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ELLÉBORE D’AMERIQUE

surmonté d’un grand nombre de feuilles engainantes, coupées transversalement près de leur base, et garni de racines cylindriques, ridées, grêles, brunes ou brun jaunâtre ; parfois, au contraire, il est dépourvu de racines. Le rhizome et les racines sont blancs ou blanc rousseâtre à l’intérieur ; leur saveur, d’abord douceâtre et un peu amère, devient ensuite âcre et corrosive.

La racine d’Ellébore blanc est un vomitif et un purgatif drastique très violents. Celle du Veratrum'nigrum , L. paraît être aussi énergique et lui est fréquemment substituée.

La souche d’Ellébore blanc renferme du gallate de Vératrine et un alcali nouveau découvert par Simon (Jervine : C30 H4G Az2 O3).

Ce dernier est surtout caractérisé par la coloration d’abord jaune, puis verte, qu’il prend par addition d’acide sulfurique concentré.

Selon Chevalier, « la racine d’Ellébore blanc est parfois mélangée avec la racine d' Asperge , qui s’en rapproche beaucoup par ses caractères physiques ». Ces deux substances sont faciles à distinguer l’une de l’autre

Ellébore d'Amérique ou Ellébore des marais

Aux Etats-Unis et au Canada, on emploie sous ce nom, Comme sédatif artériel, la souche du Ver. viride, Aiton, qui ressemble extrêmement au V. album, celui-ci pouvant s’appeler tout aussi bien V. viride.

Le V. viride croit dans les contrées montueuses de l’Amérique du Nord, depuis le Canada, jusqu’à la Caroline. Longtemps confondu avec le V. album , il en a été distingué par Aiton. D’après Bischolf, il diffère du T', album.

« par des fleurs plus grandes, presque campaniformes, ver-

Fia. 240. — Racine (l’Ellébore blanc.

COLCHICACEES

dâtres , à divisions aiguës et par les divisions du périanthe ondulées, munies d’un onglet épaissi vers l’intérieur. »

Selon Pereira, la plante entière a une saveur âcre et brûlante et la souche a une odeur désagréable, qui se perd par la dessicccation.

La souche du V. viride se présente, dans le commerce, sous forme de tronçons, coupés longitudinalement, encore couverts, à leur face supérieure, de feuilles engainantes, réduites à leur base et garnis de racines jaune verdâtre, ridées, épaisses de 2 à 3 millim., longues de 3 à 4 centim.

Fia. 25'). — Coupe transversale d'une portion de la souche du Veratrum viride’

Vue sur une coupe transversale, la souche est netteme nt divisée ei deux parties : une interne ou médullaire, parcourue par de nombreusi faisceaux, presque tous perpendiculaires à la surface de l'écorce. Entre la moelle et l'écorce, se montre une zone jaunâtre, que les Allemand! désignent sous le nom de Kernsclieide , ce qui répond à peu prés à h désignation française de Couche protectrice du corps central.

♦ ep. Épiderme, ou mieux couche cellulaire (subéreuse?) presque amorphe et très brune I. — pc. Parenchyme cortical. — fe, Kcrnscheide — fj'. Faisceau fibrO-vasculaire. - ;, v. Faisceau vasculaire. — t cr, Tissu cribreux. — pin. Parenchyme médullaire. - jfli P k". Cellules isolées de la Kernseheide, et V. Vaisseaux isolés plus grossis (190/1).

ELLEBORE L’AMERIQUE

La moelle et l'écorce sont formées de cellules minces, ovales ou polyédriques, remplies de fécule ; les faisceaux ligneux se composent de vaisseaux rayés, entourant plus ou moins un amas de tissu cellulaire à éléments très fins et très minces, qui doivent être rapportés au tissu cribreux. Ces faisceaux renferment parfois, surtout dans l'écorce ou au voisinage de la Kernscheide, des fibres à paroi finement rayée en travers.

Les cellules de la Kernscheide sont carrées, arrondies ou ovales (fig. 250), pourvues de parois épaisses et jaunâtres ; elles sont disposées en une couche généralement simple, irrégulièrement circulaire.

