CHAPITRE III
nK LA GBA15E.
Nous venons de voir que le fruit est essentiellement formé de deux parties, le péricarpe cl la graine,
La gbaixr est celle partie d'un fruit parfait, qui se troute contenue dans la cavité intérieure du péricarpe, et qui renferme le corps qui doit reproduire un nouveau végétal. Il n'existe pas de graines nues proprement dites, c'est-à-dire qui ne soient pas recouvertes par le péricarpe. Mais ce dernier est quelquefois si mince et si adhérent à la graine, qu'on l'en dislingue difficilement à l'époque de la maturité du fruit, parce qu'ils »o sont soudés et confondus ensemble. Cependant ces deux parties étaient bien distinctes dans l'ovaire après la fécondation. De là l'impérieuse nécessité d'étudier avec soin la structure de l'ovaire , pour reconnaître celle que doit avoir le fruit.
Ainsi , dans les Graminées , les Synanthérées , le péricarpe est très-miuce et collé intimement avec la graine, dont il est très-difficile de le distinguer. Il en est de même encore dans beaucoup à'Ombellifèrti, etc. ; tandis que si on les examine dans l'ovaire, ces deux parties sont fort distinctes de l'antre.
Toute graine provient d'un ovule fécondé. Son caractère essentiel est de renfermer un corps organisé, qui, dans des circonstances favorables, se développe et devient un être parfaitement semblable à celui dont il a tiré son origine. Ce corps est l'embryon. L'essence de la graine consiste donc dans l'embryon.
C'est à tort, selon nous, que l'on a donné le nom de graines aux corpuscules reproductifs des Fougères, des Mousses, des Champignons, et de toutes les autres plantes agamet. En effet , rien dans leur intérieur ne ressemble à un embryon. I) est vrai cependant qu'ils forment , en se développant , un végétal en tout semblable à celui dont ils proviennent. Mais il n'y a pas que l'embryon qui soit susceptible d'un pareil développement; les bourgeons des plantes vivaecs , et surtout les bulbillesqui sedévcloppcntsur différentes parties des végétaux , souvent même jusque dans l'intérieur du péricarpe, à la place des graines, peuvent également donner naissance à un végétal complet. Or, personne n'a jamais été tenté, malgré celte grande analogie de fonctions , de regarder les bulbilles et les bourgeons comme de véritables graines ; les corpuscules reproductifs des agames, leur étant parfaitement analogues,
no doivent pas plus qu'eux porter le nom de graine*.
La graine est formée de deux parties: 1° de l'épisperme ou tégument propre ; 3° de l'amande contenue dans l'épisperme.
Nous étudierons séparément ces deux parties quand nous aurons parlé d'une manière générale de la direction et de la position des graines , relativement au péricarpe.
Le point de la graine par lequel elle est fixée au péricarpe se nomme l'ombilic ou le hile (hilus). Le bile est toujours marqué, sur le tégument propre , par un point ou espèce de cicatrice plus ou moins grande qui n'occupe jamais qu'une partie de sa surface . et au moyen de laquelle les vaisseaux du trophosperme communiquaient avec ceux du tégument propre de la graine.
Le centre du bile représente toujours la base de la graine. Son sommet est indiqué par le point diamétralement opposé au bile.
Lorsqu'une graine est comprimée, celle de ses deux faces qui regarde l'axe du péricarpe porte le nom de face proprement dite ; l'antre , qui est tournéedu coté des parois du péricarpe, est appelée le dos (dorsutn . Le boni de la graine est représenté par le point de jonction de la face et du dos.
Quand lo hile est situé sur un des points du bord delà graine, celle-ci est dite comprimée (semen compressum). On dit, au contraire, qu'ello est déprimée (semen depressum) , qnand le hile se trouve sur sa face ou son dos. Cette distinction est très-importante à faire.
La position des graines, et surtout leur direction relativement à l'aie du péricarpe, est utile à considérer, lorsque ces graines sont en nombre déterminé. Elles fournissent alors d'cicel- Icnjs caractères dans la coordination naturelle des plantes.
Ainsi, toute graine fixée par son extrémité même au fond du péricarpe ou d'une de ses loges , quand il est multiloculaire , et dont elle suit plus ou moins bien la direction , est dite dressée (semen ertetum), comme dans toutes les Synanthérécs, etc.
