‹ Nouveaux éléments de botanique et de physiologie végétale avec le tableau méthodique des familles naturellesChapitre 18 sur 259 · L. Superficie · texte numérisé non relu

L. Superficie

1° Luisantes (fol. hicida) , ayant leur surface unie et r. fléchissant la lumière : le laurier-cerise, le lierre.

3° ( nies (fol. lavia) , n'offrant aucune saillie ni aspérités : le JVympnera, elc.

3° Glabres (fol. glabra), dëpourvucsdc toute espèce de poils : la petite centaurée (Erythrcta Centaurium). le laurier-rose.

4" Pertuses (fol. périma), percées de trous trèssensibles : Dracontium pertusum.

8° Cancellées (fol. caticellata) . quand le parenchyme n'existe pas, et qu'elles sont simplement formées par les ramifications des nervures fréquemment anastomosées , et représentant une sorte de treillage, comme celle de l' Hydrogeton fenestralis (V. pl. II, fig. 40).

G° Glanduleuses (fol. glandulosa), offrant à leur surface de petites glandes.

7° Scabres(fol.scabra), rudes au toucher: l'orme (Vlmus campestris), le grémil (Lilhospermum offi cinult), etc.

»° Glutineuses (fol. glulinosa), offrant, quaud on les touche, une viscosité plus ou moins grande : Inula viscosa.

M. Pubeseencc. (V. ce que nousavous dit précédemment en parlant de la tige.)

.y. Consistance et tissu.

1° Membraneuses (fol. membranacea , , n'ayant pas d'épaisseur sensible, molles et souples, comme cellesde la grandearistolorhc(.4n'sfofœAia.VupAo).

3° Scarieuses (fol . scariosa) . minces, sèches, demi-transparentes.

3° Coriaces (fol. coriacea), quand elles sont épaisses et qu'elles ont une certaine consistance : celles du gui (Viscum album), du laurier-cerise, elc.

4° Molles (fol. motlia), ayant peu de solidité, et douces au toucher: l'épinard (Spinaeia oleracea), la guimauve (Althcea officinalis).

5» Roides {fol. rigida). coriaces et résiliant à la flexion : le petit houx (Ruscus acuteatus).

0° Charnues (fol. carnosa) : la joubarbe des toits (Sempervivum tectorum) , et en général toutes les plantes grasses.

7° Creuses (fol. fistulosa) : l'ognon ordinaire (Allium Cepa).

O. Forme (1), c'est-à-dire épaisseur ou solidité notables.

1° Ovées (fol.ovata), ay ant la forme d'un œuf.

(I) Il ne faut pas confondre . comme on le fait trèisouvent , la forme et la figure d'un corps. La forme ne s'entend que des corps solides, c'est-à-dire de ceux qui présentent l'étendue , la largeur et l'épaisseur. La partie de la Géométrie qui s'en occupe porte le nom de stéréométrie. Le terme de figure n'est applicable qu'aux curps plans , c'est-à-dire aux surfaces qui n'offrent que deux dimensions , la largeur et la longueur. On donne le nom de planiméttre à la partie de la géométrie qui traite de la figure des corps plans. Ainsi un œuf a une forme ot-ée; une feuille plane , représentant la section longitudinale d'un œuf, a une figure ovale- On voit doue la nécessité de distinguer les expressions formates des expressions figuralres.

NOUVEAUX ÉLfcMEISTS

2° Obovées [fol. obowtta), ayant la forme d'un œuf renversé.

S°Conoïdalcs(fol. eonoidea), ayant la forme d'un cône.

4° Cylindriques (fol. eylindrica. teretia) . avant la forme d'un cylindre alongé : le Sedum album . rognon.

5° Linguif ormes (fol. linguiformia) , ayant l'épaisseur et la forme d'une langue : la joubarbe des toits (Simpervivum tectorum).

6° Triquètres(fol. triquetra), alongées er. prisme à quatre faces : le jonc fleuri (Butomus umbellatus) .

7° Tètragones(fol. tetragona. alongé. s en prisme à quatre faces : Gladiolus tristis.

