‹ Nouveaux éléments d'hygièneChapitre 98 sur 268 · TOTAL · texte numérisé non relu

TOTAL

Écurie, mur à la chaux

Laboratoire; pointure à la colle

Pièce de jour; to iture de velours

— tenture lisse

— vieille tenture

— tenture neuve (trois mois)

— tenture do cuir

Salon; tenture de soie verle

Chambre à coucher; tenture l‘me

— p intureè l'huile(datantd'uumuis).

— tenture lisse

Cuisine; peinture 11 la colle. . .

— peinture datant de trois mois

Vestibule: parois de marbre

Cabinet d'aisance; peinture à l’huile

U n autre

Carreau de vitre d’uue chambre à coucher

On remarquera sans peine le grand nombre de microbes sur les parois de l’écurie, où les animaux sont dans un mouvement incessant, et leur rareté dans les cabinets d’aisances, que l'on ne visite que par intervalles. On reconnaîtra ausd que les tentures lisses, la peinture et même les parois polies, comme le verre et le marbre, n 'empêchent pas le dépôt des germes. Esmarch a constaté aussi qu’ils sont de moins en moins nombreux à mesure qu on examine la paroi plus près du plafond (absolument comme s’il

DES ABRIS ET DU VÊTEMENT. [Hygiène

s agissait de simples poussières). Sur la paroi de carreau émaillé, ménagée jusqu a hauteur d homme, dans une salle à laparotomie qui n’avait pas servi depuis six jouis et qui est lavée au savon phéniqué après chaque opéralion, 1 auteur ne put recueillir que 10 microorganismes pour une surface do 225 centimètres carrés. Il y en avait, au conlraire, 90 sur une surface paieille de la paroi en carreau vernissé d une salle d’accouchement, lavée a 1 eau de savon simple huit jours auparavant et qui servaiL tous lesjours. Sur 1 centimètre carié de la bordure en saillie qui marque la réunion de la paroi carrelée au reste du mur, peint à l'huile, on put récolter de 650 à 1,350 colonies.

Les fenêtres. — Les fenêtres sont, assurément, .une partie des parois de I habitation ; elles en sont le point faible, au point de vue de la thermalité. Mais leurs rapports sont si inlimes avec la ventilation et le chauffage que nous devons renvoyer à ces articles le moment d’en parler.

La toiture. — C’est le complément de l’enveloppe représentée par l’habitation. A ce titre, elle est soumise aux mêmes règles que les autres parois; mais elle comporte quelques conditions spéciales.

Le toit est destiné à protéger l’habilation contre la masse principale des précipitations atmosphériques. Là où celles-ci sont fréquentes et abondantes, ce revêtement est incliné dans un sens ou dans plusieurs, d’une façon plus ou moins aiguë; dans les contrées où la surcharge du toit par les pluies et surtout par les neiges n’est pas à craindre,, on le fait en terrasse à pente insensible. Cette pratique mauresque a été fort maladroitement copiée dans quelques maisons de nos pays du Nord.

Dans des cas spéciaux, les usines en général, on utilise en même temps le toit pour l’introduction de la lumière sous un angle plus favorable au travail accompli dans l’intérieur que l’éclairage latéral. Sur une faible étendue, ce but est atteint en remplaçant une petite portion de la surface du toit par une vitre (vitre hollandaise, lanterneau); lorsqu’on a besoin de généraliser cette disposition, l’on construit le toit en scie ( Scigeilach)\ dans chacun des saillants, la pente la moins inclinée est vitrée, l'aulre est recouverte comme les toits ordinaires. Ce mode est Lrès favorable à l'éclairage intérieur, mais il porte les constructeurs à oublier qu’il faut néanmoins des ouvertures latérales pour l’aération.

Le toit est fait d’ardoises imbriquées, de tuiles ordinaires, de tuiles plates (Montchanin), de nattes en chaume, de plaques de bois ou de métal, etc., supportées par des traverses en bois ou fer. L’ardoise lisse et compacte, et la tuile d’argile cuite sont les meilleurs de tous les matériaux.

Au bord inférieur de chaque plan incliné que forme le toit, court un demi-cylindre métallique, à concavité supérieure (chéneau, plombiôre), destiné à recueillir l’eau qui descend la pente du toit et à la diriger vers des tuyaux de chute qui la versent dans l’endroit voulu (citernes, égouts, canaux ouverts).

