I. Salsepareilles du Mexique
VeRA-CrüZ , DELLA CONTA OU DE TüSPAN. — Cette sorte est produite par le Sm. medica. Schlecht., plante des pentes orientales des Andes mexicaines. Elle est composée de racines retournées sur une souche épaisse, généralement pourvue de tronçons de tige. Les tiges sont subcylindriques , géniculées , un peu épineuses et peuvent avoir jusqu’à 60 centim. de long. Les racines sont repliées une fois sur elles-mêmes, noires ou gris jaunâtre, tachées de plaques d’argile, très profondément sillonnées, dures, rarement pleines, plus souvent sèches et chargées de radicelles ;
Cauvkt, Mat. méd.
S.M1LACEES
les plus belles qualités ont une écorce rosée. La zone ligneuse est blanche et souvent plus large que la moelle (fig. 256).
Cette sorte est fréquemment moisie et de mauvaise apparence ; elle arrive en bottes d’environ 1 mètre de long, disposées en balles de forme cubi que, pesant de 75 à 100 kilogr.
Les balles d’origine contiennent parfois jusqu’à 33 0/0 de tiges de Smilax, de piaules étrangères, de pierres, etc. C’est, de toutes les Salsepareilles du commerce, celle dont la récolte a été faite avec le plus de négli-
gence et dont l'emballage est le
Fig. 2ô0. — Section transversale de la Salsepareille delà Vera-Cruz *.
plus frauduleux.
On la vend assez généralement, en France, sous le nom de Salsepareille de Honduras , bien qu'elle ne ressemble pas à la vraie Salsepareille de ce nom et qu’elle soit de qualité très inférieure.
La Salsepareille de Vera-Cruz offre la structure suivante :
Couche corticale externe formée de cellules affaissées, jaunâtres, déformées et recouvertes p tr un épibléma (fig. 257,1 composé de 3ou4 assisses de cellules brun rougeâtre, cunéiformes, très épaisses en dehors, minces
Fig. 25S. — Portion d'une coupe deSalsepareille de la Vera-Cruz, montrant la Kernsclieide et les tissus juxtaposés
en dedans, à lumen étroit, parfois garnies à leur face externe d’une sorte de cuticule (?) brune, informe. Couche corticale interne à cel-
• b. Zone corticale externe; c, Zone corticale interne; d , Kernscheide ; e, bols; h, moelle.
SALSEPAREILLES
Iules grandes, irrégulièrement arrondies, minces, inégales, peu féculentes ou contenant de l’amidon à grains plus ou moins désagrégés. Kernscheide (fig. 258)à cellules radiales, rarement cunéiformes, beaucoup plus souvent rectangulaires, minces en dehors, épaisses en dedans et sur les côtés. Fibre* ligneuse s immédiatement appliquées contre la kernscheide, ovales, allongées tangenliellement, un peu épaisses et radiées ; vaisseaux assez nombreux. La zone ligneuse est, en général, plus large que la moelle. Les cellules médullaires sont arrondies, un peu irrégulières, féculentes et laissent entre elles'quelques petits méats.
Six livres (3 kilogr.) de Salsepareille de Vera-Cruz ont fourni à Thubœuf 17 onces et 3 gros (546 gr.) d’extrait ; ce qui correspond à 18,2 0/0. Dorvault indique, pour la même Salsepareille, les rendements suivants : avec l’eau,
14 0/0; avec l’hydralcool, 12 0 0. En comparant ces nombres, même celui donné par Thubœuf, avec ceux du rendement de la Sais.
Jamaïque anglaise (33 à 41 0/0), on verra combien notre fausse Honduras est inférieure à la Sais. Jamaïque rouge.
Tampico. — Cette Salsepareille est exportée du port de Tampico de Tamaulipas. Selon Schleiden, elle ressembleabsolument aux meilleures Salsepareilles de Vera-Cruz; elle est jaune vif, orange ou écarlate, dure et profondément sillonnée. O. Berg la représente, au contraire, avec une écorce épaisse, féculente et un corps ligneux peu développé.
a, Epibléma ; b, b, parenchyme cortical; h, Kernscheide; ï, bois
l-’io. 250. — Salsepareille de Tampico *.