8° Comprimées (fol. compressa), épaisses , charnues, aplaties latéralement, ayant plus d'épaisseur que de largeur.

P. Coloration.

1" Vertes (fol. viridia) : la plupart des feuilles.

2° Colorées (fol. colora(a), d'une autre couleur que le vert.

3° Glauques (fol. glauca) : celles qui sont d'une couleur vert de mer : Magnolia glauca , le chou i Drassica oleracea). Cette coloration est due à une couche légère d'une matière n sincusc, semblable à celle qui recouvre certains fruits , et en parliculier les prunes et les raisins. Un fait remarquable, c'est que Icb feuilles glauques ne sont pas susceptibles d être mouillées quand on les trempe dans " l'eau, ce qui démontre bien la nature de l'enduit qui leur donne la couleur glauque.

4° Discolores (fol. discolora), quand les deux faces ne sont pas de la mémo couleur. Ainsi dans la cy m ba lai re (A ntirrh inum cym balaria), 1 e cy c I a m en (Cyclamen europœum), la face supérieure est verte, l'inférieure est pourprée.

3° Tachetées (fol. maculata), offrant des taches plus ou moins considérables, d'une couleur différente de ccllede la feuille : Arum maculatum.

c° Incanes (fol. incana), d'un blanc pur : Achilr Ima incana.

Q. Pétiolation.

îo Sessiles (fol. sessilia) : le buis (Buaus sentpervirens), etc.

2° Pitiolées (fol. peliolata) : lo platane , le poirier, l'abricotier.

3° Peltées (fol. peltata) , quand le pétiole s'insère au centre de la face inférieure des feuilles, et que les nervures partent de ce point, en rayonnant vers la circonférence : comme dans la capucine (Tmpa-olum majus) . l'écuelle d'eau (HydrocolyU vulgaris) (V. pl. II, fi g. 41).

Quand les feuilles sont pourvues d'un pétiole, il ne faut pas négliger les caractères qu'on peut tirer de ses différentes modifications. '

Ainsi, il peut être cylindrique , comprimé, triguêtre, filiforme, court, long, etc. Nous n'avon* pas besoin de donner ici Implication de ces ex-

pressions , que nous avons déjà définies , pour la plupart , dans un autre lieu.

Le pétiole peut être tordu sur lui-même, comme dans plusieurs Cucurbitacêes, etc.

Claviforme, en forme de massue (p. claviformis), quand il est renflé d'uue manière manifeste A sa partie supérieure, comme dans la châtaigne d'eau (Trapa natans).

Canaliculé, ou creusé en gouttière (p. canaliculatus), quand il est convexe à sa face externe, concave du côté de la tige : par exemple, dans beaucoup à'Ombellifcres.

Ailé (p. alatus). quand le limbe de la feuille se prolonge sur lui de manière à former de chaque côté un appendice membraneux : par exemple, dans l'oranger [Citrus ^uranrium).

Dans les feuilles composées, le pétiole commun est quelquefois formé d'autant de pièces articulées et membraneuses qu'il y a de paires de folioles; c'est ce qu'on observe dans le Quassia amara par exemple, et un graud nombre d'espèces d'Inga.

Foliiforme, on en forme de feuille (foliiformis). quand il est large, mince, et a l'aspect d'une feuille. Dans ce cas, il remplace fort souvent les véritables feuilles qui n'existent que dans les individus encore jeunes, et qui tombent à une certaine époque. Ainsi les prétendues feuilles simples des Mimosa de la Nouvelle-Hollande ne sont que des pétioles élargis et foliiformes, etc. On leur adonné le nom de Phyllodes.

Le pétiole est quelquefois accompagné d'une gaine membraneuse a laquelle on a donné le nom d Ochrea ,ct qui embrasse la lige dans toute sa circonférence. La présence de cette Ochrea est un des meilleurs caractères pour distinguer les plantes qui appartiennent à la familières Polygonées, qui en sont toutes pourvues.