La surface du toit ne sauraitôlre absolument continue. Indépendamment des cheminées qui la traversent et des oriüces vitrés, ménagés pour prendre jour par en haut, les orifices de ventilation sont très bien placés dans la pa-

générale.] CONSTRUCTION. 53.1

roi supérieure de l’habit al ion , puisque l’air chaud s’élève naturellement. 11 ne faut pas négliger d’uliliser celle force qui ne coule rien. Mais, comme la pluie ne doiL pas entrer par le môme endroit qui donne issue à 1 air, on protège les ouvertures du loilpardes dispositions spéciales (vitre Irançaise) qui leur permettent la verticalité.

On peut encore se servir de la couverture comme organe de ventilation, en exécutant le Dachreiter des Allemands ou surtoit. 11 s’applique aisément aux bâtiments dont la toiture n’a que deux pentes, en sens opposé 1 une de l’autre, tel.e qu’on l’a fait aux baraques. Ces deux pentes, au lieu de se rejoindre sur la ligne de faîte, s’interrompent et laissent entre leurs bords supérieurs une baie de quelque largeur, au-dessus de laquelle on établit le petit toit, ou surloit, de telle sorte qu’il ne se relie au grand que par des montants verticaux; entre le bord inférieur du surtoil et le bord supérieur du vrai toit, il y a donc un espace. On donne à cet espace la largeur voulue et le bord inférieur du surtoit s’avance suffisamment pour le dissimuler, de façon que la pluie ne pénètre pas par cette baie, même lorsqu’elle est chassée obliquement par le vent. D’ailleurs, pour l’hiver, il est facile d’obturer l’espace libre à l'aide de vitres mobiles, dont on ouvre ou dont on ferme le nombre que l'on veut (Voy. plus loin : Baraques). •

Habitation «le» mainou» neuves. — On a beau avoir pris des précautions

contre l’humidité du sol et employé des matériaux peu hygroscopiques

dans la construction, on n’a pas pu s’empêcher de faire intervenir l’eau

dans la confection du mortier et des plâtrages. Pellenkofer a fait, à cet

égard et sur les exigences de l'assèchement ultérieur, des calculs ingénieux,

qui ne peuvent guère pécher que par une précision excessive.

Une maison à trois étages, ordinaire, avec cinq chambres et cuisines, exige dans sa construction environ 83,500 litres d’eau, dont la plus grande partie devra être expulsée avant que la maison soit habitable sans danger pour la sanlé. 11 n’y a qu’un moyen d’obtenir celte expulsion, c’est l'évaporation spontanée à l’air; moyen sur, mais long. Plus l’air esL sec, plus il est chaud, et plus il absorbe d’eau ; il faut y joindre la rapidité du déplacement de l’air qui passe sur les surfaces humides. Or, si l’on suppose une température moyenne de l’air de 10° (comme c’est le cas à Dresde et à Paris) et un degré hygrométrique moyen de 75 p. 100, sachant qu'à 10° un mètre cube d'air peut renfermer 9®r,7 de vapeur d’eau, il faudra retrancher de ce ebitfre 9,7 (saturation) les 0,75, soit 7sr,3, pour connaître la quantité d eau qu un mètre cube d'air, dans les conditions moyennes, peut enlever aux bâtisses neuves. La différence est 28r,4. Autant de fois 2gr, 4 seront contenus dans 81.500 kilo". , autant il faudra de mètres cubes d’air passant à la surface des murailles et se saturant d’humidité, pour amener le bâtiment à un degré convenable de dessiccation. Le résultat de celte division donne plus de 34 millions de mètres cubes.

hn été, il n est rien de plus facile que de pratiquer l’assèchement par 1 ouverture permanente des portes et des fenêlres; du reste, il est recommandé de bâtir en cette saison de préférence, parce que les matériaux et surtout le mortier, qui renlerme près d’un tiers d’eau, se sèchent déjà au fur et i mesure qu’on les emploie. En hiver, on chauffe l’atmosphère inté-

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rie lire. On se figure, bien à tort, que le chauffage dessèche encore lorsque les. portes et les fenêtres sont closes; dans ce cas, l’air chaud absorbe, il est vrai, beaucoup d eau, mais la vapeur reste incluse, comme l’air, dans les appai lements. En poussant davantage le chauffage, on ne peut plus rien piendre aux murs, puisque 1 air de la pièce est salure; mais, en revanche, quand la piece se relroidit, une partie de la vapeur d’eau de l'air intérieur se précipite sur les murailles. Le chautîage, portes et fenêtres closes, promène donc simplement 1 humidité dans l’appartement, mais ne l’en expulse point. L’appareil de Kosinski, qui ventile en môme temps qu’il chauffe, est donc très rationnel.

