ELLÉBORE D’AMERIQUE
8° Les fibres ligneuses des racines du V. viride ne sont pas nettement séparées par une zone de matière intercellulaire; leurs parois sont peu épaisses et 'leur cavité est proportionnellement très large. Ces fibres sont irrégulières (fig. 251, A).
9° Les fibres ligneuses des racines du V. album sont nettement séparées les unes des autres, par une zone mince et transparente de matière intercellulaire ; leurs parois sont épaisses, fréquemment canaliculées, marquées de stries concentriques d'épaississement et leur cavité, en général étroite, est arrondie ou étoilée, selon l’âge de la racine. Ces fibres sont assez régulières, arrondies ou polyédriques (ûg. 251, B).
H. Worthington, qui a étudié la composition de la souche du V.
viride, y a trouvé, entre autres substances: une matière huileuse , de l 'acide gallique et un alcaloïde (?) analogue à la vératrine, insoluble dans l’eau, à peine soluble FlG.251. Portions plu dans l’éther et entièrement soluble dans l’alcool absolu. Cette substance, étant exposée à la flamme,
se liquéfie d’abord, puis se gonfle et brille sans résidu ; elle a une saveur âcre, brillante, persistante ; elle constitue un sternutatoire violent. La nature de cet alcaloïde n’est pas encore connue.
Oulmont a conclu de ses expériences comparatives, faites avec le V. album, la Vératrine et le V. viride , que la Vératrine n’est probablement pas le principe actif de ce dernier et que si, à certains égards, le V. album produit les mêmesefFets que le V. viride, \\ y a cependant, entre ces deux substances, des différences assez tranchées. Selon Cutter, en effet, le V. album est un purgatif drastique, tandis que le F. viride purge rarement. Le principe signalé par Oulmont est une substance résinoïde extrêmement toxique et qui possède,
s grossies d’une coupe transversale de la souche du Y. viride (A) et du V. album (B)*.
* k, Kernscheide. — cc. Cellules corticales. — cl, Couche ligneuse — fl, Fibres plus
grossies.
Gauvet, Mat. Méd.
C0LCÜ1CACKES
d’ailleurs, les propriétés physiologiques de l’alcaloïde, si bien que, d’après Oulmont, la racine épuisée de vératrine se comporte, à l’intensité près, comme si elle était intacte (Gubler).
Les effets physiologiques de ce V ercUrum sont les sui vants : « diminution de la fréquence du pouls et de la respi ration, faiblesse avec vertiges, nausées, vomissements et, alors, prostration générale, avec refroidissement, augmen tation des sécrétions et surtout de la salive » (Reveil). Sous son influence, le pouls peut tomber de 140° à 30° par minute, sans que le système nerveux en souffre. Gubler attribue à l’action topique du Veratrum, sur l’appareil digestif, la sédation circulatoire et les phénomènes connexes ; il dit que leur degré est proportionnel à l’intensité des troubles gastrointestinaux. Il préconise l’emploi de l’alcoolature préparée avec 2 parties de racine fraîche et 0 parties d’alcool rectifié, qu’il prescrit par 5 gouttes tous les quarts d’heure.
Cévadille
Le nom de Cévadille , tiré de l’espagnol Ccbada (Orge), est employé pour désigner les fruits d'une plante bulbeuse du Mexique et de l’Amérique centrale, Y Asagræa offcinalis, Lindl .(Veratrum officinale, Schlecht.; Sabadillaofficina ram, Brandt ; Schœnocaulon officinale , A. Gray, fig. 252).
Les fruits de la Cévadille sont des petites capsules à déhiscence septicide, longues de 10 à 15 millimètres, offrant à leur base les restes d’un calice bipartit, brièvement pédonculées et composées par 3 follicules papyracés, brun rougeâtre, s’ouvrant par leur suture ventrale. Ces fruits contiennent un petit nombre de graines noires, rugueuses, anguleuses et ensiformes, longues d’environ G millimètres, épaisses de 2 millimètres, et à sommet terminé en une sorte de bec.
Les semences de la Cévadille sont formées par un tégu- ment épais, qui enveloppe un albumen huileux, dont la base est occupée par un petit embryon. Elles sont inodores, mais douées d’une saveur amère, très âcre: elles excitent la sali-.'
CKYADIU.1-:
vation et leur emploi à l’intérieur produit des effets d’irrita-
tion très intenses.
Ces semences sont infiniment plus actives que les rhizomes des Veratrum album et V.viride. Elles contiennent environ 3 0/0 de Vératrine, tandis que ces rliizc n’en fournissent g que 0,4 0/0.
Il ne faut les ployer, même à l’e rieur, qu’avec une gr réserve. Leur po est fortement stern toire ; elle était u jadis, contre la
produit une salivation abondante; à dose plus élevée, il y a
(prostration, abattement, diminution du pouls; enfin, à dose plus élevée encore, elle détermine des contractions musculaires, avec tétanos, trismus et asphyxie.
Elle irrite très fortement la muqueuse nasale et l’on ne peut la pulvériser, même avec précaution, sans éternuer violemment.
fusible à 115°, inoc acre et amère, i lubie dans l’eau, pci lubie dans l’éther, soluble dans l’ali L’acide azotique centré prend, à son tact, une teinte d’abord
mine, sous le non Poudre de Caj>u
La Vératrine esl substance pulvéruh
écarlate, puis jaune; l’acide sulfurique se colore en jaune, puis en rouge de sang et enfin en violet.