ÉCORCE DE MÉLÈZE
Larix , Lamk.; Larix decidua , Mill.), grand arbre, qui habite les régions montagneuses de l’Europe centrale et qui produit la Térébenthine de Venise.
L’écorce interne du Mélèze a été recommandée, en 1858, par Frizell (do Du' lin), comme astringent et expectorant.
Elle se présente en morceaux aplatis ou enroulés, de couleur brun rougeâtre. Privée de sa couche subéreuse, cette écorce est rose clair en dehors, lisse ou brun rosé en dedans; son liber est un peu fibreux et blanchâtre. Elle a une cassure courte, une odeur balsamique, térébenthinée, agréable, et une saveur astringente très prononcée. Stenhouse y a trouvé une abondante proportion d’un tannin, qui donne, avec les sels de fer, un précipité vert olive. 11 y a signalé aussi la présence d’un principe cristallisable, nommé Larixine ou acide Larixinique (Clu II1Ü Or’), voisin du pyrogallol et de la pyrocatéehine, mais qui préexiste dans l’écorce. La Larixine est partiellement entraînée par la distillation du liquide, dans lequel on a fait digérer l’écorce. Ses solutions sont colorées en pourpre, par le chlorure ferrique.
L’écorce du Mélèze est prescrite sous forme de teinture alcoolique, comme expectorant, dans la bronchite chronique. On la donne aussi contre les hémorragies internes.
Manne de Briançon. — Pendant les jours secs et chauds de l’été, les feuilles et les jeunes rameaux du Mélèze se recouvrent d’une matière sucrée, blanche, employé jadis, comme laxative.
Cette Manne se présente en petites larmes opaques, souvent oblongues et creusées en gouttières, incrustées sur les feuilles du Mélèze. Elle a une saveur douce et une odeur faible. Berthelot y a trouvé un sucre particulier, qu’il a nommé Mèlèzitose.
La Mèlèzitose (G12 II22 O11) est en petits cristaux courts, durs et brillants, de saveur sucrée faible, fusibles à 140°, solubles dans l’eau, peu solubles dans l’alcool bouillant, presque insolubles dans l’alcool froid, insolubles dans l’éther. Ce corps offre les réactions générales du sucre de Canne, dont il diffère seulement par un pouvoir rotatoire un peu plus grand et en ce qu’il fermente moins facilement.
CONIFÈRES
produits résineux des conifères
On retire des Conifères un certain nombre de produits résineux, qui en découlent spontanément ou que l’on en obtient, à l’aide d’opérations spéciales. Les plus connus sont ceux que l’on désigne sous le nom de Térébenthine , nom que les anciens donnaient seulement à la résine du Térébinthe (Pistacia Terebinthus, L.). Aujourd’hui, on appelle Térébenthine tout produit végétal, coulant ou liquide, composé d’une résine et d’une huile volatile, sans acides benzoïque ou cinnamique. C’est ainsi que les baumes de Copaliu, de la Mecque, etc., sont rangés parmi les Térébenthines.
H. von Mohl a publié, sur la répartition des matières résineuses dans les Conifères, une série d’articles, dont nous allons donner un résumé.
Dans l'écorce, les organes sécréteurs de la résine sont toujours des espaces intercellulaires, situés dans le parenchyme et environnés par une couche simple ou multiple de petites cellules étroitement unies, qui produisent la résine et la versent dans la cavité qu elles entouient. Ces cavités sont de trois sortes : lo des canaux résini fèves, verticaux, rectilignes (un peu sinueux dans les tiges plus âgées), s’abouchant les uns dans les autres, situés en dehors du liber, dans la couche herbacée, souvent visibles à l'œil nu et disposés en un ou plusieurs cercles concentriques; 2° des cavités isolées, globuleuses ou lenticulaires, closes, situées aussi dans la couche herbacée et entremêlées aux canaux résiniferes ou les remplaçant; elles se forment plus tard que les canaux et manquent dans certaines espèces; 3° des canaux horizontaux^ direction radiale, ne communiquant pas entre eux, situés dans la zone libérienne, devant une partie des rayons médullaires corticaux et plus larges que les grands rayons médullaires du bois, dont ils forment la continuation ; ils manquent dans les A hies sibirica , pectinata, etc., qui sont dépourvus de canaux résineux, dans leurs rayons médullaires ligneux. Les canaux de cette troisième catégorie s’élargissent à mesure que l'arbre vieillit, tandis que ceux de la première tombent avec le périderme, par les progrès de l'âge.
Dans le bois, on trouve des canaux horizontaux et verticaux, sauf chez les Abies pectina et sibirica. Les canaux horizontaux occupent le centre des grands rayons médullaires et sont entourés de cellules sécrétantes à parois minces. Les canaux verticaux sont dispersés sans ordre, surtout dans les couches ligneuses moyennes et externes ; ils sout plus grands que les canaux horizontaux. La grandeur et sur-