II. Salsepareilles du Centre- Amérique
Pereira rapporte à ce groupe la Salsepareille Honduras , une sorte qui vient du Guatemala à la Jamaïque, la Salsepareille de Costa-Rica, que l’on vend généralement sous le nom de Salsepareille de Lima, et celle que, dans lecommerce, l’on appelle parfois Sais epareille de Trurillo..
Honduras. — Cette Salsepareille vient de Belize et autres ports de la baie de Honduras, par la Havane ou par New York et aussi, selon Schleiden, de la côte orientale du Guatemala.
Elle est rapportée par Guibourt au Smilax Sarsaparilla , L.; mais Schleiden fait observer, avec raison, que cette plante croît seulement dans les parties méridionales des Etats-Unis et que sa racine n’est pas exportée. Aucun autre auteur ne mentionne l’espèce, qui produit cette sorte commerciale et nous devons avouer que nous ne savons rien à cet égard.
La Salsepareille de Honduras a des carectères extérieurs
SALSEPAREILLES
variables. Elle est tantôt pourvue de souches avec tronçons le tiges, tantôt dépourvue de souches et disposée en bottes •rosses ou petites, généralement en forme d’écheveau et iées par quelques tours cirulaires de Fune des radies. Les racines sont gris irunâtre pâle ou brun rou •eâtre, tantôt grosses , farieuses ou cornées, tantôt naigres et pourvues de quelues radicelles. L’écorce est parfois beaucoup plus épaisse ue le bois (fig. 261), parfois à eine plus épaisse et souvent runâtre pâle ou rougeâtre.
,e bois est un peu, moins pais que la moelle; celle-
i ne contient pas de vaisseaux ; elle a une fois ou une fois ■t demie l’épaisseur de la couche ligneuse.
Selon Pereira, cette Salsepareille donne une poudre uve; son goût est d’abord amylacé, puis un peu âcre et inq livres (1865
r.) de racine de onne qualité fourissent environ une ivre (373 gr.) ou 0 0/0 d’extrait.
La Salsepareille londuras présente a constitution suiante :
Fig. 261. — Section transversale d’une Salsepareille do Honduras.
Epiblëma (fio-, 262) Fia.26S. — S'Isepareille Honduras (Épibléma).
trmé de deux ou trois
angées de cellules arrondies, un peu plus épaisses en dehors et recou* ert quelquefois par les débris de la couche épidermique; cellules orticales larges, tantôt ovoïdes ou irrégulièrement arrondies, tantôt olygonales, remplies de grains de fécule isolés ou agglomérés et forîant alors de petites masses amorphes, mamelonnées.
SMII.ACEES
Cellules de la Kernscheide (fig. 263) quadrilatères, très peu tangentielles, à peu près carrées, peu épaisses, plus minces en dehors. quelques-unes sont un peu radiales ou cunéiformes.
Fibres ligneuses juxtaposées à la Kernscheide, minces, ovales, allongées tangentiellement 5 elles deviennent plus petites, en se rapprochant du centre ; leur calibre est toujours beaucoup plus grand, leur paroi plus mince que dans la Jamaïque allemande et elle passent insensiblement à la forme arrondie des cellules métlul- | laires, dans l'intervalle des grands vaisseaux intérieurs. Ces ûbres ne nous ont montré, dans leur paroi, que des lignes transversales à peine apparentes ; la zone intercellulaire y est à peine marquée et les couches concentriques d'épaississement nous ont paru peu tranchées.
Les vaisseaux sont nombreux et très grands ; il n’en existe pas dans la moelle. Les amas de tissu cribreux y sont plus développés que dans la Jamaïque allemande.
La moelle est formée de cellules très larges, arrondies et féculentes, 4
Fig. 263. — Honduras. Kernscheide et tissus juxtaposés.
Fia. 264. — Guatemala. Kernscheide et tissus juxtaposés.
Guatemala. Cette Salsepareille ne semble pas connue, en b rance, sous cette désignation. G-, Planchon la rapporte
a la sorte de Honduras. Mais Bentley et Trimen, Holmes, Hanbury en font une sorte spéciale. Nous n’avons jamais vu •d’échantillon authentique de cette provenance. Nous empruntons à G. Planchon (dans Guibourt) la figure de la Kernscheide de cette sorte, qu'il nomme Salsepareille de Honduras ou de Guatemala (fig. 264).