La porosité des parois favorise l’assèchement; par ces pores passe beaucoup d’eau <i ui s’évapore librement. Les façades tournées vers le soleil et échauffées se dessèchent ainsi avec rapidité pendant que le côté des constructions neuves, tourné au nord, reste dans un état d’assèchement incomplet. Il est même des maisons anciennes, dont la façade qui regarde le nord ne s’est jamais asséchée.

L’assèchement dure longtemps. Même les maisons de petites dimensions et à parois minces exigent en moyenne un an avant d'être convenablement.sèches. Les grandes bâtisses ne le sont pas à moins de deux années.

Il est. vulgairement connu que parfois des constructions neuves, qui ont paru suffisamment sèches, se montrent de nouveau humides lorsqu’elles sont habitées. C'est cette expérience que l’on appelle essuyer les plâtres, et dont on prend pour sujels des locataires qui ont quelques raisons de n’èlre pas exigeants. Des taches humides apparaissent aux murs, les vitres suent, l’airintérieur est plein de vapeur. Celle eau esl fournie, d’une part, parla respiration et la transpiration cutanée des habitants (un adulte rejette environ 1,500 grani. d’eau); d'autre part, par les pratiques culinaires, les lavages, etc. Mais c'est que les murs n’étaient pas desséchés à fond. Les vieilles maisons présentent rarement cette particularité fâcheuse: leurs murs bien desséchés et poreux absorbent assez l’humidité pour la rendre insensible, et même l’évacuent lorsque les différences de température font appel dans un sens favorable. Lorsqu’une maison de date ancienne et habitée depuis longtemps offre de temps à autre des parois humides, c’est que ses parois sont en matériaux hygroscopiques ou que l’humidité du sol trouve moyen d’y pénétrer de bas en haut.

On reconnaît les parois à matériaux hygroscopiques à ce qu’en été, après une pluie un peu abondante, elles restent humides pendant un temps d’une longueur surprenante et ne sont jamais tout à fait sèches en hiver. Nous avons dit précédemment les raisons pour lesquelles l’humidité du sol monte dans les murs.

Le vulgaire sait apercevoir divers signes de l’humidité des constructions; les murs mal séchés sentent la chaux, on le remarque surtout quand on pénètre dans les pièces, en venant du dehors; des taches humides et froides se montrent salles parois et les tentures, tapis, etc.; il se développe des moisissures; les objets hygroscopiques fondent (le sel de cuisine) ; le linge se pique dans les armoires, le cuir des chaussures prend une mauvaise odeur et se moisit.

Mais il y a des procédés de vérification de l’assèchement qui ont une apparence scientifique. Ainsi, celui de Lassaigne, qui consiste à prendre, à l’aide d’une vrille ou taraude, des portions du plâtre que l’on veut essayer, en divers points et à diverses profondeurs de la muraille ; ces échantillons sont pesés, puis calcinés et

généré.] DISTRIBUTION DES LOCAUX ET DÉPENDANCES. &<15

pes':s.tle n.ouveaiii ; la (!ij1'éi:qncc des deux pesées indique la proportion d eau que renfermait le plâtre, et qui ne doit pas dépasser 20 à 22 p. 100.

'Notas avons suffisamment insisté sur les conséquences du séjour dans l’iiir humide (pâjie 378) pour n’avoir pas besoin de faire ressortir les dangers de Thabilaliôn dans les maisons neuves ou plutôt mal séchées. Cependant liullmann (de Halle) les conteste. On ne s’aperçoit pas, en effet, que la mortalité s’accroisse dans les grandes villes (à Halle en particulier), où il s’est bâti tant de maisons dans ces dernières années et où, malgré la surveillance sanitaire, tant de gens ont essuyé les plâtres. Au fond, 1 auteur n’est pas absolument paradoxal; car il prétend surtout qu’une bonne ventilation peut compenser la suppression par l’humidité des pores des parois et diluer la vapeur d’eau fournie par les murailles neuves. Dans de telles conditions, lui-même, avec sa famille, et 9o autres familles qu’il a spécia- Iëmtent observées, ont pu habiter des maisons dont l’achèvement datait de:4 à 13 mois, sans en éprouver la moindre incommodité; Les règlements, pense-l-il, devraient prescrire la constatation que les maisons neuves sont bien ventilées, au moins autant que celles d’un état de siccité suffisant. Celte formule ne, nous semble pas irrationnelle et nous estimons qu’elle peut inspirer quelques-uns des articles des règlements que l’on élabore, à cet égard, dans les divers pays.

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