BUIS
ôtaient mélangées de quelques poils allongés, simples. A une température de 93-100°. elles noircissaient . tandis que le vrai Kamala garde alors sa couleur ; enfin, elles laissaient 12 0 0 de cendres.
Ce faux Kamala était inclus dans des sacs en calicot portant des ins criptions arabes; il n'a été apporté que deux l ois à Londres ; son origine est inconnue.
Le Kamala est entré dans la médecine européenne comme ténifuge, et il parait réussir dans la plupart des cas. On lui reproche de déter miner des nausées con— fig. 330 — a,o, glandes; c, poils,
sidérables; mais l’écorce
de racine de Grenadier et la plupart des vermifuges en produisent au moins autant. O11 l’administre à la dose de 2 à 12 grammes. La teinture alcoolique (180 de Kamala, pour 380 d’alcool) est prescrite à la dose de 4 à 16 grammes.
Buis
Le Buis (Buxus sempervirens, L.) arbuste des collines arides et calcaires d’Europe, a donné son nom à la famille des Buxinées (ou Buxacées), famille dont Ad. de Jussieu fit une tribu des Euphorbiacées. IL Bâillon le regarde comme un type apétale et dicline des Gélastracées.
Longtemps usité en médecine confine antipériodique, puis comparé au Gayac, comme sudorifique, antisyphilitique et antirhumatismal, il est aujourd’hui tombé en désuétude. En raison de leurs propriétés purgatives, ses feicilles ont été substituées au Séné. L’amertume de ces feuilles a porté les alsificateurs à les employer, en place de Houblon, à la fabri-
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cation de la bière. Enfin, l 'écorce de Buis est parfois, dit -on, mêlée à celle de la racine de Grenadier.
Ces substitutions sont blâmables, le Buis étant, à dose élevée, une éméto -cathartique, dont l’emploi peut devenir dangereux.
Les Feuilles de Buis sont ovales-elliptiques, un peu échancrées au sommet, épaisses, coriaces, glabres, lisses, entières. Ces feuilles sont rarement planes, toujours plus ou moins repliées en gouttière à la face supérieure, d’un vert foncé en dessus, avec la nervure médiane saillante et les nervures secondaires pennées, peu apparentes, d’un vert 'plus pâle en dessous , avec la nervure médiane légèrement carénée.
Elles ont une odeur vireuse et une saveur amère, désagréable. A dose faible, elles sont laxatives.
L’Ecorce de Buis se présente en morceaux irréguliers, repliés en gouttière ou roulés en cylindres longs de 3 à 6 centimètres et de 5 à 10 millimètres de diamètre. Elle est d’un gris jaunâtre et fongueuse au dehors, lisse et d’un brun rougeâtre au dedans, épaisse de 1/2 à 2 millimètres. Sa cassure est nette, non fibreuse, sa saveur très amère.
Examinée sur une section transversale, elle se montre composée de deux zones concentriques bien définies, que l’on distingue à l’œil nu et mieux encore à la loupe : i° Y externe, blanc jaunâtre, formée d’un parenchyme plus ou moins subérisé et, dans les écorces un peu âgées, plus épaisse que la zone intérieure ; 2° X interne, d’un fauve brunâtre, limitée en dehors par une ligne plus brune et offrant, au voisinage de la face interne (quia une section pâle), une seconde ligne relativement épaisse, brune. La portion comprise entre ces deux lignes est plus claire et traversée par une ou deux nouvelles lignes concentriques brunâtres, moins colorées et beaucoup plus fines. La zone interne ou libérienne est très finement radiée ; elle se compose d’un parenchyme traversé par des rayons médullaires droits et occupé par de nombreuses fibres à paroi assez épaisse.
Cette écorce se distingue de l’écorce de Grenadier, par les caractères suivants : i° sa portion subéreuse est blanchâtre
MYKISTICÉES. NOIX MUSCADE
et non brune ; 2° sa zone libérienne est fauve brunâtre et non jaune ; 3° le liber offre de nombreuses fibres et est dépourvu de cellules à cristaux; 4° l’écorce de Buis a une saveur amère , non astringente, ne colore pas la salive en brun et, après avoir été mouillée, ne laisse pas une trace jaune sur le papier ; son infusion n’est pas précipitée par les persels de fer.
MYRISTICÉES Noix Muscade
La Noix muscade est la semence du Muscadier aromatique (Myristica moschata, Thunb. ; il/, fragrans , Houtt. ; M. aromatica, Lamk. ; il/, officinalis , L. f.), arbre haut de 8 à 15 mètres, vivant à l’état sauvage dans plusieurs îles de l’archipel Indien, aux Moluques,dans la Nouvelle-Guinée. Cet arbre a été introduit à Sumatra, à Malacca, dans l’Inde, les Mascareignes, les Antilles, la Guyane, le Brésil, etc.
Fig. 337. — A Branche de Muscadier, avec fruits; B. Muscade pourvue de son arille; G. Muscade nue, entière et coupée verticalement.
Le Muscadier produit vers la neuvième année et con-
MYRTSTICÉES
tinue à donner des fruits, jusqu’à l’âge de soixante à quatrevingts ans. On le cultive principalement aux îles Banda, dont il occupe presque toute la surface. La récolte des fruits s’y fait, selon Wallace, surtout dans les derniers mois de l’année; mais une seconde récolte a lieu d’avril à juin.
Le fruit est une sorte de drupe piriforme. grosse comme une pêche. Lorsqu’il est arrivé à maturité, il se fend en deux valves (fig. 337, A) et met à nu une semence ovoïde, revêtue d’unarillode découpé en lanières charnues, étroites, irrégulières, de couleur jaune orangé (fig. 337, B). On le détache alors et l’on sépare le péricarpe de la graine, dont l’arillode est enlevé avec précaution, mis à tremper dans de l’eau salée, puis desséché soigneusement. Les graines sont placées sur des châssis et soumises à l’action d’un feu doux. Pendant la dessiccation, qui dure deux mois, on les remue tous les deux à trois jours. Lorsque les semences sont sèches et que, secouées, elles font entendre un bruit de grelot, on casse l’enveloppe, on assortit les amandes et on les roule dans de la chaux en poudre.
Les Hollandais laissaient les amandes sèches, dans un lait de chaux, pendant près de trois mois, pour tuer l’embyron; mais Teissmann montra que, pour obtenir ce résultat, il suffisait d’exposer les graines au soleil, durant une semaine.
Il est évident que la séparation de l’enveloppe évite le transport d’une matière inutile et que, d’ailleurs, on ne peut juger de la valeur des amandes, quand elles sont incluses dans leur coque. Néanmoins, il est tout aussi certain que les négociants sauraient bien déterminer la qualité des Muscades, si l’usage prévalait de les expédier en coque. Aussi Hanbury dit- il que les Chinois ont le bon sens de les préférer en cet état.
Gomme nous l’avons vu, l’amande arrive rarement pourvue de son enveloppe. Celle-ci est brune, mince, fragile, inodore et marquée de dépressions longitudinales irrégulières, correspondant aux lobes de l’arillode; l’une de ses faces, qui est plus pâle et un peu déprimée, offre une ligne indice du raplié.
L’Amande, vulgairement appelée Muscade, est grosse comme une petite noix, ovoïde ou plus rarement subarrondie, longue