‹ Nouveaux éléments de botanique et de physiologie végétale avec le tableau méthodique des familles naturellesChapitre 32 sur 259 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

OE LÉTAHtSE OU OUGAHE SEXUEL MALE.

L'étaminc, dans les végétaux . remplit absolument les mêmes fonctions que les organes mâles dan* les animaux , c'est-à-dire qu'elle prépare et renferme la substance qui opère la fécondation des germe».

Vitamine est ordinairement composée de trois parties, savoir : 1° l'anrAër* (aniAera), espèce de petit sac membraneux , dont la cavité intérieure est double (voy. pl. V, fig. 79 a), c'est-à-dire formée de deux loges soudées ensemble; 2" du pollen (pollen), subslanco ordinairement formée de petits grains vésiculcux qui contiennent les parties nécessaires à la fécondation ; 3° l'anthère est souvent portée sur un appendice filiforme (voy. pl. V, fig. 79, c) , auquelon donne le nom de filet (filamentum .

Telles sont les trois parties qui composent ordinairement l'étaminc. Mais remarquons ici que deux seulement lui sont nécessaires : ce sont l'anthère et le pollen. Le filet , en effet , n'est qu'une partie accessoire de l'étaminc ; aussi mauque-t-il souvent, c'est-à-dire que l'anthère est immédiatement attachée au corps sur lequel elle est insérée, sans le secours d'un filet. Dans ce cas, l'élamine est appelée sentie (Stamen sessile), comme dans beaucoup de Thy mêlées.

L'essence et la perfection de 1 étamine résident donc dans la présence de l'anf/i«re. Mais une condition indispensable pour que cet organe soit apte à remplir les fonctions que la nature lui a confiées, c'est qu'il faut que non-seulement il contienne du pollen, mais encore qu'il s'ouvre, pour que celte substance soit mise en contact avec le stigmate ; car, sans celte circonstance, la fécondation ne pourrait pas avoir lieu.

Le nombre des étamincs varie singulièrement dans les différentes plantes. C'est même d'après celle considération du nombre des orgaues sexuels miles contenus dans chaque fleur, que Linnxus a établi les premières classes de son système.

Ainsi, il y a des fleurs qui ne renferment qu'une seule élamine ; on leur donne le nom de fleurs monandres (flores monandri) : tels sont \'Hippurus vulgaris , la valériane rouge (Centranthus ruber) , le Blitum virgatum, etc.

On les appelle fleurs diandres (flores diandri) , quand elles contiennent deux étamincs : par exemple, le lilas (Syringa vulgaris), le troëne (Ligustrum vulgare) , la véronique officinale ( Veronica officinatis), la sauge (Salvia officinalis), etc.

Fleurs Iriandres (flores Iriandri) : la plupart des Graminées, des Cypé racées, des I ridées, etc.

Fleurs téfrandres (flores letrandri) : le caille-lait (Galium verum) . la garance (Rubia tinctorum), la plupart des Labiées, des Ântirrhinées . des Dipsaths, ele.

Fleurs pentandres (flores pentandri) : le bouillon-blanc (Verbascum Thapsus), et la plupart des Solanées ; la ej noglossc (Cynoglossum officinale), et la plupart des Ilorraginées; la carotte (Daucus Carotta), et lotîtes les Orabelliféres, etc.

Fleurs hexandres (flores hexandri) : le lis (Lilium candidum), la tulipe (Tulipa Gesneriana), et la plupart des Liliacées , des Asphodèles, le riz (Orysa sativa).

Fleurs heptandres (flores heptandri) : le marronnier d'Inde (sE seul us Ilippocastanum).

Fleurs octamlres (flores octandri) : celles des Bruyères, des Vaccinium, des Daphne, des Polygonum, etc.

Fleurs ennéandres (flores enneandri) , comme celles du jonc fleuri (Butomus umbellatus).

Fleurs décandres (flores decandri) , comme dans l'œillet , la saponaire (Saponaria officinalis), et la. plus grande partie des Cary ophyllées ; la rue (Buta graveolens), la py role( Pyrola rotundifolia), les saxifrages, etc.

Passé dix , le nombre des étamines n'est plus rigoureusement fixe dans les fleurs ; ainsi , on dit qu'elles sont :

Dodècaiulrcs (floresdodecandri), quand elles contiennent de douze à vingt étamines, comme dans la gaude (Beseda luteola), l'aigremoine (Agrimoniû eupatoria ;

Polyandres (flores polyandri), quand elles contiennent plus de vingt étamines, comme le pavot (Papaver somniferum)', les renoncules, etc.

Les étamines peuvent êlrc toutes égales entre elles, comme dans le lis , la tulipe , etc.

Elles peuvent être inégales, c'est-à-dire les unes plus grandes, les autres plus petites dans la même fleur.

Tantôt cette disproportion se fait avec symétrie, tantôt elle a lieu sans aucune espèce d'ordre. Dans les Géranium, les Oxalis (voy. pl. V, fig. 81), il y a dix étamines, cinq grandes et cinq petites, disposées alternativement, en sorte qu'une grande se trouve entre deux petites, et réciproquement.

