‹ Nouveaux éléments de matière médicale (volume 2)Chapitre 112 sur 214 · SANG-DRAGON · texte numérisé non relu

SANG-DRAGON

millimètres d’épaisseur, enveloppées d’une feuille de Palmier et disposées en chapelet (Guibourt).J

Hanbury et Flückiger ne décrivent que deux sortes de Sang-Dragon : 1° le Sang-Dragon rouge ou Sang- Dragon , en bâtons ( Reacl Dragon s Blood , Dragon's Blood in sticks , des Anglais) ; 2° le Sang-Dragon en masses (Lump Dragon's Blood , des Anglais). La première est la lre sorte de Rumphius ; la seconde est notre 4e sorte.

Le Sang-Dragon de bonne qualité est une résine d’un rouge brun foncé, opaque, fragile, à cassure luisante et rouge. Il prend une belle couleur vermillon, quand on le racle ou qu’on le pulvérise.

Guibourt dit que le Sang-Dragon est inodore ; il nous a toujours paru doué d’une odeur balsamique, faible sans doute, mais agréable, surtout quand on le frotte.

Le Sang-Dragon vient de Singapore et de Batavia. On en expédie beaucoup de Banjarmasin (Bornéo), à destination de ces ports et de la Chine.

Herberger a trouvé, dans un Sang-Dragon en globules, 90,7 0/0 d’une résine rouge, amorphe et acide, qu’il a nommée Draconine. Chauffé jusqu’à 210°, le Sang-Dragon abandonne de l’eau, qui rougit le tournesol et contient un peu d’acide benzoïque et d’acétone. Au-dessus de 210°, il se boursoufle et fournit, entre autres produits, un liquide oléagineux, rouge noirâtre, qui est un mélange d’acide benzoïque, - de toluène, de métastyrol et d’un composé liquide donnant A du benzoate, par l’action de la potasse.

Si l’on traite, par l’acétate de plomb, une solution faite avec un gramme de Sang-Dragon, dans dix grammes d'alcool à 33», il se produit un précipité rouge briqueté, si la résine est pure. En évaporant à siccité un soluté de même espèce et reprenant par la potasse caustique, si la dissolution a lieu sans altération de couleur et si elle noircit par l’addition de quelques gouttes d’acide sulfurique, le Sang-Dragon est de bon aloi ( Pommier , cité par Dorvault).

Le Sang-Dragon est souvent falsifié par des matières i terreuses ou des résines; projeté sur des charbons ardents, il exhale alors une odeur désagréable;

Cauvet. Mat. méd.

PALMIERS

On trouve, dans le commerce, une falsification misérable du Sang-Dragon. Ce produit, facile à reconnaître, est pourtant vendu sous le nom de Sang-Dragon en roseau , bien qu’il soit enveloppé d’une feuille de Maïs et que le Rotang soit remplacé par une ficelle. Ce prétendu Sang-Dragon donne une poudre blanchâtre et possède une odeur de poix-résine très manifeste.

Les traités de Matière médicale mentionnent encore deux sortes de Sang-Dragon , que l’on ne trouve plus dans le commerce.

La première est fournie par leDragonnier(i)racænÆ Draco. , L.), arbre de la famille des Asparaginées et qui atteint des dimensions colossales.

Ce Sang-Dragon découle du tronc et se condense en larmes rouges. Il se présente sous forme de fragments durs, secs, lisses, d’un brun rouge ou d’un rouge de sang, à cassure presque terne et qui sont entourés de feuilles de la plante.

Cette sorte, nommée Sang-Dragon des Canaries, est sans doute le Cinnabar des anciens, que Dioscoride dit être exporté d’Afrique et que les Arabes retiraient de Socotora. ' Il existe, en effet , sur la côte orientale d’Afrique et dans l’Hadramant, une espèce de Dracæna , que l’on croit être le D. Draco , L. ou une espèce voisine. C’est probablement au Sang-Dragon de Socotora, que l’on doit rapporter le Sang- Dragon en larmes, qui vient de Bombay et de Zanzibar.

Ce Sang-Dragon est en larmes ou fragments, à peine longs de 25 millimètres, transparents et d’un rouge magnifique en lames minces. Il se distingue du Sang-Dragon vrai, en ce qu’il ne dégage pas d'acide benzoïque, lorsqu’on le chauffe.

La seconde sorte est fournie par un Ptérocarpe, le Pterocarpus Draco, L., grand arbre de l’Amérique méridionale et qui appartient à la famille des Légumineuses. « Ce Sang- Dragon suinte naturellement et par incision. Il se sèche en larmes rougeâtres. Le commerce l’apporte en morceaux longs de 30 centimètres, épais de 3 centimètres, cylindriques ou irréguliers, comprimés ; ces morceaux ne sont jamais enveloppés de feuilles ; ils contiennent souvent des corps étrangers » (Moquin-Tandon).

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