ Nouveaux éléments d'hygièneChapitre 96 sur 268 · Klinkcr émaillé · texte numérisé non relu

Klinkcr émaillé

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volume.

poids.

Le professeur Layet a ingénieusement modifié l’expérience de Peltenkofer el remplacé l’air qui doit traverser le bloc de pierre par du gaz d’éclairage, qu’on allume à sa sortie. D’une autre façon, des blocs de pierre, cylindriques et d’égale dimension, sont armés d’un tube de verre qui pénètre jusqu’au centre du bloc et y est soigneusement scellé ; si l’on plonge ces tubes, surmontés de leur bloc, dans des éprouvettes remplies d’eau, l’eau montera dans l’intérieur de chaque tube plus ou moins vite et plus ou moins haut selon le degré de perméabilité de la pierre en essai, puisqu’elle ne peut s’élever qu’en expulsant de l’air du bloc qui ferme l’extrémité supérieure du tube.

L 'Hygroscopicité des matériaux de bâtisse a été étudiée par Poincaré au moyen de parallélipipèdes de même forme et de même volume (242co,5), taillés en différentes pierres et plongeant d’un demi-centimètre dans l’eau pure. L’augmenta- Vion de poids était notée d’heure en heure. Toutes les espèces de pierres onl atteint leur plus haut degré de saturation au bout de 24 heures ; une seule Ta atteint en 7 heures el c’est celle-là qui a présenté l’augmentation de poids la plus élevée, 51 grammes. Pour toutes, Timbibilion a été inlense pendant les premières heures el s’eslensuite ralentie notablement. En expérimentant sur les ciments de Poriland et de Vassy, sablés ou non sablés, l’auteur a reconnu que c’est le ciment de Portland non sablé qui préserve le moins de l’humidité. Enfin il s’est assuré que des pierres recouvertes d’une couche et même de, deux couches d’un vernis dit « hydrofuge » augmentent encore de poids par l’immersion dans l’eau. On remarquera sans doute que cette façon de procéder met surtout en jeu l’action capillaire des pores de la pierre ; par conséquent sert plutôt à renseigner sur l’ascension verticale de l’eau du sol dans les murs que sur l’humectation dans le sens horizontal par les pluies et les vapeurs de l’air. Or il est entendu qu’il faut supprimer matériellement l’ascension de l’eau du sol. D’autre part, la capillarité ne s’exerce plus quand les pores dépassent une certaine taille; il se pourrait donc que l’eau ne montât pas dans certaines pierres, néanmoins très perméables. Comme interprétation, nous pensons qu’il faut éviter les pierres qui prennent par capillarité beaucoup d’eau et dans un temps très court, non parce qu’elles sont très hygroscopiques, mais parce qu’elles ont les pores petits, infiniment nombreux, défavorables à l’échange d’air enLre le dedans el le dehors.

Matériaux en particulier. — Tonies les pierres à cassure grenue et non schisteuse, un peu élastiques et plus disposées à s’écraser sous le marteau qu’à se diviser en éclats cristallins, sont propres à la bâtisse : pierres à chaux, dures ou tendres, tuffeau, marbres, grés, pierre meulière, granités, etc. Il est des pierres particulièrement favorables (pii présentent

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l’heureux privilège de durcir par l’exposition à l’air (tuffeau, grès îouge). D’autres, inversement, se délitent ou s’cffrittent par la pluie, se fendent par la gelée, s’écaillent par la sécheresse.

Les terres de toute nature, en général remaniées et quelquefois mélangées d’un autre élément, gravier, paille, brindilles de bois [pisé, torchis), peuvent servir à construire des- habitations et sont effectivement employées dans ce but. Ce sont, ù vrai dire, des matériaux de nécessité, rarement admis dans les constructions qui doivent durer. Le mortier à la chaux élève considérablement la résistance des parois de terre contre 1 humidité et les variations thermiques. A Laghouat (Alger) les indigènes font, avec de l’argile pétrie, des briques que le soleil se charge de dessécher et de durcir; ces briques peu coûteuses suffisent à élever d assez bonnes maisons dans un pays où il ne pleut presque jamais ; les Européens et même le génie militaire construisent avec de pareils matériaux des hôtels élégants et qui ne manquent pas de solidilé, grâce au mortier à la chaux qui protège les surfaces et comble les interstices. Les maisons des oasis du Mzab sont pour la plupart bâties de la même façon.