La souche de l’Ellébore d’Amérique est à près inconnue dans le commerce européen. On lui a substitué celles de l’Ellébore blanc ( Veratrum album , L.), de l’Ellébore vert ( Helleborus vii'iclis. L.) et de l’Ellébore noir (II. niger , L.) ; enfin, comme conséquence naturelle de la falsification habituelle de la souche de cette dernière plante, on a donné éga lement, à sa place, la racine (Souche) du faux Ellébore noir, qui est fournie par Y Actæa spicata, L.

La forme toute différente de la souche des Helleborus et Actæa, ainsique la présence de faisceaux ligneux plus ou moins développés et disposés en cercle autour delà moelle, enfin l’absence de Kernscheide, dans ces souches, permettront de reconnaître immédiatement leur substitution à celle du V. viride.

Il n’en est pas ainsi, lorsque l’on vient à comparer, dans leur structure et leur aspect, les souches de l’Ellébore blanc et de l’Ellébore d’Amérique. Flückiger y a, paraît-il, cherché en vain des différences, à l’aide du microscope ; celles que le docteur Oulmont a signalées n’ont pas une assez grande valeur, pour servir de caractères.

L’étude longtemps continuée de la constitution histologique de ces deux souches et de leurs racines nous a permis de formuler les conclusions suivantes :

1° Les distinctions entre le V. album elle V. viride, quoique peu apparentes, au premier abord, sont néanmoins assez tranchées, pour empêcher de confondre ces deux substances.

2° La souche du V, viride est généralement formée d’un tissu .plus compact et plus blanc que celui de la souche du V. album; elle renferme moins de faisceaux, surtout dans sa portion corticale.

3° Les cellules de la Kernscheide ont des parois plus minces, dans le V. viride , que dans le V. album (fig. 250-251).

COLCHICACEES

40 Les fibres du V. viride sont minces et leur cavité offre de fines cloisons transversales incomplètes; celles du F. album sont coupées

Fig. 251.— Coupe transversale d'une partie de la souche <lu Veratrum album

5o Les racines du F. viride ont une couleur jaune verdâtre ciair ou jaune paille et une épaisseur qui varie de 2 à 3 millimètres ; leur écorce est formée d'un tissu extérieur lâche, à lacunes linéaires, et d’une portion interne blanche, féculente, assez dense, qui, d'ordinaire, se sépare aisément du corps ligneux i.

6° Les racines du F. album sont noires, brunes ou brun jaunâtre, épaisses de 3 à 5 millimètres; leur écorce est très développée, compacte,. blanc grisâtre et difficilement séparable du corps ligneux.

7° Le corps ligneux du F. viride est blanc jaunâtre extérieurement, peu adhérent à l’écorce et épais d'environ 3 à 4 dixièmes de millimètre ; celui du F. album est brun jaunâtre extérieurement, adhérent à l’écorce et épais d’environ 5 à 6 dixièmes de millimètre 2.

1 En comparant deux échantillons, l’an de V ■ album, l’autre de V. viride , provenant de la collection Chantre (de Londres), 011 reconnaît que les différences extérieures, signalées ci-dessus, ne sont pas aussi nettement tranchées que nous l’avons dit. Nous affirmons l’exactitude absolue des distinc" tions, que nous avons enregistrées, dans notre mémoire (Sur la racine du Ver. viride el sur les racines qu’on lui substitue dans le commerce), publié il y a plus de 20 ans. Il se peut, toutefois, que les différences alors observées fussent dues à des questions d’âge ou à l’époque de la récolte des rhizomes,

2 Ces dimensions n’ont pas été déterminées d'une manière très rigoureuse, car en mesurant la section du corps ligneux, sur un certain nombre de dessins pris à la chambre claire, j’ai trouvé que la surface de section du V. viride est à celle du V. album comme 12 : 20, en moyenne.

* k. Kernscheide. — h’ h”. Cellules de la Kernscheide isolées, pour montrer leurs diverses formes (190,1). — cp. Epiderme (?) . — ff'v. Faisceau flhro-vasculaire et tissu cribreux. — fv. Faisceau vasculaire — V Vaisseaux plus grossis 190/1). — cp, cp’ Parenchyme cortical. — pm,pm Parenchyme médullaire.

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