Quand une fleur renferme quatre étamines , dont deux sont constamment plus courtes, ces étamines prennent le nom de didynames (stantina didynama) : la plupart des Labiées, le marrube . le thym, etc.; la plupart des Antirrhinées, comme la linaire (Linaria vulgaris), le graud muffle de veau (Antirrhinum majus), ont les étamines didynames (Voy. pl. IV, fig. 08).

Lorsqu'au conlraireelles sont au nombre de six dans une fleur , et que quatre d'entre elles sont plus grandes que lesdeux autres , elles sont appelées tétradynames(staminaletradynama). Celle disposition existe dans toute la famille dcsCrucifére» (voy. pl. V, fig. 80), comme dans le cochléaria (Cochlearia officinalis) , le radis (Baphanus sativus) .

La situation des étamines, relativement aux divisions de la corolle et du calice , merilcaussi d'être

igitized by Googl

soigncu-omcni observée. Ordinairement chaque élamine répond aux incisions de la corolle , c'està-dire que les étamines sont alterne» avec les divisions de la corolle monopétale, ou avec les pétales de la corolle pol> pétale , lorsqu'elles sont en nombre égal à ces divisions , comme dans la bourrache et les autres Borraginées, les Ombcllifères , etc.

Quelquefois cependant chaqueétamine , au lieu de correspondre aui incisions, est située vis-à-vis chaque lobe ou chaque pétale ; danscecas, lesétamines sont dites opposées aux pétales, comme on l'observe dans la primevère, la vigne, etc.

Quand le nombre des étamines est double de celui des divisions de la corolle, la moitié de cesélamines sont alternes, l'autre moitié opposées aux divisions de la corolle.

Les étamines sont, dans le plus grand nombre des cas, opposées aux sépales ou aux divisions du calice, excepté dans les cas rares où elles sont opposées aux pétales. Dans le lis , la tulipe , les six élamiuessont opposées aux six segments du périantbe simple, qui est un calice.

Quelquefois les étamines sont plus courtes que la corolle ou que le calice ; de manière qu'elles ne sont passaillantesà l'extérieur ; on les nomme alors incluses (stamina inclusa). comme dans la primevère, les narcisses, les daphnés, etc.

On les nomme, au contraire, exertes (stamina exerta), lorsqu'elles dépassent la hauleurde la corolle ou do calice, comme . ans le jasminoïde (Lycium europœum) , les menthes, le plantain, etc.

Suivant leur direction, les étamines sont :

Dressées (slam. erecta), comme dans la tulipe, le lis , le tabac (Xicotiana raftacum). etc. ;

Infléchies {slam. inflexa), quand elles sont pliées en arc, et que leursommel se courbe vers le centre de la fleur, comme dans les sauges, la fraxiatttt (DictamusFraxinella) ;

Réfléchies (slam. reflexa), quand elles sont recourbées en dehors, comme dans la pariétaire (Parietaria officinal*), le mûrier à papier (Broussonetia papyrifera) ;

Étalées(slam. patentia), lorsqu'elles s'étendent horizontalement, comme dans le lierre (Uedera Hélix);

Pendantes (stam. pendentia), quand leur filet est très-gréle et trop faible pour soutenir l'anthère, comme dans la plupart des Graminées ;

Ascendantes (stam. ascendentia), quand elles se portent toutes vers la partie supérieure delà fleur, comme dans la sauge;

Déclinées ou décombantes (stam. declinata, decumbentia). quand elles se portent toutes vers la partie inférieure de la fleur, comme dans le maronnier d'Inde (jEsculus Hippocaslanum), la fraxinellc.

Les étamines sont quelquefois réunies par leurs filets ou par leurs anthères ; d'autres fois elles Mint réunies et comme confondues avec le pistil. Nous parlerons de ces diverses modifications en

traitant du filet et de l'anthère considérés en particulier.

Dans certaines fleurs, on voit un nombre déterminé d'étamines avorter constamment. Le plus souvent les étamines qui manquent sont remplacées par des appendices de forme très-variée, auxquels on donne le nom de staminodes (stamino* dia), commedans l'éphémère de Virginie (Tradescantia virginica), la plupart des Orchidées, etc.

Une seule étamine avorte constamment dans l'Anthirrhinum, et beaucoup de Personnées ; trois dans la sauge, le Lycopus. le romarin, etc., et dans toutes les Labiées diandres : deux dans toutes les Orchidées, à l'exception du Cypripedium ; trois dans le Bignonia, la graliole ; cinq dans X'Erodium, tic.

8 I. Du Filet.

Le fi!''! ou support de l'anthère , comme nous l'avons déjà vu, n'est point une partie essentielle ' et indispensable de l'étamine , puisque assez souvent il manque entièrement.

Le plus généralement sa forme correspond à son nom c'est-à-dire qu'il est alongé, étroit et filiforme.

Il est aplati (filamentum planum, compressum) dans ï'Allium fragrans, la pervenche, etc.;

Cunéaire (fil. cunéiforme), ayant la forme d'un coin, dans le Thalictrum petaloideum ;

Subulé (fil. subulatum). ou en forme d'alène, quand il est alongé et va en «'amincissant vers le sommet, comme dans la tulipe, etc.;

Capillaire (fil. capillare) , quand il est grélo comme un cheveu : par exemple dans le bl.' , l'orge et la plupart des Graminées;

Large et plane, comme dans la pervenche.

