‹ Nouveaux éléments de chirurgie opératoireChapitre 87 sur 198 · DÉSARTICULATION DE DEUX OU DE TROIS MÉTACARPIENS A · texte numérisé non relu

DÉSARTICULATION DE DEUX OU DE TROIS MÉTACARPIENS A

LA FOIS AVEC LES DOIGTS CORRESPONDANTS. — Procédé circulaire à fente dorsale en T. — On l'exécute comme pou

AMPUTATIONS ET DESARTICULATIONS

ramputation de deux ou de trois métacarpiens voisins (voir plus liaut), avec cette différence qu'ici l'incision médiane verticale doit s'étendre jusqu'aux articulations carpométacarpiennes (fîg. 310, ce' c" a").

riG. 311. — Squelelle de la main; dos du carpe.

Pour rappeler d'un coup d'œil la disposilioii des 05 carpiens entre eux, leurs rapports avec les os du métacarpe et de lavaut-bras, et les interlignes articulaires dans leur ensemble.

DÉSARTICUL.\TION DES QUATRE DERNIERS MÉTACARPIENS A

LA FOIS. — Procédé ellipsoïde à lambeau charnu palmaire. — Après avoir déterminé les extrémités de la ligne articulaire, diviser la peau et le tissu sous-cutané suivant une ellipse dont l'extrémité supérieure concave répond par son milieu à la ligne articulaire, et dont l'extrémité inférieure convexe affleure par son milieu le pli cutané palmaire inférieur (fig. 312).

OPERATIONS MUTILANTES

Attaquer les articles par le dos, puis détacher les métacarpiens d'arrière en avant, et sortir du côt^ de la paume en divisant les chairs suivant le tracé du lambeau.

FiG. 31 "2. — Diérèse des joai-ties molles : Pour la désarticulation des quatre derniers métacarpiens à la fois.

Hémostase : trois ou quatre artères mterosseuses profondes, autant d"interosseuses superficielles, et plusieurs autres en nombre indéterminé.

DÉSARTICULATION CARPO - MÉTACARPIENNE. — Procédé

ellipsoïde à lambeau charnu palmaire. — Le même que précédemment, avec cette seule différence que Tellipse embrasse tous les métacarpiens.

Procédé à deux lambeaux inégaux. — Diviser la peau et le tissu sous-cutané sur le dos de la main, suivant une

ligne convexe en bas dont les extrémités correspondent aux extrémités de la ligne articulaire et dont le milieu soit à 1 centimètre et demi de cette ligne. Faire ensuite du côté de la paume une incision semblable dont le milieu soit à [^ ou 'i centimètres et demi de la même ligne (fig. 313).

FIG. 313. — Diérèse des parties molles : l'our la désarliculalion carpo-mclacarpienne. 2 lambeaux inégaux; le petit dorsal»

Disséquer le petit lambeau dorsal, et le reste comme dans le procédé elliptique .

Hémostase : un nombre variable, mais toujours considérable, de petites artères.

Xofa. — Il ne faut pas perdre de vue cpi'en désarticulant le deuxième ou le troisième métacarpien, on ouvre toujours la grande synoviale mcdio-carpienne. L'articulation du premier meta-

OPÉRATIONS MUTILANTES

carpien en est, au contraire, toujours indépendante: celle des deux derniers métacarpiens Test aussi habituellement. Une asepsie rigoureuse est indispensable.

C. Carpe. — Désarticulation radio -carpienne ou du POIGNET. — L'interligne articulaire (condylarthrose) figure un arc dont les extrémités sont déterminées par les apo-

FiG. 314. — Diérèse des parties molles : Pour la désarticulalion de la main. Amp. circulaire à niancheUe.

physes styloïdes du cubitus et le radius, et dont la flèche, c'est-à-dire la distance entre le milieu de l'arc et sa corde, est de un demi-centimètre en général.

Procédé circulaire à manchette. — Après mensuration de la circonférence et calcul du rayon, diviser la peau et le

AMPUTATIONS ET DÉSARTICULATIONS i39

tissu sous-cutané suivant un cercle incliné du dos vers la paume de la main. — Indice de rétraction en avant, 1 centimètre ; en arrière, 2 centimètres (ûg. 31-4).

Disséquer la peau, et la relever en manchette jusqu'à la partie moyenne de l'interligne, en évitant de trouer le derme au niveau de Tos pisiforme, ce qui est assez difficile : si Ton réussit, la vitalité de la peau peut être encore compromise à ce niveau. C'est pour tout cela que Guillery (de Bruxelles) * a proposé de conserver le pisiforme en le détachant du pyramidal.

Attaquer l'article par le côté externe, en passant le tranchant du couteau sous l'apophyse styloïde.

Pendant qu'on écarte au fur et à mesure les surfaces articulaires, diviser toutes les parties molles en faisant marcher le couteau dans Tinterligne et sortir au-dessous de l'apophyse styloïde du cubitus.

Hémostase : l'artère radiale, l'artère cubitale et quelques petites artères.

En attaquant l'ariicle par le côté interne, on risquerait fort de s'égarer dans Tarticulation mcdiocarpienne.

Procédé elliptique à lambeau charnu palmaire. — Diviser la peau et le tissu sous-cutané suivant une ellipse dont l'extrémité supérieure convexe en haut suit l'interligne articulaire, à un demi-centimètre de distance, sur le dos du poignet, et dont l'extrémité inférieure convexe en bas réponde par son milieu à un diamètre, plus 1 centimètre de l'interligne.

Diviser tous les tendons extenseurs au niveau de l'interligne, ouvrir l'article sur toute l'étendue du dos en commençant sous l'apophyse styloïde du radius, faire basculer la main de façon à passer le couteau à plat au-dessous du carpe, et diviser toutes les parties molles en sortant par l'incision palmaire. Il est plus expéditif et non moins avantageux de conserver le pisiforme dans le lambeau.

Hémostase longue et laborieuse : l'artère radio-dorsale, la cubito-dorsale , l'arcade palmaire profonde, plusieurs interosseuses.

' Guiliery {Bull. acad. méd. Belg., 1S80).

OPERATIONS MUTILANTES

Avec un lambeau cutané pris soit sur la paume, soit sur le dos, le procédé elliptique se prête à une hémostase aussi simple et aussi régulière que le procédé circulaire.

Procédé à lambeau charnu externe {k. Dubrueil). — Sur le dos du poignet, à l'union du tiers externe avec le tiers moyen, à un demi-centimètre au-dessous de l'interligne, commencer une incision qu'on conduit vers le premier métacarpien, la recourber à la partie moyenne de cet os,

FiG. 3Io. — Mcme désarticulation.

Procédé à lambeau externe de A. Dubrueil.

et la diriger à travers la peau de l'éminence thénar, jusqu'au point diamétralement opposé au point de départ (fig. 3j.j).

AMl'LTATIOXS ET DÉSARTICULATIONS iU

Disséquer le lambeau en y conservant le plus de muscles possible.

Diviser circulairement les parties molles au niveau de la base du lambeau, et désarticuler.

L;i désarticulation du poignet a repris faveur dans la pratique, jKirce qu'avec la méthode antiseptique, on n'a plus à craindre, lutant qu'autrefois, la suppuration des gaines et l'exfoliation des tt-ndons. J'en ai vu de beaux résultats entre les mains du professeur Dubrueil *.

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