‹ Nouveaux éléments de botanique et de physiologie végétale avec le tableau méthodique des familles naturellesChapitre 36 sur 259 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

DTJ DISQUE ET OB l'|îWERT10W.

Les chapitres précédents ont été consacrés à décrire les différents organes qui composent la fleur la plus complète , c'est-à-dire les enveloppes florales et les organes sexuels. Indépendamment de ces parties essentielles, nous avons vu qu'on trouve aussi dans les fleurscerlaines parties accessoires, qui, le plus souvent, ne sont que des organes floraux diversement modifiés, et ayant subi une altération plus ou moins profonde dans leur nature. C'est à ces organes métamorphosés qu'on a donné le nom général de nectaire*. Il nous reste, avant de parler de ïintertion , c'est-à-dire de la position relative des diverses parties de la fleur , et spécialement des organes sexuels, à faire connaître l'organe auquel on a donn j le nom de ditque.

Le disque (ditcus) est un corps charnu , souvent de nature glanduleuse , jaunâtre , ou plus rarement vert, de forme extrêmement variée, placé soit immédiatement sous l'ovaire , soit sur la paroi interne du tube calycinal , soit enfin sur le sommet mêmede l'ovaire. Quelques exemples, en confirmant cette définition , vont mieux faire connaître cet organe.

Si l'on examine l'intérieur d'une fleur du Cobeta scandent, cette grande et belle plante sarmenteusc , dont on fait de magnifiques guirlan-

des jusque dans les rues de Paris , on verra qu'au fond de la fleur , au-dessous de l'ovaire , existe un corps déprimé , discoïde , sinueux , et comme lobé dans son contour, qu'on ne peut rapporter à aucun des autres organes de la fleur. Ce corps est un disque. Ou en trouve un tout semblable dans la Valériane grecque ( Polemonium cœrnleum ), ( voy. pl. VII, fig. 110, a) et probablement toutes les autr. s espèces du même genre. Dans les Labiées , les Antirrhinées, les sapindacées, Mcliacées . Malpighiacées, Ruslacécs, et une foule d'autres familles , on trouve un semblable disque placé sous l'ovaire , et qu'à cause de celle position on nomme disque hypogyne. Dans ces diverses familles, l'ovaire étant Immédiatement appliqué par toute la largeur de sa base sur le disque , celui-ci forme simplement une sorte de bourrelet , qui souvent ne se distingue de l'ovaire lui-même que par un rebord un peu plus saillant et sa couleur jaune.

Le disque hvpogyne présente quelques modifications qu'il est utile d'indiquer. Ainsi , on l'appelle podogyne ou basigyne, quand il forme un corps charnu , distinct du réceptacle , et qu'il élève l'ovaire au-dessus du fond de la fleur, rommedans la rue et les autres plantes de la famille des Rutacécs ; pleurogyne, quand il naît sous l'ovaire, et qu'il se redresse sur une de ses parties latérales , comme dans la pervenche ( Vinea major ) , par exemple ; enfin , on lui donne le nom d'épipode , lorsqu'il est formé de plusieurs tubercules distincts qui naissent sur le support de l'ovaire , comme dans les Crucifères.

Examinons maintenant une fleur de cerisier , de pêcher, ou de toute autre plante de la famillo des Rosacées, ou celle du fusain (Evonymus euro paus) , de la bonrgène ( Rhamnuj frangula ). Dans le fusain (voy. pl. VU, fig. 1 2 1 , a) , le fond de la fleur offre un corps déprimé assez épais , à quatre angles saillants, non plus placé sous l'ovaire , comme dans les cas précédents, mais étalé autour de lui .sur le calice lui-même. Les étamines naissent sur les quatre angles de ce corps et les quatre pétales de son contour. Ce corps est un disque que sa position autour du pistil a fait appeler disque périgyne. Dans la bourgène (eoy. p. VII, flg. 1 10, a) le cerisier, le pêcher , dontle calice est tubuleux inférieurement, le disque tapisse toute la face interne du tube calycinal , et c'est de son bord que naissent les étamines et la corolle.