11 est pétalo'ide (fil. petaloideum), quand il est large, mince et coloré à la manière des pétales, comme dans les étamines extérieures du iVymphtra alba, les Amomées, etc.

Quelquefois il est dilaté à sa base , comme dans i'Ornithogalum pyrenaicum.

D'autres fois il est comme voûté (fil. basifornicatum), comme dans l'asphodèle, les campanules, etc.

Le sommet du filet est ordinairement aigu.

comme dans la tulipe, le lis, etc.

D'autres fois il est obtus , et môme renflé en téte ou capitulé, comme dans le Cephalotus, etc.

C'est, dans le plus grand nombre des cas, au sommet du filet que s'attache l'anthère. Cependant , il arrive quelquefois qu'il se prolonge audessus du point d'insertion de cet organe ; dans ce cas, il est dit proéminent (fil. prominens) , comme dans le Paris quadrifolia , etc.

Les étamines sont, le plus souvent, libres de toute adhérence , et isolées les unes des autres. Mais il arrive quelquefois qu'elles sont réunies par lenrs filets en un ou plusieurs corps, que nous

KO

désignerons , avec M. Mirbel , sous le nom d'an-

drophores (androphora).

Quand tous les filets sont réunis ensemble en un seul androphore, les étamines prennent le nom de monadelphet (stamina monadelpha), comme dans la mauve, la guimauve, etc.

Dans ce cas, l'androphore forme un tube plus ou moins complet. Quelquefois cependant l'union des filets n'a lieu que par leur base, en sorte qu'ils sont libres dans la plus grande partie de leur étendue , comme dans le Géranium , ÏErodium.

D'autres fois ils sont soudés jusqu'à la moitié de leur hauteur, comme dans plusieurs Oxalii (Voy. pl. V, fig. 01).

Enfin , ils sont soudés en tube à peu près complet dans les Méliacécs (coy. pl. V, fig. 02), beaucoup de Malvacées. A sa partie supérieure, l'androphore tubuleux se divise souvent en autant de petits filets courts et distincts qu'il y a d'anthères , comme dans les Malvacées.

Lorsque toutes les itamines sont réunies en deux androphore», c'est-à-dire que leurs filets se soudent en deux corps distincts, on les nomme diadelphes (stamina diadelpha) : par exemple, la fiimctcrre (Fumaria officinalit), les haricots, les acacias , etc. , et la plus grande partie des Légumineuses.

Tantôt les deux faisceaux qui résultent de la soudure des filets staminaux , sont composés d'un égal nombre d'étamines. Ainsi, dans la funieterre, chaque androphore se compose de trois étamines. Dans le genre Polygala (voy. pl. V, fig. 03), les huit étamines forment aussi deux faisceaux ou androphores semblables. Tantôt, au contraire, les deux androphores sont inégaux. Ainsi dans les Légumineuses diadelpbes (voy. pl. V, fig. 04), l'un des androphores est formé de neuf étamines soudées par les filets en une sorte de tube fendu dans sa partie supérieure , tandis que l'autre ne se compose que d'une seule étamine.

Quand les filets sont réunis en trois ou en un nombre plus considérable il androphores , les étamines sont dites alors polyadelphes (stamina polyadelpha). Il y a trois androphores dans ÏHypericum agyptiacum, cinq et un plus grand nombre dans la Melaleuca (voy. pl. V, fig. OS).

La nature et la structure organique du filet des étamines paraissent être entièrement analogues à celles de la corolle. En effet , l'on voit très-souvent ces deux organes se changer l'un dans l'autre. Ainsi , par exemple, dans le nénuphar (tfymphaa alba) , on aperçoit successivement les filets staminaux, a partir du centre vers la circonférence de la fleur, devenir de plus en plus larges et s'amincir; l'anthère, au contraire, diminuer et finir par disparaître entièrement quand les filets se sont tout-à-fait changés en pétale. C'est cette dégradation insensible des filets des étamines en pétales qui a fait penser à quelques botanistes que la corolle cl 1rs segments qui la composent n'étaient

que des étamines avortées, dont les filets avaient acquis un développement extraordinaire.

Celte opinion semble encore trouver un appui dans la formation des fleurs nommées doublet et pleines. La rose, en effet, dans son état primitif et sauvage, n'a que cinq pétales, mais un nombre très-considérable d'étamines. Dans nos jardins, par les soins du cultivateur, nous voyons les élamines de la rose se changer en pétales , cl la fleur devenir stérile. Ici la transformation des étamines en pétales est manifeste, et parait confirmer l'opinion des botanistes qui les regardent comme de véritables étamines dégénérées.

S 3.ZX l'Anthère.

L'anthère (anthera) est celle partie essentielle de l'étamine qui renferme le pollen ou poussière fécondante avant l'acte de la fécondation. Le plus généralement elle est formée par deux petites poches membraneuses, adossées immédiatement l'une à l'autre par un de leurs côtés ou réunies par un corps intermédiaire particulier, auquel on a donné le nom de connectif.

Chacun de ces petits sacs membraneux, nommés loges de l'anthère, est partagé intérieurement en deux parties par une cloison longitudinale, et s'ouvre à l'époque de la fécondation, pour laisser sortir le pollen.