Mais, dans nos contrées, l’on convertit la terre argileuse en briques par la cuisson au four. C'est une pierre artificielle suffisamment dure, si elle est bien cuite, légère, sèche et peu poreuse. On en fait d’excellentes bâtisses.

Dans l’Inde, suivant Partes, on fait un fréquent usage de briques séchées au soleil, revêtues de ciment ou de briques cuites. Babylone et Ninive étaient bâties de cette façon.

En Allemagne et en Angleterre, on confectionne des briques avec les scories ou le laitier des usines métallurgiques. Les scories sont mélangées avec de la chaux éteinte au moyen d’une machine à fabriquer le mortier, puis comprimées et enfin séchées et durcies à l’air (Putzeys). On en fait aussi des briques vitrifiées imperméables.

Le bitume, l 'asphalte, fondu et mélangé de sable, fournit des revêtements d’une haute imperméabilité. Les ciments de Yassy et de Porlland (dont il est fabriqué des quantités considérables à Boulogne-sur-Mer), le béton (silex ou gravier et chaux), s’en rapprochent à divers égards.

L'ardoise de bonne qualité fait d’excellentes toitures. La terre, cuite et moulée en tuiles, creuses ou plates, remplit le même but, avec moins d’élégance et souvent moins de solidité.

La pierre calcaire vulgaire, calcinée dans les fours à chaux, se transforme en une chaux impure qui, avec l’eau, le sable, les gravois, le mâchefer, les cendres, entre pour une part essentielle dans la composition du mortier. Le gypse, desséché au feu et moulu, fournit du plâtre en poudre qui a la propriété, en reprenant l’eau dont on l’a privé, de pouvoir être gâché en une pâte apte à se durcir rapidement. Suivant ce mode, le plâtre est d’un usage très général, mais ne devient très imperméable, après dessiccation des surfaces plâtrées, que si on le revêt de vernis ou de peinture à l’huile.

Le bois est toujours en suspicion. On a beau l’employer sec, comme c’est de règle, lui faire absorber des liquides conservateurs (procédé Boucherie), l’enduire de goudron, de vernis divers, il reste plus ou moins hygros-

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copique, se fendille sous l’influence des alternatives d’humidité eide sécheresse, et devient l’abri de parasites de toute taille, le terrain de développement des moisissures, fournissant lui-même une matière à putréfaction. On le réserve d’ordinaire pour les poutres, les planchers, les marches d’escalier, le support du toit. Même dans cet usage restreint, il tient beaucoup de place et pèse d’un poids énorme sur les murailles. Quelques habitations pourtant sont entièrement en bois: les baraques.

Les auteurs allemands se sont beaucoup occupés, dans ces derniers temps, d’un champignon, le Meruiius lacrymans (Hausschwamm), qui a la propriété de vivre particulièrement sur le bois des conifères, très employé en Allemagne, et de se répandre rapidement sur toutes les boiseries de la maison, qu’il pénètre de son mycélium et qu’il rend friables, non par le mécanisme de la putréfaction, mais en y prenant les sels alcalins et les phosphates nécessaires à sa nourriture. Ce parasite a été bien décrit par Colin, Sorokin, Gœppert, Ungefug, Poleck. Selon ces deux derniers la multiplication de ses spores dans l’atmosphère de la maison causerait de sérieuses atteintes à la santé des habitants; peut-être même Y Actinomycète (voy. p. 436) n’est-il qu’une forme de développement du Meruiius. Ces vues étiologiques sont contestées par Ilartig. Mais il paraît toutefois certain que les dégâts matériels causés par ce champignon sont assez sérieux pour que l’on doive avoir soin d’ahaltre les sapins destinés aux constructions, en hiver et non en été, afin que le bois ne soit pas encore pénétré des sucs qui forment la nourriture du parasite, et de traiter les bois de construction par des solutions de sel marin, de sulfate de cuivre, d’acide phénique, de goudron. Remarquons aussi que l’humidité est nécessaire hMerulius et qu’il ne résiste ni à la lumière solaire ni à une aération suffisante à amener la dessiccation des parois des locaux.