B. Suivant leur durée sur la tige , on distingue les feuilles en:

1« Caduques (fol. cadwa), lorsqu'elles tombent peu de temps après leur apparition, comme celles de beaucoup de cactus.

2° Décidât» (fol. decidua), quand elles tombent avant une nouvelle foliation : celles du marronnier , du tilleul , etc.

8° Marcescentes(fol. marcescenlia ) , lorsqu'elles se dessèchent sur la plante avant de tomber , comme celles du chêne.

4° Persistantes (fol. persistentia) , celles qui restent sur le végétal plus d'une anm e : par exemple, dans les pins, le buis, le laurier-cerise, etc. Ces arbres portent le nom général d'arbres toujours verts.

§ 2. Des Feuilles composées.

La feuille vraiment composée, avons-nous dit,

est colle qui, sur un pétiole commun, porte plusieurs folioles qu'on peut isoler les unes des autres. Ces folioles sont, ouarliculées sur les rachis, c'està-dire attachées par un point très-rétréci de la base de leur petit pétiole , ou continues avec lui par toute la base de leur pétiole.

Il y a différents degrés de composition dans les feuilles. Ainsi, le pétiole commun peut être simple , ou bien il peut se ramiGer.

Quand le pétiole commun ne se ramifie pas , la feuille est dite simplement composée. On l'appelle feuille iléromposêe quand il se ramifie.

Nous allons étudier les modifications qu'elle présente dans ces deux cas.

Les feuilles simplement composées offrent deux modifications principales, suivant la position qu'affectent les folioles qui les composeut. Ainsi, tantùi toutes les folioles partent du sommet même du pétiole commun , comme dans le marronnier d'Inde, le trèfle, etc. ; tantôt, au contraire, ce» folioles naissent sur les parties latérales du pétiole commun ou rachis, comme dans le frêne, le baguenaudicr , l'acacia , etc. On a donné le nom de feuilles digitées à la première de ces deux modifications , et celui de pennées à la seconde.

Les feuilles digilées ( fol. digitata ) sont donc celles dont toutes les folioles partent en divergeant du sommet du pétiole commun , à la manière des doigts de la main lorsqu'ils sontécartés.

Le nombre des folioles qui constituent les feuilles digilées est très-variable , comme on petit le voir en comparant ensemble les feuilles du trèfle, qui en offrent trois, avec celles des Pavia, qui en ont cinq; ccllesdu marronnier d'Inde (Voy. pl. III, fig. 42), qui en présentent sept; celles des lupins, qni en offrent un grand nombre, etc. Aussi est-ce d'après ce nombre que l'on a divisé les feuilles digilées en :

1° UnifoUotèet (fol. unifoliolata) , quand elles n'offrent qu'une seule foliole, mais qui est articulée au sommet du pétiole. Dans ce cas , des raisons d'analogie et la présence d'uue articulation font ranger cette feuille parmi les composées : telles sont celles de l'oranger (Citrus Aurantium), du Rosa simplicifolia . etc.

2° Trifoliolées ( foi. trifoiiolata ) , quand elles ont trois folioles : comme dans le trèfle d'eau (Menyanthestrifoliata) (V. pl. III, fig. 43), l'alléluia (OmUs acetosella).

3° Quadrt foliotées (fol. quadrifoliolata) , composées de quatre folioles : Marsilea quadrifolia.

4° Quinqué foliotées (fol. quinquefoliolala) : Cissus quinquefolia. Potentilla reptans, etc.

S° Septemfoliolies (fol. septemfoliolata). le marronnier d'Inde, etc. (Koy.pl. III, fig. 42).

0° M ulti foliotées ( fol. \nultifoliolata ) , composées d'un grand nombre de folioles : comme le Lupinus varias.

Les feuilles pennées (fol. pennata) (Voy . pl. III, fig 44), comme nous l'avons dit, sont celles qui,

sur un pétiole commun, portent un nombre plus ou moins considérable de folioles , disposées sur les parties latérales i la manière des barbes d'une plume sur leur tige commune : telles sont celles du séné ( Cassia acutifolia ), de l'acacia ( Robinia pseudo-acacia), du frêne (Frajrintu excelsior).

