‹ Nouveaux éléments de matière médicale (volume 2)Chapitre 131 sur 214 · SQUINE · texte numérisé non relu

SQUINE

épaisse, peu sapide, surtout quand on la compare à l’infusé ou au macéré. Celui-ci est amer, âcre, odorant, limpide et doit être évidemment de beaucoup plus actif, tandis que le décocté a perdu, par la vaporisation, une grande partie de ses principes et a dissous beaucoup d’amidon.

La Salsepareille est parfois mêlée de racines étrangères. Telles sont:

1° La racine du Smilaso Japicanga, Griseb., qui est fendue et vide à l’intérieur, avec une écorce gris rougeâtre, très mince et très ridée. — 2° La Salsepareille sauvage du Brésil ( Herreria Sarsaparilla, Mart.) ordinairement iistuleuse et dont l’écorce est ratatinée. — 3° La racine de Y Agave cubensis, Jacq. — 4° Celle du Car ex arenaria, L., ou Salsepareille d’Allemagne. — 5° Celle de l’ Aralia nudicaulis , L., ou Salsepareille grise de Virginie; — 6° enfin celle de Y Hemidesmus indiens , appelée Nunnary- Vayr et Salsepareille grise de l'Inde ou de Madras. Ces 4 dernières sortes de racines ne peuvent être confondues avec la Salsepareille.

Lorsqu’elle est coupée en morceaux, la Salsepareille peut être falsifiée, soit avec des racines épuisées et sans saveur, soit avec des fragments de tige, soit enfin avec la racine d’Arrête-Bœuf. Ces dernières fraudes sont évitées en n’achetant que de la racine entière.

S quine

La Squine est le rhizome du Smilax China, h., plante de la Chine, du Japon et de l’Inde orientale.

La Squine est en morceaux, tantôt un peu arrondis et tuberculeux, tantôt plats et allongés, rougeâtres à l’extérieur. « dépourvus de tout vestige d’ècailles ou dé anneaux. A l’intérieur, elle n offre pas de fibres ligneuses apparentes » (Guibourt). Son tissu est tantôt léger et spongieux, d'un blanc rosé, facile à couper , tantôt compact, très dur, brunâtre et comme résineux. Elle est inodore ; sa saveur est fade et résineuse.

La Squine a joui d’une grande célébrité, comme sudori-

PARI DEES

fiqtte ; mais elle est à peu près inusitée aujourd’hui. Elle entre dans les Quatre bois sudorifiques, avec le Gayac, la Salsepareille et le Sassafras.

Selon Roxburg, les racines des Sm.glabra et S>n. lanceae folia , de l’Inde et du sud de la Chine, ne peuvent être distinguées de la vraie Squine. En diverses localités, on substitue à cette substance les rhizomes tuberculeux de divers autres Smilax : S. Pseudo-China , L. et S. tamnoides , L., des Etats-Unis ; S. Balbisiana , Kth., des Antilles; S. Japicanga, Griseb., S . Syringoides ,Griseb . , S .brasiliensis , Spreng., de l’Amérique du Sud. On a vu (p. 214) que le Pachyma Cocos est, dit-on, substitué aussi à la Squine, bien que ces deux substances diffèrent beaucoup.

P A R I DÉES Racine de Trillium

Aux Etats-Unis, on emploie contre la ménorrhagie, ainsi qu’en applications extérieures, pour combattre les ulcères rebelles, la racine de Trillium pendulum, Willd., plante vénéneuse, dont les baies renferment un suc rouge, que l’alun bleuit.

La racine de Trillium est connue, en Amérique, sous les noms de Belh Root , Wake Robin , Birt Root , Indian Balm , Lamb’s Quarter , Ground Lily. Elle ne figure pas sur la liste officielle de la Pharmacopée des États-Unis.