Parmi les métaux, le fer entre largement aujourd’hui dans les constructions privées et surtout publiques. 11 remplace avantageusement le bois, partout où il fallait des poutres, debout ou transversales; et les bâtisses n’en sont que plus légères. Il a, pour l’hygiène, la supériorité incontestable d’être inaccessible à l’absorption d’humidité et aux processus fermentatifs ; il tient peu de place et permet d’augmenter d’autant le cube intérieur; enfin il est incombustible. Pourtant, si l’on généralise l’usage des métaux, on tombe dans de sérieux inconvénients, dépendant surtout de ce que les métaux sont des corps bons conducteurs du calorique. Les toitures en zinc, par exemple, nous ont toujours paru merveilleusement propres à entretenir sous les combles une température torride en été, glaciale en hiver. Les mansardes, il est vrai, sont destinées à l’habitation des pauvres gens, mais ce n’est pas une raison. Il paraît aussi que l’incombustilité du fer n’est pas un avantage lorsque se déclare un incendie, né de la combustion du mobilier, comme c’eSt la règle ; l’ossature de fer se dilate au feu, s’allonge, se tord, aide au besoin à la chute des murailles et est inabordable aux pompiers. La même propriété comporte la rétraction des charpentes en fer, sous l’influence des grands froids ; cette rétraction peut arriver à un point tel que les poutres transversales dégagent leurs extrémités de la maçonnerie qui les supporte et qu’une toiture tout entière manque d’appui ; le marché du Château-d'Eau s’est effondré pour cette raison, sous le poids de la neige, clans l’hiver 1870-80. 11 est vrai que ce

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danger peut être prévenu, suivant Emile Trélat, en supprimant les ancrages et les scellements qui unissent les fers aux supports en maçonnciies, en rendant l’ensemble de l’œuvre solidaire de telle sorte que le ramassement mécanique qu’éprouve le métal ne fasse pas perdre aux organes leurs « ligures de résistance ».

En dehors de ces réllexions, que la mention du fer amenait inévitablement, les propriétés calorifiques des matériaux de construction se rattachent naturellement à l'article Chauffage.

Pour ce qui est des matériaux qui ne servent que de remplissage, d enduit ou de décor, nous pensons que ce ne sont pas là vraiment des matériaux de bâtisse , et il en sera seulement question, comme accessoires des parois, au paragraphe qui suit.

Structure «les paroiN. — L’habitation a nécessairement des parois verticales et des parois horizontales, les unes regardant à l’extérieur par une de leurs faces, d’autres qui sont entièrement intérieures, comme les murs de refend, les cloisons, les plafonds.

Murs extérieurs. — Les murs extérieurs sont habituellement construits tout d’une pièce, en bâtisse massive, un peu plus épaisse à la partie qui plonge dans le sol, moins aux étages supérieurs. Au point de vue de la calorification, il convient de donner à ces murs une bonne épaisseur; les matériaux étant d’ordinaire mauvais conducteurs du calorique et l'épaisseur des bâtisses n’empêchant pas l’air de les traverser, s’ils sont perméables, ainsi qu’il ressort des expériences de Hudelo et Somasco. Les murs épais conservent la chaleur en hiver et protègent contre celle du dehors en été et dans les pays chauds. Plus les matériaux sont bons conducteurs, plus il convient de donner d’épaisseur au mur; 0m,50 sont un minimum avec les pierres tendres, 0m,35 avec les briques.

Mais l'on peut atteindre mieux encore à l’indifférence thermique des murailles en les construisant non homogènes. Le procédé le plus sûr consiste à composer le mur de deux parois, séparées par une couche d’air centrale. Celte pratique est appliquée dans les pavillons Tollet, qui ont une paroi formée à l’extérieur de briques pleines, doublées à l’intérieur d’un revêtement en briques creuses qui viennent ajoutera la paroi un véritable matelas d’air; on a pu, de cette façon, limiter l’épaisseur de la paroi à 22 centimètres et même à 15; Tollet pense qu’on pourrait la faire plus mince encore, la réduire à 10 centimètres, sans nuire sérieusement à la conservation du calorique intérieur. L’aération et la perméabilité des murs, comme on pense, n’en sont nullement diminuées ; c’est le contraire, et le professeur L. Venturi propose même d’utiliser, pour la ventilation des locaux, 1 espace aérien intermédiaire aux deux parois, qu’il est facile de mettre en rapport avec l’air extérieur.