Les folioles d'une feuille pennée peuvent être opposées l'une à l'autre, et disposées par paire (Voy. pl. III, fig. 44) dans ce ca.*, on dit qu'elles sonl oppositi-pennées; ou bien ses folioles sont a/fernes, et les feuilles sont dites alternati-pennées.

Les feuilles oppositi-pennées sont également appelées conjuguées. On dit qu'elles sont :

1" Vnijuguées (fol. unijugata). quand le pétiole commun porte une seule paire de folioles : comme dans le Lalhyrus latifolius, le Lathyrus sylvesfn'i.etc. (Voy. pl. III, fig. 4 5).

2° Bijuguées (fol. bijugata), composées de deux paires de folioles : comme dans certains Mimosa.

3° Trijuguées (fol. trijugata), composées de trois paires de folioles : comme celles de l'Orobus tuberosus.

4" Quadrijuguées (fol. quadrijugata).

8° Qutnquéjuguécs (fol. quinquejugata) : comme celles de la casse (Cassia fisiula.

C° Mullijuguées (fol. muttijugala) , quand les nairesde folioles sont en nombre indéterminé: comme celles de la fausse réglisse (Astragalus glycyphyllos). la 17c i'a cracca . etc.

Les feuilles oppositi-pennées sont dites pari-pennées ou pennées sans impaire (Koy.pl. III, fig. 44), quand les folioles sontaltachées par paire, et que le sommet du pétiole commun ne présente pas de foliole solitaire ni de vrille qui en tienne lieu : comme dan* le séné , le caroubier (Ceratonia siliqua). l'Orobus tuberosus, etc.

Elles sont dites au contraire impari-pennées, ou pennées avec impaire (impari-pennata) , quand le pétiole commun est terminé par une foliole solitaire: comme dansl'acacia (Robinia pseudo-acacia). le frêne (Fraxinus ejxelsior).

I es feuilles impari-pennées sont appelées trifoliolées (fol. impari-pennata trifoiiolata), quand audessus de l'unique paire de folioles dont elles sont formées, se trouve une foliole solitaire péliolée : comme dans les espèces de Dolichos , de Glycine , àc Phaseolus.elc. (Voy. pl. III, fig. 40). Il ne faut pas confondre cette espèce de feuille avec la feuille digitée trifoliolée (Koy.pl. III, fig. 4 3), également composée de trois folioles. Dans la première, la foliole moyenne est pétiolée; dans la seconde, les trois folioles sont sessiles ou également pétiolées.

On appelle feuilles interruptè pennées(fol. interrupte-pennata) celles dont les folioles sont alternativement grandes et petites : comme dans l'aigremoine {Agrimonia Eupatoria).

Quant auxfeuillcs(iécur«'»é-p<jnnéM. c'est-à-dire celles dont le pétiole commun est ailé par le prolongement de la base des folioles, nous no les rangeons pas parmi les feuilles composées, puis-

que aucune foliole ne peut être enlevée sans en déchirer la partie foliacée. Ce ne sont que des feuilles plus ou moins profondément pinnalifldes.

Les feuilles décomposées (fol. decomposita) sont li* deuxième degré de composition des feuilles; le pétiole commun est divise en pétioles secondaires, qui portent les folioles. On les appelle:

1° Digities-pennées (digitato-pennata) , quand les pétioles secondaires représentent des feuilles pennées parlant toutes du sommet du pétiole commun : exemple, certains Mimosa.

2° Bigéminées ( fol. deeomposilo-bigeminata) , quand chacun des pétioles secondaires porte une seule paire de folioles : exemple , Mimosa unguiscati.

3" Biptnnées(fol. bipennata.duplicato-pennata), quand les pétioles secondaires sont autant de feuilles pennées, partant du pétiole commun : comme âam\e Mimosa Julibrisin, etc. (Voy.pl. III, fig. 47}.

