Une silicule ouverte
iuifoht sauvage. Cochlearia armoracia. L.
Plante vivace , indigène , qui croit au bord des rulsseaux en Bretagne , et qu'on cultive dans les jardins. Parties usitées : la racine fraîche.
Caractères botaniques. Tige rameuse, haute de 2 à 3 pieds , glabre; feuilles radicales très-grandes , elliptiques, péliolées, les caulinaircs moins grandes, étroites et lancéelées; fleurs blanches , petites , en longs épis à l'extrémité des rameaux; cal. 4 sép. concaves; cor. 4 pét. étalés ; fruit : silicules petites, ovoïdes , couronnées d'un stigmate persistant, à 2 loges , contenant 5 ou 6 graines.
Propriétés musiques. Racine cylindrique, longue d'un à deux pieds , de la grosseur du bras , blanche et fibreuse à l'intérieur , jaune à l'extérieur , d'une saveur amère, piquante et acre, et d'une odeur très -pénétrante quand on l'écrase; entière elle est Iuodore. Ses propriétés se perdent par la dessiccation.
Propriétés chimiques. De même qu'un grand nombre d'autres plantes de la même famille, le raifort contient un principe volatil très- Acre , de nature huileuse , qui parait contenir du soufre; on y trouve aussi de la fécule, de l'albumine, etc. Ses principes actifs sont solublcs dans l'eau, le vin et l'alcool.
Usages. Cette plante , dont on fait un très-fréquent usage , jouit de propriétés stimulantes très-énergiques. Appliquée sur la peau , elle y détermine de la ruhcfaction, de la douleur , et tous les sigues d'une inflammation. Administrée à l'intérieur avec précaution , elle agit en excitant vivement les organes, et surtout l'estomac ; mais cette action est de peu de durée. C'est principalement dans les affections scorbutiques qu'on emploie le raifort sauvage , et les avantages qu'on en a retirés , l'ont fait placer a la tète des plantes dites antiscorbutiques. On peut encore l'administrer dans les cas où une excitation vive et puissante est indiquée, tels que certains catarrhes chroniques, les affections scrofu-
leuses , les rhumatismes chroniques , certaines hydropisies.et quelques maladies chroniques de la peau. On peut s'en servir à l'extérieur comme rubéfiant , a défaut de graine de moutarde.
CociiLtARiA. Cuchleatia offlcinalis. L.
Plante indigène, bisannuelle, qui croit spontanément sur le bord de la mer, et qu'on cultive dans les jardins. Varties usitées: la tige et les sommités fleuries fraîches.
Caractères botaniques. Tige herbacée , rameuse , haute de 7 à 10 pouces; feuilles alternes, nombreuses , concaves, arrondies, glabres , vertes el luisantes ; fleurs blanches , formant une sorte de corymbe à l'extrémité des rameaux ; fruit : silicules grosses , globuleuses el conlenaut plusieurs graines.
Propriétés physiques. Cette plante a une saveur âcre, vive et un peu amère, cl uneodcurtrès-pénétranle lorsqu'on l'écrase ; entière elle est inodore.
Propriétés chimiques. Elle parait composée des mêmes principes que la précédente ; ils sont également solubles dans l'eau et dans l'alcool.
Usages. Sa manière d'agir sur l'économie , et ses usages, sont les mêmes que ceux du raifort sauvage.
CRESSON l»E FONTAINE. jfsyniorrllw* ridJIUrlfUî/i. 1. .
Plante indigène , vivace , qui croit spontanément sur le bord des ruisseaux d'eau courante. Parties usitées : les feuilles el les liges.
Caractères botaniques. Tiges herbacées , rampantes , longues d'un pied environ ; feuilles alternes à folioles ovales , presque cor di formes ; fleurs blanches, en épis à l'extrémité des rameaux; fruit : silique bivalve , presque cylindrique, longue, terminée en pointe, contenant des graines globuleuses.
Propriétés physiques. La saveur de cette plante est agréable, piquante, un peu amère, el son odeur presque nulle.
