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SABINE

Sabine

Ln Juniper us Scibinu, L., fig. 299), est un arbris-

seau dioique, à feuilles ovales, petites, pointues, convexes sur le dos, imbriquées sur - quatre rangs, les plus jeunes opposées, non épineuses. Ses fruits sont pisiformes, charnus, d’un bleu foncé à la maturité et portés sur des pédoncules recourbés. Elle croit dans les lieux pierreux du midi de l’Europe.

Guibourt (7U édition) en distingue deux formes ou variétés : 1° mâle ou à feuilles de C yp rês , haute de 3 à 4 mètres;

2° femelle ou à feuilles de Tamarisc, plus petite. C'est là une erreur, car ces deux 9no „ . .

„ . Fia. *290. — Sabine.

formes existent sur le

même végétal. La première, reconnaissable uses feuilles plus longues, déjetees en dehors, se montre sur les rameaux déjà âgées ; la seconde forme, constituée par de très jeunes rameaux, a ses feuilles étroitement appliquées les unes contres les autres, épaisses, concaves et arrondies sur le dos. Cette dernière est la seule médicinale.

Les feuilles de Sabine sont toujours munies , sur le dos, d'une vésicule rêsinifère elliptique , dont la longueur varie avec celle de l’organe qui la porte. Elles sont d’un vert foncé, âcres, amères et douées d’une odeur spéciale, rappelant celle de certaines résines d’Ombellifères. Les feuilles des plantes ci-après lui sont fréquemment substituées.

CONIFÈRES

Le J. Phænicea L. se distingue de la Sabine, par ses fruits plus gros, rouges ou luisants à la maturité , ainsi que par ses feuilles creusées d'un sillon sur le dos , dépourvues de vésicule résinifère et, par suite, n’offrant pas l’odeur spéciale de la Sabine.

Les feuilles du /. virginiana sont souvent disposées sur trois rangs; leur fossette résinifère est plus courte , parfois punctiforme ou môme nulle.

Les feuilles du Cyprès sont pourvues , sur le dos , d’une carène saillante , bordée de chaque côté par un sillon.

La Sabine doit son odeur à une huile volatile, inégalement répartie dans les divers organes de la plante : les bourgeons en contiennent 2 à 2,75 0/0 et les baies environ 10 0/0.

L’Essence de Sabine paraît avoir la même composition que l’essence de térébenthine ; mais elle ne donne pas de camphre, avec le gaz chlorhydrique. Elle dévie de 27° à droite la lumière polarisée.-

La Sabine est réputée emménagogne et même abortive ; mais elle paraît déterminer l’hyperhémie de l’utérus, plutôt qu’exercer une action excito-motrice sur la fibre utérine, ce qui la distingue de la Rue (Fonssagrives). Hamelin l'a administrée sans succès à des Lapines, d’où semble découler la conclusion que, si la Sabine est d’un emploi dangereux, sa propriété abortive n'est pas suffisamment établie. On l’emploie en poudre, à l’extérieur, comme escharotique, contre les végétations syphilitiques. Donnée à l’intérieur, elle irrite fortement l'intestin, détermine de violentes coliques, des selles sanguinolentes, l'accélération du pouls, etc. On ne doit s’en servir qu’avec une extrême réserve et à la dose de 1 à 3 décigr., au plus.

Les meilleures préparations de Sabine sont évidemment l’alcoolature et l’huile volatile ; mais l’infusion de la plante fraîche est de beaucoup préférable. Toutefois, si la dessication des feuilles a été bien faite, la poudre qu’on en obtient possède une grande activité.

On prescrit surtout l’huile volatile ( 2 à 10 gouttes), dans une potion de 100 à 200 grammes.

Le Cèdre rouge ( Junip . virginiana , L.) paraît avoir les mêmes propriétés que la Sabine. On l’emploie aux mêmes usages aux Etat-Unis; ses feuilles semblent être moins actives et fournissent moins d’essence.

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