On nomme feuilles surdécomposées le troisième et dernier degré de composition que présentent les feuilles. Dans ce cas, les pétioles secondaires se divisent en pétioles tertiaires , portant les folioles. Ainsi , on appelle feuille sur-décomposée-triternée ( Voy. pl . III, fig. I 0 ) celle dont le pétiole commun se divise en trois pétioles secondaires, divisés chacun en trois pétioles tertiaires , portant aussi chacun trois folioles : comme dans XActaa spicata, l'Epimédium alpinum.

Nous venons d'exposer avec quelques détails les nombreuses variétés de forme , de figure, de consistance , de simplicité et de composition que présentent les feuilles. Nous avons cru devoir donner quelque développement à cet article , parce que beaucoup d'autres organes, que nous étudieions successivement, tels que les stipules, les sépales, les pétales, etc. , nous offriront des modifications aualogucs dans leur figure, leur forme , leur structure, etc. , qui, une fois décrites et définies, n'auront plus besoin que d'être citées pour èlre parfaitement comprises.

Structure . usage* et fonctions des Feuilles.

Les feuilles, comme nous l'avons dit précédemment, sont formées par trois organes principaux ; savoir , par un faisceau vasculairc provenant de la tige, par du parenchyme, prolongement de l'enveloppe herbacée de l'écorce , et enfin par une portion d'épidémie qui les recouvre dans toute leur étendue. Étudions successivement ces trois parties :

1° Le faisceau vasculaire constitue le pétiole quand celui-ci existe. Ces vaisseaux sont des trachées, des fausses trachées, des vaisseaux poreux et des vaisseaux du suc propre ; ils sont , dans le pétiole , enveloppés à l'extérieur par une couche delà substance herbacée, qui se prolonge sur eux au moment où ils sortent de la tige. C'est par leur

épanouissement et par leurs ramifications successives qu'ils constituent le réseau de la feuille. Les mailles ou espaces vides qu'ils laissent entre eux sont remplis par le tissu parenchvmatcux venant de l'écorce. Ce parenchyme manque quelquefois, comme dans l'Hydrogeton; et alors la feuille, qui n'est composée que par son réseau vasculaire , offre l'aspect d'une sorte de treillage ou de dentelle.

2° Le parenchyme est généralement vert, cl c'est lui qui donne aux feuilles la coloration qui leur est si générale. Il est composé de plusieurs couches d'utriculcs plus ou moins arrondies, laissant souvent entre elles de pelitsespaces ou méats iulercellulaires, communiquant tous entre eux et remplis d'air. Assez souvent les ulricules placées sous l'épidémie de la face supérieure , sont sous la forme de petites cellules cylindriques perpendiculaires à l'épiderme. Celles au contraire qui louchent l 'épidémie de la face inférieure, sont trèsirrégulières, souvent divisées en plusieurs branches qui s'unissent avec celles des autres cellules environnantes de même nature, cl consliluenlune sorte de tissu réticulé, à larges mailles, sur lequel l'épiderme est appliqué.

La couleur verte du parenchyme des feuilles est due, comme celle du tissu cellulaire en général , aux granules verts qui existent dans l'intérieur di s ulricules, granulesqui constituent la chronmlc du professeur De Candollc, ou la globuline de M. Turpin. On sait que quand les plantes sont long-temps soustraites à l'action directe de la lumière solaire, leurs feuilles et antres parties vertes s'étiolent , c'est-à-dire qu'elles deviennent jaunes, pâles, par la disparition de la matière verte des granules in- Ira-utriculaires. On sait de plus que le même phénomène produit aussi un autre changement: les sucs contenus dans ces parties perdent leur âcreté et leur amertume, et deviennent doux et sucrés.

3° L'épiderme des feuilles n'est pas manifestement différent de celui qui recouvre les autres parties du végétal : nous l'avons déjà décrit en traitant de l'organisation des tiges (page 30 cl suivantes).

