‹ Nouveaux éléments de botanique et de physiologie végétale avec le tableau méthodique des familles naturellesChapitre 35 sur 259 · DES NECTAIRES · texte numérisé non relu

DES NECTAIRES

Sous la dénomination générale de nectaires (nectaria), Linnaeus a désigné non-seulement les corps glanduleux que l'on observe dans certaines fleurs, où ils sécrètent une humeur mielleuse et nectarée, mais encore toutes les parties de la fleur qui, présentant des formes irrégulières et insolites, lui semblaient ne point appartenir aux organes floraux proprement dits, c'est-à-dire ni au pistil , ni aux étamines , ni aux enveloppes florales.

On conçoit facilement combien l'extension considérable donnée à ce mot a dû jeter de vague sur sa véritable signification , à tel point, qu'il est tout-à-fait impossible de donner une définitiou rigoureuse du mot nectaire, telle que Linnasus l'a entendu. Quelques exemples viendront à l'appui de notre assertion.

Toutes les fois qu'un des organes constituant la fleur offrait quelque irrégularité dans sa forme , dans son développement, ou quelque altération de sa physionomie habituelle , Linnasus lui donnait le nom de nectaire. On pense bien qu'il a dd imposer ce nom à une foule d'organes très-différents les uns des autres.

Ainsi , dans l'ancolic , Linnsus décrit cinq nectaires en forme d'éperons recourbés et pendants entre les cinq sépales ; dans les Helphinium il en existe deux qui se prolongent en pointe à leur partie postérieure, et sont contenus dans l'éperon que l'on observe à la base du sépale supérieur ; dausles helléborcson cn trouve un grand nombre quisonttubulcuxet comme à deux lèvres. Or, ces prétendus nectaires des hellébores, des ancolics, et en général de tuus les autres genres de la famille des Renonculacées, ne sont rien autre chose que les pétales, mais qui, dans ces genres, ont une forme très-irrcgulière.

Dans la capucine, le nectaire est un éperon qui part de la base du calice ; dans les linaires , ce nectaire ou éperon est un prolongement de la base de la corolle. Il en est de même dans la violette, la balsamine , etc.

Linnams a aussi donné le uom de nectaires à des amas de glandes placés dans différentes parties de la fleur. Aussi a-t-il confondu sous ce nom les disques , comme dans les Crucifi res , les Orabellifères, les Rosacées, etc. Dans le lis, le nectaire est sous la forme d'un sillon glanduleux placé à la base interne des divisions du calice ; dans les Iris, c'est un bouquet de poils glanduleux qui règne sur le milieu des divisions externes du ca'ice.

I>E BOTANIQUE

Dans les Graminées, lo nectaire se compose de deux petites écailles de forme très-variée, situées d'un côté de la base de l'ovaire. Ces deux écailles ou paléoles forment la glumelle . organe qui n'effectue aucune sécrétion. Dans les Orchidées , on a appelé nectaire la division inférieure et interne du calice, que d'autres botanistes, et Linnarus lui-même, ont désigné aussi sous le nom de labelU.

Nous pourrions encore multiplier le nombre des exemples de genres où l'on a fait mention de nectaires. Mais ceux que nous avons cités suffisent pour faire voir combien ce mot est vague et peu défini dans la langue botanique , puisqu'on l'a appliqué tour à tour à des pétales , à des calices , é des étamioes, à des pistils avortés et difformes, à des disques hypogynes , périgyqes et épigyncs.

Si l'on voulait conserTer cette expression de ntetaire, nous pensons qu'il faudrait exclusivement la réserver pour les amas de glandes situées sur les différentes parties de la plante, et destinées à sécréter un liquide mielleux et nectaré, en avant soin toutefois de ne pas confondre ce corps avec les différentes espèces de disque , qui ne sont jamais des organes sécréteurs. Par ce mojen, on ferait cesser le vague et la confusion que ce mot entraîne avec lui, et on le rendrait à sa véritable signification.

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