COMBINÉE AVEC L'IGNIPUNCTURE ET LE RACLAGE
La dacvyocystotomie est l'ouverture du sac par incision. On la fait du côté de la peau, immédiatement au-dessous du tendon direct de l'orbiculaire, et assez largement pour bien mettre à portée la cavité du sac. Cette cavité est traitée soit par la cautérisation, de préférence avec la pointe à ignipuncture du cautère Paquelin, soit par le raclage, comme je le fais depuis 1884 *.
La dacryocystotomie ainsi complétée trouve son application, justifiée du reste par un grand nombre de succès, lorsque le rétrécissement du canal nasal a résisté à tous les moyens ordinaires (dilatation de Bowman, dilatation de AVeber, stricturotomie). La guérison a lieu avec ou sans oblitération définitive.
Appareil instrumental :
Un petit bistouri à lame étroite ;
Une pince anatomique fine ;
Deux érignes simples;
Le cautère Paquelin ;
Une ou deux petites curettes tranchantes ;
Plus une petite éponge, et quelques fils à ligature.
Procédé de Fauteur (Œil droit). — Pendant quun aide, placé derrière la tète, tend fortement en dehors la commissure externe des paupières avec le médius de sa main droite, reconnaître le tendon de l'orbiculaire qui fait saillie,
' Voy. Mauhavialle, Ih. Montpellier, 1884.
premier point de repère; reconnaître et marquer la crête osseuse qui limite en avant la gouttière lacrymale et Toritice supérieur du canal nasal, second point de repère.
Après s'être placé en face et à droite, faire une incision cutanée de 12 à lu millimètres d'étendue qui commence sur le tendon de l'orbiculaire au niveau de la crête osseuse
FiG. 412. — Placement de rincision.
et qui suive cette crête en bas et en dehors (fig. 41:2, ab). Hémostase : la veine et l'artère angulaires.
Sur le vivant, rapplication momentanée de deux pinces à forcipressure ou simplement rattouchement et la compression avec une éponge imbibée d'eau de Lcchelle suffisent pour arrêter l'hémorragie.
Reprendre l'incision immédiatement au-dessous du tendon de l'orbiculaire contre la crête osseuse, et diviser toutes les parties molles d'un seul trait, dans la profondeur de 8 millimètres environ, en rasant la crête osseuse avec la pointe du bistouri qu'on tient relevé et oblique dans la direction du canal lacrymo-nasal. Au fond de l'incision apparaît, coupée en écharpe, une cavité rougeàtre ou grisâtre, dont la face interne est régulière et humectée par les larmes.
Après avoir asséché cette cavité au moyen d'un petit morceau d'épongé, pendant que l'aide écarte et relève la lèvre externe et supérieure de l'incision avec les érignes, l'œil étant protégé par une petie lame de carton mouillé, pousser la pointe à ignipuncture du cautère Paquelin dans toute la partie supérieure du sac, sans oublier le point
d'abouchement des conduits lacrymaux; puis l'engager, de haut en bas, pendant quelques secondes, dans la partie inférieure du sac et l'origine du canal nasal.
Si Ton préfère la curette, racler avec soin toutes les parties du sac et le canal nasal.
L'opération faite sur le Tivant, on saupoudrerait la cavité avec de riodoforme, et l'on compléterait le pansement aseptique. Elle m'a donné plusieurs fois des guérisons remarquables, surtout avec le curettaee.