CASTRATION
La castration, dite encore ovariotomie )wrmale, oophorectomie, est une opération qui consiste à extirper soit un ovaire seulement (c«s//-«//o/i simple ou tinilatérale) , soit les deux ovaires {castration double ou bilatérale), par la voie vaginale (opération de Battey) \ ou p^ • la voie abdominale [opération de Hégar) -, en dehors de toute inflammation aiguë ou subaiguë des ovaires et des trompes. L'expression courante ù^ ovariotomie sans qualificatif est réservée pour l'ablation des ovaires qui sont devenus le siège de gros kystes ou de tumeurs néoplasiques. En thèse générale, la castration double est préférable à la castration simple, parce qu'elle assure mieux le résultat thérapeutique.
On a beaucoup abusé et Ton abuse encore de celte opéralion 2. Il ne faut y avoir recours que devant des indications précises, mûrement réfléchies, aussi exactement contrôlées
' Batley (A//a)j/a m and. s. /., p. 321, septembre 1872).
♦ Méqax {Centrabl. fïir Gyn., n" 17, 1877, et n" 2, 1878).
' Consultez f'ichevin, Des abus de la castration {Th. de Paris. 1889).
948 OPÉRATIONS SUR l'aPPAREIL URO-GÉNITAL
que possible par tous nos moyens actuels d'investigation, et après avoir exposé à l'intéressée ou aux intéressés ses deux conséquences physiologiques pour ainsi dire fatales : l'aménorrhée définitive et la stérilité. D'une manière générale, la castration est légitime après qu'on a constaté l'impuissance du traitement médical et de la petite chirurgie gynécologique ordinaire : 1° quand il existe dans l'appareil génital des phénomènes graves (/ie/?20/vrt^/e5, douleurs, effets de compression), qui paraissent dépendre des ovaires ou ne peuvent plus être guéris que par la suppression de ces organes ; 2'^ quand des troubles nerveux graves soit à distance, soit du côté du système cérébro-spinal sont ou paraissent provoqués ou exagérés par l'exercice de la fonction menstruelle. Ces deux formules peuvent, par conséquent, s'appliquer au traitement :
a. Des myomes utérins ou interligamentaires , hémorragiques ou non, autrement inopérables ;
b. De la dysménorrhée, liée ou non à l'absence ou au développement imparfait de l'utérus ;
c . De la paramétrite sclérosante chronique (Chalot, observations personnelles) ;
d. Du prolapsus ovarien;
e. De la hernie ovarienne ;
f. De Vovarialgie, abstraction faite de Vovarie des hystériques ;
g. De certains troubles digestifs qui ont amené une anémie profonde et tenace ;
h. De diverses névroses symptomatiques telles que l'épilepsie, l'hystéro-épilepsie, l'hystérie.
i. De psychoses comme la folie, la manie puerpérale, la nymphomanie.