Celle membrane cclluleusc est généralement peu adhérente au tissu sous-jacent. Elle est transparente et diaphane, c'est-à-dire que les cellules qui la composent sont dépourvues de granulations vertes. Ces cellules sont très-inlimement unies entre elles, généralement déprimées ; ce qui sert à distinguer l'épiderme du tissu parenchymateux de la feuille, dont les ulricules sont cylindriques et perpendiculaires à la surface supérieure de la feuille. Les parois des cellules de l'épiderme sont en général épaisseset résistantes. Tantôt, ainsi que nous l'avons dit précédemment, l'épiderme se compose de deux ou même de trois couches de cellules, mais toujours très-adhérentes entre elles.

L'épiderme des feuilles présente un nombre très-considérable de stomates. Ces organes existent

indifféremment aux deux faces de la feuille dans les plantes herbacées; dans les arbres, c'est à la face inférieure qu'on lesobscrve, tandisqu'au contraire, dans les feuilles étalées à la surface des eaui, on ne les trouve qu'à la face en contact arec l'air. Tantôt les stomates sont éparses et sans ordre, d'autres fois elles sont disposées par séries ou lignes longitudinales, comme dans certaines nionocoty lédonées.

Ces deux lames d'épiderme recouvrent la parlie formée par les fibres vasculaires et le parenchyme, et que le professeur De Candolle propose de nommer mèsophylU. Cet organe est quelquefois très-mince, ainsi qu'on l'observe pour les feuilles qui sont planes et membraneuses; mais, dans toutes les feuilles épaisses et charnues, dans les plantes grasses par exemple, le niésophyle est très-développé, et donne la forme à la feuille.

Tels sont les éléments analomiques qui entrent dans la composition de toutes les feuilles.

Il en est cependant quelques-unes qui offrent sons ce rapport une exception très-remarquable. Ce sont celles des plantes submergées, c'est-à-dire dont les feuilles sont entièrement plongées sous l'eau. Ces feuilles, ainsi que l'a fait voir M. Adolphe Brongniart, dans son Mémoire sur la structure des feuilles, sont dépourvues d'épiderme, et par conséquent de stomates. Le parenchyme vert existe également aux deux surfaces. Cette structure est évidemment en rapport avec la nature du milieu dans lequel ces plantes végètent, et à la manière dont doit s'opérer une des fonctions principales des feuilles, la respiration végétale.

Nous devons de plus faire remarquer que les plantes submergées n'ayant pas de véritables vaisseaux, les tubes sont remplacés dans les nervures des feuilles par des cellules alongécs, disposées en séries linéaires, mais ne constituant jamais de véritables vaisseaux.

Étudions maintenant les fonctions des feuilles. Elles sont, avec les racines, les organes essentiels de la" nutrition des végétaux, et leurs fonctions •ont très-nombreuses et très-diverses. 1° Ellesabsorbent dans l'atmosphère les substances nulrilivès qui y sont répandues à l'état de gaz ou de vapeurs. 2° Elles sont des organes d'assimilation, et exercent une action puissante sur ces substances qu'elles altèrent et décomposent pour les faire concourir à la nutrition du végétal. 3° Elles absorbent l'air ou l'acide carbonique qui y est mêlé, pour s'assimiler les principes qui peuvent leur servir d'aliment, etc. 4° Elles rejettent au-dehors les principes ou matières inutiles à leur alimentation, tantôt sous la forme de gaz (respiration), tantôt sous la forme de vapeurs (transpiration), tantôt sous la forme de corps solides (excrétions végétales). Enfin elles sont les organes dans lesquels l'irritabilité est la plus manifeste, et ceux par conséquent qui exécutent les mouvements les plus marqués.

Passons rapidement en revue les diverses fonctions des feuilles, sur lesquelles nous reviendrons encore en traitant prochainement d'une manière générale de la nutrition des végétaux.

