‹ Nouveaux éléments de chirurgie opératoireChapitre 134 sur 198 · C. — AMPUTATION TOTALE DE LA LANGUE SEULE · texte numérisé non relu

C. — AMPUTATION TOTALE DE LA LANGUE SEULE

Voie buccale. — Amputation aux ciseaux. — Procédé de AVhitehead incomplète; '. — l'"'' temps : libération de la langue. — Pendant que le sujet est profondément endormi par le chloroforme, la bouche largement ouverte par un écarteur, la tête tenue solidement droite et un peu penchée en avant, passer une anse de soie à travers la partie antérieure de la langue et la confier à un aide qui doit attirer cet organe au dehors et varier sa direction à propos. Avec des ciseaux droits mousses sectionner franchement d'abord les piliers antérieurs du voile palatin près de la langue, puis le frein €t les attaches cellulo-muqueuses inférieures jusqu'au voisinage des deux artères linguales , artères qu'on trouve aisément et dans une position invariable. Dès que ces connexions sont divisées, la langue se laisse très bien attirer à J'extérieur; l'opération devient en quelque sorte extrajDuccale.

•2® temps : Torsion des artères linguales. — Saisir chacune de ces artères avec une pince à forcipressure, la diviser au-dessus de la pince et tordre son bout central. (On diminue Tanesthésie.)

3*^ temps : Seetion horizontale du corps de la langue. — Diviser le corps charnu de la langue d'avant en arrière, -toujours avec les ciseaux, en se dirigeant toujours vers le ■corps de Tos hyoïde.

4^ temps : Section frontale de la hase de la langue. — Passer une anse de soie à travers les replis glosso-épiglot- .tiques, afin de pouvoir retenir le moignon en cas de trouble respiratoire ou d'hémostase complémentaire. Puis, diviser en travers au-devant de l'anse la dernière attache de la langue. Le fil est laissé en place vingt-quatre heures. — L'excavation consécutive à l'ablation de la langue est lavée avec une solution de biodure de mercure au 1/1 000; on l'as- -sèche parfaitement, puis on la badigeonne avec un vernis .adhésif composé en partie de solution éthérée iodofor-

• Whitehead (Brit. M. /., niay 2, 1891).

mique et de térébenthine, dit vernis de Whitehead; la couche ainsi étendue forme une croûte solide qui tient en place vingt-quatre heures. Pas d'autre pansement.

D'après rexpérience d'autres chirurgiens anglais, il parait que l'amputation de la langue faite par ce procédé n'est pas aussi exsangue que le prétend W'hiteliead , et qu'on est parfois plus ou moins gêné dans l'exérèse par l'atjondance du sang.

Pour mon compte, je n'ai encore employé qu'une fois le procédé de "Whitehead, et cela pour l'amputation de toute une moitié de langue. Je dois dire que l'ariére linguale a été facile à forcipresser et à lier, et que l'opération s'est ensuite continuée presque à sec, en quelques secondes. Dans ce cas, avant de diviser les attaches du côté malade comme dans le premier temps du procédé de AVhitehead, j'ai sectionné la langue sur la lif/ne médlarie avec les ciseaux jusqu'au-devant de l'épiglotte. C'est là, du reste, ce qu'a fait également et ce que recommande Jacobson pour rhémiamput;ition sagittale de la langue.

Procédé de Billroth. — Après la ligature des deux artères linguales au lieu d'élection, les arcades dentaires étant écartées avec le dilatateur de Heister. les commissures fortement tirées en arrière avec deux doubles crochets mousses et la lèvre inférieure abaissée avec un troisième crochet, saisir au moyen d'une pince de Museux la partie antérieure de la langue, l'attirer au dehors et de côté, et confier la pince à un aide.

Affranchir d'abord la langue en divisant avec des ciseaux courbes et excavés la muqueuse du bord et du frein; ce qui permet de l'attirer autant que cela est nécessaire, et d'arriver très facilement avec les ciseaux sous son point d'implantation.

Puis, en donnant une série de coups de ciseaux vigoureux, séparer la langue de l'épiglotte et de toutes ses attaches au plancher buccal.

L'hémorragie est iiisignifiante. L'appUcation d'eau glacée, la compression prolongée avec une éponge, au besoin quelques pinces à forcipressure en ont raison sans peine. Drainage soigné et cautérisation de toute la surface traumatique avec du iiermanganate de potasse (poudre ou solution d'une demi-cudlerée à café de poudre avec deux cuillei'ées à café d'eau).

J'estime avec Trêves que le procédé de Billroth est le meilleur mode de pratiquer l'amputation totale de la langue, mais seule-

mont loi'sque le plancher est intact et que les ganglions li-ibnt;iii'es paraissent indemnes de toute infection.

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