III. — Distribution des locaux et dépendances
Dans les habitudes modernes, urbaines surtout, l’immense majorité des habilalions sont composées de compartiments superposés que l’on nomme, de bas en haut : cave et sous-sol, rez-de-chaussée, étages (1er, 2e, etc.), greniers, mansardes et combles.
Caves et sous-sols. — La cave est absolument favorable à la salubrité de l’habitation, à la condition qu’elle serve à tout excepté au séjour des humains. Rien n’est plus propre à défendre les pièces habitées contre les influences du sol qu’un espace vide intermédiaire, dont le fond a été préparé comme nous l’avons dit, dont les parois latérales sont munies des dispositifs indiqués et dont la paroi supérieure est une voûte de maçonnerie ou tout au moins un solide plancher. Des moyens convenables, ne fût-ce que les courants d’air spontanés, peuvent d’ailleurs parfaire l’assèchement de cet espace et enlever, au furet à mesure qu’elles se produisent, les exhalaisons du sol. Mais, à coup sûr, il n’est point bon que des hommes se trouvent sur le trajet de ces exhalaisons et dans le milieu où s’opère cet assainissement, qui est si nécessaire et qui peut ne pas être parfait â chaque instant. De plus, quelle que soit la perfection des précautions prises, la lumière ne pénètre dans les caves qu’à l'état de lumière diffuse; leur sol ni leurs parois ne peuvent jamais être directement ensoleillés. Et c’est là une raison péremptoire d’interdire l’usage des caves comme demeures habituelles. II ne paraît aujourd’hui douteux à personne que l habitation des caves ne soit éminemment propre à altérer et à déprimer d’une façon dé-
DES ABItlS ET DU VÊTEMENT. (Hygiène
linitive la nutrition générale, ce qui revient à dire que là est la préparation de bon nombre d’affections tuberculeuses et scrofuleuses.
b n réunissant ..5,1/1 malades de Berlin, Lelmerdl trouve que les lialiitants des caves comptent dans ce nombre pour 2,247 ou 89,3 p. 1,000; mais la proportion des habitants des caves vis-à-vis de toute la population éloit alors de 91,8 p. 1,000. bêla ne dcmonlie pas piecisénient que les caves soient plus insalubres que les auties locaux, toutefois, certaines allections parliculiéres avaient, chez les habitants des caves, des chiffres au- dessus de la moyenne ; la coqueluche, 110,5 p. 1,000; le lyphus (abdominal), 115,8; la diphtérie, 1 16,8 ; le choléra et la scarlatine, 1 18,6; la fièvre puerpérale, 168,4. En revanche, le rhumatisme aigu, la fièvre intermittente, tombent au-dessous de la moyenne (73,5 à 67,6), et la pneumonie n’est guère au-dessus, 97,8. Hirsch avait constaté que, pendant le choléra de 1866, les habitants des caves fournissaient 11,6 décès p. I,0u0, alors que la moyenne générale n’était que 9,2 décès p. 1,000 habitants.
Au congrès des hygiénistes allemands à Dantzig (1874), le docteur Scbwabe, relevant la mortalité selon les élages à Berlin, à chaque époque de dénombrement entre 1860 et 1870, obtenait les proportions suivantes :
Habitation.
Gaves
Rez-de-chaussée
Premier étage
Deuxième étage
Troisième étage
Quatrième et au-dessus
Décès p. 1000 hab.
Bien que le chiffre relatif au 4e étage soit plus fort que celui des habitants des caves, l’auteur pense qu’il est relativement moins grave, parce que les locataires des combles sont pour la plupart des malheureux, tandis que ceux des caves sont des boutiquiers, marchands de comestibles ou de boissons, aisés et bien entretenus. De même, Scbwabe conslata, sur 100,000 habitants, 14 mort-nés pour les deux premiers étages, 16 au rez-de-chaussée et dans les caves, 17 au 3e, 21 au 4e.
11 est très significatif qu’à Berlin, où la modalité par maladies épidémiques s’est élevée de 1860 à 1873, l’aggravation de la léthalité a été plus accentuée chez les populations des caves que dans le reste ; pendant qu’elle montait ici de 34,4 p. 100, elle s’augmentait de 39,5 p. 100 chez les habitants des caves. L’excès de mortalité par le fait de ces demeures porte surtout : sur les maladies infectieuses, la phtisie, les affections diarrhéiques ; en vingt ans, les premières ont augmenté chez les habitants dans la proportion de 1,000 à 3,800, la seconde de 1.000 à 3,000, les autres de 1,000 à 7,000 Les caves sont donc comme un « foyer d’incubation » pour les germes de ces maladies.
A Budapest, Fodor et Rôzsahegyi ont cherché, en 1,300 maisons, la fréquence relative des épidémies, spécialement du typhus abdominal et du choléra, dans chacune d’elles, pour la période 1863 à 1877 (inclus). Les maisons à élages élevés, sur caves, se sont montrées exemptes d’épidémies 46 fois sur 100; les maisons à ras du sol, seulement 30 fois sur 100. Parmi les maisons à élages, les plus salubres ont été celles à rez-de-chaussée surélevé ; elles ont élé exemptes d’épidémies 34 fois sur 100; les maisons basses à ras du sol ne font été que 26 fois. Avec habitation dans les caves, les maisons oui été atteintes 72 fois sur 100 ; sans habitation dans les caves, seulement 59 fois.
Le choléra et le lyphus se répartissent ainsi qu’il suit, au point de vue des décès (pour 10,000 habitants) :
générale.J