U LM AGEES
— 14°. Cette huile n'est pas colorée par l'acide nitrique. Le nitrate acide de mercure la solidifie et lui donne une teinte verdâtre, qui disparaît au bout d'une heure.
L'Huile de Faîne est épaisse, d’un jaune clair, inodore et de saveur douce. Elle a une densité de 0,922, et se congèle à 17°. L'acide nitrique lui donne une teinte rouge cerise ; le nitrate acide de mercure la solidifie et la colore en rouge orange.
ULM ACÉES
. Écorces d’Orme
Les écorces des diverses espèces d’Ormes de nos contrées, surtout celle de l’Orme champêtre ( Ulmus caméesiris^ L.) ont été préconisées contre les maladies de la peau et comme antisyphilitiques, sous le nom à' Écorce d’Orme pyramidal.
L’Écorce d’Orme pyramidal se présente sous forme de fragments larges, aplatis, souples, fibreux, de couleur jaune rouille et marqués de stries, principalement sur leur face interne. Cette écorce est inodore, âpre et amère, peu ou point amylacée, et contient du mucilage, avec un peu de tannin. Elle est presque exclusivement constituée par du liber. Son emploi est tellement restreint, que nous croyons devoir nous dispenser d’en donner la structure anatomique.
L’Orme laisse exsuder, en été, une matière mucilagineuse, qui se convertit en une masse brune, insoluble, appelée ülmine.
L Ecorce d’Ormo rouge (U. fulva , Miclix.) et celle de l’ U. americana , L., arbres de l’Amérique du Nord, sont très mucilagineuses et servent à faire des cataplasmes, ainsi que des gelées nourrissantes.
L’écorce d’Orme rouge est formée exclusivement par le liber. Elle est en morceaux aplatis, souvent longs de 60 à 90 centimètres, larges de plusieurs pouces, épais de 1 à 2 millimètres, souples, fibreux, d’un brun rougeâtre clair, de saveur mucilagineuse et ayant l’odeur du Fenu-grec. Elle fournit un abondant mucilage, que l’alcool précipite en un dépôt fluide, transparent, incolore. L’iode et le perchlorure
CANNABINEES — CHANVRE INDIEN
de fer ne n'altèrent pas ce précipite.
mucilage; l’acétate de plomb le
Les Américains réduisent cette écorce en une sorte de arme, qu ils emploient dans un grand nombre de maladies inflammatoires.
CANNABINEES
Chanvre indien
Le Chanvre indien (Cannabis indica, Lamk.) est une forme ou variété de notre Chanvre commun (C. sativa, L.; flg. 312), variété qui est cultivée dans 1 Inde, où elle acquiert des propriétés enivrantes, de beaucoup supérieures h celles de la plante de nos contrées. Cette dernière, toutefois , possède une activité incontestable :
1 on sait, en effet, que toute la plante exhale une odeur forte, vireuse et désagréable, qui provoque des vertiges et de la céphalalgie.
Le Chanvre indien est cultivé dans l’Inde , la Perse, etc. Celui qui croit sur les montagnes, à une altitude de 1.800 à 3.000 mètres, paraît doué de propriétés plus énergi ques, que celui qui est cultivé dans la plaine.
Le plus estimé vient des - tumïe.
districts dé Bogra et de RSjshàbï, ai, nord de Calcutta.
Fio, ',H2.
■ Sommité du Chanvre cultivé.
CANNABINEES
Il se présente sous deux formes, qui paraissent dues à l’état de la plante, quand on en fait la récolte :
1° Le Bhang, Siddhi ou Sabzi , des Hindous ( Hashish , Kif ou Quinnab des Arabes) se compose de feuilles sèches, de quelques fruits et de pédoncules vert foncé, grossièrement brisés.
Le Bhang est peu sapide et possède une odeur particulière, non désagréable. On le fume seul ou mêlé au tabac, ou on en boit le macéré fait à l'eau froide ; plus souvent on le pulvérise et on en prépare, avec de la farine et d’autres substances, une pâte verte, appelée Majun.
2° Le Ganja ou Gunjah des Hindous, que les Arabes appellent aussi Quinnab , Kif , Hashish, et que les droguistes de Londres nomment Ganza,e st constitué par les sommités fleuries ou fructiüées de la plante. Il se présente sous forme de paquets aplatis, ovoïdes ou oblongs, d’un vert grisâtre, et composés d’un axe principal portant de nombreux rameaux couverts de bractées, de fleurs et de fruits. Les rameaux sont généralement courts, diversement emmêlés, plus ou moins épaissis, glutineux et assez fragiles.
Cette substance est peu sapide ; elle possède une odeur, tantôt aromatique, tantôt à peu près nulle.
Hanbury rapporte (d’après Povell) que le Ganja est cons- , titué par les petites pousses qui se développent sur la tige, après qu’on en a enlevé les feuilles destinées à la préparation du Bhang.
En faisant bouillir, avec du beurre, les sommités fraîches de la plante, les Arabes obtiennent une matière onguentiforme, verdâtre, de saveur âcre et nauséeuse. Cette préparation a été employée, il y a quelques années, en France, sous le nom de Haschisch. Additionnée de diverses substances j (sucre, pistaches, aromates, etc.) et surtout de musc, elle forme une sorte d’électuaire, connu sous le nom de Daicamesk. Cet électuaire est parfois, dit-on, additionné de Cantharides, pour le rendre aphrodisiaque; on prétend même y * avoir trouvé de la Noix vomique.
Le Chanvre indien doit ses propriétés à deux substances : l’une résineuse, appelée Cannabine ou Hascliischine ; l’autre