Murs intérieurs. — Les murs de refend et les cloisons doivent être imperméables, surtout dans les habitations collectives où, sans cela, ils ne peuvent servir qu à échanger de l’air vicié et à s’imprégner de ses souillures. 11 serait bien préférable, d’ailleurs, de s’en passer tout à fait , selon le

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judicieux conseil d’Em. Trélal, aussi hieri que de la superposition des étages, qui entraîne les plafonds.

Parois horizontales. — Les locaux du rez-de-chaussée, et à plus forte raison ceux du sous-sol, comportent très bien le dallage ou le carrelage du sol. Le carrelage en briques est moins bon conducteur que la dalle. Dans les pays tempérés ou froids, d’ailleurs riches en bois de construction, on use du parquet et du plancher, surtout aux étages, plutôt que du carreau, le bois étant encore plus mauvais conducteur. Quelques bâtisses destinées à l'habitation collective, se bornent à revêtir le sol, sur voûte ou non, de béton, de ciment ou d’asphalte.

Le plancher ou le parquet peut être posé sur poutrelles, lorsque celles-ci elles-mêmes s’appuient sur une voûte ou sur une couche isolante; autrement, tout le bois pourrirait. Aujourd’hui l’on fait de bons parquets en enclavant les pièces du parquet dans une couche de bitume encore chaud, coulé sur un carrelage en pierres dures, percées de trous coniques; les pièces du parquet étant elles-mêmes façonnées à rainures et à queue d’aronde, le revêtement se trouve rivé au carrelage (procédé Damman et Cossard). Il importe, dans tous les cas, de ménager aux revêtements en bois une fondation solide, comme au pavage en bois des chaussées.

Les planchers proprement dits ne se putréfient pas s’ils sont isolés du sol ; mais, à tous les étages, ils se disjoignent et permettent l’introduction de la poussière et des germes dans les entrevous , c’est-à-dire dans l’espace intermédiaire au plancher de l’étage supérieur et au plafond de l’étage inférieur. Les médecins militaires ont noté depuis longtemps qu’il se forme un véritable terreau sous le plancher des vieilles chambres de caserne, avec des traînées blanches de mycélium. On prévient notablement ces disjoints en étendant, sur les planchers de bois blanc, de la peinture, des vernis, de la cire, de l’encaustique, de l’huile de lin bouillante (Morache), du goudron de houille, selon la méthode de Schaffer. Avec ces précautions, les planchers de sapin, peu coûteux et favorables à la colorilication, restent salubres.

Les plafonds en planches, poutres et poutrelles, sont détestables et, heureusement, démodés, peut-être pour des raisons d’esthétique, qui sont bien conformes aux vues de l’hygiène. Il est clair, en effet, que toutes ces poutres en saillie multiplient les surfaces d’infection et les encoignures où s’abritent les poussières. Les plafonds en plâtre et en stuc ont l’avantage d’être très compactes; ils le sont plus encore si on les revêt de peinture à l’huile, comme la mode commence à s’en répandre.

Matériaux d'entrevous. — L’attention des hygiénistes s’est fixée d'une façon particulière sur cet objet depuis qu’Emmerich (188o)a montré que la quantité de matière organique enfermée dans une maison, même neuve, peut équivaloir à celle de plusieurs milliers de cadavres. L’auteur avait été amené à pratiquer des recherches dans cette direction par sa découverte antérieure (1884) du microcoque de la pneumonie dans la matière des entrevous de la prison d’Amberg (Haut-Palatinat), où Kerschcnsteiner observait depuis plusieurs années des épidémies de pneumonie extrême-

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ment meurtrières. D’ailleurs, l’administration ayant fait remplacer les matériaux souillés par des matériaux vierges dans un dortoir de cent détenus, qui avait été des plus maltraités par la pneumonie, cette maladie cessa dans ce dortoir, tout en continuant à sévir dans les autres. Utpadel (1887, examina les matériaux d’entrevous de l’hôpital militaire d’Augsbourg. Un mètre cube de cette matière, pesant 1,510 kilogrammes perdait par calcination 118ku, 050, sans compter 24 kilogrammes d’eau, et renfermait 1,718 grammes d’azote, en outre de 508 grammes d’acide nitreux. Les recherches bactériologiques firent obtenir, de cette matière, un bacille qui, injecté sous la peau d’un cobaye, fit périr l’animal avec les symptômes et les lésions de l’œdème malin. 11 peut donc y avoir, dans les enlrevous, des microbes pathogènes.