Les anthères sont donc le plus communément biloculaires (anthera biloculares) , c'est-à-dire formées de deux loges, comme dans le lis, la jacinthe, etc.

Quelquefois elles ne sont formées qoe d'une seule loge ; dans ce cas, elles sont dites uniloculaires (anthera uniloculares) , comme dans certaines Conifères, les Épacridées (voy. pl. V, fig. 00, a), les Malvacées (voy. pl. V, fig. 06, 6), le coudrier, etc.

Plus rarement encore I "anthère est composée de quatre loges, et on la nomme quadrilocuîaire (anthera quadrilocularis), comme dans le Butomus umbellatut(Voy. pl. V, fig. 07).

Chaque loge d'une anthère offre ordinairement sur l'une de ses faces un sillon longitudinal, par lequel elle s'ouvre dans le plus grand nombre des cas. La partie de l'anthère du côté de laquelle sont 1rs sillons porte le nom de face proprement dite; la partie opposée à celle-ci, et par laquelle f anthère s'attache au filet, est nommée le do* de l'anthère.

L'anthère est communément fixée au sommet du filet staminal. Cette insertion, qui fournit de très-bons caractères, peut se faire de trois manières différentes :

1° L'anthère peut être attachée au sommet du filet par sa hase même, comme dans l'iris, le glaïeul, etc. Elle porte le nom ce basi/ixe (anthera basifixa).

Elle peut être fixée par la partie moyennedeson

M BOTANIQUE

do», comme dans le lis. Dans ce cas, elle a étJ appelée tnédiifixe (anthera mediifixa).

3° Asseï souvent elle esl attachée par son sommet : dans ce cas, elle est mobile et vacillante. On l'appelle alors apicifixe (anthera apicifixa).

Lorsque la face des anthères est tournée vers le centre de la fleur, elles sont dites inlrorses(antAcrar introrsœ ), comme cela a lieu dans la plupart des plantes.

Un les appelle, au contraire, extrorses (antherve extrorsa>), quand leur face regarde la circonférence de la fleur, comme dans les Iridées, le concombre, etc. Cette disposition esl plus rare que la précédente.

La forme des anthères présente un grand nombre de variétés. Ainsi on dit qu'elles sont :

Sphértndales (anth. spheroidalee , subglobosa) , quand elles se rapproebeut de la forme ronde, comme celles de la mercuriale ( Mcrcurialis annua);

Didymes ( anth. didyma>), offrant deux lobes sphéroïdatix, réunis par un point de leur circonférence, comme dans l'épinard (Spinacia oleracea) ; les Euphorbes, etc. (voy. pl. V, fig. 10);

Ovoïdales (anth. ovoidear) : celte forme est une des plus fréquentes ;

Obiongius (anth. oblonga . comme dans le lis iLilium candidum), etc. ;

Linéaires ( anfA. lineares), quand elles sont très-alongécs et Irès-étroiles , comme celles des campanules, des Magnolia, etc. ;

Sagittées (anth. sagittalœ), ou en fer de flèche: par exemple , celles du laurier-rose ( Nerium oleander), du safran (Crocus tativus) etc.;

Corrliformes (anth. cordiformes), comme dans le basilic (Ocymutn basilicum), elc;

Réniformts (anth. reniformes), ou en forme de rein : dans la digitale pourprée (Digilalis purpurea ), un grand nombre de Mimosa, beaucoup* de Malvacées, elc. (voy. pl. V, flg. 86, b ) ;

Tétragones ( anth. tetragona ), avant la forme d'un prisme à quatre faces, comme celles de la tulipe (Tulipa gessneriana ), du Butomus (voy. pl. V, flg. 87. )

A son sommet, l'anthère peut être terminée de différentes manières; ainsi elle est :

Aiguë (anth. apice acuta ), comme dans la bourrache (Borrago officinalis);

Bifide (anth. bifida), fendue à son sommet (ou à sa base) en deux lobes étroits et écartés comme dans un grand nombre de graminées ;

Bicorne (anth. bicornis), terminée à son sommet par deux cornes alongées, comme dans l'airelle mvrtilic ( raccimum myrtillus), ÏArbutus unedo, les Andromèdes (coy. pl. V, flg. 88);

Appendiculée (anth. appendiculata), couronnée d'appendices , dont la forme est très-variable , comme dans l'année (Inuia heienium), le laurierrose (Aerïum oleander).

Les deux loges qui composent une anlhère bilo-

culaire peuvent être soudées l'une à l'autre de différentes manières.

1" Elles peuvent être réunies immédiatement l'une a l'autre sans le secours d'aucun autre corps intermédiaire , comme dans les Graminées.

Quand les deux loges sont réunies immédiatement, elles peuvent offrir deux modifications différentes. En effet, tantôt leur union a lieu par 1 un de leurs côtés, de manière que les deux sillous se trouvent encore sur la même face et comme parallèles; les loges sont diles alors apposées (loculis appositis) , comme dans le lis, etc.

D'autres fois, au contraire , elles sont soudées par la face opposée à leur sillon , eu sorte que les deux sillons se trouvent situés de chaque côté de l'anthère ; les deux loges sont alors appelées opposées (loculis oppositis). Mais celte disposition est moins fréquente que la première.