On l'appelle au contraire renversée (semen inversum) , quand elle est attachée de la même manière au sommet de la loge du péricarpe : par exemple, dans les Pipsacées. Dans ces deux cas , le trophosperme occupe la base ou le sommet de la loge.
Si, au contraire, le trophosperme étant Bifilaire ou pariétal, la graine dirige son sommet (ou la partie diamétralement opposée à son point d'attache) vers la partie supérieure de la loge, elle est appelée ascendante (semen attendent) , comme dans la pomme, la poire, etc.
On la dit, par opposition, suspendue (s. appensxtm), qnand son sommet regarde la base de la loge, comme dans les Jasminées. beaucoup d'Apocynées, etc.
On donne à la graine le nom de péritrope (s. peritroptm), quand son axe rationnel, ou la
ligne qui est censée passer par sa baso et ton sommet, est transversal relativement aux parois du péricarpe.
g 1 . De lÊpisperme.
L'épisperme, ou tégument propre de la graine, est presque toujours simple et unique autour de l'amande. D'autres fois, au contraire, il est composé de deux membranes bien distinctes, l'une extérieure, plus épaisse, quelquefois dure et solide, à laquelle Gœrtner a donné le nom de testa ; l'autre intérieure, plus mince, que l'on nomme tegtncn. Celte disposition se remarque très-bien dans la graine du ricin (Ricinus communie).
Le hile, ou le point par lequel la graine est attachée au péricarpe , est toujours situé sur l'épisperme. Il offre un aspect et une étendue variables. Quelquefois il se présente sous la forme d'un simple poin l à peine visible. D'autres fois, au contraire, il est alongé et linéaire, comme dans beaucoup do légumineuses (voy. pl. VIII, ftg. 1 33, a), ou bien il est très-large, comme dans le marronnierd'Inde, par exemple, où sa couleur blanchâtre le fait distinguer facilement du reste de l'épisperme , qui est d'un brun foncé.
Vers la partie centrale du hile, quelquefois sur un de ses cotés, on voit une ouverture fort petite, à laquelle M. Turpin a donné le nom à'omphalode. et qui livre passage aux vaisseaux nourriciers qui, du trophosperme, s'introduisent dans le tissu de l'épisperme. Lorsque ce faisceau vasculaire se continue quelque temps avant de se ramifier, il forme une ligne saillante, à laquelle on a donné le nom de vasiducte ou de raphi (voy. pl. VIII, fig. 134, b). Le point intérieur où se termine le vasiducte porte le nom de chalaze ou d'ombilic interne (id., e). Le vasiducte est souvent peu apparent à l'extérieur : on ne le découvre alors que par le secours de la dissection, comme dans beaucoup d'Euphorbiacées. D'autres fois il est très-saillant et visible, comme dans les Orangers, où il s'alonge d'un bout à l'autre de l'épisperme.
Dans beaucoup de graines on trouve près du hile un organe perforé , souvent dirigé du coté du stigmate, et que les botanistes désignent avec M. Turpin sous le nom de micropyle (voy. pl. VIII, fig. 133,6}. Plusieurs auteurs pensent que c'est par cette ouverture que le fluide fécondant est apporté au jeune embryon.
Nous reviendrons plus en détail sur cette ouverture dans le chapitre suivant, quand nous parlerons de la structure de l'ovule avant la fécondation.
M. Ilob. Brovrn considère celte ouverture comme la base de la graine. La radicule de l'embryon lui correspond toujours eiaclcmcnt.
On remarque quelquefois, plus ou moins loin du hile de quelques graines, une sorte de corps renflé en forme de calotte, auquel Gœrtner a donné le nom a' embryotège, comme dans le dal-
tier, l'asperge, la comme ii no, etc. Pendant la germination, ce corps se détache et lirre passage à l'embryon.
L'épisperme est le plus souvent simplement applique sur \' amande, dont on le sépare avec facilité. Mais il arrive quelquefois qu'il contracte avec elle une adhérence si intime, qu'on ne peut l'enlever qu'en le grattant.
L'épispermt n'offre jamais de loges ni de cloisons à son intérieur. Sa cavité est toujours simple. Cependant il peut, dans quelques cas rares, renfermer plusieurs embryons à la fois. Mais celle superfétalion est une anomalie, une sorte de jeu de la nature, qui n'a rien de Ose ni de constant. Les graines des orangers sont souvent dans ce cas.
§2. De l'Amande.
