ALORS
l’Aloès translucide ou de l’Aloès opaque. Quelques auteurs attribuent l’opacité de l’Aloès hépatique à ce que cet Aloès aurait été préparé sans l’intervention de la chaleur artificielle ; ils rapportent cette opacité à la présence de nombreux cristaux d’Aloïne, dans la masse, ce que Stenhousea d’ailleurs démontré. Il est vrai qu’en évaporant du suc d’Aloès à une chaleur artificielle, on obtient un extrait offrant les propriétés de l’Aloès succotrin ordinaire. D’autre part, Pereira avant soumis à une température de 55° la portion boueuse et grenue de l'Aloès semi-fluide ci-dessus mentionné, cette portion devint transparente, rouge foncé et conserva ces caractères, après le refroidissement. La conclusion naturelle était que l’Aloès translucide doit sa transparence à une modification de l’Aloïne. Toutefois, le docteur Favre combat l’opinion que l’Aloès succotrin doit sa translucidité à l’intervention de la chaleur et conclut de sa controverse, que les deux sortes d’Aloès ne proviennent pas de la même plante. Cette manière de voir, sans doute trop absolue, semble justifiée jusqu’à un certain point, précisément par l’Aloès liquide, qui servit d’étude à Pereira, cet Aloès fournissant à la fois, par le repos, un Aloès translucide et un Aloès opaque, alors que la substance totale devait avoir subi le même traitement. Nous savons, d’autre part, que l’Aloès de Natal est préparé à chaud. Cet Aloès est cependant opaque.
• L’examen comparatif des Aloès opaques et translucides montre que les premiers sont formés par une matière d’apparence féculente, encore peu connue, et surtout par une multitude de cristaux d’aloïne, tandis que, chez les seconds, l’aloïne est à l’état amorphe.
L’Aloès opaque est plus actif et plus estimé que l’Aloès translucide.
Les plantes, dont on extrait l’Aloès, sont assez nombreuses. Nous les ferons connaître, en décrivant les diverses sortes commerciales de cette substance.
Aloès socotrin ou succotrin (Aloès de Bombay , A. de Zanzibar, A. des Indes Orientales). — On l’attribue généralement à X Aloe soccotrina, Lamk., plante à laquelle Bentley et Trimen rapportent, comme synonymes, les A . per-
LIMACBES
foliata, var., L. ; A. vera, Mill. ; A. officinalis, Forsk.?; A. pur pur as cens, Haw. ? Toutefois, H. Bâillon le dit produit par l’A. Perryi, Bak., qui vit à Socotora, tandis que VA. soccotrina habite l’Afrique australe. Il est à croire que cette sorte d’Àloès est fournie par diverses espèces croissant dans les pays voisins de Socotora et en particulier dans l’île et sur la côte de Zanzibar, ainsi que dans les contrées baignées par la mer Rouge,
L’Aloès succotrin offre les caractères suivants : couleur rougeâtre, variable de l’hyacinthe au grenat: cassure unie, glacée, conchoïdale; poudre jaune d’or; odeur agréable, vive, analogue à celle de la myrrhe. Cet Aloès est tantôt transparent, tantôt opaque et traversé seulement par des veines de matière translucide.
Ces deux variétés arrivent parfois séparées, sous les noms d 'Aloès socotnn ou translucide , et d 'Aloès hépatique ou opaque. Elles se distinguent par les caractères suivants:
Aloès translucide : couleur rouge hyacinthe, en masse ou en lames; transparence imparfaite, mais sensible dans des fragments assez épais; cassure lustrée; poudre jaune doré; odeur douce et agréable.
Aloès hépatique : couleur de foie pourprée, rougeâtre ou jaunâtre, soit en masse, soit en lames : transparence à peu près nulle; cassure lustrée, mate ou cireuse; poudre jaune doré; odeur douce et agréable, rappelant celle de la myrrhe et du safran.
Selon Pereira, V Aloès socotrin arrive de Zanzibar et du royaume deMélinda, tandis que Y Aloès hépatique vrai vient de l’Inde par Bombay. En réalité, tout l’Aloès hépatique vient des côtes orientales de l’Afrique et de la mer Rouge, par Zanzibar et Aden; mais les Arabes le transportent à Bombay, d’où il est expédié en Europe. Nous verrons qu’il en est de même pour d'autres drogues, telles que certaines qualités de myrrhe et d’encens.
Pereira dit quel’Aloès hépatique vrai est opaque, de couleur hépatique et possède une odeur analogue à celle de l’Aloès socotrin, mais un peu plus faible. Il est parfois encore mou ou même liquide et ne peut alors être distingué de