Holmes en parle de la manière suivante :
« Elle a été décrite et figurée par Pereira. Elle se rapproche en apparence delà salsepareille Caraque,plus étroitement que d’aucune autre ; mais elle en diffère par sa couleur brillante, bi un orange et en ce qu elle est privée de souche. Bentley l’a attribuée au Sm. papyracea, Poir.; mais Hanbury n adopte pas cette opinion. C est une Salsepareille farineuse. Mais, tandis que toutes les autres Salsepareilles farineuses ont
salsepareilles
me écorce épaisse et blanche, dans la majeure partie de la acine, celle-ci a une couleur brun clair au voisinage de la ouche et varie excessivement en ses différentes parties. Elle st donc ordinairement distinguée, dans le commerce, par la nanière dont elle est empaquetée et selon que la fraction est ■oudreuse ou non, quand on brise la racine. »
Selon Hanbury, elle ressemble assez à la Salsepareille londuras et est emballée de la même façon; mais elle est lus orangée. Maigres et ridées au voisinage du rhizome, as racines s’épanouissent graduellement, jusqu’à avoir ' millim. de diamètre et acquièrent une écorce épaisse, lanche et amylacée à l’intérieur. Cette écorce se fend isément en travers et se détache par places, en laissant à u le méditullium ligneux.
Jamaïque anglaise. — Pereira rapporte que cette sorte st récoltée abondamment sur la côte de Mosquito, dans est du Honduras et à Saint-Juan de Nicaragua. Elle arrive n Angleterre, par voie de la Jamaïque ; quelquefois aussi elle ient du Guatemala. Celle de Mosquito est portée à Tuxillo, ar les Indiens, et c’est à cela qu’elle doit sans doute le nom i Salsepareille de Tuxillo , qu’on lui donne parfois.
La Salsepareille Jamaïque vraie ( Salsepareille rouge arbue) est attribuée par Pereira au SmilaX of /îcinalis, I. B. et Kunth.
Elle se présente sous forme de bottes longues d’environ pied ou un peu plus, peu soignées et attachées lâchement. !lle offre les caractères suivants :
Racines longues, minces, barbues , c’est-à-dire garnies ’un grand nombre de petites radicelles. Ecorce assez mince, rune, tirant sur le rouge orangé en dehors, d’un brun ougeâtre intérieurement et peu amylacée. Bois proporonnellement très développé, souvent rougeâtre, surtout sa face externe, qui a généralement une teinte brun Dugeâtre. La moelle est féculente, blanche ou un peu osée, d'ordinaire plus petite que le cercle ligneux, rarement lus grande.
Cette Salsepareille teint la salive. Sa saveur, d’abord à eine mucilagineuse, un peu amère, détermine bientôt une
SMJLACEES
sensation d’âcreté assez persistante; sa poudre est brun rou- 1 geâtre pâle.
La description que donne Guibourt de sa Salsepareill K
ligneuse et les deux figures qu 1 l’on en trouve dans le Traité.. ■' des drogues simples de G. Plan'BjW chou, nous portent cù regarder il Salsepareille ligneuse de Guil& bourt, comme une sorte dm
F,0. SAS. - Salsepareille Jamaïque Jamoïque vrai^ < lb
La Salsepareille Jamaïque vrai ! k.
présente la structure suivante (fig. 265) :
Epibléma formé de trois ou quatre rangées de cellules polyédriqu BtlCi arrondies, à peu près régulières, de couleur jaune clair ou jaune i lè peu brunâtre, plus épaisses en dehors, surtout dans la rangée la pl 1 extérieure et parfois recouvertes par une couche simple de cellul If épidermiques.
Les cellules du pareneliyme cortical sont minces, ovales ou arroi s dies, lâchement unies entre elles ; elles contiennent un peu de fécul ■ Celles qui sont juxtaposées à la kernscheide sont quelquefois arroi dies, un peu tangentielles et épaissies sur la portion interne de le I paroi, de sorte que la kernscheide semble alors formée de deux rang* Bde cellules. ! fct
Cellules de la kernscheide quadrilatères, un peu x’adiales, égal Iment épaisses, parfois, mais rarement, un peu plus minces en deho: I
Fibres ligneuses juxtaposées à la kernscheide épaisses, arrond I ou un peu ovales, tantôt aussi grandes, tantôt un peu plus petites q I les cellules de la kernscheide; les libres des couches les plus in Bp Heures sont arrondies aussi, mais plus grandes. B-f
Vaisseaux nombreux, séparés par des cloisons étroites, souv' B ■, obliques; quelques-uns sont épars dans la moelle.
Amas de tissu cribreux ovoïdes, arrondis, peu développés.
Moelle à cellules arrondies, constituant un tissu lâche et conten B un peu de fécule.
Nous avons vu plus haut que la Salsepareille rouge ■ B; récoltée probablement sur la côte de Mosquito. D'après ||. relevé officiel des importations de Salsepareille à la Jam; I que, pendant les années 1840 à 1845, la majeure partie \ fl ■ nait de la Colombie. Pereira fait observer que ce fait est 1 accord avec les dires Humboldt, que l’on importe à la .1
SALSEPAREILLES
laïque de la Salsepareille venant de Garthagène et de Mompox Colombie), mais n’établit pas le pays où est récoltée cette
o rte.