2° Elles peuvent cire réunies médiatement par la partie supérieure du filet qui se prolonge entre elles (voy. pl. V, fig. 88), comme dans un grand nombre de renoncules.

3° Enfin , elles peuvent être éloignées plus ou moius l'une de l'autre par un corps intermédiaire, manifestement distinct du sommet du filet; c'est a ce corps qu'on a donné le nom de connectif (connectivum) , parce qu'il sert de moyen d'union cnlre les deux loges (voy. pl. V, fig. on).

Le connectif n'est quelquefois apparent qu'au dos de l'anthère ; alors il esl appelé dorsal , comme on l'observe dans le lis, etc.

D'autres fois, il esl apparent sur les deux faces de f anthère, dont il écarte assez manifestement les deux loges , comme dans le Melissa grandiflora , les commélinées, elc. (voy. pl. V, fig. oo.)

Enfin, quelquefois le connectif esl tellement grand, tellement développé, que ce n'esl que par analogie qu'on le reconnaît; dans ce cas, il a reçu le nom de connectif dislractile. Ainsi , par exemple, dans la sauge ce connectif est sous forme d'un long filament recourbé, posé Iransversalement sur le sommet du filet : à l'une de ses extrémités, oo voit une des loges de l'anthère remplie de pollen; à l'autre extrémité se Ironvo la seconde loge, mais presque constamment avortée cl à l'état rudimentairc.

Cette singulière conformation se trouve également dans les Mélastoraes , et plusieurs espèces de Labiées et de Scrophularinées.

Chacune des loges d'une anthère peut s'ouvrir de différentes manières , dans les divers genres do plantes ; et les caractères tirés de cette déhiscence servent, dans quelques cas, à distinguer certains genres.

Le plus souvent celte déhiscence a lieu par la suture de chaque loge : dans ce cas , on dit que les loges sont longitudinaliter déhiscentes, comme dans le lis, la tulipe et un graud nombre d'autres plantes.

La déhiscence peut avoir lieu par des pores

ou des fentes situées dans différents points.

Ainsi, dans les Eriea, les Solanum , etc. , chaque loge s'ouvre par un petit trou placé à «on sommet (locul. apice déhiscentes) {voy. pl. V, fîg. 08).

Dans la pyrole , ce trou est placé à la partio inférieure locul. basi déhiscentes).

Quelquefois chaque loge s'outre en deux valves superposées , dont la supérieure forme une sorte d'opercule: exemple, le Pyxidanthera (Voy.

pl. V , fig. 91).

D'autres fois ce sont des espèces de petites valvules qui se soulèvent de la partie inférieure vers la supérieure, comme dans les lauriers, l'épinevinelte, ÏEpimediumalpinum(Voy. pl. V, fig. 92).

Nous venons d'examiner jusqu'ici les anthères libres de toute adhérence ; mais , aussi bien que les filets slaminaux, elles peuvent se rapprocher et se souder entre elles de manière à former uno sorte de tube. Cette disposition remarquable so rencontre dans toute la vaste famille des Synan- Ihérées, auxquelles on donnait autrefois le nom de plantes à (leurs composées ; tels sont les chardons, les artichauts, les soucis, etc. Linnams a donné le nom de syngenésie à la classe de son système dans laquelle sont réunies toutes les plantesà anthères soudées latéralement, qu'il désignait aussi sous le nom de syngënèses i Voy. pl. V, fig. 03).

Les élamines peuvent être soudées à la fois et par leurs anthères et par leurs filets, comme on l'observe dans la plupart des Cucurbitacées et des Lobéliacées : on les appelle alors élamines symphysandres (Voy. pl. V, fig. 9 4).

Il existe un grand nombre de plantes dans lesquelles les élamines, au lieu d'être libres, ou simplement réunies ensemble par leurs filets ou leurs anthères, font corps avec le pistil , c'est-àdire qu'elles sont intimement soudées avec le style et le stigmate. C'est à ces plantes qu'on a donné le nom de gynandres (voy. pl. Y , fig. 9 9 el 90) (1).

La coalcscencc des élamines n'a jamais lieu avec l'ovaire. Ce ne sont que les filets et le stjlc qui s'unissent, en sorte que les anthères et le stigmate sont portés par un support commun , avec lequel ils se confondent. C'est ce que l'on observe dans les Aristoloches, les Orchidées, etc. On donne le nom de gynostème (gynostemum) au support commun du stigmate et des anthères.

Tout récemment (1«30), M. le docteur Purkinjc à publié, à llreslau, une dissertation Irés-in* ton. «saule sur la structure analoiniquc des anthères, el en particulier sur les cellules fibreuses, qui existent à la face interne de ces anthères. Nous croyons devoir présenter ici une analyse succincte de ce travail.

