Cuisse
La cuisse peut être amputée à toute hauteur, depuis les condyles jusqu'au petit trochanter.
Toutes les méthodes, tous les procédés sont applicables ici comme à la jambe. Mais il y a également un choix à faire; et, pour le choix, on se préoccupe, en général, moins de la prothèse que des dangers immédiats ou prochains [hémorragie primitive, hémorragie secondaire, pyohémie, septicémie) et des dangers ultérieurs [conicîtè et ulcération du moignon).
Simple dans le tiers inférieur où l'on n'a guère à compter qu'avec l'artère poplitée, le système artériel est très développé, très complexe dans le reste de la cuisse, et il l'est
> Vaslin {Gaz. hebd. Paris, p. 204 et 2-îS, 1885).
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d'autant plus, qu'on se rapproche davantage de l'articulation coxo-fémorale. Or, l'hémostase facile, complète et absolue d'emblée, est la première condition d'une bonne amputation. C'est pour cela, à mon avis, que, pour amputer la cuisse dans ses deux tiers supérieurs, on doit donner la préférence à la méthode circulaire ou à ses dérivés ou combinaisons (procédé de Marc Sée, procédé de Sédillot, procédé de v. Bruns).
D'autre part, comme il s'agit d'éviter autant que possible la rétention des liquides et, par suite, l'infection septique, ce serait une faute, si l'on choisit la méthode elliptique ou celle à lambeaux, de tailler l'unique lambeau ou le plus grand lambeau en arrière; c'est en avant ou en avant et en dehors, qu'on prendra l'étoffe ou la principale étoffe du moignon, afin que, tout en tombant par son propre poids au-devant de la section de l'os, elle ne gène point l'écoulement des liquides.
Quant à l'éventualité d'un moignon conique et ulcéré, il est certain que la technique opératoire en est responsable dans une large mesure ; on peut avoir un mauvais moignon parce qu'on a mal opéré. Mais, d'un autre côté, qu'on ne se fasse pas trop d'illusion après un beau résultat opératoire, quand l'os est bien enfoui au haut des chairs ou bien matelassé par un lambeau charnu. Avec le temps (abstraction faite de la conicité due à la croissance longitudinale de l'os), le moignon maigrit, s'atrophie, perd sa belle apparence et ses téguments se rétractent sur l'os d'autant plus que la suppuration, si elle survient, a été plus longue, c'est-à-dire qu'il s'est créé dans les tissus plus de tissu inodulaire.
En résumé, pour prévenir la conicité, une bonne technique n'est pas tout; il faut encore réaliser la réunion immédiate ou rapide, ce qu'on cherchera avec la méthode antiseptique.