Propriétés chimiques. Sa composition se rapproche de celle du cochléaria. Ses principes actifs sont solublcs dans l'eau et dans l'alcool.
Usages. C'est un stimulant beaucoup moius actif que les précédents, mais employé dans les mêmes cas. On le mange en salade.
Le Cresson ALÉNois,Lepfd7um jaffrum,L., la Passeragk , Lepidtum latifolium, L., la Cardamine des prés, tardamine pratensis. L., sont des plantes indigènes trèsvoisines de la précédente, qui jouissent absolument des mêmes propriétés , et sont rangées au nombre des antiscorbutiques; on les emploie dans les mêmes cas el de la même manière.
Le Vélar ou Sisvmbrr orncivAL, Sisymbrium ofltcinale , plante indigène , très-commune , a une saveur amère et acerbe ; elle jouit d'une grande réputation comme béchique , ce qui lui a fait donner le nom d7/ero« aux chantres.
L'Alliaire , Eryshnum alliaria , L. , a le goût et l'odeur de l'ail. Cette plante jouit de propriétés assez énergiques, qui la font admettre parmi les antiteorbutiques.
Moutards noibb. Sfnapis nigra. L.
Plante annuelle, indigène, qui croît dans les lieux humides , et que l'on cultive en grand en Alsace et en Picardie. Parliet mUèes : les graines.
CARAcri.ru' s botamqoes. Tige herbacée, cylindrique, haute de 2 à 3 pieds ; feuilles lyrées, grandes, sessilcs , glabres ; fleurs jaunes, petites, disposées en épis ; cal. 4 sép. étalés; cor. 4 pot. dressés; fruit : siliques grêles, télragonalcs.
Propriétés physiques. La semence de moutarde est ronde, rouge-brunâtre en dehors, jaune vif en ins, d'une saveur piquante, un peu amère ; inodore, lorsqu'elle est entière ; elle acquiert une odeur forte et très- pénétrante , quand on la broie dans l'eau, et laisse échapper un principe volatil qui irrite vivement les yeux.
Pbopbiktés puysioies. Suivant Thihicrge, elle contient : l'une huile fixe d'un jaune verdàlre, soluble dans l'alcool ; 2" une huile volatile , d'un jaune clair, pesante, d'une saveur acre et piquante, soluble dans l'eau et contenant du soufre ; 3' de l'albumine végétale ; 4* du mucilage ; 5* du soufre ; G" de l'azote, et 7» des sels à base de chaux. C'est l'huile volatile qui paramétre le principe actif de la moutarde. L'huile fixe contient d'après Garot et Henry fils : une substance grasse , analogue à la ebolcstérinc , une matière colorante rouge, et un acide crislallisable, qu'ils nomment Sulfo-sinapique, à cause du soufre qui entre dans sa composition.
Usages. I.a graine de moutarde est journellement employée h l'extérieur comme rubéfiant et même comme vésicant , quand on redoute les canlharidet, ou qu'on veut obtenir un effet très-prompt. Son usage à l'intérieur, comme condiment, est trop généralement connu pour en parler ici. Elle jouit de propriétés stimulantes très-prononcées. On l'a conseillée, unie au quinquina, dans les fièvres intermittentes, les hydropisies, la chlorose. Administrée sans avoir été réduite en poudre, on dit en avoir obtenu de très-bons effets dans la dyspepsie et certaines constipations opiuiâtres.
Les semences de la Moutarde bla.\chb, Sinaplt alba, L., qui sont au moins de moitié plus grosses que celles de la moutarde noire, et d'une couleur jaunâtre, jouifsent absolument des mêmes propriétés, seulement à un degré moins prononcé. Dans ces derniers temps, quelfines médecins anglais ont préconisé ces graines, prises entières et seulement un peu ramollies dans l'eau , comme produisant d'excellents effets dans les affections dyspeptiques. On conçoit qu'elles peuvent stimuler vivement la membrane muqueuse du tube digestif ; mais l expérience est loin de répondre aux éloges | des partisans de ce moyen, qui le regardent panacée universelle. On administre la moutarde blanche à la dose de deux ou trois cuillerées à café dans le i rant de la journée.