Chaque loge de l'anthère, examinée anatomi-

(l)a l'ovaire; b le fjrnMieoM ;c le si i&male ; d les anthères.

quemrnt, se compose d'une membrane extérieure, prolongement de l'épidermc général qui revêt toutes les autres parties du végétal. On peul l'appeler Exothèque; à sa face interne se trouve une couche de cellules formant ÏEndothèque. Si, au moyen d'une lentille , on examine l'cndolhèquo ou face interne de l'anthère , on >oit qu'elle se compose d'une couche de cellules séparées par des fibres très-fines el qui paraissent élastiques. De là le nom de Cellules fibreuses que l'auteur propose de donner à cet organe. Ces cellules ont des formes extrêmement variées; el un fail fort remarquable, c'est que très-souvent, dans les plantes d'une même famille naturelle, ces cellules ont une forme sinon loul-à-fait semblable, du moins fort analogue. C'est ainsi que dans les Graniiuées, par exemple, les cellules fibreuses ont une forme rectangulaire, qu'elles sont perpendiculaires au raphé; elles offrent des fibres élastiques, courtes, droites, placées sur leurs côtés; et implantées à la manière de clous. Dans les Cypéracées, au contraire, ces cellules sont cylindriques, distinctes, marquées de fibres annulaires transversales, caractère qui distingue très-bien ces deux familles.

Les fibres sont la partie essentielle de cet appareil organique. Leur principale fonction consiste dans la dispersion du pollen. Les cellules, d'abord remplies de sucs nourriciers, paraissent être en quelque sorte les matrices où les fibres se forment. Parleur forme, et surtout leur disposition variée, les fibres, douces d'une élasticité remarquable, tendent non-seulement à rompre la suture de chaque loge, mais encore à étaler les valves, quand la rupture de la loge a eu lieu.

fi 3. Du Pollen.

• Le pollen, ou la substance contenue dans les loges de l'anthère, et qui sert à la fécondation , se présente ordinairement sous l'apparence d'une poussière composée de petits grains d'une extrême ténuité ; quelquefois il est en masses solides plus ou moins considérables. Celte dernière forme , étant restreinte à un petit nombre de végétaux , ne Gxera notre attention qu'après que nous aurons examiné avtc détail la structure du pollen sous forme pulvérulente.

Avant le perfectionnement des instruments d'optique, les renseignements que l'on possédait sur les formes variées des grains polliniques, et surtout sur leur structure intime , étaient extrê. mement vagues. On avait bien aperçu une grande diversité dans ceux que l'on avait examinés avec de fortes loupes ; mais ces différences avaient été indiquées, sans en tirer d'utiles conséquences pour l'avancement de la science. La structure du grain pollinique avait aussi été un objet de recherches de la plupart des anciens botanistes qui, faute de moyens rigoureux d'observation , s'étaient long-

temps disputés, mais sans tomber d'accord , sur la composition intéricurede corps aussi élémentaires. L'élude microscopique du pollen était donc un sujet digue de révision, et ne pouvait manquer de Oser l'attention des observateurs modernes. M. Amiei, que nous avons eu occasion de citer avantageusement dans cet ouvrage, a publié dans les Actes de la société italienne, vol. xvu , un chapitre sur le pollen , où il a fait connaître des circonstances très-intéressantes, et que nous mentionnerons plus bas. A l'aide du microscope arromatiqtie do M. Sclligue (l), M. Guillcmin a Tait . dans le cours de l'été de 1824, des observations nombreuses sur le pollen , observations dont il nous a communiqué les principaux résultats.

Les grains polliniques sont des utricules de formes variées , sans adhérence dans 1 anthère a l'époque de la maturité , et renfermant une multitude de granules d'une extrême ténuité.

La membrane nlriculaire est tantôt lisse, tantôt marquée d'éminences ou d'aspérités quelquefois elle offre de simples facettes ou des bosses disposées entre elles symétriquement. Lorsque le pollen est parfaitement lisse dans sa supcrûcie , il n'est recouvert d'aucun enduit visqueux, tandis que les moindres éminences sont des indices de viscosité. Les papilles, les éminences mamelonnées, etc. , qui recouvrent certains grains polliniques, sont de véritables organes sécréteurs, et l'enduit visqueux, ordinairement coloré, qui les recouvre, en est le produit. Parmi les pollens pulvérulents, on peut donc établir deux ordres principaux, savoir, les pollens visqueux et les pollens non visqueux. Les considérations tirées de la forme générale sont moins importantes, c'est-à-dire que la différence est moins grande entre les pollens sphériques , elliptiques, cycloïdes, polyédriques, etc.

31. Guillemin s'est convaincu, par un grand nombre d'observations, que la nature des grains polliniques était la même dans chaque famille naturelle dé plantes, ou, en d'autres termes, que dans une de ces familles on ne rencontrait point en même temps des pollens visqueux et des pollens non visqueux. Il a vu de plus que tous les genres d'une même famille n'offrent que des modifications dans les formes de leurs grains polliniques; mais que des familles très-éloignées par d'autres caractères se rapprochaient néanmoins par une identité dans leurs pollens. Nous nous contenterons d'indiquer la nature cl la forme de cet organe dans quelques familles remarquables.