Elle est en fragments arrondis, à surface rugueuse, encore garnie de quelques radicelles très fines, gris noirâtre en dehors, blanchâtre en dedans, longue de 2 à 3 centimètres, épaisse de 1 à 2 centimètres; son tissu est compact, son odeur faible et sa saveur très âcre. C’est un émétique puissant.

Elle contient un principe analogue à la Saponine.

Résines de Xantâorrhaea

La famille des Xérotidées, voisine des Smilacées, renferme plusieurs genres, dont le plus important est le genre Xanthorrhaea, d’Australie.

RÉSINES DE XANTHORRIIAEA

Le Ar. arbore ci , R. Br., fournit une résine balsamique, connue dans le commerce, sous le nom de Gomme acroïdes et de Résine de Botany-Bay.

Cette résine a une couleur jaune brillant à l’intérieur, et prend une coloration rougeâtre, quand elle est exposée à l’air et à la lumière. Elle diffère de la Gomme-gutte en ce qu’elle ne peut être émulsionnée par la salive.- Elle a une saveur âcre. Récente, elle émet une odeur balsamique agréable, analogue à celle des bourgeons de • Peuplier ; avec le temps, cette odeur disparaît presque entièrement ; mais se dégage, quand on brûle ou qu’on pulvérise la résine.

La Gomme acroïdes contient de l’acide cinnamique, mêlé d’un peu d’acide benzoïque. Traitée par l’acide nitrique, elle fournit beaucoup d’acide picrique.

Les médecins australiens l’emploient contre les maladies de la poitrine. Les naturels la fondent avec de la terre et en préparent un mastic, employé pour assujettir leurs armes, calfater les pirogues, etc. Son nom d 'Acroïdes dérive du nom d e Acroïdes resinifera donné à la plante, par Sprengel.

Elle se dissout presque en entier, dans l’alcool à 40°, et laisse environ 0,07 d’une gomme analogue à la bassorine.

On attribue au X. australis , R. Br., une résine d’une couleur rouge grenat, que l’on trouve ordinairement en larmes. dans le commerce anglais, où on la désigne sous le nom I de Black-boy Gum. Elle se présente parfois sous forme de croûtes mêlées d’écailles et de débris de feuilles. Souvent terne à la surface, de couleur brun foncé, et couverte par places d’une poussière rougeâtre , elle offre toujours une I cassure vitreuse, qui est transparente et rouge vif, dans les I lames minces. Elle contient de l’acide benzoïque et de l’acide cinnamique, mais n’exhale d’odeur agréable que sous l’action de la chaleur. Elle ne contient pas de gomme et se dissout intégralement dans l’alcool et dans les essences des Eucalyptus , sauf dans celle de F E. amygdalina. Elle est I insoluble dans l’essence de térébenthine.

AMARYLL1DÊES

Cette famille renferme quelques plantes vénéneuses : Amaryllis Belladona , L., du Mexique; A. equestris , Ait; Bæmanthus toxicarius , Ait, du Cap, etc.

Presque toutes ont des bulbes émétiques. Nous avons déjà cité le Pancratium maritimum, L., employé comme succédané de la Scille.

Narcisse des prés

Deux Narcisses de nos contrées sont parfois usités en médecine : le Narcisse des préset le Narcisse des poètes. Ce dernier est préconisé comme émétique dans les campagnes.

Le Narcisse des prés (N arc.

Pseudo-Narcissus, L. ; fig. 272) aurait des propriétés analogues à celles de l’Ipéca, mais plus faibles. On en prescrit le bulbe et les fleurs, sous forme de poudre ou d’extrait. Jourdain y a signalé l’existence d’un principe particulier ( Narcitine ), auquel on attribue son action.

La Narcitine est une sub- ; stance blanche, aromatique, déliquescente , soluble dans l’eau, dans l’alcool et dans le vinaigre. S'il est vrai que le bulbe sec en cont ienne près de la moitié de son poids, on ne peut admettre que ce principe soit doué d’une grande activité, car le bulbe peut être administré jusqu’à la dose de 2 et 4 grammes. Il semble que les fleurs sont plus actives,, puisque Micliéa n’a pu donner leur poudre qu’à la dose initiale de 3 décigrammes, augmentée progressivement jusqu’à

Fio. 27 2. — Narcisse des prés.