L'amande est toute la partie d'une graine mûre et parfaite, contenue dans la cavité de l'épisperme. Parvenue à sa parfaite maturité , elle semble n'avoir aucune csp. ee de communication vasculaire avec lui, à moins que ces deux organes ne soient soudés et confondus ; car dans ce cas il devient difficile de déterminer s'il n'existe point quelque communication vascolaire entre eux.
Mais dans l'ovule, ainsi que nous le verrons dans le chapitre suivant, l'amande est adhérente par sa base avec les tuniques dont la réunion constitue l'épisperme.
L'amande tout entière peut être formée par l'smbryon , comme dans le haricot, la lentille , la fève de marais, la courge, etc. ; c'est-à-dire qu'il remplît à lui seul toute la cavité intérieure de l'épisperme (voy. pl. VIII , fig. 138).
D'autres fois , outre l'embryon , l'amande renferme un autre corps accessoire, qu'on appelle endosperme (l), comme dans le ricin, le blé, l'oxalis, etc. (voy. pl. VIII, Gg. 130).
La structure de ces deux organes est tellement différente, qu'il sera facile de le i distinguer, au premier coup d'osil. L'embryon, en effet, est un être essentiellement organisé, qui, par la germination , doit s'accroître et se développer. \.' endotperme, au contraire, est une masse de tissu cellulaire, quelquefois dure et comme cornée, d'autres fois charnue et molle, qui, par la germination , se fane et diminue ordinairement de volume, au lieu d'en acquérir. Ainsi donc la germination lèvera tons les doutes, pour déterminer la nature des deux corps renfermés dans l'épisperme , quand on n'y sera pas parvenu au moyen de l'analyse et de la dissection.
8 3. De l' Endotperme.
L'endosperme est cette partie de l'amande qui forme autour ou à côté de l'embryon on corps
(1) Peritperme de Jutiieu ; albumen de Gartner.
accessoire, lequel n'a avec lui aucune continuité de vaisseaux ou de tissu. Le plus souvent il est formé de tissu cellulaire, daus les mailles duquel se trouve renfermée de la fécule amylacée ou du mucilage épais.
Celle substance sert de nourriture au jeune embryon. Avant la germination , elle est tout-a-fait insoluble dans l'eau ; mais i cette première époque de la vie végétale . elle change de nature, devient soluble, el sert en partie à la nourriture et au développement de l'embryon.
Il est toujours assez facile de séparer l'endosperme de l'embryon , parce qu'il ne lui est aucunement adhérent.
Sa couleur est le plus souvent blanche ou blanchâtre ; il est vert dans le gui (t iacum album).
La substance qui le forme est en général trèsvariable; ainsi il est :
Sec et farineux dans un grand nombre de Gratninéet : le blé , l'orge , etc. ;
Coriace et comme cartilagineux dans un grand nombre d'Ombellifères ;
Oléagineux et charnu, c'est-à-dire épais et gras au toucher, comme dans le ricin et beaucoup d'autres Euphorbiacées ;
Corné, tenace, dur, élastique comme de la corne, dans le café et beaucoup d'autres Rubiacées , la plupart des Palmiers, etc. ;
Mince et membraneux , comme celui d'un grand nombre de Labiées, etc.
La présence ou l'absence de l'endosperme est un très-bon caractère générique, surtout dans les Monocotylédonées. Cet organe doit donc jouer un grand rôle daus l'arrangement des familles naturelles des plantes.
L'endosperme peut exister dans une graine , quoique son embryon ail avorté, ou manque entièrement.
11 esl toujours unique , même dans les cas où il y a plusieurs embryons réunis dans la même graine.
§ 4. De l'Embryon.
L'embryon est ce corps déjà organisé , existant dans une graine parfaite après la fécondation , et qui constitue le rudiment composé d'une nouvelle plante. C'est lui , en effet, qui, placé dans des circonstances favorables, va, par l'acte de la germination , devenir un végétal parfaitement semblable en tout à celui dont il tire son origine.
Quand l'embryon existe seul dans la graine , c'est-à-dire qu'il est immédiatement recouvert par l'épisperme ou tégument propre , on l'appelle èpitpermique (embryo épitpermicut) , comme dans le haricot, la courge (voy. pl. VIII , fig. 135).
Si , au contraire , il est accompagné d'un endosperme, il prend le nom A'endospermique (embryo endotpermicus) , comme dans les Graminées, le ricin, etc. (voy. pl. VIII , fig. 137;.