Le pollen des JUalvacées cl des Convolvulacées est formé de grains sphériques, papillaires et d'un blanc argentin. Dans les Cucurbitacées , ils sont

(I) Voyez la description et la Apure de cet instrument dans le» Annotes des Sciences naturelles. Nov. 1824 , toro m, p. 345, cltab 18.

sphériques, papillaires et d un beau jaune doré. Ceux de la tribu des Ilèlianthées, de la famille des Synanthérées . sont également sphériques, papillaires et d'un beau jaune orangé. La tribu ou plutôt l'ordre àe&Chicoracêes nous présente des grains sphériques, visqueux , mais dont In superficie est taillée à facettes. Un pollen à grains couverts dVminences mamelonnées, surmontés chacun d'un point brillant, s'observe dans le Cobœa scamlens. Celui des Phlox est très-analogue à ce dernier, circonstance qui appuie l'opinion de ceux qui considèrent ces deux genres comme étant de la même famille. Enfin , pour ne pas pousser trop loin celte énumératiou des pollens visqueux , les grains dans les Onagraires ont une forme trigone très-manifeste, avec une dépression considérable dans leur centre (voy. pl. VI, fig. »9).

Les familles où l'on trouve des grains non visqueux sont en très-grand nombre. Il nous suffira de cil; r le Sotanèes , Scrophularitiècs , Gentianées , Caryophyltées, Graminées, Euphorbiacées, etc. Ces grains ont toujours une forme elliptique, et sont marqués d'une rainure longitudinale; le plus souvent ils sont colorésen jaune, quelquefois en rouge, comme dans les Vt rbmt e um. Dans les Légumineuses papiiionacées, le pollen eslbien d'une nature nou visqueuse, mais il a une forme olindroïde tréfprononcée.

Lorsqu'on soumet les grains non v isqueux à l'action de l'eau , ils changent de forme à l'instant même ; d'elliptiques qu'ils étaient, ils deviennent parfaitement sphériques. Les grains visqueux se dépouillent d'abord de leur enduit; puis ils éclatent plus ou moins promptemciit , et lancent au dehors un liquide plus dense que l'eau, et dans lequel se meuvent d< s myriades de petits grains que leur couleur verdftlre rend perceptibles à la vue , par un grossissement de plusieurs centaines de fois leur diamètre. M. Amici a vu un grain pollinique de Portulaca oleracea en contact avec un poil du stigmate, se rompre, lancer en dehors une sorte de boyau dans lequel les granules ont circuld pendant plus de quatre heures. Necdhani , Kœlreuter, Gleichen, avaient déjà observé les granules contenus dans les grains polliniques. Ce dernier les avait considérés comme jouant le principal rôle dans l'acte de la fécondation , et M. Guillemin , raisonnant d'après l'analogie de ces organes avec les animalcules spermatiques des animaux, n'est pas éloigné d'adopter celle opinion.

Telles étaient nos connaissances sur la nature et l'organisation des grains polliniques, lorsquo M. Adolphe Iirongniarl entreprit son travail sur la génération dans les végétaux. Nous allons faire connaître ici son opinion sur la nature et l'organisation des grains de pollen. Lorsque l'on examine l'intérieur des loges d'un jeune an- Ibère dans un boulon de fleur, long-Uinps avant son épanouissement, on voit que l'intérieur de celle loge est rempli d'une masse celluleusc dis-

loi

lincle de ses paroi». Pelit i petit le» cellules, en général fort petites, dont se compose la masse celluleuse, s'isolent le» une» des autres, et finissent par former les granules que l'on a nommés pollen. Quelquefois des cellules particulières ou grain» polliniques sont renfermés dans d'autres vésicules plus grandes qui se déchirent, et dont on peut encore reconnaître le» traces.

Chaque grain de pollen , dont la forme est trèsvariable, ainsi que nous l'avons dit précédemment, offre une organisation uniforme. Il se compose de deux membranes, ainsi que l'avait déjà parfaitement reconnu Kœlrcuter. L'une externe, plu»

épaisse, munie de pores, et quelquefois d'appendices plus ou moins saillants ; l'autre , interne , rainre , transparente et sans adhérence avec la précédente. Soumis à l'action de l'eau , la membrane interne se gonfle; l'externe se rompt dans un point de son étendue , et à travers cette ouverture sort un prolongement tubuleux (voy. pl. VI, fig. 07 et 90) , qui forme une sorte de hernie, et qui a été observé pour la première fois par Needham. Kœlrcuter parait aussi l'avoir entrevu, quand il dit qu'il sort du grain de pollen mis dans l'ean une masse blanche liée ensemble. M. Amici l'a également vu sur les grains polliniques du Portulaca pilosa. Quelquefois il en sort deux, par deux points opposés, comme dans l'Gfc'nof/iera biennis (voy. pl. VI, fig. 90) ; d'autres fois trois, et même un très-grand nombre, une trentaine, selon M. Amici ( Ann. sc.nat., nov. 1030, p. 331).

Cependant M. Mirbel , dan» »e« observation» nouvelles (voy. Archiv. de bolan. , février 10 33), reconnaît aussi l'existence de» denx membranes dan» les utricule» polliniques; mais il a observé que, mises sur l'eau , il en sort un jet de granules polliniques qui n'est point renfermé dan» un boyau de la membrane interne. Les granules tiennent ensemble par une matière visqueuse qui suinte de leur surface. C'est un point , comme on voit , qui a besoin d'être éclairci par de nouvelles observation».

