AMPUTATION DANS LE TIERS INFERIEUR
1. Amputation intra ou transcondylienne de Carden. — Le fémur est scié à la base du tubercule d'insertion du troisième adducteur.
Procédé à deux lambeaux inégaux, le plus grand en avant. — Après mensuration de la circonférence du membre (étendu) immédiatement au-dessus de la rotule et après calcul ordinaire du diamètre, tracer en avant un lambeau semi-lunaire ou en U dont la base commence non pas à la ligne d'amputation, mais au niveau du bord inférieur de la rotule et qui mesure en longueur les deux tiers du diamètre, plus l'indice de rétraction, 3 centimètres. — Tracer en arrière un lambeau semblable, mais seulement long de un tiers de diamètre , plus lindice de rétraction , i centimètres (fig. 373).
Diviser la peau et le tissu souscutané suivant le tracé.
Disséquer le lambeau antérieur, purement cutané, jusqu'au-dessus de la rotule, pendant que la jambe est fléchie.
Diviser en travers le tendon du triceps, diviser la capsule à droite et à gauche, désarticuler comme il a été dit déjà, et sortir en arrière, en taillant, suivant le tracé, un petit lambeau postérieur charnu qui renferme les vaisseaux poplités.
Dénuder avec la rugine les deux condyles jusqu'à la ligne d'amputation.
Pendant qu'un aide fixe l'os au moyen d'un davier de Farabeuf appliqué sur les condyles, et qu'on rétracte les lambeaux, scier les condyles suivant la direction de leur axe transversal, et émousser l'arête de section avec la scie à chantourner de Farabeuf, pour former un nouveau condyle.
Enfin exciser le cul-de-sac séreux sous-tricipital et ab raser ce qui reste du cartilage.
Hémostase : lartère et la veine poplitées (deux ligatures isolées), les artères articulaires supérieures interne et externe et la grande anastomotique.
Neurectomie : les nerfs sciatiques poplités interne et externe.
FiG. 373. — Amputation transcondy tienne de Carden.
512 OPERATIONS MUTILANTES
L'amputation transcondylienne donne une mortalité un peu inférieure (15.5 p. 100 d'après Uhl) à celle de la désarticulation ordinaire du ^'enou, en même temps que de bons l'ésultats définitifs. Plusieurs cliirurgiens, à l'étranger, préfèrent cette amputation même à celle qu'on pratique communément au-dessus des condyles. Elle ma donné deux brillants succès : réunion immédiate totale, sans drainage, sous un seul pansement; appui dii-ect sur l'extrémité du moignon. Il est à souhaiter qu'elle jouisse chez nous de la faveur méritée.
'2. Amputation intercondylienne ostéoplastique de Saharœjeff. 1800 K — Le fémur est scié à travers les condyles, et Ton applique sur sa coupe un plateau osseux emprunté à la partie antéro-supérieure du tibia.
Procédé à deux lambeaux inégaux, le plus grand en avant. — Mener de la tète du péroné et du ligament latéral interne, suivant la longueur de la jambe, deux incisions descendantes, et réunir leurs extrémités inférieurespar une incision transversale qui doit être en avant à deux travers de doigt au-dessous de la tubérosité antérieure du tibia, et en arrière un peu plus haut.
Des deux lambeaux ainsi dessinés, disséquer d'abord celui qui est en arrière, en ne conservant que la peau.
Ouvrir aussitôt par derrière l'articulation du péroné et celle du genou, diviser les ligaments croisés et latéraux du genou, enfin surétendre la jambe de telle sorte que la crête du tibia regarde la face antérieure de la cuisse ; par conséquent, opérer un renversement qui réussit sans difficulté, puisque la jambe n"est plus rattachée à la cuisse que par le hgament propre de la rotule et par le reste antérieur de la capsule articulaire.
Pendant que l'aide maintient le tibia à peu près horizontal, faire avec la scie, en commençant à la surface articulaire, dans la tête du tibia une section ab (fig. SI A), qui marche parallèlement à la crête du tibia, s'en éloignant peu et empiétant également sur les faces interne et externe de cet os. Cette section doit s'étendre en bas jusqu'au delà de la tubérosité antérieure du til}ia.
La jambe une fois ramenée dans sa position naturelle,
« D'après W. Koch (Berlin. Klin. Vi^och., n" 25, s. 601, 1891).
AMPUTATIONS ET DESARTICULATIONS
scier perpendiculairement le li])ia, suivant la ligne cb (fig. 374.) au niveau du bord inférieur du lambeau antérieur jusqu'à la rencontre de la première section osseuse ab. La jambe tombe alors. Restent deux lambeaux dont l'antérieur est doublé par le segment tibial.
Scier borizontalement les condyles du fémur, suivant d e (fig. 371) un peu au-dessus de leur plus grand diamètre transversal. Enlever la synoviale. Assurer l'hémostase ,
FIG. ili.
Amputation de Sabanejeff.
Genou vu de profil.
T, tibia; — R, rotule; — F, fémur; — P, peau; — M, muscle triceps; — a. h, c. ligne de section du tibia; — (/, e, ligne de seclicn du fémur.
Moignon de la même amputation (coupe antéro-postérieure) .
T, segment tibial; - F, fémur;
— R, rotule; — M. muscle triceps;
— P P, peau ; — L, ligne de réunion des bords cutanés.
drainer, puis adapter à la coupe du fémur le segment du tibia et réunir les bords cutanés (fig. 37;J). Inutile de faire l'ostéo-synthèse avec des fils particuliers.
Sabanejefif a pratique une fois ce procédé sur le vivant. Pour remédier à la très forte rétraction de la peau du creux poplité, Koch taille deux lambeaux également longs et place l'incision transversale à un peu plus de trois travers de doigt au-dessous de la tubcrosité du tibia. En outre, il conserve dans le lambeau pos-
OPERATIONS MUTILANTES
térieur une partie des tètes des muscles jumeaux, et il laisse plus de périoste dans le lambeau osseux, afin de mieux favoriser sa réunion au i'émur.
Il a appliqué cinq fois le procédé de Sabanejeff, ainsi modifié. Les résultats ont été très satisfaisants.