CAOUTCHOUC
Au Nicaragua, la coa gulation du latex est obtenue au moyen du suc extrait de divers Ppomæa. Le caoutchouc se rassemble en une masse, qui flotte dans un liquide brun, d’odeur caséeuse. Cette masse, étant exprimée à la presse, est ensuite disposée en boules, que l’on fait sécher.
3° Anthoirie a proposé de verser le suc sur un châssis en toile reposant sur du sable, qui enlèverait l’eau par imbibition. Nous ignorons si ce procédé est mis en pratique.
Selon Faraday, on obtient le Caoutchouc pur, en étendant le suc de quatre fois son volume d’eau et laissant au repos, pendant vingt-quatre heures. Au bout de ce temps, le Caoutchouc s’est séparé sous forme d’une crème blanchâtre, qui surnagé le liquide. Cette crème est lavée successivement, jusqu’à ce que l’eau de lavage soit limpide. La masse est alors recueillie, exprimée pour en séparer l’eau et mise à sécher sur de la porcelaine dégourdie.
Le Caoutchouc pur (G4 H7) est blanc, inodore, insipide, mou, flexible, très élastique, plus léger que l’eau. Il brûle avec une flamme blanche, odorante, très fuligineuse.
Le Caoutchouc commun est une substance brun jaunâtre, d’une densité de 0,919 à 0,942, molle, flexible, et sensiblement perméable. Examiné au microscope et eu lames minces, il se montre formé de cavités tubuleuses ou sphériques, anastomosées. Cette structure lui permet d’absorber les gazet les liquide^ et de pouvoir servir de dialyseur, pour certains mélanges1 gazeux, lorsqu’il est en lames très minces. Graham a montré, en effet, que, si l’on fait passer une colonne d’air à travers une de ces lames, une moitié environ de l’azote est arrêtée, et que le gaz dialysé contient 41,6 0/0 d’oxygène, au lieu de 21 0/0, que, l’air en renferme. L’on a constaté expérimentalement que le Caoutchouc peut absorber 25 0/0 de son poids d’eau et que, d’autre part, un ballon d’une épaisseur de 2 millimètres, étant rempli d’eau et exposé à l’air, perd 24 grammes d’eau par mètre carré, en vingtquatre heures : le Caoutchouc vulcanisé n’en perd alors que 4 grammes.
Le Caoutchouc est insoluble dans l’eau et dans l’alcool, soluble dans l’éther, le sulfure de carbone; le pétrole, les
EUPIIORBIACÈES
huiles grasses et volatiles, etc. Les huiles de houille légères eu dissolvent jusqu’à 30 0/0. Selon Gérard, le meilleur dissolvant du Caoutchouc est un mélange de 100 parties de sulfure de carbone et de 5 parties d’alcool absolu. Toutefois, quel que soit le véhicule employé, la dissolution est toujours partielle, le Caoutchouc étant formé de deux substances isomériques, mais de propriétés différentes : l’une semi-liquide, poisseuse, et facilement dissoute ; l’autre solide, élastique et à peu près inattaquable par les divers agents. Celle-ci reste inaltérée et conserve la forme primitive, tandis que la première fournit, avec le dissolvant, un liquide limpide et incolore. Au reste, la partie indissoute est facile à désagréger et se mélange intimement à la solution, qui contient ainsi les deux parties du Caoutchouc.
Très élastique, comme on le sait, à la température ordinaire, le Caoutchouc durcit au-dessous de 10°; à 0°, il ressemble à du cuir et perd son élasticité. Sous l’action de la chaleur, il se ramollit vers 100°, devient visqueux à. 145°, et fond entre 170 et 180°. Il se change alors en un liquide noirâtre, analogue à la mélasse et qui reste gluant et visqueux après le refroidissement. A la flamme d’une bougie, il brille avec une flamme rouge, très fuligineuse. Soumis à la distillation, il fournit d’abord du sulfure d’hvdrogène, de l’acide; chlorhydrique, de l’acide carbonique, etc. ; si l’on élève la température, il entre en ébullition et disparaît, sans laisser de résidu sensible, en produisant un liquide composé de divers hydrocarbures, liquide qui dissout le caoutchouc, l’ambre, le copal, etc.
Les parties les plus volatiles de ce liquide sont formées de Butylène , de Caoutchêne (C4 Hs) et d'Eupione; celles qui distillent ensuite renferment un hydrocarbure, qu’Himly a nommé Caoutchine (C10H16). Enfin Bouchardat a trouvé, dans les parties les plus lourdes, un hydrocarbure huileux, de couleur ambrée et de saveur âcre, auquel il a donné les nom d' II èvèène.
En faisant absorber du soufre au Caoutchouc, on le vulcanise ; il acquiert alors l’avantage de rester flexible, malgré le froid, et de ne pas adhérer aux corps sur lesquels on
GRAINES DES MÈDIC1NIERS
l’applique. Le Caoutchouc sert à préparer des tubes, des instruments de chirurgie, des étoffes imperméables, etc.
En exposant l'huile de Lin à une haute température, jusqu'à ce qu’elle forme une glu épaisse et faisant bouillir cette glu, pendant plusieurs heures, avec de l’eau acidulée par l'acide azotique, Jouas a obtenu une matière de consistance emplastique, qui durcit à l’air. Cette substance offre beaucoup d'analogie avec le Caoutchouc et Jonas l'a appelée Caoutchouc des huiles.
Nous avons fait l’histoire du Caoutchouc, en le rapportant à VHevea Guianensis , mais beaucoup d’autres végétaux en fournissent. Tels sont: le Siphonia brasiliensis, Willd, très abondant au Brésil; le Cecropia peltata , L., de la Jamaïque ; les Ficus : elastiea , Roxb., Indien , Lam., religiosa , L., de l’Inde; les Ficus : radula, Wild., elliptica , Kunt., prinoides, Wild., de la Nouvelle-Grenade; le Vahea gummifera, Poir., de Madagascar; YUrceola elastiea , Roxb., de Bornéo; ï’Hancornia speciosa, Gomes, du Brésil; 1 e Lobelia Caoutchouc , Kunt, de Popayan ; enfin, la plupart des espèces du genr eHevea peuvent en fournir.
Le Caoutchouc a été employé dans la phthisie, contre la diarrhée et les sueurs; il paraît avoir donné de bons résultats.
Graines des Médiciniers
Les graines des Médiciniers sont éminemment purgatives. Cette propriété a fait donner aux végétaux de ce genre le nom français qu’ils portent, ainsi que le nom latin que leur imposa Kunth (Jatropha, de loctpsi'a, médecine; cpaym, je mange).
Peu employées actuellement en Europe, ces graines sont encore utilisées en Amérique, où elles sont produites surtout par les plantes ci-après :
1° Iæ Médicinier cathartique ou Médicinier des Barbades
(Jatropha Curcas, L. ; Curcas purgans , Medik.; Casti glionia lobata, R. et Pav.) est un arbuste de l’Amérique tropicale, naturalisé (?) aux îles du Cap-Vert, et dont la hauteur varie entre 2, 4 et même 5 mètres. Son fruit (tig.323; A) est gros comme une noix, rougeâtre ou noirâtre* d’abord un peu charnu et ovoïde, puis coriace et trigone-i arrondi. Ce fruit contient trois semences, que l’on désigne sous les noms de Grand Pignon d'Inde , de Pignon des 1 Barbades, de Fève d'enfer, etc.