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PRODUITS RÉSINEUX DES CONIFÈRES

tout le nombre des canaux verticaux sont en rapport avec l'abondance de l’écoulement résineux. H. Molli a compté ces canaux, dans des sections égales, pratiquées sur le Pinus nigricans, qui les a très larges et fournit une énorme quantité de résine, et sur le Picea excelsa , qui les a fort étroits et donne fort peu de résine. Il a trouvé que leur nombre, dans le Pinus, est à celui des canaux du Picea : : 190 : 78. Dans les vieilles couches ligneuses, la résine pénétre la membrane des cellules, remplit par places la cavité des fibres et s'amasse dans les fissures du bois.

Comme H. Mohl, Scliacht a soutenu que Y A bies pectinata ne renferme pas de canaux destinés à servir de réservoir pour la résine.

Un botaniste distingué de l’Allemagne, Dippel, a publié, sur l'histologie des Conifères, un travail très intéressant, dans lequel il parle des canaux résineux de Y Abies pectinata et de l’origine de la résine qui s’y trouve. Selon Dippel, les réservoirs de la résine sont constitués, dans cette espèce, soit par des cellules isolées, soit par des cellules réunies en groupes, soit enfin par de vrais canaux.

Les cellules isolées se trouvent dans cette partie des couches de l'année, qui est formée de cellules larges et à minces parois, presque jamais dans celle qui se compose de cellules épaissies et aplaties, suivant une direction rayonnante.

Les groupes de cellules sont accompagnés d’un parenchyme ligneux, qui transporte de l'amidon et quelquefois aussi de la résine, dans un âge très avancé.

Les canaux résineux résultent de la résorption de parois cellulaires adossées j ils sont entourés d’un parenchyme, qui transporte de l'amidon, et affectent, dans leur situation, des rapports remarquables avec les rayons médullaires (fig. 301).

Selon Dippel, la résine prend son origine dans le parenchyme U-

CONIFERES

gneux et provient de la transformation de l’amidon, que les cellules renferment en hiver. Si la cellule se désorganise en même temps, c'est seulement dans les canaux résineux anciens et dans leur partie centrale. Le phénomène est secondaire; il est la conséquence et non la cause de la formation de la résine. Voici comment celle dernière se produit: L'amidon, que les cellules des rayons médullaires et du parenchyme ligneux renferment en grande quantité, pendant l’hiver, se détruit pendant la période de végétation, perd de l'oxygène et se transforme en eau et en essence de térébentine, d’après la formule : 5 G12 H 10 O10 = 3 G20 H1 ; + 2 H O -+- 48 O.

Une partie de l'essence se transforme immédiatement en résine, par absorption d’oxygène :

2 C20 H * s + 6 O = C40 H30 CM -+- 2 H O; l'autre partie est employée à dissoudre la résine, jusqu'à ce que (si cela arrive réellement) toute l'essence soit convertie en résine et que celle-ci ait atteint sa plus grande densité; après quoi elle n’augmente plus de quantité (extrait du Bull, de la Société botanique de France, t. XI, 1864; Revue bibliographique , B., p 55).

Selon Le Maout, les cavités lenticulaires, qui existent enlre deux fibres juxtaposées, se remplissent de térébenthine ; celle-ci pénétre dans l’intérieur de la cavité des fibres, qu'elle détruit peu à peu ; il en résulte des dépôts résineux, qui forment des lacunes souvent considérables dans le bois des arbres verts.

Voici un tableau de la répartition des réservoirs résinifères, d'après les Iravaux de Ph. Van Tieghem :

nuis ' si

Racines sans canaux sécréteurs. 1 situés dans le pa-

Canaux do tige

la

renchyme ticai. . . .

cor-

Racines ot paren- t tical '

chyme cortical de la tige pour- \ vus de canaux, f

Racine et tige pourvues de plusieurs canaux situés dans. . . .

Térébenthine du Mélèze

Taxus.

seulement: Cryptomeria, Podocarpus, Dacry. divin , Taxodium, Cunninçjhamia, Tsuga-

et dans la moelle Gincho.

Racine pourvue d’un seul canal central : Cedrus, Abies, Pseudo- Larix.

le bois des faisceaux de la racine et de la tige : P inus, Larix , Picea Pseudo- Tsuga. le liber des faisceaux de la racine et de la tige : Araucaria, Biola, Widdringtonia, Thuia Cupressus.

La Térébenthine du Mélèze, aussi appelée Térébenthine de Venise, vient de la Suisse, et surtout du Tyrol.

Pour l’obtenir, on pratique dans le tronc, au printemps, avec une tarière, des trous qui pénètrent jusqu’au centre du Mélèze. Ces trous sont ensuite fermés jusqu’en automne, époque à laquelle ou les ouvre pour en retirer la térébenthine. Jadis les trous restaient ouverts et l’on y adaptait

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