EXTIRPATION DE LA VERGE ET DES BOURSES
J'entends sous ce titre Vahlalion de tous les organes génitaux externes, avec les racines des corps caverneux, avec ou sans révidement ganglionnaire uni ou bilatéral.
J'ai pratiqué cette opération dans son type le plus complet, le li avril 189:^, chez un homme de cinquante-deux ans, qui avait un énorme épithéliome ulcéré de la verge et des bourses avec engorgement notable des ganglions inguinaux droits et gauches. La réunion a été immédiate sur toute l'étendue de la plaie, sauf, bien entendu, dans les deux points où j'ai laissé passer les chefs des ligatures massives des cordons spermatiques. La malade va encore très bien à l'heure actuelle (10 mars 1803). C'est d'après cette opération, — aujourd'hui unique à ma connaissance, — que j'établis le procédé suivant, qui en est du reste la copie exacte.
Procédé de l'auteur : suture du nouveau méat dans le périnée.
4°'' temps : Ligature des cordons spermatiques . — Mettre à nu chaque cordon par une incision verticale qui commence à un travers de doigt au-dessus de l'anneau inguinal externe. (Hémostase de quelques rameaux de l'artère sous-cutanée abdominale.) Isoler le cordon de sa gaine celluleuse et jeter autour de lui, le plus haut possible, une ligature massive de soie ou de catgut dont les chefs sont conservés au dehors, comme je l'ai fait, ou mieux coupés près du nœud, comme je le ferai à l'avenir. (On pourrait aussi comprimer le cordon avec une pince à forcipressure, le diviser au-dessous et appliquer la ligature isolée perdue de ses vaisseaux, comme je le fais de préférence dans toutes les castrations.)
2^ temps : Ablation en bloc des bourses et de la verge. — L'hémostase des cordons une fois assurée, prolonger l'inci-
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sion gauche en bas et en arrière, contourner la racine de la bourse gauche et arriver sur le raphé périnéo-scrotal à 3 centimètres au-devant de l'anus. Prolonger de même en bas Tincision droite, contourner la racine de la bourse droite et rejoindre l'autre incision sur le raphé. (Forcipressure ou ligature, au fur et à mesure, des branches ou rameaux des artères honteuses externes, périnéales superficielles, artères de la cloison.)
Réunir le haut des incisions primitives ou parafuniculaires par une incision un peu concave en bas qui croise la face antérieure de la région pubienne, au-dessus de la verge, à 1 travers de doigt environ au-dessous du bord pubien supérieur.
Avec de forts ciseaux demi-courbes diviser les cordons spermatiques au-dessous des ligatures massives, puis diviser le tissu cellulo-vasculaire sous-cutané et le ligament suspenseur de la verge jusqu'à ce que la racine de cette dernière soit bien dégagée de tous les côtés. (Forcipressure de quelques artérioles. au moment de la section du ligament suspenseur.)
En deux coups de ciseaux, de haut en bas, couper prestement la racine de la verge au-devant de l'arcade pubienne. (Forcipressure des deux dorsales de la verge, des deux caverneuses en plein corps caverneux, et des deux bulbo-urétrales en plein corps spongieux ; ces quatre dernières donnent abondamment, mais on les aveugle sans peine avec des pinces hémostatiques.)
3^ temps : Dissection des racines du corps caverneux et suture de la coupe urétrale au périnée. — Après avoir reconnu la tranche transversale du canal de l'urètre et son tissu spongieux environnant, ce qui est très facile sur le vivant comme sur le cadavre, introduire un cathéter dans l'urètre; séparer ce dernier d'avec les corps caverneux, toujours au moyen des ciseaux, en coupant à droite et à gauche les muscles bulbo-caverneux; et poursuivre l'isolement de l'urètre jusqu a dégagement suffisant des racines des corps caverneux.
Séparera leur tour celles-ci, dans toute leur longueur, d'avec les branches ischio-pubiennes, en rasant le plan osseux. (Forcipressure, puis ligature perdue des deux
artères caverneuses, sectionnées avant leur entrée dans les corps caverneux ; même conduite pour la veine dorsale profonde de la verge, qui donne un gros jet médian ; au besoin, ligature analogue des artères dorsales, mais je n"ai pas eu à m'en occuper chez mon opéré.)
Exciser le moignon urétral en bas sur une longueur de 2 centimètres et demi environ, et suturer immédiatement la muqueuse de la nouvelle coupe à la peau du périnée dans l'angle postérieur de l'incision cutanée : cette manœuvre est aisée et permet d'arrêter à l'instant l'hémorragie des corps bulbo-spongieux. (J'ai employé neuf points de crins de Florence : quatre à droite, quatre à gauche, un en arriére.)
FiG. 592.
hP' temps : Evidement ganglionnaire des deux aines et suture de toute la plaie, sans drainage. — Prolonger un peu en dehors les incisions qui avaient servi à découvrir les cordons spermatiques, disséquer les téguments de haut en bas vers la base du triangle de Scarpa, et énucléer à la manière ordinaire tous les ganglions suspects (ou supposés tels). L'hémostase achevée partout et la plaie bien lavée, réunir en T les lèvres de l'incision générale ; aucun drainage. La branche verticale du T doit être fermée jusqu'audessus du nouveau méat ; la commissure supérieure de ce
dernier doit être, en outre, exactement unie à l'angle des lèvres cutanées par deux points, qui complètent la couronne des points muco-cutanés (fig. 59:2). On évite ainsi l'infiltration de lurine au-dessous de la ligne de réunion générale, et l'on prévient peut-être le rétrécissement ultérieur du méat. (Le nouveau méat est, à la vérité, très grand ; il a 5 centimètres de hauteur chez mon opéré.) — (Sonde de Nélaton à demeure ; pansement iodoformé, bandage en T, etc.)