Enfin, si l'on examine une fleur d'Ombellifére, telle que la carotte . le cumin, ou d'une Rubiacée , comme le quinquina ou autre, on verra que 1 ovaire est infère , cl que par conséquent son sommet seul est invisible au fond de la fleur , mais que sur cette partie est appliqué un corps plus ou moins épais, jaunâtre , toul-à-fait distinct de l'ovaire loi-même. C'est encore un disque, que l'on désigne par l'épithète d'épigyne, à cause de sa situation sur l'ovaire lui-même ( voy. pl. VII.

NOUVFAl'X ÉLÉMENTS

fig. 122 et 12 3, fc). Cette position du disque, relativement au pistil , est d'une baule importance à biendéterminer; car , ainsi que nous allons le voir tout à l'heure, elle est liée avec l'insertion des élamines, qui fournit d'excellents caractères pour la classification des végétaux.

En résumé , on distingue trois sortes de disques , le disque hypogyne, qui est placé au-dessous de l'ovaire; le < isque périgyne , appliqué sur la paroi interne du calice, et par conséquent autour de l'ovaire ; enfin , le disque épigyne , qui ne se montre qu'avec un oTaire infère, et qui est applique sur son sommet.

de l'insertion.

Ce mot , appliqué à la fleur , et pris dans son acception la plus générale, désigne le lieu d'où naissent les différentes parties qui la composent. Dans le plus grand nombre des cas , tous les organes Qoraul naissent du sommet même du pédoncule , que, pour cette raison y ou nomme le réceptacle de la Ûeur (voy. le chapitre suivant). Mais, appliqué aux ( lamines , il a une signification un peu différente. C'est de l'insertion des élamines seulement que nous traiterons ici.

L'insertion des étamiues se distingue en absolue et en relative. La première s'entend de la position des organes mâles, abstraction faite du pistil : c'est ainsi que l'on dit étamines insérées au calice , à la corolle, au réceptacle, etc. L'insertion relative, au contraire, fait connaître la position des étamines ou de la corolle monopétale , slaminifère, relativementau pistil. Ainsi, l'on ditdans ce sens étamines insérées sous l'ovaire, autour de l'ovaire ou sur l'ovaire.

L'insertion relative des élamines est la seule importante à étudier. Elle fournit pour la coordination naturelle des végétaux , des caractères de première valeur, ainsi que nous le verrons dans la seconde partie , en traitant de la méthode des familles naturelles.

On dislingue trois modes d'insertion relalive , qui portent les noms d'hypogynique, périgynique et épigynique.

l o L'inser(ionA{//>o02/ni?uflestcellcdan6 laquelle les élamines ou la corolle monopétale staminifére sont insérées sous l'ovaire. Par exemple, dans les Crucifères, les pavois, leslilleuls, les Labiées, etc., on reconnaîtra facilement cette espèce d'insertion, en ce que l'on peut enlever le calice sans emporter en même temps les élamines (voy. pl. VII, fig. 124).

2" L insertion périgynique a Jien toutes les fois que les élamines sont attachées sur le calice luimême, et par conséquent autour de l'ovaire, comme dans les Rosacées, le Nerprun, le Fusain, (t>oy. pl. VII, fig. no, 121) etc. On la dislingue aisément de la précédente , en ce que, quand on

enlève le calice, on enlève en même temps les étamines qui sont insérées sur lui.

3° Enfin, on appelle insertion épigynique celle dans laquelle les élamines sont insérées sur la partie supérieure de l'ovaire ; ce qui arrive nécessairement toutes les fois qu'il est infère : par exemple, dans les Ombellifères, les Rubiacées, etc. (voy. pl. VII, fig. 122, 123).

Il existe, ainsiquenous l'avons dittoutà l'heure, une corrélation constante entre la position du disque et l'insertion relative des étamines. Ainsi, toutes les fois qu'il y a un disque hypogvne, l'insertion des élamines est nécessairement hypogynique, comme dans les Rutacées , les Crucifères , le» Labiée». S'il y a un disque périgyne, comme dans les Rosacées, lesRamnées, etc., l'insertion des étamines sera également périgynique. Enfin , avec un disque épigyne, l'insertion est aussi épigynique, comme dans les Ombellifères, les Rubiacées. Ainsi donc, toules les fois qu'il y a un disque , sa position détermine I iuserlion des étamines.

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