L'embryon endotpermique peut offrir des posi
lions différentes relativement à l'endosperme. Ainsi quelquefois il est simplement appliqué sur un point de sa surface, et logé dans une petite fossette superficielle que celle-ci lui présente , comme dans 1rs Graminées ; ou bien il est roulé autour de l'endosperme qu'il enveloppe plus ou moins complètement , comme dans la belle-denuit, les amaranthacées , les soudes, etc. Il a reçu dans ce cas le nom d'extraire (embryon extrarius) (voy. pl. VIII, fig. 138).
D'autres fois il est totalement renfermé dans l'intérieur de l'endosperme qui l'enveloppe de tontes paris; il porte alors le nom d' intrain (embryo intrarius), comme dans le ricin, les rubiacées, etc. (voy. pl. VIII, fig. 138).
L'embryon étant en quelque sorte un végétal déjà formé, toutes les parties qu'il doit un jour développer y existent, mais seulement à l'état rudimentaire. C'est, comme nous l'avons dit, la véritable différence de l'embryon et des corpuscules reproductifs des plantes agames, dans lesquels on ne voit aucun indice des organes qu'ils doivent développer plus tard.
L'embryon est essentiellement formé de quatre parties, savoir: 1° du corps radiculain; 2° du corps cotylédonain; 3° de la gemmule; 4° de la tigelle.
1°. Le corps radiculain ou la radicule constitue une des extrémités de l'embryon. C'est lui qui, par la germination, doit donner naissance à la racine, ou la former par son développement (voy. pl. VIII, fig. 139, I)
Dans l'embryon à l'état de repos, c'est-à-dire avant la germination, l'extrémité radiculaire est toujours simple et indivise. Lorsqu'elle se développe, elle pousse souvent plusieurs petits mamelons qui constituent autant de filets radiculaires , comme dans les Graminées.
Si, dans quelques cas, il est difficile, avant la germination, de reconnaître it de distinguer la radicule, cette distinction devient aisée lorsque l'embryon commence a se développer. En effet, le corps radiculaire tend continuellement a se diriger vers le centre de la terre, quels que soient les obstacles qu'on lui oppose, et se change en racine , tandis que les autres parties de l'embryon prennent une direction contraire.
Dans un certain nombre de végétaux, le corps radiculaire lui-même s'alonge et se change en racine par l'effet du développement que la germination lui fait acquérir. C'est ce que l'on observe dansles Dicotylédons. Dans ce cas, la radicule est extérieure et à nu, et ces végétaux prennent le nom d'exorhixes (voy. pl. VIII, fig. 138, l),
Dans d'autres végétaux, au contraire, la radicule est recouverte et cachée entièrement par une enveloppe particulière qui se rompt à l'époque de la germination pour lui donner issue : ce corps a reçu le nom de coléorhiie. Dans ce cas, la radicule est intérieure ou coléorhiiée , et les plantes
qui offrent celte disposition ont reçu le nomd'endorhixes. A cette division se rapportent les Monocotylédons, tels que les Palmiers, les Graminées, les Liliacées, etc.
Enfin, dans quelques cas plus rares, la radicule est soudée et fait corps avec l'endosperme. On appelle synorhiies les plantes dans lesquelles on observe cette organisation : tels sont les Pins, les Sapins, toutes les autres Conifères, les Cycadées, etc.
Toutes les plantes phanérogames connues viennent se ranger dans ces trois divisions. Aussi peuton substituer avec avantage ces trois grandes classes à cellesdes Monocoly lédonécs et des Dicoly lédonécs, sujettes à d'assez nombreuses exceptions, comme nous le ferons voir tout à l'heure.
2" Le corps cotylédonain peut être simple et parfaitement indivis. Dans ce cas, il est formé par uu seul cotylédon, et l'embryon est appelé monocotylédonê (embryo monocotyledoneus) , comme dans le riz, l'orge, l'avoine, le lis, le jonc, etc. (voy. pl. VIII, fig. 140, c). D'autres fois il est formé de deux corps réunis base à base, que l'on nomme Cotylédons, cl l'embryon est dit alors dicotylêdonè (embryo dicotyledoneus), comme dans le ricin, la fève, etc. (voy. pl. VIII, fig. 1 30,2, 2).
Toutes les plantes dont l'embryon offre un seul cotylédon portent le nom de Monocotylédonées ; toutes celles qui ont deux cotylédons sont appelées Dicotylédonées.