La Salsepareille rouge est de beaucoup la plus estimée. Selon Pereira, 3 livres anglaises (—1119 gr.) de cette acine, de moyenne qualité, fournissent environ 1 livre 373 gr.) d’extrait, soit 33 0 0. La même quantité d’une belle Drte en fournit jusqu’à 1 livre et 1/4 (466 gr.), soit 41 0/0. elon Pope, l’écorce contient cinq fois plus de matière tractive que le bois.
Jamaïque allemande. — On vend en Allemagne, sous le om de roicge Jamaïque , une Salsepareille que Berg dit xportée de la côte de Mosquito à la Jamaïque et dont la ructure ne ressemble en rien à celle de la vraie Salsepaîille Jamaïque.
Les racines de cette sorte sont dépourvues de souches, longues, lavées , jaune d'œuf ou rouge vermillon, proondément sillonnées , épaisses de 1 à 2 1/2 lignes ; l’écorce Bt épaisse de 1 ligne, farineuse, rougeâtre pâle, huit fois us épaisse que la zone ligneuse. La moelle est farineuse, .rge de 1/2 millimètre et traversée par un petit nombre de aisseaux isolés » (Berg).
Schleidën la croit identique à la sorte de Tampico, mais ys deux sortes n’ont pas la même structure. Cette Salsepaùlle est nettement caractérisée par la forme des cellules de i kernscheide, qui la distinguent, comme sorte, des Salseareilles Vera-Cruz, Tampico et Jamaïque anglaise. Voici
uelle est sa constitution (voy. tig. 255, p.
U épi blé ma est formée par deux ou trois rangées de cellules arrones, plus souvent ovales et cunéiformes, épaisses en dehors, de couleur une clair, jaune rougeâtre ou jaune brun, que recouvrent parfois les ébris de la couche épidermique. Le parenchyme cortical est généralisent affaissé et composé de cellules incolores ou jaunâtres ; toutefois, 'lies qui s'appuient à la kernscheide sont épaisses, résistantes, rare* ient régulières et intactes.
Les cellules de la kernscheide sont quadrilatères, très allongées idialement; leurs parois sont inégales, peu apparentes et comme nulles î dehors, très épaisses en dedans et sur les côtés. Les parois latérales >nt séparées des parois antérieure et postérieure, par une ligne net
SMILACEES
ement définie, qui part des angles de la cavité cellulaire. Il en résulte que les parois de ces cellules semblent divisées en quatre parties . deux latérales saillantes , une extérieure très mince, une intérieure épaisse et comme déprimée . Le lumen est linéaire ou présente la
forme d’un triangle à base extérieure.
Les fibres ligneuses juxtaposées à la kernscheide sont souvent plus grandes que les cellules de cette dernière couche, ovales, arrondies ou quadrilatères, nettement distinctes les unes des autres, marquées de stries concentriques d’épaississement et coupées de canaux rayonnants, très fins et très nombreux. Leurs intervalles sont occupés par des méats. Elles sont très épaisses au voisinage des vaisseaux et pourvues alors d’un lumen très étroit.
Les vaisseaux sont disposés en séries rayonnantes et tantôt exactement superposés, tantôt séparés par des cloisons obliques. Les plus intérieurs sont parfois séparés du bois, par des cellules médullaires intercalées, mais toujours entourés d'une ou de plusieurs couches de fibres ligneuses. Quelques-uns sont épars dans la moelle.
La moelle est formée de cellules arrondies, constituant un tissu | assez lâche. Les amas de tissu cribreux sont plus petits et plus rapprochés de la kernscheide, que dans la Salsepareille de Vera-Cruz.
de
loi
roi
lot
Hepp regardait, avec raison, cette sorte, comme très inférieure à la vraie Jamaïque anglaise.
En comparant la coupe transversale que nous avons donnét de cette Salsepareille, avec celles que O. Berg a figurées, dam son Anatomischer Atlas sur Pharmazeutischen Waaren kunde, on voit que notre figure se rapproche beaucoup d( celle du Smilax sylvatica (taf. IY, fig. 19), d’où il résulterait que la fausse Salsepareille rouge pourrait être attribué! au S. sylvatica. Toutefois, dans la figure que O. Berç donne de la coupe transversale de la Salsepareille rouge, le; cellules de la Kernscheide ressemblent beaucoup à celle d< la Salsepareille Vera-Cruz. On pourrait donc supposer qui la fausse Salsepareille rouge provient de plusieurs espèces
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