Aussi s’est-on préoccupé de trouver le meilleur mode de remplissage de cet espace sous les planchers, que l’on ne peut non plus laisser libre, sous peine de le voir s’infecter encore de matières organiques. Les matériaux de décombres sont unanimement rejetés. Le sable pur, bien lavé, ne paraît pas suffisamment réfractaire; d’ailleurs il est lourd. La laine de scories ( Schlackemvolle ) passe pour renfermer du sulfure de calcium qui dégage ensuite de l’acide sulfhydrique et noircit les peintures. C. Nussbaum, posant en principe qu’un bon entrevous doit être léger, mauvais conducteur de la chaleur et du son, imperméable à l’eau et à la poussière, exempt de matière organique et incombustible, propose de faire, avec la tourbe moulue (4 à 6 vol.) et la chaux éteinte (1 vol.), une pâte que l’on divise en petits morceaux pour les faire sécher séparément. Cette préparation est introduite entre les deux doubles du plancher, que l’on réunit par des supports en double 7", avec interposition de feutre entre le fer et le bois, pour amortir le son. Elle peut, avec avantage, reposer sur des plaques de tôle bombées et doit être recouverte de plaques isolantes en asphalte ou de carton bitumé. Ces plaques de tôle et l’épaisseur que l’on peut donner à la tourbe calcaire, qui n’est pas lourde, protègent bien contre la propagation des sons et aussi des incendies.

La « laine de scories » ou mousse de laitier s’obtient en projetant violemment un jet de vapeur contre le courant de scories en fusion. Bien que repoussée ici des entrevous, nous signalons cette matière qui a été recommandée et paraît pouvoir être utile dans des cas particuliers. Placée en une couche de quelques centimètres (4 à 5 centim.) d’épaisseur sous les toits en zinc ou en tôle, elle les rend moins bons conducteurs du calorique, par conséquent diminue le froid en hiver, la chaleur en été, des logements des combles. Sous les bâtisses légères, les baraques par exemple, dans lesquelles on veut s’épargner les frais d’une cave, la laine de laitier en couche un peu épaisse forme un remplissage très salubre, qui maintient de l’air sous le plancher de 1 habitation et en éloigne l’humidité. Ce remplissage est d ailleurs antipathique aux rats et aux souris. A l’usine Krupp, à Essen, cette substance se vend 11 marks (13fr,75) les 100 kilogrammes, et avec 20 kilogrammes, on peut couvrir un toit de 15 mètres carrés d’une couche de laine de scories de 4 centimètres d’épaisseur. Elle coûte, naturellement,

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plus cher quand il faut ajouter les frais de transport h distance; mais à mesure que l’emploi de la matière se généralisera, les prix d’achat et de transport baisseront probablement.

Revêtement des murs. — Les pratiques dont il va être question n’ont quelquefois d autre but que celui d orner les demeures humaines ou d’en assurer la durabilité , d autres fois, et cette pensée rentre dans les préoccupations de l’hygiène, elles tendent à prévenir encore l’humidité des parois ou surtout le depot à leur suiface et la pénétration dans leur épaisseur des impuretés diverses et spécialement des microorganismes.

Le revêtement le plus régulier des murs est le crépissage, qu’il ne faut pas exécuter trop tôt, afin de donner le temps au mortier d’évaporer son eau et de durcir. On le fait parfois avec le mortier de ciment ; mais alors la peinture n’a plus prise sur la paroi.

Les revêtements qui ont pour but d’empêcher la pénétration de l’eau de la pluie par l’extérieur, ou celle qui se condense de la respiration des humains par l’intérieur, sont extrêmement nombreux et variés. Ils comprennent les plaques d'ardoise, les feuilles de plomb, Y asphalte, le ciment, etc., comme nous l’avons vu au sujet de l’humidité du sol, sauf que ces isolateurs sont posés verticalement et non horizontalement. On peut d’ailleurs les placer à la surface ou dans l’épaisseur des murs ; mais nous ne comprenons pas bien ce dernier procédé, qui permet toujours l’humectation d’une partie de la maçonnerie.

