‹ Nouveaux éléments de matière médicale (volume 2)Chapitre 120 sur 214 · A LO K N · texte numérisé non relu

A LO K N

bulbe est émétique, expectorant et diurétique et dont le suc est tellement irritant, que les habitants appellent la plante Jeukbol [Bulbe à gratter).

Le Crinum asiaticum , var. toxicarium, Herbert (C. toxicarium , Roxb.), plante de l'Inde et de ses îles, cultivée pour son feuillage et ses belles fleurs blanches, dans l'Inde, où l’on emploie le bulbe comme émétique.

l'Ornithogalum scilloules , Jacq., du Cap, est cultivé au Wurtemberg, où il est usité, dit-on, en place de Scille.

Aloès

On désigne, sous ce nom, le suc retiré des feuilles do diverses plantes du genre Aloe, L., plantes qui sont presque toutes originaires des régions chaudes de l’Afrique.

L’Aloès paraît contenu dans des réservoirs spéciaux de la feuille et nous croyons devoir faire connaître la constitution anatomique de cette dernière.

Examinée sur une coupe transversale, la feuille de l’ Aloe soccotrina se montre composée des éléments ci-après (fig. 254).

1° Une couche épidermique (a), composée d'un seul rang de cellules quadrilatères arrondies, un peu bombées en dehors, recouvertes par une cuticule épaisse, offrant de nombreuses saillies.

2° Un parenchyme (b), à cellules remplies de chlorophylle, dont les plus extérieures, appuyées à l'épiderme, sont ordinairement allongées radialement, tandis que les autres sont polyédriédriques et plus grandes: quelques-unes de ces cellules contiennent des raphides.

3° Une zone simple de faisceaux libéro-ligneux (c à g), ovoïdes ou subarrondis, toujours distincts, séparés par un tissu cellulaire incolore, dont les éléments sont remplisdu liquide mucilaginéux dont nous parlerons ci-dessous :

4° Ùnfimt cellulaire incolore (h) qui occupe tout le centre de la feuille et s’interpose entre les faisceaux : ce tissu est formé de grandes cellules polyédriques, incolores, remplies d'un liquide mucilaginéux et insipide, que l'acétate neutre de plomb précipite, mais qui n'est pas coagulé par la chaleur, même après addition d’acide azotique (Fltickiger). Ce tissu pulpeux est, paraît-il, employé comme aliment, dans l'Inde, pendant les années de disette (itewart, cité par Hanbury et Fltickiger).

Les faisceaux examinés de dehors en dedans, présentent la constitution suivante :

. a) Une série simple de cellules (c), allongées tangenliellementau faisceau sur la portion extérieure duquel elles forment un arc. Ces cellules,

LTLIACEES

qui entourent ainsi la moitié externe du faisceau, sont superposées les unes aux autres, mais toujours séparées par une cloison et remplies d’une matière jaunâtre, brunissant à l'air;

Fio. 254. — Coupe transversale d'une portion de la feuille de V Atoe soccotrtna,

montrant un faisceau.

£) Un groupe de cellules de grandeur inégale : celles qui s'appuient à la couche extérieure (ci), sont très grandes, les autres sont de plus en plus petites. Ces cellules renferment un sucincolore, qui passe au violet, quand il est exposé à l'air, surtout sous l influence de la chaleur, et II encore plus vite sous l’action des vapeurs ammoniacales. Flitckiger a

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donné à cetle matière le nom de substance chromogène, nom que de Lanessan a appliqué au tissu qui la contient ;

y) Un amas de ce tissu libérien (e), à très lins éléments, que nous appelons tissu cribreux et que les Allemands appellent Kambiumstrang ;

5) Deux ou trois vaisseaux (trachées, f) plus ou moins larges, entourés d’un tissu fibreux ( g ) formé d'éléments allongés, à mince paroi et à section polyédrique.

On pense que le principe actif de l'Aloès est renfermé dans le tissu chromogène et dans les cellules à contenu jaune, qui recouvrent la portion externe du faisceau.

On en extrait le suc de plusieurs manières :

1° Selon quelques voyageurs, les Hottentots font des incisions aux feuilles encore attachées à la plante; le suc, qui en découle, est recueilli sur des feuilles étalées sur le sol.

2° On coupe les feuilles et on les place debout dans un tonneau, au fond duquel le suc se rassemble.

3° Les feuilles sont hachées, puis exprimées pour en tirer le suc; celui-ci, étant dépuré par le repos, est mis au soleil dans des vases plats, où il se concentre.

4° A la Jamaïque, on coupe les feuilles en "morceaux et on les met dans un panier, que l’on plonge pendant quelques minutes dans l’eau bouillante. Cette opération est continuée avec de nouvelles feuilles, jusqu’à ce que la solution soit assez chargée; on laisse refroidir et déposer ; on décante et on évapore le liquide, puis on coule l’extrait dans des calebasses.

5° Aux Barbades, selon Hanbury et Flückiger, les feuilles sont récoltées en mars et en avril. On les met debout et la tranche de section en bas, dans une auge en forme de prisme triangulaire, d’au moins f mètre de long et ayant une profondeur de 30 à 40 centimètres. Cette auge est disposée selon un plan incliné, de manière que le liquide sorti des feuilles coule le long de la rigole formée par la réunion de ses parois et en gagne l’extrémité la plus déclive. Un trou percé à cette extrémité permet la sortie du suc, qui tombe dans un récipient placé au-dessous. La matière ainsi recueillie est évaporée ensuite, dans un vase en cuivre, dont le fond est

LIUACÉES

occupe par une espèce de cuiller mobile, qui reçoit les impuietes au fur et a mesure de leur dépôt et permet de les ^epaiei de la masse. Quand l’évaporation paraît suffisante, 1® losidu est verse dans des calebasses ou dans des boîtes, où il achève de se durcir.

6° Au Gap, selon Peter Mac Owan, on étend une peau de Chèvre dans un trou creusé dans le sol et, sur les bords de cette peau, on dispose les feuilles p;\r séries successives, de telle manière que le suc se rassemble au milieu de la peau. Le suc ainsi recueilli est versé dans une bassine en fer et évaporé par ébullition.

( 7° A Natal, on coupe les feuilles en tranches obliques, que l'on expose au soleil pendant la plus forte chaleqr. Le suc qui en découle est évaporé, par ébullition, dans des chaudières en fonte. On le remue constamment, pour en favoriser 1 évaporation et empêcher qu il ne brûle. Lorsqu’il est suffisamment épais, on le verse encore chaud dans des caisses en bois (Hanbury).

8° Dans quelques pays, on fait simplement bouillir les feuilles dans l’eau.

Les div ei § produits ainsi obtenus ont reçu le nom générique d 'Aloès.

Les Aloès varient nécessairement, selon le procédé qui a servi à leur préparation : plusieurs sortes sont translucides , tandis que d’autres sont opaques et de couleur foncée, variant du noir au brun chocolat et au brun grisâtre. Ces dernières reçoivent assez généralement le nom commun d 'Aloès hépatique . On les distingue, d’ailleurs, selon leur provenance.

Les différences existant entre les deux groupes d’Aloès (opaques et translucides) ont reçu diverses explications, qui ne sont pas toujours suffisamment justifiées. Ainsi l’observation montre que certains Aloès, importés sous un état semi-fluide, se séparent, par le repos, en deux parties : une supérieure, translucide, noirâtre; une inférieure, cristalline, comme boueuse et de couleur brun orangé. Abandonnées â 1 évaporation spontanée, ces deux portions restent superposées et se présentent, selon le cas, avec les caractères de

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