‹ Nouveaux éléments de botanique et de physiologie végétale avec le tableau méthodique des familles naturellesChapitre 37 sur 259 · DU RÉCEPTACLE DE LA FLECB · texte numérisé non relu

DU RÉCEPTACLE DE LA FLECB

On désigne généralement sous ce nom le sommet du pédoncule d'une fleur qui donne attache aux différentes parties dont elle se compose. Dans une fleur complète, le réceptacle est représenté par le fond même du calice.

Le même mot a aussi été employ é pour désigner la partie plus ou moius évasée du sommet de la tige ou du pédoncule qui sert de support a un grand nombre de fleur». Ainsi, dans le» Composées ou Sy nanthérées, on appelle réceptacle commun, phoranthe ou clinanthe, cette partie dilatée et de forme très-variée sur laquelle les fleurs sont attachées. Dans ÏAmbora, la figue et plusieurs antres genres analogues, le réceptacle commun, an lieu d'être plane ou convexe , est concave , resserré, et presque clos à son sommet, de manière a être plu» ou moin» pyriforme ; et comme après la fécondation il prend beaucoup d'accroissement et devient charnu , il simule un péricarpe. Mai» c'est un véritable réceptacle, dont la face interne est tapissée et recouverte par les véritables fruits qui, dans le figuier, par exemple, ont l'apparence et la grosseur de grains de millet.

Le réceptacle delà fleur, ou le point d'insertion de» diverses parliesqui la composent, est quelquefoi» Ires-peu saillant au-dessus du fond de la fleur. C est ce qui a lieu toutes les fois que les verticille» d organes dont elle est formée son ttrès-rapproché» les uns des autres. Ainsi, dans une fleur de tilleul, de ciste, de mauve, etc., le réceptacle est fort peu proéminent. Au contraire, dans certaine» plantes, il s'élève an-dessus du fond de la fleur, en formant un corps plus ou moins saillant et de forme variée, comme dans les anona, par exemple.

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Tantôt co corps no porte qao le pistil ou les pistils, quand il y en a plusieurs, comme dans le framboisier , le fraisier , les renoncule* , etc. On lui donne alors les noms de gynophote, ainsi que nous 1 avons déjà dit précédemment, ou de polyphort, quand il supporte un grand nombre de pistils ou organes femelles. D'autres fois, le réceptacle saillant au-dessus du fond du calice, soutient à la fois et lesélamioes et les pistils, comme on le voit, par exemple, dans les Magnoliacées et les Anonacées. Le nom de gynandrophore mo paraîtrait propre à exprimer cette modification du réceptacle.

Enfin, dans certaines Caryophyllées de la tribu des Diantbées, le réceptacle est sous la forme d'une petite colonne courte ou d'un tuberculo du sommet duquel naissent a la fois les organes sexuels et les pétales. Ce corps pourrait être regardé comme un disque hypogync d'une nature particulière. M. De Candolle lui a donné le nom d'^nthophore.

Telles sont les modifications principales du réceptacle de la fleur. Ainsi que nous l'avons déjà dit en traitant du pistil, il ne faut pas confondre le gynopbore, qui est une modification du réceptacle, avec le podogyne, qui élève le pistil au-dessus du fond de la fleur, mais qui n'est qu'un amincissement de la base de l'ovaire, et non un prolongement du réceptacle. Le câprier nous offre un exemple d'un podogyne très-dévcloppé.

Indépendamment des diverses parties qui composent essentiellement la fieur, c'est-à-dire de» organe» sexuels et des enveloppes florales, le réceptacle porte souvent des appendices de forme et de nature variées. Beaucoup d'auteurs , même parmi les plus modernes, ont confondu ces corps appendiculaires qui naissent du réceptacle ou torus, car on lui donne également ce nom , avec le réceptacle lui-même, et cette confusion a singulièrement embrouilléccpoinld'organographic. Ainsi, le disque que nous avons décrit daus le chapitre précédent est un organe qui naît du réceptacle, mais qui en est tout-à-fait distinct. Tantôt il so présente sous la forme d'un bourrelet circulaire placé au-dessous de l'ovaire et environnaulsa base ; d'autres fois c'est une lame d'une épaisseur variée qui s'étend sur le fond du calice, ou revêt et tapisse toute sa face interne, etc. Dans tous ces cas, pour nous, le disque est un organe distinct du réceptacle , dont cependant il lire son origine comme les autres parties de la fleur.

D'autres fois ce n'est point un disque que porte le réceptacle, ce sont des appendices généralement pélaloïdos , qui , dans le plus grand nombre des cas, ne sont que des étamincs avortées cl transformées. Ainsi , dans l'ancolio , les ovaires sont environnés de plusieurs lames pélaloïdes ; il en est de même dans le genre Eupomalia. Dans les Gare*, l'ovaire est entièrement recouvert par un ulricule de même forme que lui. Ces divers orga-

nes paraissent, en général, des étaml ne* avortées, et M. Turpin les a désignés sous le nom général de Phycostême. Cependant nous croyons quo co botaniste a beaucoup trop étendu la signification de ce mot, en y comprenant des organes fort différents, et entre antres les diverses espèces de disque que nous avons décrites précédemment.

Nous ne partageons pas non plus les idées du célèbre auteur de \' Qrganographie végétale sur le torus ou réceptacle. Il nous semble que M. De Candollo a confondu le réceptacle ou torus, qui n'est à proprement parler que le sommet du pédoncule auquel s'attachent toutes les parties constituantes de la fleur, avec les appendices, les disques, etc., qui en naissent. C'est ainsi, parcxcmple, que nous no saurions voir un torus dans celte enveloppe extérieure jauuc du fruil de l'oranger el du citronnier , pas plus que dans la partie externe de la capsule du pavot. Pour celui qui étudie le développement de ces organes et leur formation successive , il est impossible de ne pas reconnaître qu'ils font essentiellement partie de l'ovaire, el par conséquent qu'ils doivent appartenir au péricarpe.

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