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CASTRATION

La castration est l'ablation du testicule, ainsi que d'une partie plus ou moins longue du cordon spermatique, avec ou sans la tunique fibro-séreuse.

Elle est indiquée : 1. dans toutes les tumeurs solides du testicule, et le plus souvent dans les néoplasmes cancéreux (sarcome, carcinome, etc.), bien qu'il n'existe peutêtre pas encore un seul fait de guérison radicale ; 2. dans la tuberculose, quand les injections interstitielles microbicides ont échoué, quand l'ignipuncture paraît ou s'est montrée impuissante ; 3. dans les fongus dits bénins, autrement incurables ; 4-. dans la maladie kystique; 5. dans certaines ectopies (douleurs vives, orchites à répétition, pseudo-étranglement herniaire); 6. dans certaines hématocèles vaginales à paroi très épaisse (Chalot).

Appareil instrumental :

Un bistouri droit ;

Une sonde cannelée ;

Des ciseaux droits ou courbes mousses ;

Une pince anatomique ;

Quelques pinces hémostatiques ;

Des aiguilles à suture ;

Plusieurs fils (soie, catgut);

Un long drain en caoutchouc rouge si l'on est partisan

du drainage; je ne l'emploie plus depuis trois

années.

Procédé. — 1'^'' temps : Section de la peau. — Le bassin

étant attiré à une extrémité delà table, dans la position de la taille, et le scrotum rasé, après s'être assis ou placé debout entre les jambes, — faire un pli cutané transversal à la partie antérieure et moyenne de la bourse ; diviser ce pli par transfixion avec le bistouri, puis agrandir cette incision avec les ciseaux; en haut, jusqu'à l'orifice inguinal externe ; en bas, jusqu'au point le plus déclive de la bourse (fig. 593).

Hémostase ; les artères honteuses externes.

FiG. 593. — Testicule et cordon spermatique mis à nu pour la castration (Le Fort).

Sur le vivant, lorsque les téguments ont une tension suffisante ou qu'on peut la leur donner, il est préférable de faire l'incision tout entière avec le bistouri.

2^ temps : Enudéation du testicule et du cordon, sans ouverture de la cavité vaginale. — Comprimer la bourse en arrière avec la main gauche, de manière à luxer le testicule vers la plaie.

Déchirer avec l'index droit, autour du testicule, la tunique cellulo-vasculaire si lâche qui existe entre le dartos et la tunique fibro-crémastérine.

83 i OPÉRATIONS SUR L'aPPAREIL URO-GÉNITAL

Le testicule une fois énucléé, isoler le cordon encore avec le doigt, jusqu'à l'anneau inguinal externe.

Avant de passer à rénuclcation, il faut ouvrir la cavité vaginale toutes les fois qu'il y a doute sur la nature de la tumeur. On pourra ainsi quelquefois éviter de castrer pour une hématocèle, pour une vieille hydrocôle, etc

S"" temps : Section du cordon et ligature isolée de ses vaisseaux. — Pour empêcher le cordon de se rétracter dans le trajet inguinal, passer une anse de fort fil de soie à travers son épaisseur, après avoir fait la voie avec le bec d'une sonde cannelée, et confier les chefs de l'anse à un aide, ou bien saisir le cordon entre les mors d'une pince à forcipressure convenable.

Diviser peu à peu le cordon en travers, à un doigt audessous de l'anse ou de la pince, et lier au catgut tout vaisseau qui donne ou qui se voit. Les artères du cordon sont au nombre de trois : la déférentielle, toute petite, contre le canal déférent ; la funiculaire ou crémastérine, un peu plus grande, sans position fixe ; et la spermatique, la plus importante (1 millimètre et demi à 2 millimètres), située à côté et en dedans du canal déférent. A l'état pathologique, notamment dans le cas de cancer encéphaloïde, le calibre de ces vaisseaux peut être double et même davantage.

Ae jamais faire de ligature en masse, bien que, à vrai dire, on en ait beaucoup exagéré les dangers (hémorragie secondaire, irradiations douloureuses, tétanos).

J'ai remarqué plusieurs fois que la ligature massive (surtout à la soie perdue) s'accompagne de fistules qui persistent jusqu'à élimination du fil, même quand ce dernier est tout à fait aseptique.

La section du cordon et l'hémostase une fois terminées, fermer complètement la plaie sans drainage [pansement aseptique) .

Le procédé en coquille de Jobert et celui à deux lambeaux de Rima sont séduisants au premier abord ; mais ils méiùtent d'être complètement abandonnés, parce qu'ils sont une pure complication opératoire sans avantage et qu'ils ne permettent pas de suivre le cordon assez haut et de juger son état.

L'hémorragie post-opératoire ne vient pas toujours du cordon; je l'ai vue venir une fois et très abondante de l'artèi^e de la cloison.

CHEZ l'iiomiwi-] 835

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