1" Absorption. Les feuilles sont des organes puissants d'absorption. Elles concourent à celle fonction do deux manières : 1" en ce qu'elles oui une action très-marquée sur la succion exercée par les racines. En effet, on sait que ces derniers organes absorbent avec d'autant plus de force et de rapidité qu'il y a plus de feuilles, et vice vertu, que dans un végétal dépouillé de ses feuilles, l'absorption des racines sera extrêmement faible. Cette action que les feuilles exercent sur les racines dépend de plusieurs causes, dout la principale est qu'elles sont le siège d'une évaporalion continuelle qui doit nécessairement réagir sur la force d'absorption. 2" Les feuilles sont elles-mêmes des organes absorbants. Dans l'état le plus habituel , dans les végétaux aériens, elles absorbeut l'eau qui, à l'étal de vapeurs, existe toujours dans l'atmosphère, ainsi que les autres substances qui peuvent y être dissoutes. Mais dans certaines circonstances accidentelles pour les végétaux aériens, et presque constamment pour les plantes aquatiques, les feuilles peuvent absorber de l'eau à l'état liquide : c'est ce que confirme l'expérience.

Bonnet a posé des feuilles d'arbres sur l'eau . par leur face inférieure , et il a vu qu'elles pouvaient se conserver fraîches pendant plusieurs jours. Si au contraire il les appliquait sur l'eau par leur face supérieure , elles se conservaient fraîches moins long-temps. Des feuilles de piaules herbacées se conservaient également bien, soit qu'on les appliquât sur l'eau par leur face supérieure ou par leur face inférieure.

De ces expériences il résulte évidemment, 1° que les feuilles absorbent ; 2 U que dans les végétaux ligneux, celte absorption a surtout lieu par la face inférieure, tandis que dans les plantes herbacées elle se fait à la fois par l'une et l'autre de* deux faces de la feuille.

Ici se présente une question fort importante. Par quelle voie se fait dans les feuilles l'absorption des fluides vaporeux ou de l'eau ? Beaucoup de physiologistes ont admis que c'étaient les stomates qui étaient le siège de celle fonction. Nous ne partageons pas cette opinion. En effet, ainsi que nous l'avons déjà dit précédemment , les stomates ou porcs de l'épiderme correspondent toujours à des espaces vides, ou pour roienx dire à des espaces remplis d'air. Par suite d'une trop grande humidité, leur ouverture se contracte et se ferme; ils ne peuvent donc servir a l'absorption des liquides. Cesjnt, do même que les stigmates ou petites ouvertures qu'on observe sur différents points du corps des insectes, des organes destinés à l'inspiration et à l'expiration de l'air, et par conséquent servant uniquement à la respiration des végétaux.

Mais tous les tissus végétant et animaux sont plus ou moius poreux , cl c'est, à notre avis , par ces pores que doit avoir lieu l'absorption des vapeurs exercée par les feuilles. Dans les racines, en effet , où l'absorption est si puissante , il n'y a pas d'ouvertures, débouches destinées à cette fonction ; elle a lieu par les pores invisibles qui existent dans le tissu cellulaire, dont les spongioles sont composées. Nous pouvons donc admettre la même chose pour les feuilles.

2° C'est dans le tissu des feuilles , de même, au reste, que dans toutes les autres parties vertes du végétal exposées à l'action directe des rayons lumineux, que se passe ce phénomène si remarquable de la décomposition de l'acide carbonique et très-probablement de celle de l'eau. On sait en effet que les feuilles frappées par la lumière du soleil , absorbent la petite quantité d'acide carbonique mêlé à l'air, qu'elles en opèrent la décomposition, en retiennent le carbone et rejettent andehors le gaz oxigène qui acidifiait le carbone. Quand , au contraire, la plantées! soustraite à l'action directe des rayons lumineux , dans l'obscurité de la nuit par exemple, les feuilles prennent à l'air qui les environne une parlicdeson oxigène, et le remplacent par de l'acide carbonique qu'elles expirent.

Les feuilles jouissent encore de la propriété de décomposer une petite partie de l'eau qu'elles absorbent, dont elles retiennent l'hydrogène, tandis que l'oxigènc est rejeté au-dehors. Nous reviendrons plus en détail sur ces divers phénomènes, en traitant des différents actes dont se compose la nutrition des végétaux.

