‹ Nouveaux éléments de chirurgie opératoireChapitre 41 sur 198 · DE SANG ANIMAL · texte numérisé non relu

DE SANG ANIMAL

(Transfusion ai-Lério-veineuse.)

Appareil. — Pour transfuser le sang d'un animal, d'un agneau par exemple, à l'homme, on peut construire facilement et improviser partout un appareil des plus ^ simples et qui offre, en même temps, moyennant quelques précautions, toute sécurité désirable. Il consiste en deux canules., celles n*^ 1 (la plus grosse) et n*^ 2 du trocart multiple de Mathieu et en un tube de caoutchouc assez résistant, long de 40 à 4-5 centimètres, ayant un cahbre de 5 millimètres, et qui doit relier les deux canules entre elles (fig. 77). Sur la petite extrémité de chaque canule, on fait à la lime une série de petits sillons qui serviront à fixer les fils à ligature. Ceux-ci seront en soie forte. On se . procure une paire de ciseaux droits, une pince à forcipressure et de l'eau chaude à 40*^, légèrement additionnée de bicarbonate de soude et de sel de cuisine.

Manuel opératoire. — Préliminaires. Le bras droit par exemple d'un sujet étant attiré hors de la table, on lui applique le bandage de la saignée et la bande à refoulement d'Esmarch. A proximité, on place l'agneau muselé, entravé, et on l'assujettit de façon qu'il ne puisse plus bouger pendant l'opération de la transfusion. Un aide l'anesthésie ensuite avec le chloroforme.

FlG. 77.

Procédé. — Quatre temps: 1. Placement de la petite canule dans la veine du récepteur. Mettre la veine à nu comme pour la transfusion immédiate de sang humain, l'isoler de toutes parts, l'inciser en V, introduire la petite extrémité de la canule dans le bout central de la veine et

l'y fixer par une ligature de soie. Enlever le bandage de la saignée et la bande d'Esmarch.

2. Placement de la grosse canule dans une carotide primitive. Après avoir adapté le tube de caoutchouc à la grosse extrémité de la canule, mettre la carotide à nu, l'isoler sur la plus grande longueur possible, la lier à l'extrémité supérieure de la plaie, puis la comprimer en bas avec une pince hémostatique. Cela fait, la diviser transversalement à moitié avec les ciseaux, entre la pince et la ligature ; introduire la petite extrémité de la canule dans son bout central et l'y fixer par une hgature de soie.

3. Expulsion de Vair et établissement de la circulation anastomotique. Relever la petite canule et la remplir avec l'eau chaude alcalinisée et salée, pour en chasser l'air et pour maintenir la fluidité du sang. Enlever la pince qui comprime le bout central de la carotide ; puis, dès que le sang sort par l'extrémité encore libre du caoutchouc, comprimer cette extrémité entre les doigts d'une main et l'ajuster avec la canule en introduisant celle-ci dans le tube. La transfusion se fait d'elle-même sous l'impulsion du cœur de l'animal.

La petite quantité d'air qui a pu i*ester dans l'appareil est minime ; on n'aurait nullement à s'en prooccuper sur le vivant.

-4. Retrait et nettoyage de Vappareil.

B. — TRANSFUSION MKDLVTE DE SANG HUMALN

Appareil. — L'appareil le plus simple et qu'on puisse également avoir en tous lieux, consiste en une canule, celle du trocart n*^ 2 ou 3 de Mathieu ou un autre analogue, et une petite seringue de préférence en caoutchouc durci, contenant 200 à 300 grammes et dont le piston, préalablement imprégné d'huile phéniquée, joue à frottement exact (fig. 78).

Manuel opératoire. — Préliminaires. Les mêmes que pour la transfusion immédiate du sang humain. (Voy. cidessus.)

TRANSFUSION DU SANG

Procédé (pour le sang non défibriné). — Quatre 1 . Placemenl de la canule dans la veine du rècepleur.

2. Saignée du donneur et chargement de la seringue. Si la veine médiane céphalique ou basilique du donneur est rendue apparente par la circulation artificielle, la saigner avec une lancette à grains d'orge ; sinon la mettre à nu par une incision des téguments et l'ouvrir d'un coup de ciseaux. Dans l'un ou dans l'autre cas, recevoir le liquide coloré, qui coule dans le corps même de la seringue qu'on a préalablement chauffée et dont on a retiré le piston. Si la section de la veine ne donne pas de liquide, faire comme si la saignée avait réussi, et remplir la seringue de liquide coloré.

Lorsque sui' le vivant on veut employer du sang humain défibriné, ce qui expose moins à la l'ormation de caillots migrateurs , on recueille d'abord le sang de la saignée dans un vase aseptique, on sépare le sérum et les globules d'avec la fibrine en battant la masse avec un petit balai également aseptique, puis on filtre sur un tamis fin, et c'est avec le liquide obtenu qu'on remplit la seringue chaude.

temps

3. Ajustement de la seringue à la canule i't transfusion proprement dite. Faire relever et remplir d'eau chaude salée la canule déjà installée dans la veine du récepteur. Renverser la seringue, canule en haut; pousser le piston jusqu'à ce que le liquide s'échappe de la canule sans bulle d"air ; l'ajuster rapi- fig. 78. dément à la canule du récepteur, puis continuer à pousser le piston avec douceur et lenteur pendant qu'on tient la seringue relevée le plus obliquement possible.

De cette façon, fair, s'il en reste, gagne la partie supérieure du liquide contenu dans la seringue. Par excès de prudence, sur le vivant, on cessera la transfusion avant d'avoir complètement vidé la serinirue.

CUlRinOIE OPEUATOIRE.

-i. Retrait et nettoyage de la canule du récepteur ; nettoyage de la seringue.

On procéderait de même pour la transfusion médiate de sang animal.

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