Les cotylédons sont quelquefois au uombre de plus de deux, dans le même embryon ; ainsi il yen a trois dans le Cupressus pendula ; quatre daus le Pinus inops et le Ceratophyllum demersum, cinq dans le Pinus laricio. six dans le cyprès chauve (Taxodium distichum), huit dans le Pinus strobus ; enfin on en trouve quelquefois dix et même douze dans le Pinus pinea.
On voit donc que le nombre des cotylédons n'est point le même dans tous les végétaux , et que la division en Monocotylédonées et en Dicotylédonées, rigoureusement observée, ne peut pas comprendre tous les végétaux counus. D'ailleurs, il arrive assez souvent que les deux cotylédons se réunissent et se soudent, en sorte qu'au premier coup d'œil il est difficile de décider si un embryon est monocoly lédoné ou dicolyléJoné , comme, par exemple , on l'observe dans le marronnier d'Inde.
Ce sont ces motifs qui ont engagé mon père à prendre dans un autre organe que dans les coty lédons la base des divisions primordiales du règne végétal. La radicule nue ou contenue dans une coléorhiie. ou enfin soudée avec l'endosperme, offrant des caractères plus fixes, plus invariables, il s'en est servi pour former trois grandes classes dans les plantes embryonées ou phanérogames, qui sont :
1° I es EîfnoBHiZES, ou celles dont l'extrémité radiculaire de l'embryon présente uue coléorhiie.
m BOTAMQUE.
sous laquelle sont un ou plusieurs tubercules radiculaircs qui la déchirent lors de la germination, et se changent en racines. Ce sont les véritables Slouocotylédonées.
3° Les Exorhizes, ou celles dont l'extrémité radiculaire de l'embryon est nue, et devient ellemême la racine de la nouvelle plante ; tels sont la plupart des Dicolyiédonées.
3° Les Syhorhizks , ou plantes dans lesquelles l'extrémité radiculaircde l'embryon est intimement soudée a l'endospermc. Cette classe, moins nombreuse que les deux précédentes, renferme lis Conifères et les Cj cadées, qui s'éloignent des autres végétaux par des caractères remarquables, et que le nombre de leurs cotylédons exclut également de la classe des Monocotylédonées etdes Dicolylédonées.
Les cotylédons paraissent être destinés par la nature à favoriser le développement de la jeune plante, en lui fournissant les premiers matériaux de sa nutrition. En effet, les cotylédons sont presque constamment très-épais et charnus dans les plantes qui n'ont pas d'endotperme . tandis qu'ils sont minces et comme foliacés daus celles où cet organe existe. C'est ce que l'on peut voirfacilement, en comparant l'épaisseur des cotylédons du haricot et du ricin.
A l'époque de la germination , quelquefois les cotylédons restent cachés sous la terre, sans se montrer à l'extérieur; dans ce cas ils portent le nom de cotylédons hypoges (cotytedonet hypogei), comme dans le marronnier d'Inde.
D'autres fois ils sortent hors de terre, par l'alongemcnt du collet qui les sépare de la radicule ; on leur donne alors le nom à'épigês (cotyled. epigei), comme dans le haricot et la plupart des Dicoty lédonécs. Quand les deux coty lédons sont épigés, et qu'ils s'élèvent au-dessus du sol, ils forment les deux feuillet téminakt (folia teminalia).
3° De la gemmule. On donne le nom de gemmule (gemmula) au petit corps simple ou composé, qui naît entre les cotylédons, on dans la cavité même ducotylédon quand l'embryon n'en présente qu'un. On lui donnait autrefois le nom de phmule (ptumula). Comme cet organe n'a le plus souvent aucune ressemblance avec le corps auquel on le comparait, mais qu'au contraire il forme toujours le premier bourgeon (gemma) do la jeune plante qui va se développer, le nom de gemmule est infiniment plus conveuable, et mérite d'être préféré.
La gemmule est le rudiment de toutes les parties qui doivent se développer à l'air extérieur. Elle est formée par plusieurs petites feuilles plissées diversement sur elles-mêmes , qui, en se développant par la germination, deviennent les feuillet primordiale! (fol. primordiala) (voy. pl. VIII, fig. 139, 3).