Le même phénomène a lieu , non-seulement dans les feuilles, mais encore dans toutes les antres parties vertes des végétaux. D'après quelques expériences d'ingeuhouse , de Séncbier , et de M. Bérarddc Montpellier, les fruits verts sembleraient se soustraire à cette loi générale , puisque , selon M. Bérard, leur unique ac'.ion se bornerait à transformer l'oxigènc de l'air en acide carbonique ; action qui serait encore plus forte au soleil qu'à l'ombre. Mais M. Th. De Saussure a repris ces expériences, et il est de nouveau arrivé aux premiers résultats qu'il avait d'abord obtenus, c'est-à-dire qne les fruits absorbent pendant la nuit f oxigène de l'air qu'ils remplacent par de l'acide carbonique, tandis qu'exposés au soleil ils décomposent, non-seulement l'acide carbonique contenu naturellement dans l'atmosphère , mais encore celui qu'on y ajoute, et qu'ils rejettent f oxigène pour ne garder que le carbone. Mais néanmoins cette action décomposante est moins forte dans les fruits que dans les feuilles.

3° Respiration. Il est hors de donte que les végétaux respirent, c'est-à-dire qu'ils ont des organes au moyen desquels ils absorbent l'air ou des gaz, qu'ils rejettent ensuite au-dchors, lorsqu'ils leur OUI emprunté les matériaux dont ils avaient besoin

pour se nourrir. Ces organes d'absorption sont évidemment les stomates, et l'air qu'ils absorbent pénètre dans l'intérieur du tissu végétal par les espaces interutriculaires (Voy. plus loin, respiration des végétaux).

4° Enfin , pour terminer ici cette simple énumération des fonctions des feuilles, nous ajouterons que c'est par leurs surfaces qne 6e font un grand nombre d'excrétions végétales. La nature de ces matières rejetées ainsi au-dchors est très-variable : ce sonl des gommes, des résines, du sucre, des acides, etc. Nous en parlerons également avec plus de détails à l'article Excrétion végétale dans le chapitre de la Nutrition.

8° Irritabilité et mouvement» de» feuillet. Les feuilles sont susceptibles de certains mouvements qui dépendent évidemment de l'excitabilité dont elles sonl douées. Des faits nombreux et bien constatés mettent hors de doute l'existence de celle propriété dans les végétaux.

Si l'on place une branche tenant encore à sa lige, de manière que la face inférieure des feuilles regarde vers le ciel , on verra les feuilles se retourner peu à peu, et reprendre leur position naturelle. Ce fait peut s'observer chaque jour, lorsqu'on taille et que l'on palissade les arbres tenns en espalier, comme le pécher, la vigne, etc.

Ce sont surtout les feuilles composées et articulées , c'est-à-dire celles dont les folioles sont attachées par articulation au pétiole commun, qui présentent les mouvements les plus remarquables. Ainsi, pendant la nuit, les folioles d'un grand nombre de Légumineuses et dOralis. dont les feuilles sont articulées, ont une position différente de celle qu'elles occupent pendant lejour. Linnamsadonné le nom do Sommeil des Plantes à ce phénomène singulier. Par exemple, les folioles de l'acacia commun, au lever du soleil, sonl étendues presque horizontalemcnl ; mais à mesure que cet astre s'élève au-dessus de l'horizon , ses folioles se redressent de plus en plus , et deviennent presque verticales; elles commencent au contraire à baisser à mesure que le jour décline, et pendant la nuit elles sont presque pendantes.

D'autres plantes présentent encore des phénomènes analogues qui paraissent dépendre de l'influence de la lumière. C'est en effet ce que l'on peut conclure des expériences ingénieuses de M. De Caodolle. Cet habile botaniste, ayant placé dans un caveau, à l'abri de la lumière, des plantes à feuilles composées, appartenant au genre Mimosa, est parvenu, en les privant pendant le jour de la lumière, et les éclairant au contraire fortement la nuit, à changer dans quelques-unes les heures do leur veille et de leur sommeil.

Mais les feuilles de certains végétaux exécutent aussi des mouvements que l'on ne peut pas attribuer uniquement à l'influence de la lumière. La sensitive ( Mimosa pudiea ) est de ce nombre. La secousse la plus légère, l'air faiblement agité par

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