‹ Nouveaux éléments de botanique et de physiologie végétale avec le tableau méthodique des familles naturellesChapitre 34 sur 259 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

DE l'aXTHESR OC DB L'iCPAKOUISSEMENT DES ELEVES.

Nous venons d'examiner et de faire connaître les organes de la floraison, savoir : le pistil, les étamiues, et les enveloppes florales. Mous avons remarqué que l'essence de la fleur réside uniquement dans la présence des organes sexuels, et que le calice et la corolle ne doivent être considérés que comme parement accessoires, c'est-à-dire servant seulement a favoriser l'exercice des fonctions que la nature à confiées à la fleur, mais n'y concourant qu'indirectement. Aussi les voiton manquer assez fréquemment, sans que leur absence paraisse avoir aucune influence sur les phénomènes et l'action réciproquo des organes sexuels.

Les enveloppes florales semblent donc avoir pour principal usage de proléger les organes de la génération jusqu'à leur parfait accroissement, c'està-dire jusqu'à l'époque où ils sont propres à la féconda tion .

Avant d'exposer les phénomènes de celte importante fonction , revenons encore à quelques considérations générales sur la fleur.

On a donné le nom d'anthéte à l'ensemble des phénomènes qui se manifestent au moment où toutes les parties d'une fleur, ayant acquis leur entier développement, s'ouvrent, s'écartent et s'épanouissent.

Toutes les plantes ne flenrissent pas à la même époqnc de l'année. Il existe à cet égard des différences extrêmement remarquables, qui tiennent

à la nature même do la plante, à l'influence plus ou moins vive du calorique et de la lumière, et enfin à la position géographique du végétal.

Les fleurs sont un des plus beaux ornements do la nature. Si elles s'étaient montrées tontes dans la même saison et à la même époque, elles eussent disparu trop tôt, et les végétaux scraientrestés trop long-temps sans parure.

L'hiver même, malgré ses frimas, voit éclore des fleurs. Les Galanthut nivalit . les Leucoium , les hellébores , les Daphne, poussent et développent leurs fleurs quand la terre est encore couverte de neige. Mais ces exemples ne sont en quelque sorte que des exceptions. Le froid, en effet, parait s'opposer au développement et à l'épanouissement des fleurs, tandis qu'une chaleur douce et modérée les favorise. Aussi voyons-nous régner en quelque sorte un printemps perpétuel , et la terre se couvrir toujours de fleurs nouvelles , dans les pays où la température se maintient toute l'année dans un terme moyen.

Dans nos climat* tempérés, c'est au printemps, quand une chaleur douce et vivifiante a remplacé les rigueurs de l'hiver, qu'écartant insensiblement leurs enveloppes, les fleurs se montrent et s'épanouissent à nos yeux. Les mois de mai et de juin , dans nos climats, sont ceux qui voient éclore le plus grand nombre de fleurs.

Suivant la saison durant laquelle elles développent leurs fleurs , les plantes ont été distinguées en quatre classes, savoir en :

1" Printanièret (plantai ve rnalet , verna) , celles qui fleurissent pendant les mois de mars . avril et mai : telles sont les violettes, les primevères, etc. ;

2° Etlivalet (plantœ crslivalet). celles qui fleurissent depuis le mois de juin jusqu'à la fin d'aodt : la plupart des plantes sont dans ce cas ;

3° AutotAnalet (plantât autumnalet), celles qni poussent et développent leurs fleurs depuis le mois de septembre jusqu'en décembre : tels sont beaucoup d'Atter, le colchique (Colehicum autumnale) . le Chrytanthemum indicum , etc. ;

4° Hibernales (pl. hibernales, hiberna), toutes celles qui fleurissent depuis le milieu de décembre environ jusqu'à la fin de février : tels sont un grand nombre de Mousses , de Jungermannes , le Galanthut nivalit , ÏHelleborut niger, etc.

C'est d'après la considération de l'époque à laquelle les différentes plantes produisent leurs fleursque Linnsus a établi son Calendrier de Flore. Eu effet, il y a un grand nombre de végétaux dont les fleurs paraissent toujours à la même époque de l'année, et d'une manière réglée. Ainsi, sous le climat de Paris , l'hellébore noir fleurit en janvier , le coudrier , le Daphne meiereum en février ; l'amandier, le pécher, l'abricotier , en mars; les poiriers, les tulipes, les jacinthes, en avril ; le lilas , les pommiers, en mai , etc.

Non-sculemenllcs fleurs se montrent à des épo-

que» différentes de l'année, dans les divers végétaux , mais il en est encore un grand nombre qui s'ouvrent et se ferment à des heures déterminées dans la journée ; quelques-unes même ne s'épanouissent que pendant la nuit. De là on distinguo les fleurs en diurnes et en nocturnes. Ces dernières sont bien moins nombreuses que les premières. Ainsi, la bellc-dc-nuil (IS'yctago hortensis) n'ouvre sos fleurs que quand le soleil s'est caché derrière 1 horizon.

Certaines fleurs même ont l'habitude de s'ouvrir et de se fermer a des heures assez flics pour «Hic leur inspection puisse annoncer l'heure de la journée, l.inmrus , si ingénieux à saisir tous les points de vue intéressants sous lesquels on pou\ail considérer les fleurs , s'est servi de ces époques bien connues de l'épanouissement de quelques espèces pour former un tableau auquel il a donné le nom d'Horloge de Flore. Les plantes, en effet , y sont rang. es suivant l'heure à laquelle leurs fleurs s'épanouissent (voy. ce tableau, à la Cn de la seconde partie).

Les différents météores atmosphériques paraissent avoir une influence marquée sur les fleurs de certains végétaux. Ainsi, le Calenduta pluviatis ferme sa fleur quand le ciel se couvre de nuages, ou qu'un orage menace d'éclater. Le Sonchus sibiricu» , au contraire, ne s'ouvre et ne s épanouit que quand le temps est brumeux et l'atmosphère chargée de nuages.

La lumière plus ou moins vive du soleil parait être une dis causes qui agissent le plus efficacement sur l'épanouissement des fleurs. En effet , son absence détermine dans les fleurs, comme dans les feuilles des plantes de la famille des Légumineuses, une sorte de sommeil. Par des expériences extrêmement ingéui. uses, mon ami M. Bory de Saint- Vincent est parvenu A faire fleurir certaines espèces AOxalis, dont les fleurs ne s'étaient jamais épanouies naturellement, en les éclairant vivement pendant la nuit , et réunissant sur elles les rayons lumineuxau moyen d'une lentille.

La durée des fleurs présente encore des différences Irès-nolables. Quelques-unes s'épanouissent le matin , cl sont fanées avant la fin de la journée ; on leur a donné le nom A % éphémères : tels sont la plupart des Cistes , le Tradescantia virginien, quelques Cactus, etc. D'autres, au contraire, brillent du même éclat pendant plusieurs jours , cl souvent même pendant plusieurs semaines.

Enfin, il est quelques fleurs dont la couleur varie aux différentes époques de leur développement. Ainsi, \' Hortensia commence par avoir des fleurs vertes ; petit à petit elles prennent une belle couleur rose, qui, avant qu'elles ne soient entièrement fanées , deviennent d'une teinte bleue, plus ou moins intense.

Le Convolvulus versieolor a sa corolle d'un rose, pile au moment où «a fleur commence à

s'épanouir; elle devient d'un rouge vif au milieu de la journée , et finit par être presque blanche au coucher du soleil.

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