Le» nouvelles observations de M. Mirbel ont confirmé plusieurs des résultats que nous venons d'exposer , en même temps qu'elles en ont fait connaître de nouveaux. Si l'on examine l'anthère du potiron , dès que la fleur commence à se montrer, toute l'anthère, même la partie qui doit plus tard constituer ses parois , est une masse de tissu utriculaire. Un peu plus lard, on voit de chaque côté de la ligne médiane de la coupe transversale de l'anthère , quelques utriculcs qui ont pris un nccroissementplus grand : cesontlesurrtcu/ejpo/iiniquet. Pelit à pelit ce» utriculcs s'agrandissent ; les granulesqu'ils contiennent se multiplient à tel point , qu'ils forment des masses opaques qui remplissent totalement le» cellule». Ces utricule» sont liés au reste du tissu par une membrane ou tégumeul particulier. Les paroi» de ce» cellules polliniques s' épaissi S'en I , »e gorgent de sucs , an

point de ressemblera une sorte de gelée incolore. Peu de temp» après, c'est-à-dire quand les boutons de fleurs ont de sept à huit millimètres de longueur, la paroi épaisse et succulente de chaque utricule pollinique »e dilate , et se sépare de la masse des granules. Peu après , quatre appendices en forme de lame de rouleau se développent , à distance égale les uns des autres, sur li face interne de l'ulricule , et enfoncent graduellement leur tranchant vers le centre. Ils finissent par partager la masse des granules en quatre petites masse» triangulaires. Quand les appendices se rencontrent au centre , ils s'entregreffent et divisent la cavité de l'ulricule en quatre loges, qoi s'arrondissent et deviennent sphériques.

A cette époque , la portion du tissu, formée par les utriculcs polliniques, s'isole des parties environnantes; chaque ulrirule devient libre, et chaque petite masse granuleuse reçoit un tégument membraneux, lisse, incolore, diaphane, un peu plus grand qu'il n'était nécessaire pour l'envelopper, et elle commence bientôt à revêtir les caractères propres au pollen du potiron. Le grain de pollen durcil, devient opaque, jaune, cesse de croître. Il a atteint sa maturité; mais, presque en même temps, les utriculcs polliniques et leur tégument commun . desséchés, déchirés , désorganisé», n'offrent plus que des lambeaux méconnaissables; de sorte que tous les grains, emprisonnés peu avant un à un dans les ntricules polliniques, se trouvent tout-à-coup libres et réuni» dan» les loges de l'anthère.

Ce» changements successifs, qui ont lieu dans l'organisation et le développement du pollen, sont fort remarquables, et M. Mirbel les a vérifiés sur plusieurs autres végétaux.

Dans l'intérieur des utricules polliniques se trouvent contenus les granules spermatiques ou polliniques, qui, en général, sont mélangés dans une matière qui parait huileuse. C'est à ces granules, dont la petitesse est extrême, et dont la forme est variable, qu'on a donné le nom de fovilla. Il résulte de» observations de MM. Brongniarl et Mirbel que ce» corpuscule», mis dans l'eau, jouissent de la propriété de se mouvoir en tous sens : ils montent, ils descendent, se rapprochent, se fuient souvent avec nnc vélocité remarquable. Aussi Gleicben et MM. Brongniart et Mirbel les considèrent-ils comme de véritables animaux, toul-à-fait semblables dans leurs fonctions aux animalcules qui existent dans la semence du mille des animaux.

Nous parlerons maintenant du pollen des Asclépiadécs et des Orchidées, qui présente des modifications très-remarquables. Dans plusieurs genres de ces deux familles, tout le pollen contenu dans une loge est réuni en un corps qui a la même forme que la loge dans l'intérieur de laquelle il osl contenu. On donne à ce pollen ainsi réuni le nom de masse pollinique (massa pollinica

ou pollinium). Quand ces masses sont partagées en plusieurs autres masses plus petites, on appelle ces dernières des mouette* (massulœ). Les masses polliniques des Orchidées sont tantôt formées de grains réunis ensemble par une sorte de r. scau élastique ; on les appelle alors masses seetiles (masser sectiles). comme dans les genres Orchis, Ophrys (voy. pl. VI, fig. 100). D'autres fois elles sont toul-à-fait granuleuses ou farinacées ( massa granulosa) : telles sont celles des genres Epipactis, Loroglossum, etc. (voy. pl. VI, fig. 1 o I ). Enfin elles sonlquelqucfoisd'une substance solide et compacte [massa* solida), comme dans les genres Corallorkiia , Malaxis (voy. pl. VI, fig. 102). Ces trois formes ne se trouvent jamais réunies ni confondues dans un tnéiue genre. A leur base, les masses polliniques se terminent souvent par un prolongemcul étroit nommé cawlicule ( voy. pl. VI, fig. 100,6), à la partie inférieure duquel est un corps glanduleux de forme très-variée, auquel on a donné le nom de rétinacle , ni., c).

Le pollen , projeté sur des charbons ardents , brûle et s'enflamme avec rapidité. Dans beaucoup de plantes, il répand une odeur qui a l'analogie la plus frappante avec la substance à laquelle on le compare dans les animaux , comme on l'observe très-bien dans le châtaignier, l'épinc-vinclle, etc.

Page 1