‹ Nouveaux éléments de botanique et de physiologie végétale avec le tableau méthodique des familles naturellesChapitre 31 sur 259 · DES 0RGA5RS SEXUELS · texte numérisé non relu

DES 0RGA5RS SEXUELS

La découverte des organes sexuels dans les plantes ne remonte point à une époque très-éloignée. Jusqu'au seizième siècle, on n'avait tu dans les fleurs qui couvrent les végétaux qu'un simple or-

nement dont la nature s'était plu à les parer. Camérarius et Grew , à cette époque , démontrèrent par l'expérience l'utilité des différentes parties de la fleur dans la production de la graine, l'entretien et la succession des espèces. Ils firent voir que le pistil , qui occupe le centre de la fleur, devait être comparé , pour sa structure et surtout ses usages, aux organes générateurs de la femelle dans les animaux. En effet , nous y trouvons également les rudiments imparfaitsde l'embryon (ovules) ; une cavité destinée à les contenir et à les protéger pendant leur développement ( ovaire ) ; un organe particulier propre à recevoir l'impression fécondante du mâle ( stigmate ) ; un autre organe par lequel cette impression est transmise jusqu'aux embryons (style). Us prouvèrent également que Vitaminé devait être assimilée aux organes qui sont l'apanage du mâle dans les animaux. Car elle contient dans une cavité spéciale ( anthère ) une substance particulière dont les usages sont de féconder les ovules, (polUn).

Dès-lors il fut prouvé que les plantes, de mémo que les animaux, sont pourvues d'organes sexuels, destinés à leur reproduction. L'orgaue sexuel mile esteonstitué par 1 'étamine; le pistil forme l'organe sexuel femelle.

Presque toujours , dans les végétaux , les deux organes de la reproduction sont réunis dans une même fleur; ce qui constitue l'hermaphrodisme, et la fleur est dite hermaphrodite. D'autres fois, au contraire, on n'y rencontre qu'un seul des deux organes sexuels, et la fleur est dite unisexuèe.

La fleur unisexuêe peut être mâle on femelle, suivant qu'elle renferme desélamines ou un pistil, ou plusieurs pistils.

Les fleurs mâles et les fleurs femelles sont quelquefois réunies sur la même plante; c'est ce qui constitue les végétaux monoïques. Le châtaignier ( Castanea vulgaris). le coudrier (Corylus Avellana ) , le maïs , le ricin , sont de ce nombre.

D'autres fois, au contraire, les fleurs mâleset les fleurs femelles se trouvent séparées les unes des autres sur des pieds différents ; les plantes qui présentent une semblable disposition sont appelées dio'iques : telles sont la mercuriale (Mercurialis annua), le mûrier à papier (Broussonrtia papyrifera). le dattier (Phanix dactylifera).

Enfin, quelquefois on trouve mêlées ensemble sur le même pied, ou sur des pieds différents, des fleurs mâles, des fleurs femelles, et des fleurs hermaphrodites ; c'est aux végétaux qui offrent ce mélange irrégulicr des trois sortes de fleurs qu'on a donné le nom de polygames : telles sont la pariétaire (Parietaria officinalis). la croisette (Valantiacruciata), etc.

Ces trois divisions fondées sur la séparation, la réunion ou le mélange des sexes, ontservlde base à Linnams pour établir les troisdernières classes des plantes phanérogames de son système , savoir : la Monœcic, la Diœcie et la Polygamie.

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