IRIDÊES. — RHIZOME D’IRIS

15 décigrammes, dose qu’il ne faut pas dépasser, sous peine de voir survenir des vomissements.

La poudre et l’extrait de fleurs de Narcisse ont été préconisés contre diverses névroses.

Ainsi, Michéa prétend avoir guéri des épileptiques, par l’emploi de la poudre et Muynck (de Gand) dit en avoir obtenu de bons résultats, dans la coqueluche.

I RI DÉES

La famille des Iridées fournit deux substances utiles: le Rhizome cl'Iris et le Safran.

Rhizome d’iris

Le Rhizome d’iris, improprement appelé Racine d'iris, est produit principalement par l’Iris de Florence (Iris florentina, L.). Nous verrons qu’on l’attribue aussi à l’ipallida et à VI. germanica.

A l’état frais, le rhizome d’iris (fig.

273) est gros comme le pouce, articulé, rameux, horizontal, d’un blanc jaunâtre extérieurement , charnu et blanchâtre intérieurement. Sur s une coupe longitudinale, ce rhizome se

montre divise , par Fie. 2*3. — Rhizome d'iris do Florence.

une ligne jaunâtre,

en deux parties inégales : une inférieure, blanche, étroite, de laquelle naissent des racines cylindriques ; une supérieure, beaucoup plus grande, parsemée de faisceaux. La face supé-

IHIDEES

rieure porte des demi-anneaux, qui sont les restes des points | d’attache des feuilles.

Dans le commerce, l’Iris de Florence est mondé de son écorce et ne présente plus, sur l’une de ses faces, que des* ponctuations, seuls restes de l’insertion des fibres radicales.

Il est alors en fragments blancs, aplatis, doués d’une odeur de violette et longs de près de 10 centimètres. Sa saveur est | âcre et amère.

L'Iris doit son odeur à une huile essentielle, que l'on ob~ | tient en très petite quantité, par distillation avec l’eau; mais jamais à l’état de pureté. Cette essence est, en effet, toujours combinée (?) avec une matière demi-solide et cristalline, que l’on a nommée Camphre cl' Iris et que l’on trouve flottant à | la surface du liquide distillé. Selon Holmes, elle ressemble un peu à l’essence de fleurs de Sureau. Le Camphre d’iris paraît n’être que de Y Acide Myristique ; il en a la composition (G14 H28 O2), selon Flückiger.

La racine d’iris n’en fournit que 0,10 à 0,12 0/0. Dissoute dans environ quinze parties d’alcool, cette substance est . | vendue comme essence d'iris ou de Violette.

L’Iris contient en outre de l’amidon, un peu de tannin , qui colore les persels de fer en vert, et une résine molle, brunâtre, de saveur âcre. C’est sans doute à cette résine qu’il doit ses propriétés purgatives.

L’Iris de Florence est cultivé en Provence et dans le département de l’Ain. Selon Ifanbury, tout celui qui provient de Florence est produit par 1’/. germanica et par 1'/. pallida, lesquels sont cultivés aux environs de cette ville presque à l’exclusion de 17. florentina. Cela se peut; cependant le rhizome de l’Iris commun nous a toujours paru moins odo- ( rant que celui de l’Iris de Florence.

Le rhizome d’iris est employé sous forme de poudre, comme cosmétique, ou sert à la préparation des Pois à cautère. A l’état frais, il est violemment purgatif.

On vend, dans les bazars de l’Inde, les rhizomes non décortiqués d’un Iris (l. nepalensis , Wall.), que Hanbury croit être 17. germanica ; ce dernier est cultivé dans le Kashmir, d’après Hooker.

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