Quelquefois elle est libre cl visible à l'extérieur avant la germination ; d'autres fois, an contraire, elle ne devient apparente que lorsque celle-ci a
commencé; dans ce dernier cas, tantôt elle se trouve cachée eutre les deux cotylédons qu'on est obligé d'écarter pour pouvoir l'apercevoir, comme dans le haricot ; tantôt elle est enveloppée el coutenue dans le cotylédon lui-même , quand l'embryon est monocotylédon. C'est dans ce cas que, certains auteurs, méconnaissant la vraie structure de la graine , ont pris le cotylédon pour un organe particulier, analogue à la coléorhize qui recouvre quelquefois la radicule, et qu'ils ont nommé coléoptile.
4° De la ligelle (cauliculut) (voy. pl. VIII, fig. 130, 4). Cet organe n'existe pas toujours d'une manière bien manifeste. Il se confond, d'une part, avec la base du corps cotylédonairc, el de l'autre avec la radicule, dont il est une sorte de prolongement. C'est par l'accroissement acquis par la tigelle, lors de la germination, que les cotylédons sont, dans quelques plantes, soulevés horsde terre et deviennent épigés.
Après avoir ainsi étudié successivement les quatre parties qui composent un embryon, savoir: 1" le corps radiculaire, 3° le corps cotylédonairc, 3° la gemmule, 4°latigclle, voy ons qu'elles sont les différentes positions que l'embryon peut affecter relativement à la graine qui le contient, ou au péricarpe lui-même.
Nous avons déjà vu que l'embryon pouvait être endospermique ou épispermique, suivant qu'il était accompagné d'un endosperme, ou qu'il formait à lui seul la masse de l'amande ; que dans le cas où il était endospermique, il pouvait être intraire ou extraire, quand il était contenu et renfermé dans l'intérieur de l'endospermc, ou simplement appliqué sur un des points de sa surface.
C'est par le moyen des deux extrémités de l'embryon que l'on peut déterminer sa direction propre et sa direction relative. L'extrémité radiculaire forme toujours labase de l'embryon. D'après cela, on dit de l'embryon qu'il est :
Homotrope (emb. homotroput) , quand il a la même direction que la graine, c'est-à-dire, que sa radicule répond au Iule, comme cela s'observe dans beaucoup de Légumineuses, de Solanées et un grand nombre de Monocotylédonées. L'embryon homotrope peut être plus ou moins courbé. Quand il est rcctiligne, on lui donne le nom d'orthotrope (emb. orthoiroput) , comme dans les Synanlhérées, les Ombclliféres, etc.
On appelle embryon antitrope (embryo antitropus), celui dont la direction est opposée à celle de la graine, c'est-à-dire que son extrémité cotylédonairc correspond au hile. C'est ce que l'on peut observer dans les Thymèléet, les Fluviales , le JUelampyrum , etc.
On donue le nom d'embryon amphitrope (emb.
amphUropus) à celui qui est tellement recourbé sur lui-même, que ses deux extrémités se trouvent rapprochées et se dirigent vers le hile, comme on le voit dans les Cary ophy liées, les Crn-
ci fores, plusieurs Atriplicécs, elo. (voy. pl. VIII, fig. 138).
Comme l'embryon monocotylédonè et l'embryon dicotylédoné diffèrent beaucoup l'un de l'autre, dans le nombre, dans la forme et l'arrangement des parties qui les composent, nous allons exposer isolément le» caractères propres à chacun d eux.
g 3. Embryon dicotylédoné.
L'embryon dicotylédoné (voy. pl. VIII, fig. 1 30), ou celui dont le corps cotyledonaire présente deux lobes bien distincts, offre les caractères suirants : Sa radicule est cylindrique ou conique , nue, saillante; elle s'aionge lors de la germination, et devient la véritable racine de la plante. Ses deux cotylédons sont attachés a la même hauteur sur la lige) le ; ils ont, dans beaucoup de cas, une épaisseur d'autant plus grande que l'endosperme est plus mince, ou qu'il n'existe point du tout. La gemmule est renfermée entre les deux cotylédons, qui la recouvrent et la cachent en grande partie. La tigclle est plus ou moins développée.