A ce système de revêtement se rattachent les briques vernissées, les carreaux placés de champ, émaillés sur la face qui reste libre et qu’on emploie volontiers aujourd’hui dans les salles de chirurgie ou d’accouchements, dans une pensée d 'asepsie. On a même parlé de revêtements métalliques, ou plutôt d’une seconde paroi en métal, placée à l’intérieur et laissant entre elle et la paroi en maçonnerie un espace dans lequel circulerait l’air chaud ou les conduites d’eau chaude ou de vapeur, employées au chauffage du local.

Puis viennent une foule d’enduits, de vernis, de peintures hydrofuges. La silicatisation (Fuchs, Kuhlmann) s’emploie volontiers à l’extérieur, sur les monuments publics. A Lille, la plupart des façades de maisons sont peintes à l’huile de lin et à la céruse. Heureusement on en ménage les couches ; cette peinture n’est pas très imperméable et surtout ne reste pas longtemps telle. 11 va sans dire que, sous le rapport de l’hygiène, nous nous rangeons à l’avis des personnes qui poussent au remplacement de la céruse par le blanc de zinc (Griffiths, Charlton White) ; on assure qu’il est moins cher et « couvre » mieux que le blanc de plomb. Le point difficile est d’en convaincre les peintres et les fabricants. Toujours est-il que le blanc de zinc est seul admissible dans les locaux où il peut se développer de l’hydrogène sulfuré (qui noircit le plomb) ; mais y a-t-il dans la maison des endroits où le dégagement d’hydrogène sulfuré soit tolérable?

Les hôpitaux construits jusqu’à ces dernières années ont les murs de leurs salles sluqués et peints à l’huile à l’intérieur. Les hôpitaux militaires ont cherché à se mettre à la hauteur, et leurs vieilles salles ont été rajeunies d'une couche

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de peinture à l’huile. Il est certain que ce perfectionnement diminue quelque peu la perméabilité des parois et contribue à exagérer dans les salles les odeurs nosocomiales; qu’il permet des lavages qu’on n’exécute guère, el fait ruisseler sur le plancher des salles l’eau de condensation de la vapeur expirée par lps habitants, pour la partie qui dépasse la saturation de l’atmosphère intérieure. Celle vapeur, sar.s doute, ne pénètre point dans les murs; mais il n’est pas préférable quelle sursature l’air des malades.

On ne voit pas encore bien quel est le rôle des parois des locaux, vis-àvis du développement des microorganismes. Niigeli préférait que ces parois fussent humides, parce que, dans cet état, 1 obstruction des pores empêche l’air d’y apporter ses germes, et que ceux qui viennent au contact des surfaces humides s’y fixent et cessent de voltiger dans l’air, où les habitants pourraient les recueillir. Pour noire part, nous préférons compter sur la dessiccation des lacunes des matériaux et sur l’oxydation des molécules organiques, mortes ou vivantes. Nous admettons sans peine que les murs d’une salle d’accouchements ou d’opéralions chirurgicales soient revêtus de carreaux émaillés jusqu’à 2 mètres de hauteur, c’est-à-dire jusqu’au point où les éclaboussures sont à craindre et les lavages faciles. Mais, par ailleurs, à quoi sert d’imperméabiliser et de lisser la surface des parois d’une salle, aujourd'hui qu'il va passer en habitude de pulvériser la solution de bichlorure dans les locaux qui auront abrité des contagieux, quelle que soit la nature du revêtement interne de leur parois?

Dans nos casernes, en France, dans les habitations rurales et dans la plupart des demeures pauvres, on se borne au badigeonnage à la chaux des murs, inlns et extra. Ce badigeonnage ne modifie pas les propriétés des matériaux; mais il est excellent parce que c’est un nettoyage véritable, qu’on renouvelle souvent et qui, en somme, étend le long des murs une sub>tance antipathique aux microorganismes.

L’usage des b iseries intérieures, qui faisait à peu près une double paroi et avait de grands avantages au point de vue de la calorification, se perd peu à peu. Il ne faut probablement pas le regretter.

