DICOTYLÉDONES
CONIFÈRES Fruit du Genévrier
Lé Genévrier commun (Juniper us communis , L.) est un arbrisseau de 2 à 6 mètres de hauteur, à rameaux diffus et à
C au vet, Mat. méd.
CONIFÈRES
feuilles vcrticillées ternées, linéaires, très aiguës et piquantes ; ses fleurs sont dioïques. 11 croit dans les régions froides de l’hémisphère septentrional et sur les montagnes de l’Europe. Ses fruits improprement appelés Baies , sont axillaires et n’atteignent leur maturité, que vers la fin de la seconde année.
Ils se composent de trois carpelles entourés par trois a cinq verticales de bractées imbriquées, dont les trois supérieures ; ou internes s’épaississent, deviennent charnues et se soudent, en laissant au sommet un petit espace triangulaire, formé par l’extrémité libre des écailles. D abord verts et o\ aies, ces fl fruits deviennent sphériques, en mûrissant, et prennent une couleur bleu violacé. Ils sont alors o-ros comme un pois, brièvement pédicellés et jj couverts d’une poussière glauque. Ces fruits (fig. 298) sont constitués, par les écailles char- 1 nues, qui entourent trois carpelles étroitement accolés, libres en haut et soudés ai ec le sarcocarpe, vers la moitié inferieure deleui face externe. Ces carpelles offrent, sur une partie de leur périphérie, surtout à la portion dorsale, un certain nombre de petits sacs glandulaires, proéminents, qui, dans les vieux fruits, sont remplis d’une matière oléorésineuse, amorphe et incolore.
Quant aux écailles, qui constituent la portion charnue du fruit, elles sont constituées essentiellement par un parenchyme formé de cellules minces, contenant une matière brun verdâtre, renfermant de la chlorophylle, de l’huile, et une matière cristalline soluble dans l’alcool. Ce parenchyme est occupé par de nombreuses lacunes oléo -résineuses ; il est recouvert, en dehors, par deux séries de cellules ^ cubiques ou tubulaires, remplies de granulations brunes et d une ma-| tière résineuse. L’épiderme se compose de cellules claires, que tapisse extérieurement une cuticule incolore.
Les Baies de Genièvre ont une odeur aromatique, une saveur amère, un peu épicée, thérébenthi lieuse et faiblement sucrée. Elles renferment : 1 à 2 0/0 à huile volatile , 23 (Donath) à 33 0/0 (Trommsdorff) de glucose; de la résine, etc. Selon Donath, on y trouve aussi de petites quantités
Fia. 298. — Bain de Genévrier.
FRUITS DU GENEVRIER
d’acides prussique, malique et acétique, ainsi qu’une très faible proportion d’une substance (Junipèrine) incristallisable, soluble dans l’eau chaude.
Les fruits du Genévrier et l’essence qu’on en relire passent pour diurétiques. Leur emploi communique aux urines une odeur de violette; on les prescrit en infusion ou en fumigations.
On en prépare un extrait , une eau-de-vie , une essence.
L’extrait doit être lisse, sucré, aromatique ; il constitue un excellent stomachique.
L’eau-de -vie de Genièvre (Gin ou Genièvre) est fort usitée en Belgique, en Hollande, en Angleterre, dans le nord de la France, etc. On l’obtient en distillant de l’eau-devie de grains sur les baies du Genévrier, ou en mettant ces baies dans le moût en fermentation.
L’Essence de Genièvre est obtenue par distillation des fruits; sa proportion varie, selon qu’on opère avec les fruits verts ou avec les fruits mûrs. Trommsdorff a observé, en elfet, que les baies non mûres en contiennent davantage et que l’essence se transforme partiellement en résine, à mesure que la maturité se produit. Le rendement varie aussi, selon qu’on a mis ou non les baies macérer avant la distillation : une macération préalable augmente ce rendement.
Cette essence est un liquide incolore ou jaune verdâtre, neutre au tournesol, d’une densité de 0,80 à 0,88. Elle distille entre 155° et280°, et dévie à gauche la lumière polarisée. Elle se dissout dans 10-12 vol. d’alcool à 85°, dans 1/2 vol. d’alcool absolu et complètement dans l’éther. Elle ne dissout pas la fuchsine à froid, mais la réduit à chaud. L'acide sulfurique la trouble et la colore en jaune rouge foncé; il se produit alors une élévation de température, avec dégagement de va peurs. Le mélange, additionné d’alcool, [tasse au chamois ou au rose sale et reste trouble, même à chaud. Projeté dans l’essence, l’iode y détermine une élévation de température, avec explosion et production de vapeurs violacées. L’essence de Genièvre ne donne pas de camphre solide, sous l’influence du gaz chlorhydrique; mais, par une longue exposition à l’air, elle laisse déposer des cristaux un peu solubles dans
CONIFÈRES
l’eau, très solubles dans l’étlier et solubles dans 1 alcool bouillant, d’où ils se précipitent à froid.
Cette essence est formée de deux hydrocarbures : 1 un (C10 H‘°) a une densité de 0,839, bout à 155° et se dissout à peine dans l’alcool à 85°; l’autre (G20 H3*) a une densité de 0,878, bout à 205° et est généralement plus coloré. Celui-ci domine dans les fruits mûrs; le premier est en plus grande proportion dans les fruits verts.
If essence additionnée peu à peu d’iode (essence iodée) ne réagit pas sur l’amidon, possède l’odeur des baies de Genièvre et ne détruit, ni ne jaunit la peau; mais on trouve de l’iode dans l’urine, dans la salive et dans le mucus nasal des malades, qui en font usage (Relier, cité par Dorvciult).
Huile de Cade
Cette matière est fournie par le Genévrier Oxycèdre ou Cade (Junipenos Oxycedrus , L.), qui croît dans le midi de l'Europe. Le Cade se distingue surtout par ses fruits rouges, deux ou trois fois plus gros que ceux du Gevé\rier commun. Les osselets contenus dans son iruit sont renflés a la base, comprimés supérieurement, tronques au sommet et poui\us d’une petite pointe au milieu.
Le bois du Cade, brûlé dans un fourneau sans courant d’air, fournit un liquide noirâtre, ietide (Huile de Cade) et d’une saveur âcre, presque caustique.
L’huile de Cade a été beaucoup préconisée contre les maladies de la peau ; elle agit comme le goudron, mais avec plus d’énergie; elle paraît efficace contre plusieurs manifestations de la scrofulose, particulièrement contre les ophthalmies chroniques. Son emploi semble devoir être borné à l’usage externe. C’est un excellent parasiticide, mais qui a le défaut de sentir très mauvais et de noircir la peau. On lui substitue la matière huileuse, qui surnage le goudron ordinaire (Huiie enipyreumatique), et plus souvent encore 1 huile du goudron de houille.