Tels sont les caractères communs aux embryons dicotylédones en général. Cependant quelques-uns offrent des anomalies qui sembleraient d'abord les éloigner de cette classe; ainsi, quelquefois les deux cotylédons sont tellement unis et soudés ensemble, qu'ils semblent n'en plus former qu'un seul , comme dans le marronnier d'Inde , et ordinairement le châtaignier. Mais on remarquera que celle soudure n'est qu'accidentelle, car il arrive quelquefois qu'elle n'a pas lieu. C'est ce que l'on observe en effet pour le marronnier d'Inde, et ce qui le fait rentrer dans l'organisation générale des embryons dicotylédoné*. D'ailleurs on doit regarder comme véritablement dicotylédoné tout embryon dont la base du corps cotylédonairc est fendue entièrement ou partagée en deux, quoique lui-même paraisse simple et indivis à son sommet.
§ G. Embryon monocotylédonè .
L'embryon monocotylédonè est celui qui , avant la germination, est parfaitement indivis, et ne présente aucune fente ni incision (voy. pl. VIII , fig. 140, bis, l). Sa forme est extrêmement variée. Il est tantôt grêle, cylindrique, alongé ; d'autres fois globuleux, ou discoïde et déprimé. Si, dans le plus grand nombre des cas, il est assez facile de reconnaître dans l'embryon dicotylédoné les différentes parties qui le composent, il n'en est pas toujours de même dans l'embryon monocotylédonè, où fréquemment toutes ces parties sont tellement unies et confondues, qu'elles ne forment plus qu'une masse, dans laquelle la germination seule peut faire distinguer quelque chose. Aussi l'organisation de l'embryon des Monorolylédonccs
est-elle moins bien parfaitement connue que celle des végétaux à deux cotylédons.
Dans l'embryon monocotylédonè, le corps radlculairc occupe une des extrémités; il est plus ou moins arrondi (voy. pl. VIII, fig. I 40, bis, a) souvent très-peu saillant, formant comme une sortede mamelon peu apparent. D'autres fois, au contraire, il est extrêmement large et aplati, et forme la masse la plus considérable de l'embryon, comme dans la plupart des Graminées. L'embry on est alors appelé macropode(emb. macropodui) (voy. pl. VIII, fig. 141).
La radicule est renfermée dans une colèorhize qu'elle rompt a l'époque delà germination. Celle radicule n'est pas toujours simple comme dans les Dicotylédonées ; elle est le plus souvent formée de plusieurs filets radiculaires, qui percent quelquefois, chacun isolément, la coléorhize qui les renferme, comme cela s'observe principalement dans les Graminées.
Le corps cotylédonairc est simple, et ne présente aucune incision ni fente (voy. pl. VIII , fig. 140, bis, 6).Saformecstextrêmementvariable. Le plus souvent, la gemmule est renfermée dans l'intérieur du cotylédon qui l'enveloppe de toutes parts, et lui forme une espèce de coléoptile(id. , d). Elle se compose de petites feuilles embollées les unes dans les autres. La plus extérieure forme ordinairement une espèce d'étui clos de toutes parts, embrassant et recouvrant les autres. M. Mirbel lui a donné le nom de piléote. Mais la partie ainsi nommée ne me paratl pas différente du cotylédon lui-même.
La tigelle n'exisle pas le plus souvent, ou ello se confond intimement avec le cotylédon ou la radicule.
Telle est l'organisation la plus ordinaire des embryons monocoty lédonés ; mais dans beaucoup de circonstances on trouve des modifications propres à plusieurs végétaux. C'est ainsi , par exemple, que la famille des Graminées présente quelques particularités dans la structure de son embryon. En effet, il est composé, l» du corps charnu, épais, discoïde on général, appliqué sur l'endosperme ; ce corps a reçu le nom à'hypoblaste( 1 ) : celte partie ne prend aucun accroissement par la germination ; elle peut être assimilée au corps radiculaire ; 2° du blaste ou de la partie de l'embryon qui doit se développer. Il est sur l'hypoblaste, et est formé de la tigelle, de la gemmule, renfermée dans le cotylédon, constituant une sorte de gaine ou d'étui qui les enveloppe de toutes parts. L'extrémité inférieure du
(1) C'est à ce corps que Cœrtncr donne le nom de vttellus. La plupart des auteurs le regardent comme le cotylédon , mais l'analogie se refuse à celte supposition.
Voyez le Mémoire de mon père *ur les embryons cndorhizes , inséré dans le I7 l volume des Annales du Muséum, année 1811.
bfaste , par laquelle doivent sortir an ou plusieurs tubercules radiccllaires , porte le nom do radiculode.
Enfin on appelle épibtaste un appendice antérieur du blaste, qui le recouvre quelquefois en partie , et qui scmblo n'en être qu'un simple prolongement.