Tenlmes et tapis- eries. — Ces revêtements sont inapplicables dans les habitations collectives, où, sans parler de la détérioration rapide qui atteindrait les tissus ou les papiers peints, il est assez souvent nécessaire d’accomplir une désinfection que ces substances ne supportent pas. En revanche, ils sont en vogue, pour l’ornement, dans les habitations particulières et peuvent y être tolérés sous de certaines conditions.

Les papiers sont collés à même sur le revêtement interne des parois en maçonnerie ou en bois, ou bien sur une toile qui les écarte un peu de la muraille; cette dernière disposition est préférable pour l’assèchement des locaux et la conservation des papiers, mais à la condition que l’on prévienne I introduction des parasites de toute nature dans l’espace resté libre, ce qui ne manque pas d’arriver dès qu’il y a une solution de continuité à la toile. Depuis quelque vingt ans, l’emploi des papiers peints a soulevé de sérieuses questions de salubrité, qui donnent un autre aspect à ce détail d hygiène. Il ne s’agit plus, en effet, d’une substance plus ou moins Arnould, Hygiène. 2e édit. 34

DES ABRIS ET: '.DU VÊTEMENT. Rlygr&trç,

propre à conserver la chaleur et l'humidité; les papiers peints, surtout ceux de couleur verte, sont préparés avec des sels arsenicaux; d’autres 1# sont avec des sels de plomb. Il est malheureusement prouvé que, soit les contacts, soit la chute spontanée de parcelles pulvérulentes venant de la suiTacc de cos papiers, peuvent provoquer des phénomènes d’absorption et, par conséquent, des symptômes d’empoisonnement. Il y a donc là un danger à signaler et contre lequel il faut se mettre en garde. On peut y joindre le danger des émanations de la térébenthine vulgairement employée dans la peinture des boiseries. ; ■ ■

La mode, aujourd’hui (les hygiénistes y sont peut-être pour quelque chose), remplace peu à peu les papiers à tons brillants, très dangereux, par les papiers à tons anciens (Duchesne et Michel), qui n’ont pas besoin des couleurs plombiques ou arsenicales.

Enfin, les papiers de tenture peuvent tirer une fâcheuse influence de la corruption de la colle qui sert à les faire adhérer. Il intervient, en effet, des matières organiques dans certains actes de la préparation d’une maison. Ainsi, la gélatine dans l’enduit des plafonds, la colle de pâte dans l’application des papiers de tenture. Les matériaux qui servent à fabriquer ces substances, putréfiables par elles-mêmes, sont souvent avariés et corrompus d’avance. La fermentation continue donc quand les plafonds sont faits et que les papiers sont poses. E. Vallin a observé un cas d’accidents gastro-intestinaux graves dus à la putréfaction de la colle de pâle sous des papiers récemment appliqués et, en appelant l’attention sur les dangers qui peuvent venir de ce côté, restés inaperçus, a consei lé l’introduction dans la colle d’un peu d’acide salicylique ou d’acide borique (15 grammes pour l,00t) de colle).

La même précaution se recommande dans la préparation des couleurs et des enduits dans lesquels il entre de la colle ou de la gélatine.

Il n’est pas inutile de rappeler que, quand on renouvelle les tentures d’une pièce, cette occasion d'assainissement impose l’enlèvement exact des anciens papiers et le nettoyage complet des surfaces. Ce nettoyage doit se faire au mouillée t, de préférence, avec une solution antiseptique:; Vépoassetaje ne fait que remettre dans l’air les poussières et les microbes.

Les microorganismes sur les parois. — Nous ne connaissons pas de recherches relatives à l’absorption des microorganismes par les matériaux de construction ; celles de Layel et de Poincaré, sur ce point, sont peu démonstratives. Rien ne prouve non plus que les courants d’air sans vitesse qui ont lieu à travers les murs puissent introduire ou expulser autre chose que des gaz; il est même probable, contrairement à l'hypothèse de Layot, que les matériaux de construction filtrent l’air au moins aussi exactement que le fai L le sol (voy. p. 90); et, d’ailleurs, si les microorganismes sont capables de franchir celte solide barrière, c’est la maison qui y gagnera, puisque son atmosphère est plus riche en microbes que l’air extérieur. Au fond, ce ne sont pas les organismes de l'épaisseur des murs qui sont le plus intéressants, mais ceux des surfaces intérieures, que le moindre choc peut précipiter dans l’air où les habitants respirent. La question du

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