TÉRÉBENTHINE DU MÉLÈZE
un canal, qui conduisait la matière dans un réservoir. Mais cette pratique épuisait l’arbre, en augmentant son rendement, et en rendait le bois moins bon.
La Térébenthine ainsi obtenue est filtrée ou mise reposer par grandes masses et ensuite décantée. C’est alors une substance semi-liquide, de couleur verdâtre ou jaune pâle, transparente, mais un peu nébuleuse, et légèrement fluorescente. Elle a une saveur aromatique, très âcre et très amère, une odeur particulière, forte, mais non désagréable.
Son amertume est peut-être due à de la Pinipicrine |C22 II36 H11), principe qui existe dans l’écorce et dans les aiguilles du Pinus sylvestris.
La Térébenthine du Mélèze ri est pas solidif iablepar 1 jl G de magnésie. Elle est soluble dans l'acide acétique cristallisable, l’alcool amylique et l’acétone. Sa solution alcoolique est limpide et possède une réaction acide, qui se retrouve dans l’eau chaude, que l’on agite avec elle. Cette réaction, attribuée à de l’acide formique, est due peut-être aussi à de l’acide succinique. Etendue en couche mince, sur une feuille de papier, la Térébenthine du Mélèze conserve sa consistance et ne se recouvre pas , en quinze jours, d 'une pellicule sèche et cassante. Elle dévie à droite la lumière polarisée; cette propriété est due à la résine quelle renferme.
‘ C’est la Térébenthine la plus employée en pharmacie, en raison de la rareté de celle du Sapin. Elle renferme environ 15 â 20 0/0 d’une huile volatile (Cl0 H10), qui bout à 157° et qui dévie à gauche la lumière polarisée, mais dont le pouvoir rotatoire est très faible : il n’est que de 5,24, pour l’essence retirée par la distillation avec de l’eau. Selon Unverdorben, sa résine contient les acides Pinique, Sylvique, Succinique et Formique , qui donnent à ses solutions alcoolique ou aqueuse une réaction acide. Cette résine est soluble dans 2 0/0 d’alcool à 75° ; elle dissout plus abondamment dans l’alcool concentré.
Térébenthine de Strasbourg
Cette Térébenthine, aussi appelée Térébenthine d’Alsace et
482 CONIFÈRES
Térébenthine an citron, est produite par VAbies pectinata, DG. (P inus Picea, L.).
Elle forme, à la surface de l’écorce des jeunes tiges de l’arbre, des sortes de petites ampoules saillantes, que l’on crève avec un cornet en fer-blanc. Par la filtration au soleil ou par un long repos, elle devient transparente et constitue un liquide fluide, d’une odeur suave et citronnée, d’une saveur peu âcre et peu amère. Mise dans des vases non fermés, elle se colore en jaune et se couvre d'une pellicule dure et cassante ; étendue en couche mince sur du papier, elle se dessèche complètement en quarante-huit heures. Enfin, l’alcool la dissout imparfaitement et elle est solidifiée par Ij 16 de magnésie calcinée. Il est donc facile de la distinguer de la térébenthine du Mélèze.
Caillot a trouvé, dans la Térébenthine de Strasbourg, un peud 'acide Succinique; 10,85 d’une résine non saponifiable, soluble en toutes proportions dans l'alcool et facilement cristallisable, qu’il a nommée Abièline ; 46,39 d’une résine acide, saponifiable, soluble en toutes proportions dans l’alcool et qu’il a appelée acide Abiètique ; 33,50 d’huile volatile, etc. Selon Flüc-kiger, cette térébenthine contient72,2 0/0 de matières résineuses (acides Sylvique , Pinique , etc.), avec 27, 8 0/0 d’essence bouillant à 163° et déviant de 8° à gauche la lumière polarisée l.
La Térébenthine de Strasbourg est rare et fort chère. Elle vient des Vosges et des Alpes. C’est la Térébenthine officinale du Codex, pour la préparation des pilules solidifiées par la magnésie; mais la faible quantité qu’on en retire du Sapin argenté ne suffirait pas aux besoins de la thérapeutique. Aussi pensons-nous qu’on lui substitue d’ordinaire la Térébenthine du Pin maritime. Les appellations commerciales, consacrées par quelques auteurs, ont permis la confusion entre cette Té-'
l Dans son Histoire des Drogues, Flückiger dit qu’il en a retiré, par distillation avec l’eau, 24 0/0 d’une essence, qui dévie à gauche la lumière polarisée. Après avoir été conservée pendant 2 ans et 1/2, cette essence s’était épaissie et déviait la lumière à droite. Le même auteur dit que l’essence retirée des cônes du Sapin est plus odorante et dévie la lumière polarisée de 5io à gauche.