OPERATIONS MUTILA M II S
Toilette de l\ surface trau.matioue. — On passe d'abord en revue le contour de la surface traumatique. On égalise, soit avec le bistouri et la pince, soit avec le.> ciseaux, la section cutanée, de façon qu'elle soit nette, sans festons, et qu'on puisse TalTronter exactement dan> toute l'étendue. Cette régularisation n'est évidemment plu> à faire, lorsqu'on a acquis un peu d'expérience et qu'on est parvenu à bien pratiquer d'emblée le premier temps de l'opération.
On examine ensuite le reste de la coupe. Avec la pince et de forts ciseaux courbes, on excise les morceaux de-
FiG. 300. — Moignon d'amputation circulaire perpendiculaire. Le tube pointillé central repi'ésente l'os. — Drainage.
FIG. 301. — Moignon d'amputation circulaire à fente. — Pas de draina tre.
muscles et les tendons qui pendent liors de la surface traumatique ou qui en dépassent le niveau. Cependant, cela est rarement nécessaire quand on a taillé les lambeaux de deliors en dedans, ainsi que j'ai conseillé de toujours faire de préférence à la transfixion.
En troisième lieu, et c'est une règle invariable qui concerne spécialement la métliode ovalaire et les méthodes à lambeaux charnus, il faut exciser le plus haut possible tous les nerfs qui se montrent sur la surface traumatique. après les avoir disséqués.
Sans cette mesure, on risque de voir la cicatrice ou l-> pi-: -:>sions répétées irriter les névromcs qui accompagnent fatalement
AMPUTATIONS ET DESARTICULATIONS
la section des nerfs, et entraîner ainsi des phénomènes, plus ou moins graves, connus sous le nom de Névralgie du moignon^.
Enfin, s'il s'agit d'une désarticulation, après avoir essuyé le liquide synovial, on excise la membrane synoviale avec la pince et le bistouri ou les ciseaux, et Ion fait l'abrasion du cartilage.
L'excision de la synoviale et l'abrasion du cartilage se recommandent, à mon avis, comme moyens de favoriser la réunion immédiate ou rapide. Jy ai régulièrement recours dans ma pratique.
FiG, 302. — Moignon d'amputation ovalaire en croupière.
fict.303. — Moignon d'amputation elliptique, avec un grand capiton transversal.
Synthèse des parties dures. — L'affrontement direct des surfaces osseuses n'est applicable qu'à quelques amputations mixtes dites ostéoplastiques, c'est-à-dire où des segments d'os sont conservés dans l'étoffe du moignon pour être opposés à la section osseuse d'un membre. (A. de Pirogoff, par exemple.) (Voy. art. Ostèo-synththe.)
Si Ton emploie la suture, on ne fait, d'ordinaire, qu'un très petit nombre de points.
Plusieurs chirm*giens se contentent de pièces de pansement et du bandage pour affronter les surfaces osseuses.
• Voy. Clialot. De la Névralgie du moignon. {Soc. de chir., février 1878, et Montp. méd., IbTO.)
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Ol'ERATIONS MUTILANTES
Sv.MliÈSE DES PARTIES MOLLES AVEC OU SANS DRAINAGE
(%. 300, 301, 302, 303, 304, 305, 306). — Quelque soit le procédé mi^^ en usage, si Ton a en vue le pansement fermé, lequel est préféré aujourd'hui par la grande majorité des chirurgiens au pansement ouvert, on doit affronter exactement entre elles les surfaces cruentées, tout en ménageant ou non des voies d'écoulement ou de drainage au transsudat séro-sanguin des premiers jours.
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I JG. 30i. — j\Ioi- FiG. 305. — Moignon d"ampu- fig. 306. — Moignon
gnond'ampu- tation à deux lambeaux de Teale, avec un
-talion à un égaux, avec un grand ca- grand capiton ver-
laiiiV>eau. piton tranversal. tical.
L'affrontement se fait au moyen de points de suture entrecoupée qui comprennent les deux lèvres de la peau et du tissu sous-cutané, et souvent aussi les parties musculaires sous-jacentes. On se sert de soie, de catgut chromique, de crin de Florence, et parfois de fil d'argent ou de til de fer galvanisé. Au-dessus de la rangée des points de suture entrecoupée, pour mieux favoriser l'agglutination des surfaces et pour obtenir la plus grande étendue possible de réunion immédiate, il est souvent indiqué de traverser l'étoffe du moignon par un ou plusieurs points de suture en capiton (soie, crin ou fil métallique).
Pour le drainag'e, on utilise des tubes de nature variée : drains .de caoutchouc rouge, drains de verre, de celluloïd, elc ; fenêtres d'espace en espace, et munis à une
AMPUTATIONS ET DKSAin KJULATIONS 423
extrémité dune anse de soie qui sert à maintenir celte extrémité à tleur de peau et. plus tard, h retirer le drain. Les drains se placent aux aniiles de la ligne de réunion, quelquefois aussi au milieu et doivent d'ordinaire plonger parleur extrémité biseautée jusqu'auprès de la surface de section osseuse (tig. 300). Ici, unifjuement pour la djunonstrnlion^ je les représente dépassant le niveau de la ligne de réunion. Le drainage se fait souvent aussi avec de simples mèches de gaze, iodoformée ou non.
Lorsqu'on ne veut pas drainer le moignon, on ferme complètement la plaie, en employant au besoin les .sutures perdues et le capitonnage ivoy. art. Sutures)^ ou bien on laisse quelques intervalles lâches entre les points de suture superficiels.
C'est ainsi que j agi^ liopui^ quaire années i'Oi.r î.ouics les amputations; aucun accident de rétention n'a eu lieu. J'estime <|ue le drainage n'est pas seulement inutile, quand ropcration est réellement aseptique, mais qu'il gène ou retarde la réunion tot.de immédiate.
Si maintenant, on veut classer les amputations et les désarticulations d'après le siège de la ligne de réunion cutanée , future cicatrice, chez le vivant', on mira le i.ijdeau suivant :
] ' Ligne de réunion centrale ( Procédé circulaire ^ En entonne ir .
ou terminale. | perpendiculaire. ' A manchette.
no T • ^ 1 ■ • * 1 Procédé en croupière.
T Ligne de réunion centro- \ ^^ • i • - ,•..-.
.^^^^,„:..,^ . Procède circulaire a lente.
excentrique. i „ . , . . ,
f Procède a deux lambeaux égaux.
3" Ligne de réunion excen- \ Procédé à 1 lambeau.
trique ou latérale. / Procédé elliptique.
4^ Ligne de réunion para- \ I^^--^cédé circulaire . En entonnoir. ■^ incline. ' A manchette.
centrale. i , "•'• V'
' Si l'on lient seulement compte de la ligne <le rrimion de Jeurs bouts.
^24 OPÉRATIONS MUTILANTES