SMI LACEES
Dans une coupe (fig. 259) fournie par Rodig, de Hambourg, on la voit pourvue d’une ou deux couches de cellules du collenchyme (E piblèma) recouvrant une écorce féculente à cellules minces, arrondies, un peu irrégulières. Les cellules de la kernscheide sont quadrilatères, un peu radiales, minces en dehors, épaisses en dedans, munies d’un lumen plus arrondi et proportionnellement plus large que celui des mêmes cellules dans la Salsepareille Vera-Cruz. Le bois est assez développé, par rapport à la moelle; celle-ci ne renferme pas de vaisseaux.
La Faculté de Lyon possède 2 échantillons d’une Salsepareille, dite de Tampico, achetée à Londres.
L’un et l’autre sont formés par un assemblage de racines, les unes épaisses, féculentes, finement sillonnées, les autres, plus nombreuses, maigres, sèches, fortement sillonnées. Chez toutes, la moelle est développée, le bois mince; l’écorce, mince ou épaisse, selon le cas, est brune ou rosée en dedans, brun jaunâtre ou brun grisâtre au dehors. Le diamètre de la moelle est supérieur à la moitié du diamètre total.
La structure de l’un des échantillons, qui paraît de qualité inférieure, est analogue à celle que présente la coupe fournie par Rodig.
Celle de l'autre échantillon se rapproche de la structure que nous indiquerons pour la Sais. Honduras : (v. plus loin, p. 42G) :
1° par son èpiblèma formé de 4-5 séries de cellules modérément épaisses, à parois presque égales sur tout le pourtour, les extérieures plus grandes, les autres successivement plus petites et dont l’épaisseur diminue peu à peu, pour arriver à se confondre avec celles du parenchyme cortical : elles diffèrent de ces dernières, par un moindre diamètre et par l’absence complète d’amidon ;
2° par son parenchyme cortical, à cellules minces, grandes, irrégulières, très amylacées ;
3° par sa kernscheide, à cellules quadrilatères, parmi lesquelles quelques-unes seulement sont radiales ; ces cellules ont un lumen subarrondi et leur paroi antérieure est cà peine plus mince que la postérieure.
SALSEPAREILLES
Les fibres ligneuses juxtaposées à la kernscheide sont moins grandes que les cellules de cette dernière et pourvues de parois peu épaisses. Les vaisseaux sont assez nombreux ; la moelle est fortement amylacée.
Cette Salsepareille semble donc tenir le milieu, entre la Sais. Honduras ordinaire et la Sais. Tampico de Rodig ; par certains caractères de structure, elle rappelle la Sais, de Para : d’où la conclusion, que la sorte, dite de Tampico, provient de plusieurs espèces de Smilax,
Manzanilla. — Suivant Berg, cette Salsepareille est exportée de la côte orientale , du Mexique, sur une aussi grande échelle que la Salsepareille de Vera- Cruz.
Elle offre les caractères suivants: « Souche épaisse de 2 pouces, longue d’environ 1/2 pied, garnie de tronçons de tiges épineuses, obs «.curément hexagones, et de racines nombreuses,
longues d’environ 4 pieds, épaisses de 3 à 4 lignes. Racines brun fauve, repliées en arrière sur leur souche et pourvues d’arêtes vives, mais irrégulières, avec des faces planes. Couche corticale farineuse, cornée, souvent mince, désagrégée et se séparant aisément du bois. Celui-ci est épais et présente de grands pores vasculaires. La moelle contient des vaisseaux isolés » (Berg).
Voici quelle est sa constitution histologique, d’après une préparation due à Rodig. de Hambourg (fig. 259) :
RMILACÈES
Cellules de Yépiblema disposées sur quatre ou cinq rangées concentriques; cellules corticales, minces, arrondies ; kernscheide a cellules très épaisses en dedans, très minces en dehors, carrées, parfois tangentielles et à lumen tantôt grand, large, arrondi, tantôt, au contraire, assez peu développé; fibres ligneuses juxtaposées à la kernscheide, grandes, ovales arrondies. Bois épais; vaisseaux nombreux, très grands, les plus internes parfois entourés de cellules médullaires.
Berg- représente les fibres ligneuses voisines de la Kernscheide comme étant très grandes, minces, tangentielles et les amas de tissu cribreux {K amhiumstrdng e , Schleiden) beaucoup plus développés que dans la Sais. Tampico et dans la Sais. Jamaïque allemande.
Cette Salsepareille semble inconnue dans le commerce français, du moins sous le nom de Manzanilla, et il nous a été impossible de nous la procurer. Suivant Berg, elle est de qualité inférieure.
Elle paraît constituer l’une des sortes de Salsepareilles goxttteuses, que Pereira rapporte à la Salsepareille Caraque.