Le fruit grossi; a le même coupé
verticalement.
ANSERINB AMBROISIE OU THÉ DU MEXIQUE Chenopodium
AmoroMotaes. s..
Plante originaire du Mexique et cultivée en Europe. Parties usitées ! les feuilles et les sommités.
Caractères botaniques. Tige droite , élevée de deux pieds; feuilles lancéolées et dentées ; fleurs petites et verd.'lres, réunies en grappes.
Propriétés physiques. Odeur aromatique irès-agréable ; saveur âcre et a mère.
Usages. On l'administre quelquefois en infusion, dans l'hystérie et les catarrhes chroniques ; en cataplasme sur le ventre des enfants pour calmer leurs coliques.
I/ansrrinr botrys , Chenopodium Botrys , L., jouit des mé mes propriétés.
L'anse rpîb vermifuge, CAenopod/um anthelminthicum , est employée avec quelque succès contre les vers qui se logent dans l'estomac ou les intestins.
L'anserine volvaire , Chenopodium xulvaria , L. , est une plante indigène, douée d'une odeur fétide très-prononcée, et qui contient du sous- carbonate d'ammoniaque libre. On l'emploie quelquefois, comme antipasmodique , dans les affections hj jténqucs.
Soude vulgaire. Salsolasoda. L.
Plante qui abonde sur les bords de la mer et dans les marais salins. Partie» usitées : le sel que contiennent ses cendres.
Caractères botaniques. Tiges herbacées , rarement sous-frutescentes , feuilles petites, étroites , charnues , assez souvent épineuses au sommet. Fleurs très-petites , peu apparentes et verditres.
Préparations. On broie la soude recueillie fraîchement dans des fourneaux disposés dans le sol , et les cendres prennent le nom de soude brute, soude d'alicante, etc.; elles contiennent un tiers environ de carbonate alcalin.
La Camphrée de Montpellier , Camphorotma monspeUaca , L. , est une plante vivace , commune dans le midi de la France. Son odeur est forte et analogue à celle du camphre , et sa saveur âcre et a mère. Ses propriétés sont assez énergiques , cl on l'emploie comme diaphonique, en infusion théiforme.
Betterave mlgairk. Delta vulgarts. L.
Plante bis-annuelle originaire des contrées méridionales de l'Europe. Parties usitée»: le sucre crislallisable que ses racines contiennent en quantité notable.
Caractères botaniques. Racine pivotante , charnue, oheonique, très épaisse, feuilles grandes, ovales, molles, entières, ondulées à colles épaisses , larges et colorées; lige droite et rameuse au sommet ; fleurs réunies trois ou quatre ensemble en épis grêles.
Propriétés chimiques. Saveur douce et fade, légèrement sucrée.
Usages. La Betterave a acquis, depuis une vingtaine d'années , une Importance extraordinaire, et sa culture peut exercer une influence marquée, non-seulement sur 1'agricullurc en général, mais encore sur l'économie politique. Pendant long temps . la Beltcrave n'a été cultivée qu'à cause de ses racines qui, lorsqu'elles sont
cuites, ont une tareur douce et sucrée, et peuvent sertir d'aliment à l'homme, cl qui, lorsqu'elles sont crues , sont, ainsi que leurs feuilles , un fourrage extrêmement sain et abondant pour les bœufs, les raches et les moutons. Marcgrave, le premier, fit voir, par des expériences multipliées , que la racine de la Betterave contient une quantité considérable de sucre , dont l'extraction est peu coûteuse et facile à opérer. Plus tard, Acbard, de Berlin, sut tirer habilement parti de la découverte de Marcgrave, et fit connaître les procédés au moyen desquels on pouvait opérer en grand l'extraction du sucre de Betterave. Une pareille découverte ne pouvait pas rester indifférente pour la France , à une époque où , privée par les suites de la guerre continentale et maritime de toute communication avec tes colonies , la politique de ce pays voulait interdire à l'Angleterre l'entrée des denrées coloniales dans aucun des ports du continent. Aussi le gouvernement français protégea-l-il , par tous les moyens en son pouvoir , l'introduction en France de celte nouvelle source de richesses. C'est particulièrement à Chaptal que l'on doit les perfectionnements sans nombre que les procédés de fabrication ont successivement éprouvés. Pendant long-temps , presque tout le sucre consommé en France a été fourni par les racines de la Betterave, et aujourd'hui, où la paix a rétabli les libres communications entre toutes les parties du globe , le sucre de Betterave , préparé en France , peut encore rivaliser avec le sucre de canne que l'on apporte des deux Indes.
La racine de Betterave présente trois sous-variétés relatives à sa couleur qui est tantôt rouge , tantôt blanche et tantôt jaune. Cette dernière est celle que l'on préfère en France pour l'extraction du sucre.
La culture de la Betterave est devenue une branche importante de l'agriculture européenne. Cette plante demande une terre profonde , bien meuble , un peu grasse et mélangée de sable. Les terrains argileux et très-froids ne lui conviennent pas plus que les terrains trop secs et trop sablonneux. Elle doit être semée au printemps, lorsque les gelées ne sont plus à craindre ; tantôt on repique les jeunes pieds , tantôt on les sème à plein champ. On doit sarcler avec beaucoup de soin les terrains où l'on cultive la Betterave, car cette plante est une de celles qui redoutent le plus le voisinage des mauvaises herbes. C'est dans les quinze premiers jours du mois d'octobre que l'on doit récolter les racines de Betterave ; passé cette époque, les matériaux du sucre se décomposent, et ces racines ne contiennent plus que du nilrale de potasse. Voici en peu de mots les procédés mis en usage pour extraire cl fabriquer le sucre de Betterave : !• On lave les racines ou on les râcle superficiellement puur en séparer la terre cl les autres ordures ; on coupe le collet et le fibrilles ; 2* on les réduit en pulpe au moyen de râpes mues par une roue d'eugrainage ; 3» on soumet immédiatement cette pulpe à la presse afin d'en exprimer le suc , avant que la fermentation ait pu s'y établir ; 4* ce suc est ensuite versé successivement dans trois chaudières. On le despume dans la première ; on le clarifie et l'amène à la consistance d'un sirop épais dans la seconde, et il finit de cuire dans la troisième ; 5» lorsqu'il est bien cuit , on le verse dans des formes coniques où il se cristallise en masse irrégulière et laisse écouler la mêlasse ; 6° enfin on le raffine par les mimes procédés que le sucre de canne.
Lorsqu'il a été bien raffiné , lo sucre de Betterave est entièrement identique avec le sucre de canne , au point qu'il est impossible de les distinguer l'un de l'autre. Celle identité existe également dans leurs caractères chimiques et leurs propriétés. C'est en vain que l'ignorance et la prévention ont cherché à jeter quelque défaveur sur le sucre indigène, en le faisant passer pour inférieur en qualité au sucre des colonies ; les connaissances chimiques , et surtout l'expérience journalière se sont réunies pour détruire ces erreurs populaires. Le marc ou résidu de la pulpe de Betterave , quand on en a exprimé le suc , est loin d'être un objet à dédaigner. Tous les bestiaux en sont extrêmement avides , et on peut le conserver pour les nourrir une partie de l'hiver. On engraisse également les porcs et la volaille, soit avec ce résidu , soit avec les épluchures que l'on a enlevées des racines avaut de les réduire en pulpe.
SEPTIÈME CLASSE
BYPOSTAMIMB.